Ysabelle est la seconde fille du roi Arthur. Elle est promise au baron de Cumbre. Le baron de Cumbre est un petit vieux qui avait déjà voulu épouser la première fille d’Arthur. Celle-ci s’est enfuie. Arthur n’est plus ce qu’il était. Alcoolique, son épouse est morte, il ne tient pas ses journées debout. Ysabelle plutôt que d’épouser un vieil homme qu’elle n’aime pas, décide de quitter le royaume. Comme on peut le voir sur la couverture, elle part avec l’épée de son père, Excalibur. Une épée qui parle. Pas évident de refaire la légende Arthurienne et je trouve que furieuse est une réussite. Le récit, avant tout basé sous le signe de l’humour, souvent absurde, surprend. Il surprend par un nombre de rebondissements incroyables dans tout le one shot. Principalement sur les faux semblants, les masques, le mensonge. Très bien mené, très drôle, un excellent one shot.
C’est l’histoire d’un bibliothécaire qui fait un burnout. L’idée n’est d’ailleurs pas si absurde, il ne supporte plus l’infobésité, les nouveaux livres en quantité, les nouvelles séries. Il n’arrive plus à suivre. Soudainement, il se rappelle un chanteur (perdu) qui l’a suivi durant ses moments de déprime, Rémi Bé. Un type qui aura fait un seul album, à la guitare, des textes enragés où il raconte sa vie, son enfance, l’Indochine notamment. Profitant de son mois d’arrêt maladie, il décide de partir à sa recherche.
Menée comme une enquête policière, Tronchet montre vraiment sa puissance d’écriture. Il réussit à nous tenir en haleine sur une histoire totalement improbable et pourtant globalement vraie. En effet, dans les dernières pages du livre, photo à l’appui, Tronchet répond aux questions que l’on se pose, particulièrement si l’histoire est bien réelle. Si bien sûr, on romance, que Tronchet n’est pas bibliothécaire, que Tronchet y ajoute des souvenirs personnels, la globalité, aussi dingue soit elle est réelle. Le personnage central de la bande dessinée remontera toutes les pistes, la famille, Pierre Perret qui l’a signé, les anciens artistes qui l’ont côtoyé jusqu’à retrouver son idole sur île perdue.
La maison de la plage fait typiquement partie des bandes dessinées qui pourraient être adaptées en téléfilm. Plutôt léger, plutôt tendre avec sa part de souvenir et de secrets de famille. La maison de la plage est donc une maison de famille. La bande dessinée s’ouvre sur deux terribles nouvelles. Une des filles de la dernière génération, enceinte, vient de perdre son mari dans un accident de la route. Pour la génération des parents, l’un des trois frères veut revendre le bien familial. La bande dessinée aurait pu se limiter au deuil, et aux relations familiales, mais elle décide d’aller plus loin. Il y a un secret dans cette maison et l’on va remonter les générations d’acheteurs. Très joli one shot qui raconte les vacances, l’enfance, à la façon des beaux étés.



Ce n’est pas la première fois qu’on voit du Zep ici et pas pour Titeuf. Je trouve que c’est courageux de ne pas rester uniquement sur cet énorme carton de la bande dessinée et de proposer d’autres choses. On notera toutefois que pour l’instant ce ne sont que des one shot et pas une nouvelle série. Des one shot adulte, qui poussent à la réflexion. Dans un bruit étrange et beau, il est question d’un prêtre. Cela fait vingt-cinq ans qu’il vit dans le silence, coupé du monde. Il hérite d’une tante. Malgré son vœu de silence et de pauvreté, il doit récupérer son héritage afin d’aider à la paroisse. Le fameux toit de l’église.
Que se passe-t-il lorsqu’un homme qui n’a pas vu le monde depuis plus de décennies se retrouve dans le bruit et la tentation ? Bande dessinée particulièrement classique, mais bien menée. Zep pour l’instant dans ses bandes dessinées, ne propose pas de la nouveauté ou quelque chose de très original, mais c’est pertinent. Il mérite d’être connu pour ces œuvres, que je trouve plus gratifiantes qu’un Titeuf particulièrement basique.
Un homme sort de prison. Sept ans, pour braquage. Il ne se fait pas trop de souci pour l’avenir, il sait que son pactole l’attend dans une usine désaffectée. Malheureusement, quand il arrive, il trouve un musée d’art moderne et des milliers de litres de bétons sur son trésor. Il s’assoit devant un tableau représentant un magnifique ciel bleu, un téléphone sonne. Une voix de femme qui lui dit avoir perdu son téléphone et lui donne une adresse pour l’envoyer. En Italie. Plutôt que de passer par la poste, il s’engage dans un road movie pour aller donner son téléphone en main propre à la belle. Au vent mauvais est remarquablement écrit, drôle, triste, attachant, un excellent one shot.
