Humeur : lutter contre le FOMO

Dans le précédent billet, j’expliquais le trop-plein de notre société sans pour autant proposer de solution. J’écrivais aussi que cet afflux permanent créait des troubles mentaux ou des syndromes comme le FOMO. FOMO pour fear of missing out, la peur de rater quelque chose.

En effet, c’est cette espèce de peur, de culpabilité, qui nous pousse vers l’afflux, il suffit en fait de déculpabiliser.

Accepter d’être un imposteur

L’enseignement est certainement une bonne illustration du monde du travail et du monde dans lequel nous vivons. De façon évidente, le niveau baisse. Nous vivons dans une société qui nous interdit de nous poser et de réfléchir. Plutôt que d’essayer quelque chose sur le long terme, de mener une analyse précise pour comprendre le dysfonctionnement, chaque semaine sa réforme.

Ci-dessous, un enfant qui applique la méthode Singapour qui serait la manière révolutionnaire d’apprendre les mathématiques. Il y a certains points que refusent d’analyser les gouvernements successifs comme comprendre que les enfants ne travaillent plus. Par le fait, chaque ministre de l’Éducation croit qu’en piochant une méthode décontextualisée d’un pays va changer radicalement les choses. La méthode Singapour est peut-être formidable chez des enfants qui ont de solides habitudes de travail. Un enfant qui préfère TikTok ou sa console au reste du monde n’aura pas davantage d’appétence pour le travail malgré le changement de méthode ou la ludification.

Il faudrait donc être au fait de chaque nouvelle méthode. Et pour vous le rappeler, on ne manquera pas de vous culpabiliser. Il suffit de suivre quelques profils d’enseignants innovants pour vous rappeler que vous êtes nul.

Ce que je décris existe dans toutes les professions. Sauf imposition, il ne faut pas se sentir dans l’obligation de suivre toutes les tendances du travail. Ainsi j’ai accepté d’être un imposteur et de ne pas travailler 20h par jour 7 jours sur 7. Je ne suis certainement pas assez payé pour.

FOMO ? Limitez votre information avec les flux RSS

Lorsque j’avais écrit l’article sur l’infobésité, j’avais écrit un conseil qui me paraît pertinent, couper Google Actu. Google Actu avec son système de recommandation est une véritable horreur. C’est valable pour toutes les autres plateformes qui utilisent des algorithmes qui vous maintiennent dans votre bulle de filtre.

Vous êtes sur YouTube, vous faites des recherches sur des tutos bien précis, ou un thème léger. L’algorithme de recommandation peut avoir un caractère positif en vous présentant des vidéos sur le même thème. Maintenant imaginons que vous faites la même chose sur la thématique du cancer. Si vous faites des recherches sur un sujet anxiogène, vous allez vous retrouver très rapidement avec des idées noires.

Dans l’actu, avec des titres click bait, des actualités rarement joyeuses, dramatiques, cliquer sur un lien, c’est crouler sous cinquante articles encore plus dramatiques. L’agrégation RSS c’est maîtriser, c’est de l’information voulue. Comme vous pouvez le voir sous l’écran ci-dessous, j’ai sur mon serveur domestique installé News, le module RSS de Nextcloud.

Pour ceux qui auraient l’angoisse de rater quelque chose, je vous rassure. En effet, s’il y a une information réellement importante, vous ne la raterez pas.

Vous ne verrez pas deux fois Netflix en entier

Vous jouez au foot de façon intensive, vous n’êtes pas rugbyman, joueur de hockey et de tennis à raison de trente heures par semaine. Pourquoi ? Tout simplement parce que le corps ne peut pas suivre, ni l’esprit, et vous n’avez pas le temps pour conjuguer ces activités avec les autres. Ainsi, si on a la capacité de comprendre qu’on doit faire des choix dans les sports, il en est de même dans les loisirs. Vous ne verrez pas tous les films, vous ne lirez pas tous les livres, vous ne ferez pas tous les jeux vidéos. Il faut faire des choix dans les loisirs.

J’ai fait par exemple le choix de ne pas regarder de séries télés sauf cas exceptionnel. Le critère, c’est que la série soit finie. En effet, les séries à raison de 40 à 50 minutes sur des saisons de plus de 10 épisodes sur plusieurs saisons, c’est trop, surtout sans fin. Walking Dead que j’avais démarré à l’époque pour délaisser la série à la saison 6, c’est 39 heures pour en voir le bout. Je fais donc le « sacrifice » de certains pans culturels et tant pis si j’ai la sensation dans les conversations d’avoir raté quelque chose. Car c’est ici que se joue la culpabilisation, on vous donne l’impression qu’il faudrait avoir tout vu et tout fait pour briller. C’est faux, ce qui compte, c’est votre plaisir personnel, pas celui des autres.

