Au mois d’octobre de cette année, c’est la fin de Windows 10. Jamais l’arrêt d’un système d’exploitation de Microsoft n’aura suscité autant de questionnement. Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis un moment on passait de Windows Vista à 7 puis à 10 avec quelques améliorations de la machines. Aujourd’hui les spécifications requises pour passer à Windows 11 mettent à la benne des tonnes de PC.
Il y a quelques années, j’ai fait acheter à une petite dizaine de collègues des x240 en occasion, 8 Go de RAM, 240 Go de SSD à un tarif qui devait avoisiner les 150€. C’était une bonne affaire, et comme ces appareils sont de qualité, il apparaît qu’ils sont tous fonctionnels et que personne n’a rencontré de problème. Toutefois, je vois arriver le questionnement au mois d’octobre 2025 quand ils vont se retrouver avec des tonnes de messages d’alerte pour leur signifier le danger de rester avec un OS abandonné.
Il est ainsi légitime que j’apporte une réponse quand ça va arriver et pour le moment, j’hésite encore. Bien évidemment la réponse Linux est celle qui paraît la plus évidente, d’un point de vue technique, mais certainement pas d’un point de vue personnel. Je reviendrai dans un prochain billet sur la problématique de basculer de gré ou de force une dizaine de personnes vers un système d’exploitation qu’ils ne maîtrisent pas. Ou disons qu’ils maîtrisent encore moins que Windows.
Alors pourquoi pas une solution Android sur PC. Après tout, l’environnement a bien évolué, l’offre logicielle est assez importante, si bien que cela pourrait paraître judicieux.
La virtualisation sur Linux Mint ou l’art de perdre du temps.
J’ai commencé à regarder ce qui se faisait comme distribution installable sur ordinateur et pour réaliser les tests, la virtualisation. Linux Mint de ce côté a de gros problèmes de finition. Cela faisait longtemps que je n’avais rien virtualisé, en effet, depuis mon passage à Linux Mint, le besoin d’aller voir ailleurs ne s’est pas fait sentir. C’est aussi une occasion de rappeler que parfois Linux, ce n’est pas simple.
Voici le problème rencontré avec VirtualBox.
Kernel driver not installed (rc=-1908)
The VirtualBox Linux kernel driver is either not loaded or not set up correctly. Please reinstall virtualbox-dkms package and load the kernel module by executing
'modprobe vboxdrv'
as root.
If your system has EFI Secure Boot enabled you may also need to sign the kernel modules (vboxdrv, vboxnetflt, vboxnetadp, vboxpci) before you can load them. Please see your Linux system's documentation for more information.
where: suplibOsInit what: 3 VERR_VM_DRIVER_NOT_INSTALLED (-1908) - The support driver is not installed. On linux, open returned ENOENT. La commande demandée modprobe vboxdrv ne fonctionne pas, il faut regarder en détail. J’utilise un dual boot du fait d’avoir une partition Windows 11 pour jouer. Et c’est ici qu’il faut comprendre la mécanique qui pose problème avec Windows 11. Windows 11 vous réclame le fameux TPM mais aussi le secure boot. Comme vous pouvez le lire dans le texte, si votre système utilise le secure boot, il faut signer les modules en lien avec le kernel. J’ai lu que quelqu’un avait réussi en installant VirtualBox depuis le site officiel d’Oracle, je pense que cela peut se contourner avec un sudo dpkg-reconfigure virtualbox.
En effet à l’installation de la nouvelle version de VirtualBox, vous avez les écrans suivants :


Vous allez donc déclarer une clé qui vous sera redemandée au redémarrage de votre ordinateur soit l’écran suivant :

On fera Enroll MOK pour rentrer la clé qu’on a saisie au préalable. Bien évidemment le clavier est en qwerty ce qui fait largement monter le niveau. Après cela fonctionne mais nous sommes très loin d’un cadre user friendly même si on sait que la virtualisation ne s’adresse pas à tous les publics. En parallèle j’avais fait l’essai avec Gnome Boxes, l’outil libre de virtualisation.