Dans un pays qui fait penser à l’Inde, la reine élève ses deux enfants dans la bienveillance. Elle donne un oiseau à son fils et à sa fille. Malheureusement un accident se produit, son fils décède. Elle pense que le responsable, c’est l’oiseau et décide de faire tuer tous les oiseaux du pays. On comprend alors que la reine fit le bonheur des insectes. Je n’irais pas plus loin dans la fable, mais c’est une très jolie histoire, magnifiquement illustrée.
C’est un homme d’un certain âge qui vient de perdre sa mère. Il récupère un petit héritage avec lequel il décide de s’embarquer dans un tour du monde. Un tour du monde pour le moins particulier. L’homme a perdu sa femme dans un accident de voiture depuis vingt-cinq ans. Il est ainsi particulièrement diminué, une béquille, des douleurs terribles. Aigri, il boit et prend des doses médicamenteuses importantes pour oublier la douleur. C’est un tour similaire à celui qu’il a réalisé avec sa femme qu’il veut faire. Ancien militaire, il est devenu hippie à son contact et c’est dans les années 70 qu’il a fait ce voyage. Une autre époque. Comme il est dans un état physique catastrophique, il embarque son fils. Le fils, c’est un trentenaire qui n’a jamais rien fait de sa vie. Il enchaîne les jobs d’intérim, ne s’intéresse à rien. Son père qui ne manque pas de lui rappeler qu’il est un bon à rien, lui propose un deal. Le fils s’occupe du père durant le voyage, en retour, il lui donne de l’argent. Le fils n’ayant rien à perdre part avec son père. Nous ne serons jamais des héros, même s’il reste prévisible et si les personnages sont classiques, le tandem fonctionne bien. Le fils glandeur avec le père taciturne qui font une forme de pèlerinage.




La chambre des merveilles est l’adaptation d’un livre. À priori, c’est une très belle histoire puisqu’on a aussi droit à une adaptation en film. C’est l’histoire d’une mère célibataire qui consacre sa vie à son travail, un peu trop. Un jour, alors que son fils lui réclame son attention, un coup de téléphone du travail. Une minute d’inattention et c’est l’accident, il est renversé avec son skate. Il se trouve dans le coma, sa mère bien sûr se sent coupable. Elle découvre un journal écrit par son fils dans lequel il explique les dix choses qu’il veut faire avant la fin du monde. Comme son enfant ne peut pas le faire, elle va le faire à sa place et lui raconter sur son lit d’hôpital. Alors forcément, c’est du rêve de gosse et dans ce rêve de gosse, il y a des Pokémon, du Japon, toucher les seins de sa prof ! C’est effectivement une très belle histoire, un dessin coloré, un one shot dans l’air du temps.
Les bandes dessinées sur l’occupation ou la déportation sont souvent très dures, en toute logique. On pense à Maus par exemple. Le pendant de cette dureté, choquer les gens pour marquer les esprits, c’est la difficulté de trouver une œuvre accessible aux enfants. L’enfant gâtée est un très bon one shot à bien des égards. C’est l’histoire d’une grand-mère qui raconte à sa petite-fille comment elle a été cachée durant la guerre. L’action se déroule en France et permet de se rappeler que la France n’a pas compté que des collaborateurs, mais aussi des justes qui ont caché (l’enfant) des juifs durant la guerre. Le dessin enfantin, une histoire moins classique que la déportation. La dégradation des conditions des juifs sur le territoire. Pas trop de violence pour une histoire qui finit plutôt bien. Une bonne manière d’aborder cette période sombre de l’histoire.
Faire passer l’émotion dans les histoires les plus banales, c’est une force. La force d’un Larcenet ou d’un Tronchet. Tout le monde ne sait pas le faire, et force est de constater que Zidrou excelle dans le domaine. On l’avait déjà croisé pour les beaux étés, où il nous racontait la vie d’une famille belge. Avec Merci, le titre de ce one shot et de son héros, il nous amène chez les ados. Merci est une adolescente rebelle, elle vient de prendre des TIG après avoir tagué le mur de son professeur de mathématiques (sic !). Le juge lui impose de participer au conseil municipal et de lancer un projet. Ce qui est intéressant dans la bande dessinée de Zidrou, c’est le traitement de l’adolescence. Merci montre aux adultes qu’on peut penser autrement. Pour autant, elle ne détient pas la vérité absolue, tous les adultes ne sont pas décris comme des idiots, dépassés par le monde. C’est ce juste équilibre, cette humanité qui rend la bande dessinée si attachante.
