Vidéos et chaînes pertinentes, mars 2025

De nombreux thèmes abordés, les mécanismes des réseaux sociaux pour nous capter, une vidéo un peu datée sur la manière de déjouer les pièges sur Internet. Le premier mai, le syndrome de Diogène, le changement d’heure, et les épinards.

Dopamine, la série d’Arte

La dopamine est de façon simple l’hormone du bonheur. À chaque fois que vous éprouvez du plaisir, vous sécrétez de la dopamine. La série dopamine sur Arte est une série de petites vidéos qui illustrent comment les réseaux sociaux déclenchent le plaisir par le système de récompense.

Le système de récompense, on l’a vu dans le cadre de la gamification par exemple. C’est tout ce qui vous fait plaisir, même si c’est totalement virtuel. Par exemple, une flamme échangée sur SnapChat est une récompense et c’est une récompense qui va être d’autant plus importante que vous cumulez les flammes. Plus vous avez de flammes, plus vous êtes contents. La série montre que c’est un artifice qui fonctionne, mais qui surtout ne coûte pas un centime.

De la même manière que plus, vous avez de like plus vous vous sentez récompensés. La série dopamine de la chaîne Arte se penche sur les gros réseaux sociaux, mais aussi sur des plateformes comme Vinted pour expliquer comment sont déclenchés les mécanismes du plaisir pour vous rendre accro. Des vidéos dynamiques amusantes dans la forme, mais qui décortiquent de façon précise des pratiques inquiétantes. Les vidéos utilisent les codes YouTube qu’on connaît, rapide, nerveux, et en parallèle donne les explications sociologiques, psychologiques ou médicales derrière chaque mécanisme.

Si effectivement le mécanisme de récompense est bien présent, j’écoutais le discours d’un spécialiste en neurosciences qui invitait à moduler l’effet du like. En effet, il apparaît que 80 % des gens sur les réseaux sociaux ne produisent rien. Associer ainsi la dopamine et le like n’est certainement pas vrai pour tout le monde. Le like n’est sûrement pas le moteur de la captation ou de notre présence sur les réseaux sociaux.

La chaîne Dopamine sur Arte

Info ou intox : comment déjouer les pièges sur Internet ?

La vidéo de France 24 pourrait être considérée comme datée, car de 2015. Elle rappelle des principes élémentaires quant à ce qu’on voit et à la manière de réagir. L’utilisation par exemple de Google Images pour faire de la recherche à partir de l’image est déjà présent. Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous, quand on regarde quelque chose, on se pose des questions, auxquelles il faut apporter des réponses.

Je pense que le degré zéro de l’intelligence, c’est de ne pas diffuser. En effet, les journalistes incitent à un travail d’investigation que les gens n’ont peut-être ni l’envie, ni le temps, ou les compétences pour remonter le fil et comprendre. Si on n’a pas cette capacité, éviter de s’insurger, de diffuser, de propager la nouvelle me paraît la moindre des choses. Demander à des gens cultivés, honnêtes, un retour est aussi une possibilité. La culture, l’information, restent les meilleures armes pour éviter de tomber dans les pièges.

On notera ici que les vidéos sont orientées vers des campagnes de désinformations. Si on étend le mot « pièges » aux arnaques présentes sur internet, il faut alors rajouter le sang-froid. En effet, sur internet, tout est fait pour vous faire réagir avec un cerveau qui prendra la mauvaise décision. Si votre ordinateur par exemple vous envoie un message très agressif avec une sonnerie pour vous dire que vous venez d’être piraté et qu’il faut composer un numéro d’urgence, c’est un piège. Mais la sonnerie, les lumières qui clignotent sont autant d’éléments pour vous faire réagir. Car si vous prenez le temps de la réflexion, éteindre le PC et le rallumer pour voir si ça persiste.

Le premier mai ?