De façon systématique sur l’outil et quelle que soit la distribution, le message suivant :

Il apparaît qu’après avoir arpenté les différents forums, je n’ai pas trouvé la solution. J’ai fini par trouver sur la chaîne belge Blabla Linux pour un problème daté d’il y a quatre ans. Il manque tout simplement des dépendances. Je me permets de faire un copier coller de la solution :
sudo apt update && sudo apt upgrade $ sudo apt install gnome-boxes qemu-system-x86 qemu qemu-kvm On redémarre le système. Dans le fichier qemu-system-x86.conf on rajoute kvm.
sudo nano /etc/modprobe.d/qemu-system-x86.conf On ajoute au goupe kvm l’utilisateur au groupe kvm
sudo usermod -a -G kvm [votre nom utilisateur]Android sur PC, une mode passée
L’installation d’Android sur PC n’est pas d’aujourd’hui, puisque le projet Android-x86 a démarré en 2009. On a vu pas mal d’émulateurs, Microsoft aussi s’y est mis avec cette possibilité dans Windows 11 qui a finalement été supprimée. Numerama d’ailleurs donne peut-être de façon naive l’explication la plus simple. Le manque d’utilisation. Peu d’intérêt d’utiliser les applications Android sur PC et par extension peu d’intérêt de remplacer un système dédié au PC par un système principalement tactile.
Ci-dessous, deux captures d’écran réalisées avec le projet Android-x86. Il s’agit d’un Android dans la version 9, pas de nouvelles du projet depuis le 15 avril 2022. Non seulement Android-x86 non mis à jour va rencontrer la même destinée que les appareils Android natifs, à savoir l’impossibilité de faire certaines mises à jours mais tous les logiciels ne sont pas compatibles avec les processeurs x86. C’est donc du limité destiné à mourir.


Les alternatives qui sont citées sur internet dans de très nombreux articles y compris de 2025 : Bliss OS dont on n’a pas de nouvelles depuis juin 2024, Phoenix OS dont la dernière mise à jour est de 2023.
De façon synthétique, les développeurs qui s’étaient lancés dans ce portage ont finalement renoncé, le PC n’est certainement pas l’appareil pensé pour un système Android. Ainsi malgré les nombreux articles qu’on voit sur la toile, passez votre chemin. Obsolète et pas adapté.
ChromeOS Flex serait le challenger … mais
Nous avons déjà vu ChromeOS Flex dans différents articles. Souvenez-vous, j’hérite d’un Chromebook, mais c’est un appareil dont le support a une durée de quelques années. Je fais l’installation de ChromeOS Flex qui est une version qui s’installe sur les anciens ordinateurs et c’est globalement décevant. Mon chromebook n’a que 16 Go de mémoire. ChromeOS Flex permet d’installer une machine virtuelle afin de bénéficier de logiciels Linux. En effet, contrairement à ChromeOS natif sur les chromebook, Flex ne permet pas d’utiliser des logiciels Android ce qui est un manque profond pour l’offre logicielle. Si compenser par des logiciels Linux est une bonne idée, le problème c’est que la machine virtuelle prend de la place et ne permet pas de communiquer de façon simple avec Flex. J’avais donc fait le choix de basculer directement sur Q4OS, une distribution Linux légère.
Pour un libriste, ChromeOS Flex est une mauvaise idée. Si le système est plutôt joli, agréable à utiliser, correspond cette fois-ci à un ordinateur, l’enfermement est trop présent. Pour quelqu’un qui utilise l’ensemble des produits Google, notamment sa suite bureautique, on pourrait imaginer que c’est une alternative possible à la prochaine fin de Windows 10.
Il y a toutefois un problème de fond avec Google et c’est celui-ci :

killed by Google c’est le nom d’un site qui référence l’ensemble des projets tués par Google. Ils sont 296 au moment où j’écris ces lignes, ce qui n’est pas rien. On pourrait se dire que Google a un gros coup à jouer avec l’arrêt de Windows pour proposer sa solution de remplacement mais rien n’est moins sûr. Avec Google ce n’est pas parce que le produit fonctionne, qu’il ne peut pas mourir. On vient de le voir avec le Chromecast dernièrement. Un produit pas cher, qui a rencontré son public, un grand succès pour le tuer et le remplacer par une solution deux fois plus onéreuse dans un marché tendu.
Il a été plusieurs fois questions dans l’année 2024 de la problématique des deux systèmes d’exploitation chez Google : ChromeOS pour les ordinateurs et Android pour les tablettes et les smartphones. L’idée serait de fusionner les deux systèmes pour avoir un OS qui s’adapte à la machine qu’on utilise. Comme on peut le voir ci-dessus avec un android 9, c’est facile à réaliser avec le launcher adapté.
Seulement avec ChromeOS Flex qui ne lance pas d’applications Android, on voit le problème se profiler à l’horizon. ChromeOS Flex est la continuité du système de la société CloudReady rachetée par Google. L’entreprise expliquait à l’époque que jamais le système d’exploitation ne pourrait lancer d’applications Android. À moins d’une grosse surprise et d’une intégration des applications Android qui en ferait un produit intéressant, si la fusion des OS se fait, c’est la mort de Flex.
Changer de système d’exploitation pour passer d’un système mort à un système condamné n’est donc pas une bonne idée.