Dans la tête de l’inconnue du bar est une véritable bizarrerie. D’abord parce que c’est dans la collection fluide glacial, donc à s’attend à quelque chose de bizarre, mais c’est une bd dans la bd. Je m’explique. Dans un bar, une jeune femme vient dessiner en terrasse, c’est son métier. C’est sur l’une de ses histoires que commence la bande dessinée. Il s’agit d’un jeu vidéo réservé aux enfants, mais à la façon happy tree friends, dans laquelle les animaux de la forêt s’assassinent. On va donc alterner les histoires de la jeune femme et la vision de ces bd par les patrons du bar. L’un d’eux est amoureux de la jeune femme, les histoires en bd vont-elles s’en inspirer ? Le mélange d’humour absurde et violent avec cette comédie romantique de l’autre est particulièrement étonnant, mais fonctionne parfaitement.




Dans une famille tout ce qu’il y a de plus banal, un monstre vient chercher l’enfant de la maison. Il lui explique qu’il a besoin de lui pour sauver son monde. L’enfant suit le monstre. On voit ici la parabole avec les pervers qui font du mal aux enfants, mais ici l’aspect fantastique est bien un élément de la bande dessinée. C’est ce savant mélange avec une réalité bien difficile qui est très intéressante. Les parents ne retrouvent pas leur enfant, croient bien sûr à un enlèvement. La presse s’empare de l’événement, la police, jusqu’au jour où l’enfant réapparait. Le gamin raconte son voyage extraordinaire, les artefacts qui lui ont permis de terrasser les monstres. Il n’a subi aucune sévisse, il répète sans cesse le même discours, les autorités pensent que c’est pour masquer un traumatisme. Alors que les parents célèbrent leur joie, un couple de personnes âgées vient voir les parents pour dire que l’enfant va repartir. Dans le déni au départ, c’est ce qui finit par se produire. Et forcément, cette deuxième disparation oriente la vindicte populaire contre la famille qui ne peut être que la seule responsable.
Le traitement du fantastique mélangé à une réalité qui illustre bien le monde dans lequel nous vivons est particulièrement bien fait. Bien qu’il s’agisse d’une parabole des enlèvements d’enfants, tous les aspects médiatiques, la culpabilité des parents, les groupes de parole, tout y est. Ainsi, sous son aspect imaginaire, ceux qui restent est bien plus douloureuse qu’il n’y paraît.
La tomate est une bande d’anticipation qui se situe plutôt dans la dystopie. Il sera difficile de ne pas penser au 1984 d’Orson Wells. Dans une société très contrôlée, Anne est chargée de retrouver les objets du passé et de les détruire. La bande dessinée s’ouvre sur une scène de tribunal. On accuse Anne d’un crime terrible, avoir fait pousser une tomate. Anne arpente les vieux quartiers, le troisième cercle, celui des pauvres, elle tombe sur un magazine avec des graines. Si au départ, c’est la volonté de comprendre ce que représentent ces graines, par la suite, c’est l’émerveillement face à la nature. Elle va mettre en péril son mariage, sa vie, pour faire pousser un légume. La tomate, comme on peut le comprendre, est une critique cinglante du contrôle absolu. L’histoire tient la route, on appréciera le jeu des couleurs avec le gris des bâtiments, des personnages et de temps en temps ce rouge qui dénote. Sans révolutionner le genre, le one shot reste agréable à lire.
Cops est une véritable émission de téléréalité qui a démarré en 1989 aux États-Unis et qui aura duré plus de 30 ans. C’est dire que les Américains sont des précurseurs dans le domaine de ce type d’émissions. Dans Cops, on se contente de suivre des équipes de police dans leur travail quotidien. Ici cela va plus loin, la chaîne de télévision Médiacop a son propre policier qui a même la priorité sur les agents de l’État. Jean-David Morvan est souvent à l’origine de scénarios qui sont trashs, Reality Show n’échappe pas à la règle. On va suivre une équipe de super policiers en action, sauf que ça se passe mal. L’un des partenaires est tué, on va chercher un remplaçant. C’est une jeune femme franche, ingénue qui va remplacer le partenaire de la star des flics. Tout est scénarisé à l’extrême. Comprenez que même lorsque meurt le partenaire du superflic, il joue la comédie alors que c’est un instant réellement dramatique. Le soir, les relations sexuelles avec sa femme sont filmées pour faire davantage d’audimat.
L’arrivée de cette jeune policière tout droit sortie de l’école va bouleverser la donne. En effet, elle fait fi de l’émission de télévision pour essayer de résoudre l’enquête du triangle rouge. Il s’agit du tueur de l’ancien partenaire, mais surtout un tueur qui ne respecte aucun schéma. Il tue dans de véritables boucheries des gens sans lien les uns avec les autres.



Reality Show est une bande dessinée de 2008 et on peut dire que la bande dessinée a pris un tour d’avance. La majorité des tâches sont réalisées par des robots, les gens vivent avec un revenu qu’on pourrait qualifier d’universel. La société est ainsi totalement construite sur le loisir puisqu’il n’y a finalement plus de travail. Les trois premiers albums sont très bons et achèvent un premier cycle. Un second beaucoup moins intéressant conclut la bande dessinée sur cinq tomes.