La fête du travail. Son origine date du samedi premier mai 1886 dans la ville de Chicago, un conflit qui a opposé les ouvriers au patronat pour obtenir la journée de 8 heures de travail, 8 heures de sommeil et 8 heures de loisirs. La date à l’époque avait du sens, car le 1er mai aux États-Unis c’est l’ouverture de la période comptable. Les émeutes ont tourné au drame avec des morts du côté des ouvriers. En France, en 1889, on s’inspire de ce qui se passe aux États-Unis et c’est ainsi que les socialistes choisissent cette journée pour revendication. Comme aux États-Unis les affrontements entre les forces de l’ordre et la police vont causer des morts. Il faudra attendre 1919 pour que soit légalisé la journée de travail de 8 heures ! Les explications très claires sur la chaîne Lumini.

Pour le brin de muguet, c’est Charles IX qui a officialisé la tradition après avoir reçu un brin de muguet le 1er mai 1561. Il faut savoir qu’à l’époque ce n’était pas le 14 février, la Saint-Valentin, mais bien le premier mai la fête des amoureux. La tradition est devenue populaire en 1900, suite à une fête organisée par les grands couturiers parisiens dans laquelle on a donné du muguet à toutes les femmes de l’assemblée.

Diogène et le syndrome de Diogène

Diogène est un philosophe grec de l’école du cynisme qui aurait vécu 400 ans avant Jésus-Christ. On notera que le mot chien et cynisme ont la même racine grecque, kunos, qui veut dire chien en grec. Diogène vivait plus ou moins comme un chien. La légende raconte qu’il vivait dans un tonneau, de façon simple, une façon de s’opposer aux privilèges de certaines classes. Les deux anecdotes les plus célèbres, sont :

  • ôte-toi de mon soleil, phrase qu’il aurait dit à Alexandre le grand venu lui demander s’il avait besoin de quelque chose.
  • sa recherche d’un homme juste dans les rues d’Athènes avec une lanterne.

On va de nos jours appeler syndrome de Diogène, des gens qui vivent dans des conditions de saleté extrême. Ils vont avoir tendance à une accumulation d’objets ou de déchets. Ces gens vivent dans le déni le plus complet, et ne réalisent pas les conditions dans lesquelles ils vivent. Souvent en lien avec un traumatisme de l’enfance, l’accumulation d’objets ou de déchets est une forme de rempart de protection qu’ils dressent contre le monde extérieur.

Le documentaire ci-dessous illustre de manière concrète le syndrome, ce n’est pas parce que vous avez vingt paires de sneakers à la maison que vous êtes malade, peut-être un peu acheteur compulsif, mais on évoque ici un cas extrême.

La DÉCHÉANCE de jeuxvideo.com

La vidéo est pertinente, car elle dépeint l’évolution de jeuxvideo.com de ses origines à ce qu’il est devenu maintenant. Il s’agit par extension de tout ce qu’est devenue la presse informatique qu’on qualifiera de mainstream. Mais la vidéo est aussi pertinente pour d’autres raisons et pas forcément de manière positive. En marquant en mot fort, le mot DÉCHÉANCE le vidéaste fait exactement ce qu’il reproche aux dirigeants de jeuxvideo.com, charmer Google. Même s’il explique en introduction qu’il ne vise pas la médisance, la critique, qu’il ne veut de mal à personne, il y a de la stratégie derrière tout cela. Jeuxvideo.com est le plus gros site de jeux vidéos en France, on sait qu’on intéressera davantage que si on parle de Gameblog. La vidéo est donc taillée pour faire buzzer.

Ce qui est je trouve est plus positif, c’est la proposition de sites en fin de vidéo et force est de constater qu’ils sont peu nombreux. Je suis d’ailleurs moi-même en recherche d’un site français qui ferait du texte, de l’actu, mais c’est compliqué. Compliqué, car avec la masse de jeux chaque année, il est impossible de tout tester, ensuite, ces sites existent, mais peut-être tenus par des passionnés si bien qu’ils sont noyés dans le SEO.

