De ChromeOS Flex à Q4OS

J’avais déjà présenté le Chromebook que j’avais récupéré. À l’époque, j’expliquais les problématiques du système d’exploitation particulièrement limité sauf si on vit par et pour les services Google. Cet ordinateur est resté dormir dans un tiroir pendant pas mal de temps, je l’ai ressorti, car j’aime bien son design. Il est particulièrement léger, agréable. J’avais, de plus, une journée à n’avoir besoin que d’un navigateur, si bien que je l’ai sorti. Malheureusement, une limitation m’a poussé à le basculer sur la distribution Q4OS.

Du Linux pour aller sous Windows

Au lycée, tous les postes sont sous Linux, paradoxalement, nous utilisons Windows. En effet, les PC sont de très vieilles machines, avec Xubuntu installé, nous nous connectons au serveur Windows par le biais de Remmina. La solution est intéressante sur au moins deux points :

  • Une facilité de gestion des sessions élèves et des sessions enseignants,
  • Une facilité de l’administration générale,
  • La possibilité de prolonger la durée de vie d’ordinateurs anciens. En effet, il y a quelque temps encore, nous avions des P4. Désormais, l’ensemble du parc est composé de dual core. D’après Wikipédia, cela nous renvoie vers 2006. C’est dire la robustesse des machines professionnelles de l’époque, puisque 15 ans plus tard, elles fonctionnent encore.

La problématique principale et ce qui en découle, c’est d’être totalement dépendant de Microsoft. Les changements de version réguliers de Windows imposent des investissements importants. Je trouve que c’est regrettable par rapport à nos besoins. En effet, la majorité des élèves utilisent LibreOffice et cela ne va pas plus loin. Il est possible de reproduire la même chose avec un système Linux.

Comme évoqué plus haut, pour mon besoin de la journée, Google ChromeOS Flex était suffisant, mais à un instant t, j’ai eu besoin de me connecter à ma session, et c’est ici que ça coince.

ChromeOS Flex encore plus limité que ChromeOS

ChromeOS Flex est un système d’exploitation prévu pour remplacer Windows ou MacOS pour de vieux appareils qui ne sont plus à jour. Il s’agit en fait de CloudReady qui a été racheté par Google. L’OS va donc largement ratisser sur les terres de Linux. Néanmoins, la comparaison s’arrête à la cible. En effet, Flex ne propose que les quelques logiciels inclus avec le système d’exploitation et les extensions de Google Chrome. Les derniers Chromebook avec ChromeOS sont capables de faire tourner les applications Android, ce qui offre un large choix.

On pourrait imaginer qu’une connexion à distance serait un gros plus, pour un ordinateur qui ne peut pas tout faire. L’idée, c’est donc de réaliser une connexion RDP classique au serveur. Si on fouille un peu, il apparaît qu’il existe une extension Xtralogic RDP Client.

L’extension est payante et coûte 20 dollars par an. Forcément, ça pique, surtout quand on sait qu’on vise à reconditionner de vieux ordinateurs qui coûtent parfois ce prix. Deux solutions de contournement existent. La première est d’utiliser Chrome Remote Desktop. Il s’agit d’une solution de prise de contrôle à distance d’un autre ordinateur. Ramené à mon cas, c’est moyen, cela voudrait dire que je dois me connecter à ma session sur un autre ordinateur, pour prendre le contrôle de ma session.

L’autre possibilité est d’installer la machine virtuelle Linux incluse dans ChromeOS Flex. Il suffit alors d’installer un client RDP en ligne de commande ou directement Remmina. Mais ici encore, ça coince. L’espace occupé par le système Linux devient trop important et on ne peut plus rien faire avec la machine. On comprend que vendre un ordinateur avec 16 Go d’espace disque, même sous ChromeOS, est une hérésie.

On comprend aussi que réhabiliter de vieilles machines plus supportées par Microsoft pour les passer sous ChromeOS Flex c’est passer d’une prison à une autre.

Attention au choix de la distribution légère

Dans le dernier billet que j’avais réalisé sur la série du Chromebook, je concluais sur la problématique de la place occupée par la distribution. J’avais fait le choix de Xubuntu. J’écrivais : il me reste environ 5 Go. L’intérêt bien sûr avec Linux, c’est s’il apparaissait que la distribution prenne trop de place, je pourrais opter vers une distribution plus légère.

Avec le cache de Firefox, l’installation de logiciels, j’ai fini rapidement par coincer. C’est pour cela que j’ai fait le choix de retourner à ChromeOS Flex pour le PC.

Il existe une pléthore d’articles sur les distributions légères, ils sont majoritairement faux ou approximatifs. Par exemple, citer désormais la famille *buntu, c’est faire abstraction des snaps. Il sera difficile d’avoir une distribution légère avec des snap, des flat ou des appimages. Par exemple, Lubuntu souvent présentée comme une distribution ultra-légère, n’assure plus le support des architectures 32 bits. De plus, Lubuntu adopte, elle aussi, les snap qui peuvent devenir particulièrement lourds.