Oublier les solutions exotiques
L’idée sous-jacente de cet article c’est de montrer que remplacer Windows par un autre système d’exploitation, c’est Linux. Android sur PC c’est pour rigoler mais ce n’est pas une alternative sérieuse. ChromeOS Flex n’est pas une solution pérenne. Il faut comprendre que dans les gènes de Linux sont intégrées cette notion de durabilité du matériel et de remplacement de Windows. Ce n’est pas le cas des autres solutions alternatives.
Ce qui est important de comprendre dans mon propos, c’est que je ne préconise pas forcément le prosélytisme qui consisterait à dire en octobre 2025, on passe tous sous Linux. Il est tout à fait possible de prendre le risque de conserver son ordinateur Windows 10 en acceptant les risques potentiels qui peuvent se discuter. En effet, le danger, je pense est ailleurs, je peux me tromper mais j’ai tout de même qu’on cherche plus l’erreur humaine que l’erreur matériel. Je suis de plus prêt à prendre les paris sur des corrections de sécurité dans les premières années. En imaginant un drame avec des millions de PC sous Windows qui serait contaminés, les gens feraient porter la responsabilité sur Microsoft malgré les avertissements. Et quand on est un peu énervé, c’est à ce moment qu’on commence à réfléchir au changement.
L’achat d’un ordinateur sous Windows 11 est aussi une possibilité, tout comme basculer sur le monde d’Apple.
Passer sous Linux n’est qu’une des alternatives. C’est une alternative solide, durable mais c’est une alternative qui se mérite.
Pour moi, les versions LTSC de Windows avec des licences du marché gris sont une option séduisante. Windows 10 LTSC 2019, avec ses mises à jour garanties jusqu’en 2029, et la récente LTSC 24H2 de Windows 11, sont deux choix particulièrement intéressants. Ce n’est peut-être pas ta première idée, mais ça vaut le coup d’y jeter un œil.
Sur ma machine principale, j’ai optimisé Windows Server 2025 en désactivant les fonctionnalités inutiles, pour obtenir un système qui se rapproche au mieux d’un Windows 11 parfait. J’ai galéré un peu avec l’installation de l’application de mon scanner, mais j’ai fini par m’en sortir avec VueScan. Pareil, j’ai dû installer les pilotes de mes manettes Xbox 360 à la main. Mais maintenant, tout tourne nickel, surtout grâce à la version serveur qui élimine les mauvaises surprises liées aux mises à jour. Je trouve les mises à jour serveur plus fiables. Et puis, Windows Update ne touche pas aux pilotes, ce qui est un vrai plus niveau stabilité.
Même si je suis un utilisateur Linux convaincu et que je suis au courant des dernières nouveautés, au quotidien, je me rends compte qu’il me manque certains logiciels sous Linux, notamment un bon éditeur PDF comme Nitro Pro ou Adobe Acrobat Pro. Et puis, même si les jeux sont de mieux en mieux portés sur Linux, ça reste quand même un peu galère à mettre en place. D’ailleurs, tu continues aussi d’utiliser un système d’exploitation mixte pour jouer, non ? Pour les tâches de bureautique classiques, Linux c’est parfait, mais dès qu’on sort des sentiers battus, c’est parfois compliqué d’être 100% dépendant de ce système, même en 2025.
J’ai aussi testé plusieurs distributions Android et Chrome OS Flex sur PC. Je suis arrivé aux mêmes conclusions que toi. D’ailleurs, il faut souligner que Chrome OS Flex, malgré les limitations que tu as bien mises en évidence pour une utilisation axée sur le web, permet de donner une seconde vie à de vieilles machines. »
Je suis justement en Windows 11 24H2 LTSC, et c’est le Windows qu’on rêve d’avoir, c’est stable sans fioriture! Il sert de PC de jeux et bureautique.
Son soucis, l’activation et la licence qui n’est prévu que pour du IOT. Je ré-arme pour le moment.
Sinon le restant de mes PC est sous Arch Linux, franchement avec ArchInstall on installer maintenant Arch sans complication. Je l’ai sur une SurfaceGo 1, un portable 14″ Levovo en AMD Renoir, et je l’ai eu plus d’un an sur mon PC de jeux, mais j’ai capitulé à cause du fiston et de Fortnite.
Cyrille, il faut que tu teste Arch et te faire une idée, c’est vraiment génial comme distribution mère.
Pas vraiment d’intérêt de se lancer dans une distribution comme Arch. En fait, à partir du moment où je maîtrise Mint et l’environnement Debian de façon générale c’est suffisant. La seule chose qui pourrait me faire changer mes habitudes c’est une distro SteamOS out of the box.