Ce que je trouve de moins positif, c’est que le vidéaste n’a pas exploré les causes profondes, à savoir l’obligation d’entrer dans un modèle payant si on veut du qualitatif. Jeuxvideo.com n’est qu’une victime d’un système dans lequel le consommateur ne veut pas mettre la main à la poche pour avoir mieux. Je m’inclus dans les fautifs.

Qui a pris le selfie de singe ? – Image #8

David Slater est photographe. En 2011, il se rend en Indonésie et suit un groupe de macaques. Ces derniers sont menacés, car leur chair est mangée par les habitants du coin. À force de les prendre en photographie, les animaux se rapprochent. L’un d’entre eux réalise la photographie ci-après, un selfie. La photo prend alors un caractère exceptionnel puisque c’est le singe qui fait le portrait. Qui est l’auteur de la photo ? Le singe ou le photographe ? Et c’est ici que la situation devient particulièrement compliquée. Du droit d’auteur qui va très très loin parce qu’on finit par le singe qui met au tribunal le photographe.

La vidéo explique très bien cette situation compliquée qui pour ma part rentre dans le top des histoires absurdes en informatique.

Le tueur en série inventé par les nazis (Bruno Lüdke) – par Ben

Bruno Lüdke, est un Berlinois né au début du siècle, on le considère comme un serial killer. Il quitte l’école à 14 ans. On le retrouve dans les années 30 dans les archives de la police. Arrêté plusieurs fois pour quelques petits larcins. Les docteurs lui diagnostiquent alors un léger handicap mental « cet idiot qui bégaie, au caractère stupide et à l’expression animale du visage ». Il sera donc déclaré pénalement irresponsable. Quand une femme est retrouvée violée et assassinée, la police ne tarde pas à lui faire porter le chapeau. Le gouvernement nazi s’empare de son cas pour mettre en avant son « nouveau projet de société » plus pure…

Bruno sera alors immédiatement stérilisé. On l’interroge tous les jours, et avec force de manipulations, on lui fera avouer plus de 84 meurtres, faisant de lui un serial killer ! L’affaire est surmédiatisée même si la guerre fait rage (1943)… Il ne sera jamais présenté à la justice, car le dossier monté par les enquêteurs, n’arrivait pas à dissimuler la supercherie. Il sera ensuite envoyé à Vienne où il servira de « rat de laboratoire » pour de diverses expériences. On fera des moulages de sa main et de son visage. Il y sera gazé en 1944.

Après la guerre l’affaire fera toujours autant vendre les journaux. Der Spiegel relance l’affaire et parle de lui comme d’un « gorille géant ». Le cinéaste Robert Siodmak en fait un monstre dans le film « Les SS frappent la nuit » (1957) …

Si vous voulez en savoir plus sur l’affaire, je vous conseille le documentaire d’Arte, Un coupable parfait : l’affaire Bruno Lüdke réalisé par Dominik Wessely et Jens Becker.

Le changement d’heure quel bordel ! Par Ben

Savez-vous depuis quand nous faisons ce changement ? Petit retour sur la création des fuseaux horaires et du changement d’heure.

Avant la création des fuseaux horaires chaque ville ou village avait sa propre heure définie par le soleil. En France par exemple, quand il était 12h à Strasbourg, il était environ 11h40 à Paris et 11h20 à Brest. C’est le développement du chemin de fer qui va favoriser l’arrivée d’une heure unique pour tout le territoire. Les régions françaises se mettent à l’heure de Paris avec la loi du 14 mars 1891. Une autre loi, celle du 9 mars 1911 fait passer la France à l’heure de Greenwich…et comme Greenwich est un peu plus à l’ouest que Paris, il faudra donc retarder nos montres de 9 minutes et 21 secondes exactement !