On voit clairement Snap for ubuntu

Une installation fraîche de Lubuntu après la mise à jour laisse 7.4 Go de libre. C’est convenable, la distribution est livrée out of the box et je pourrais faire ce choix. Néanmoins, je trouve que l’environnement LXQT est austère, et je ne suis pas forcément convaincu par les distributions *buntu depuis quelques années. Lubuntu reste toutefois une bonne alternative pour ce type d’ordinateur qui accepte un processeur relativement récent et 4 Go de RAM.

En bas à droite, il reste plus de 7 Go de libre.

Le choix de Q4OS

Une distribution légère et orientée comme telle, ça se prépare. Ce n’est pas parce qu’on utilise LXQT que ce sera forcément plus léger. Il faut prendre en compte le système de paquets ou encore le gestionnaire de fenêtre. Vous noterez et c’est assez exceptionnel comme cas, la limitation pour ma part n’est pas tant liée à la machine mais à son espace de stockage.

Q4OS est une distribution qui se fait connaître depuis quelques années pour avoir introduit le système Trinity. Il faut se rappeler que la masse de gestionnaires de fenêtres comme Mate, Cinnamon et d’autres sont le fruit des évolutions de Gnome et de KDE qui n’ont pas fait plaisir à tout le monde. Alors que Cinnamon ou Mate ressemblent à la vieille version de Gnome, Trinity n’est autre que la version 3.5 de KDE maintenue.

Q4OS est une distribution à base debian ce qui veut dire qu’on est sur des bases saines et légères. La distribution est encore proposée en 32 bits, le support de ARM est aussi réalisé. Deux environnements graphiques sont proposés, Trinity comme évoqué plus haut, mais aussi Plasma qui correspond à la version récente de KDE. Du fait d’avoir une machine suffisamment puissante, j’ai fait le choix de Plasma.

Installation

Pour pouvoir installer sur le Chrome Book je vous rappelle que j’ai dû faire des manipulations techniques. Désormais, le PC est accessible depuis une simple clé Ventoy. Comme on peut le voir dans l’écran ci-dessous, l’interface est propre et fait penser à Windows 10.

L’installation ne pose aucun problème. On notera la possibilité de supprimer le swap directement, ce qui est important pour cette machine. En effet, sur Lubuntu par exemple, il faut exécuter la commande sudo swapoff /swapfile et sudo rm /swapfile. Quatre possibilités d’installation, j’ai fait le choix du clone du live. C’est intéressant, car c’est une version totalement dépouillée.

Par défaut, le navigateur installé est Chromium. Le gestionnaire d’installation de logiciel est assez amusant avec une installation façon Windows. Il s’agit de quelque chose qui est mis en avant pour assurer la transition douce de Windows vers Linux. Je trouve que c’est inutile, mais c’est un autre débat. Dans les écrans suivants, on voit comment je passe de Chromium à Firefox.

Le store d’application est limité, mais suffisant, LibreOffice, Thunderbird, Okular et Krdc pour la connexion en RDP.

Comme on peut le voir dans l’écran suivant, on est à 9.7 Go pour Q4OS contre 7.4 avec Lubuntu. De plus l’interface est beaucoup plus sympa que LXQT.

La limite du système

Il y a à mon sens trois problèmes principaux.

  • Q4OS est une distribution Linux pas si populaire. Comme tous les petits projets, la menace de disparaître est importante. La diversité existe certes mais c’est encore chercher des solutions avec la perte de temps inhérente.
  • Linux Mint sur mon PC fixe, Linux Mint sur mon ordinateur portable officiel et désormais Q4OS. J’ai un projet de montage de serveur si bien que cela se fera avec une distribution de plus. Dispersion dans les machines, mais surtout dans les distributions. Cela veut dire multiplier les problèmes, le suivi et les compétences.
  • Et le dernier point, c’est de comprendre que la machine finira par coincer tôt ou tard. Il s’agit en fait d’une machine qui ne devrait pas exister. Elle n’a pas de possibilité d’évolution, tout est soudé à la carte mère sans emplacement supplémentaire.

Moralité, elle vivra le temps qui lui reste à vivre, certainement sous Q4OS.

One Comment

  1. Ça a l’air bien sympa comme distribution, je garde le nom en tête au cas où je dois remettre à jour un vieux PC.
    Surtout que personnellement, *buntu, c’est 8 Go pour du fluide, le 4Go ramouille un peu chez moi (on ne parlera pas de Mint qui nécessite les 8 depuis un bail comme surcouche gourmande)…
    Petite erreur ? Deux fois la même commande pour désactiver le swap chez Lubuntu ?

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