Faire des choix, mais aussi apprendre à accepter d’avoir fait les mauvais. À une époque, j’aurais commencé un film, une bande dessinée, je l’aurais lue jusqu’au bout. J’aurais en effet perçu le fait de ne pas aller jusqu’au bout comme un manque de volonté. Aujourd’hui c’est différent, je considère qu’il est inutile de continuer dans quelque chose qui n’a aucun intérêt. De la même manière, avant de me lancer dans un jeu, je regarde sa durée. Sauf cas exceptionnel, je ne me lance plus dans la grande aventure.

Et vous n’avez pas 30 millions d’amis

Malgré ce que vous pouvez penser en arborant fièrement votre profil social avec des milliers d’amis, une fois encore le cerveau humain ne peut pas suivre. Vous suivez des bribes de vie que vos contacts souhaitent partager avec vous, mais pour le reste que savez-vous vraiment de leur quotidien ? Que retenez-vous réellement de ce que vous voyez ? Rien ou presque. La masse d’informations et de contacts différents font que l’on s’attache moins. Comme pour le reste, vous ne pouvez pas entretenir une relation avec de très nombreuses personnes, faites le tri.

Je suis présent sur Facebook, mais je ne suis pas les gens, car cela ne m’intéresse pas ou peu. En effet, je suis présent principalement pour les informations locales ou mes associations de secteur. Je préfère mieux consacrer du temps en vrai à peu de personnes, que de croire que j’en passe avec des gens qui ne comptent pas dans ma vie.

Expert en rien, touche à tout

Cela rejoint le syndrome de l’imposteur ou quasiment, mais dans la vie privée. J’ai réalisé que j’étais dépassé dans mon expertise informatique avec l’arrivée des conteneurs comme Kubernetes et les templates comme Divi pour WordPress. J’y vois une triple problématique :

  • Alors que l’informatique devrait aller vers le simple, elle se complexifie depuis des années. Je pense que c’est pour la rendre moins accessible au commun des mortels, pour forcer l’appel à des professionnels.
  • J’ai pris un coup de vieux à l’approche de la cinquantaine. Il devient de plus en plus difficile de me faire sortir de ma zone de confort ou d’apprendre de nouvelles choses.
  • Enfin, l’intérêt que je porte à l’informatique a franchement décru avec les années. J’ai d’autres centres d’intérêts.

Avec la multiplication des domaines dans une vie d’homme, il faut prendre conscience de ses limites. Néanmoins, il me paraît évident d’être capable d’accomplir un maximum de choses sans faire appel à un professionnel. Du bricolage dans tous les domaines, les formalités administratives, la cuisine et j’en passe. Le site s’appelle restez-curieux et c’est certainement le principal. On ne peut pas être expert dans les domaines, surtout quand la passion n’y est pas.

Je fais aussi le parallèle avec la création de contenus. Je pense qu’écrire quelque chose qu’un autre a déjà écrit en mieux, c’est une perte de temps pour tout le monde. Le temps d’écriture du billet si ça n’apporte rien de plus, ceux qui cherchent qui trouveront peut-être un billet moins bien écrit, mais peut-être plus visible.

En conclusion

Il y a un dernier point que je n’ai pas évoqué, c’est la gestion du temps. Pour mener à bien ce qu’on a envie de faire, dans le peu de temps qu’on a pour le faire, il faut être organisé. Par exemple, j’ai rajouté les podcasts dans ce que je m’autorise culturellement. Je n’écoute des podcasts que lorsque je conduis ou que je fais de la cuisine. La priorisation des choses, vie de famille, travail, obligations, permet de prévoir les plages horaires de disponibles pour le reste et ainsi de mieux savoir ce qu’on peut faire ou non. L’important, c’est de ne pas culpabiliser s’il y avait plus urgent à faire.

Voici quelques-unes de mes astuces pour survivre dans ce monde de trop-plein, s’il fallait faire une synthèse, je dirais simplement que je fais des choix.

2 Comments

  1. J’ai choisi la PS5 comme loisir solitaire.
    Mais en effet, faut choisir à l’heure où tu peux choisir d’être infobèse.
    C’est comme la clope : pas facile d’arrêter…

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