Le méridien de Greenwich c’est tout simplement le méridien qui définit la longitude zéro. A cette époque les trois quarts de la flotte mondiale le prenait pour référence. C’est donc naturellement que plusieurs pays adoptèrent aussi ce méridien pour calculer leur heure nationale. On parle alors de Temps Moyen de Greenwich ou GMT. Aujourd’hui on parle de Temps Universel Coordonné ou UTC.

Ensuite les péripéties de l’histoire font que la France va changer plusieurs fois de fuseau horaire… Le 9 juin 1916, en pleine Grande Guerre, même si l’Angleterre et l’Allemagne viennent de la mettre en place, la France décide de passer à son tour à l’heure d’été pour faire des économies d’énergies. En 1940 la France perd la guerre et la partie nord du pays est occupée par les Allemands qui apporteront avec eux leur heure. Ainsi le Nord passe à UTC +2 et le sud reste à UTC +1 (car on est à l’heure d’été)… Pour simplifier les choses le gouvernement de Vichy s’aligne sur l’occupant… Tout comme le Royaume-Uni qui ne veut pas être en retard d’une heure face à l’ennemie nazie ! Franco fera de même pour paraître sympathique à son copain Hitler.

A la libération, le gouvernement provisoire décide de revenir à l’heure d’été Française soit UTC +1… Et d’abandonner par la même occasion le passage à l’heure d’hiver. L’Angleterre elle reviendra à son méridien. Voilà comment la France a quitté son fuseau horaire en même temps que la guerre. En 1973 a lieu le premier choc pétrolier. Les prix du pétrole s’envolent. Pour essayer de faire baisser la facture énergétique des français, le gouvernement décide de rétablir le passage à l’heure d’hiver en 1976. Depuis ce jour nous changeons d’heure deux fois par an afin de profiter d’un ensoleillement optimum. Puis progressivement l’ensemble de l’Europe va se convertir au changement d’heure, et aujourd’hui les fuseaux européens ressemblent à ça : à l’ouest le Royaume-Uni, l’Irlande et le Portugal sont sur UTC 0, ensuite la France, l’Allemagne et tous les pays d’Europe centrale sont UTC+1 et les pays de l’Est et la Grèce UTC +3…

Pour en savoir plus sur les changements d’heures et découvrir les bizarreries des fuseaux horaires, je vous invite à regarder ma vidéo sur le sujet !

Les épinards ne sont pas riches en fer | L’Histoire nous le dira # 149 – par Cyrille

L’image de Popeye avalant une boîte d’épinards et devenant super costaud, les épinards qui contiendraient largement plus de fer que les autres aliments, c’est faux.

Voici l’histoire qui est connue : « En 1870 un scientifique calcule la teneur en fer des épinards. En donnant les résultats, sa secrétaire se trompe d’une virgule. Le résultat qu’elle note est dix fois supérieur ». À partir de ce moment, le personnage de Popeye apparaît en 1929, il finit d’enfoncer le clou dans la culture populaire. Les épinards ça rend costaud, parce que c’est riche en fer. Des scientifiques quelques années plus tard refont les mesures et expliquent que les chiffres sont faux. Ils ne seront pas écoutés, il est trop tard. Le gouvernement trouvera un intérêt durant la seconde guerre mondiale à entretenir cette fake news. Tout simplement pour inviter les gens à consommer des épinards, à la place de la viande bien plus rare. En effet, c’est principalement la viande rouge qui est rouge en fer. Malheureusement l’excès de viande rouge entraîne d’autres problèmes, comme les risques cardiovasculaires.

D’après l’histoire nous le dira, cette histoire est erronée. Et c’est donc intéressant, car on a une fake news dans la fake news. C’est ainsi une double erreur dans la culture populaire puisque je connaissais personnellement la version de la virgule. Ce qui montre qu’il faut régulièrement vérifier ses connaissances, même celles qu’on pense sûres. Je vous laisse regarder la vidéo explicative, c’est passionnant.

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