Qu’est-ce que le clickbait ou piège à clics ?

Le clickbait, ce petit titre aguicheur qui te donne envie

Plutôt qu’un long discours, une capture d’écran issu d’un site d’actualités geek avec de la culture, du jeu vidéo, de l’insolite. Avant d’aller plus loin j’ai pris ce site comme exemple non pas comme une charge mais dans mon Google Actu, j’ai vu plusieurs annonces qui m’ont fait sourire tant la perche est grosse. Ils sont passés l’air dans la maîtrise du clickbait, à croire que c’est écrit par des bots.

Prenons quelques exemples

  • Cette fonctionnalité doit absolument revenir. Mais quelle est cette fonctionnalité, il faut que je clique.
  • dévoile, inquiétante, casting XXL. Que de mystères, il faut que je clique.
  • Star Wars, grand retour dans cette série. Mais quelle série ? Il faut que je clique.

Analysons comment donner l’envie de cliquer

Prenons le dernier titre et imaginons qu’on ait plutôt écrit : Boba Fett sera de retour dans une nouvelle série Star Wars : The Book of Boba Fett. Dans ce titre, j’ai donné l’intégralité de l’information. Seuls ceux qui sont vraiment intéressés par le personnage et par l’annonce iront cliquer. Dans la version originale, on laisse planer une forme de suspense. Est-ce qu’il s’agit d’un retour dans le Mandalorian ou autre chose, je vais donc cliquer pour le savoir. Et c’est ici qu’intervient la notion de piège à clics. À la lecture de l’article, je me rends compte que le contenu est particulièrement pauvre. Il aurait pu effectivement tenir dans le titre que j’ai proposé.

Il faut bien vivre. Le problème de la publicité

Seulement, si je donne l’information dans le titre, qu’on ne clique pas, alors la page n’est pas vue. C’est ici qu’intervient la compréhension du modèle économique. Le site Hitek est un site gratuit qui vit uniquement des revenus publicitaires d’après ce que je peux voir. Aujourd’hui de nombreux sites se sont tournés vers des formules premium sans publicité ou du paywall, c’est-à-dire que vous avez l’obligation de payer si vous voulez lire les contenus. Le modèle publicitaire est basé sur le nombre de vues, par conséquent il faut que vos pages soient beaucoup lues pour que ce soit rentable. Les sites vont donc pratiquer le clickbait pour attirer le lecteur et faire monter le nombre de vues.

Clickbait ne rime pas avec qualité

Un site qui va donc baser sa stratégie sur du clickbait propose de très nombreux articles au titre accrocheur, mais aux contenus décevants et courts. En effet écrire un article de fond prend du temps, de l’investissement, un travail de recherche. Le clickbait se limite à broder autour d’un contenu sommaire. Le modèle a bien sûr montré ses limites et certains réseaux sociaux ont commencé à limiter cette forme d’article. Le caractère sensationnel qui est utilisé pour faire venir le lecteur est parfois mensonger et c’est donc la porte ouverte aux fake news.

On retiendra deux points : Alors que nous savons pertinemment que le contenu n’aura rien de révolutionnaire, nous sommes tentés de cliquer et nous finissons par le faire. Preuve que si les sites continuent à utiliser la méthode, c’est qu’elle fonctionne, c’est le propre de la nature humaine, la curiosité qui dépasse souvent la raison.

Si c’est gratuit, c’est vous le produit

Rien n’est gratuit sur internet et tout travail mérite salaire sous une forme ou une autre. Si l’information est gratuite pour le lecteur, il faut bien payer le pigiste, les serveurs, et c’est par le biais de la publicité qu’on rémunère. De la même manière si les réseaux sociaux sont gratuits pour l’utilisateur, les sociétés qui les exploitent se payent avec vos données personnelles. On comprend dès lors que pour avoir une information de meilleure qualité, plus travaillée avec un véritable travail de fond et de recherche, il n’y a pas d’autre choix que de payer.