Tu peux essayer Chimera Os dans ce cas. Par contre niveau hardware les pré requis sont assez spécifiques (notamment niveau cartes graphiques)
C’est la distribution évoquée dans le numéro 21 des vidéos pertinentes : https://restez-curieux.ovh/2025/03/11/numero-21-videos-et-chaines-pertinentes/
Effectivement je viens de regarder le lien d’installation, pas de dual boot et quelques problèmes. Pas le genre de distribution que tu tentes sur ton PC de travail.
pas con du tout ton idée CYRILLE mais je me vois mal utilisé ton idée lol sur mon vieux Sony vaio vpcea1s1e qui fonctionne toujours nickel mais que je vais bientôt regretter à cause de crosoft de m… et actuellement leurs mises à jour caca 💩 me ralenti le système et ça dure des plomb,! Punaise…ca saoule et ca m’énerve
Il y a aussi la possibilité de payer du support supplémentaire pour Windows 10 mais je ne connais pas le tarif.
Reste qu’effectivement, il faut se préparer pour Octobre et savoir vers quoi orienter les gens de notre entourage.
Le tarif serait de 30$ pour une seule année pour les particuliers.
Pour les pros, c’est plus cher : 61$ la première année, 122$ la deuxième, et 244$ la troisième année. A régler d’avance pour les 2 ou 3 ans de support.
https://www.lesnumeriques.com/appli-logiciel/windows-10-voici-le-prix-qu-il-faudra-payer-en-2025-pour-utiliser-son-pc-en-toute-securite-n228297.html
J’ai passé mon père et ma belle mère sous Debian Stable, aucun soucis à déplorer, l’usage bureautique est encore plus simple, et quand je passe un petit coup de maj qui prend dix minutes au lieu de bien plus avec Windows.
Je pense que les distros qui s’appuient sur d’autre sont peut être à éviter pour des install autre que perso, il y a quand même moins de bases de connaissance malgré les paquets souvent plus récents
ça dépend de quelles distributions on parle. Ubuntu par exemple s’appuie sur Debian et on a quand même une sacrée base de connaissances.
Je trouve que passer un certain niveau de maitrise ça vaut le coup de s’intéresser à telle ou telle distribution mère en fonction de ses affinité, pour déjà, éviter l’éventuelle merdification à venir et avoir quelque chose de plus « pur » moins lourd de base.
Les licences LTSC sont réservées.
Avec ou sans licence du marché gris, ça reste illégal 😛
Elles sont stables car moins mises à jour que les autres versions de Windows. Paradoxe ?
Les licences ltsc sont réservées, peut-être en tous cas ; les Windows de merde sont réservés aux particuliers et aux petites/moyennes entreprises. Pour l’aspect légalité, je le concède, ceci dit, il devrait être illégal de vendre des systèmes aussi merdifiés que les versions familiales et pros actuelles de Windows 11 qui doivent subir une grosse optimisation pour être à peu près utilisables. J’en viens même à me demander s’il n’est pas mieux de désactiver les mises à jour, drivers inclus et de les faire manuellement lors des entretiens ponctuels une à deux fois par an. En tous cas on ne devrait pas avoir à se poser ce genre de questions.
J’ai une vieille tablette PC tactile qui était en Windows 7 à l’origine. Elle a migré jusqu’à Windows 10 21H2 en passant successivement par Windows 8.* et toutes les versions intermédiaires de Windows 10. J’ai parfois quand même dû réinstaller Windows car au bout de quelques Features Update le système se dégrade souvent… Bref tout ça pour abonder sur le fait que Android x86 n’est pas un choix pour maintenir en vie un vieux matériel. Car j’ai installé plusieurs distributions Android x86 sur la tablette, pour le côté tactile natif de l’OS, Prime OS (très bien fini) et en dernier Bliss OS (excellent aussi). Mais l’utilisation multi-utilisateurs était vraiment une mauvaise expérience, et d’autres petits soucis qui m’ont vite dérangé. J’ai bien sûr tester Chrome OS Flex mais pas de magasin d’applications sur les appareils non référencés ! Sans moi.
Au final c’est Fedora Workstation 41 qui a remporté l’appel d’offre 😉 Tout fonctionne bien et fluide, Gnome gère parfaitement le tactile et tous les autres périphériques. Ma fille de 10 ans l’utilise sans savoir de quel système il s’agit du moment qu’il y a un navigateur :D. Que du bonheur !
Conclusion : C’est le matériel (récent) qui fait que Android est bon, mais c’est Linux qui rend bon le vieux matériel 😉
et hors de question que je débourse des euros en plus pour la continuité de mon Windows 10 . Que aussi a l’époque pour Windows 7 j’avait payé aussi chère que pour un Mac !
et pourquoi pas Harmony OS qui est finalement une forme d’android toute machine… ?