Une bande dessinée très noire, très cynique, qui pousse très loin le concept de tout ce qu’on est prêt à faire pour l’audimat. Je trouve qu’il est toutefois intéressant de se mettre dans le contexte de l’époque, à savoir une bande dessinée de 2008. Même si je ne regarde pas ces émissions, je pense qu’on n’est pas allé plus loin que la scène de Loana dans la piscine, une relation sexuelle en direct. En effet, les candidats de la télé-réalité d’aujourd’hui n’ont pas de rapport avec les « naïfs » de l’époque. Il s’agit finalement de gens qui se préparent à ce type d’émission, des professionnels… de l’amateurisme.
L’action se situe aux environs de 2050. Dans notre futur, on prend acte que maintenir la paix, coûte cher. On finit donc par accepter la proposition d’une société qui propose de payer des hommes pour des missions de routine. La contrepartie, la récupération exclusive des images. On se situe ainsi dans une télé-réalité où ce sont les soldats les héros.
La bande dessinée est beaucoup plus subtile que reality show qui allait loin et qui ne faisait pas dans la dentelle. Si on retrouve bien la critique, les magouilles en lien avec la télé-réalité ou ce qu’elle pourrait devenir, le trait est beaucoup moins grossier. On voit tout de même les enquêtes d’opinion sur les militaires, est-ce qu’il plait ou non ? L’obligation de boire telle ou telle boisson. La promotion bien sûr des armes. Jacamon et Matz le tandem bien connu de la bande dessinée le tueur, nous présente Douglas Pistoia, une jeune recrue dont on va suivre gloire et décadence sur quatre tomes. Le jeune homme en effet ne veut pas se contenter d’être une simple marionnette et souhaite comprendre à quel point il est manipulé. La série Cyclopes est excellente sur les deux premiers tomes, le changement de dessinateur au tome trois est particulièrement douloureux. Je trouve la fin ratée, mais c’est un avis très personnel. Dans l’ensemble, il s’agit d’une excellente bande dessinée qui pousse à la réflexion.




Addidas est une enfant qui vit seule avec son père veuf dans une ville gigantesque. À perte de vue des immeubles, des usines et des cheminées qui crachent de la fumée. Et c’est d’ailleurs le métier d’Addidas et de son père, ils sont ramoneurs. Ils nettoient les conduits de cheminée. Quand le conduit est trop étroit, c’est Addidas qui fait le nettoyage. Seulement, Addidas a des absences de plus en plus fréquentes, elle s’évanouit n’importe quand, y compris dans les cheminées. Aucun médecin n’est capable de diagnostiquer son problème, ce qui inquiète de plus en plus son père.
Un jour, alors qu’elle entre dans une galerie très profonde. Addidas tombe nez à nez avec un monstre gigantesque. Ce dernier l’emmène encore plus profondément sous terre et lui montre l’endroit où il vit. Un lieu dans lequel des tas de monstres s’occupent de tas de machines. Et curieusement, le monstre s’occupe d’une machine qui s’appelle Addidas, une machine qui fonctionne mal…
Koma est une très jolie bande dessinée remarquablement dessinée par Frederik Peeters. J’aime beaucoup le côté enfantin des personnages et les décors très urbains, cet aspect industriel. Les cases sont très larges, peu de texte, ce qui fait une bande dessinée qui malgré le contexte n’est pas étouffante. Les dialogues sont drôles, truffés de punchlines et de bons mots. L’histoire de cette ville sous la ville peuplée de monstres intrigue. Les machines représentent-elles la vie des hommes ?
L’histoire démarre dans un monde qui pourrait faire penser à la préhistoire. Un enfant noir est le martyr de son village, on se doute assez facilement pourquoi. Dans le village, « celui qui sait », mène des expéditions vers le monde extérieur. Un jour, il ne revient pas. L’enfant noir pense qu’on va l’accuser de l’absence de « celui qui sait » et craint pour sa vie. Il décide alors de quitter le village, on va réaliser que nous sommes en fait dans un futur post-apocalyptique. L’enfant va visiter notre monde après un désastre avec ses yeux de gosse qui n’a connu que son village. Une impression de relire le mythe de la caverne. Les territoires sont magnifiques, statue de la liberté, vieux immeubles. On en saura plus sur le devenir de notre planète dans une histoire assez moralisatrice autour de l’écologie. Niourk est illustré et scénarisé par Olivier Vatine à qui l’on doit la célèbre série Aquablue. Comme évoqué plus haut, les dessins sont magnifiques, l’auteur s’est vraiment transcendé. L’histoire prendra un autre tournant quand l’enfant noir va rencontrer d’autres personnes. À lire.
Difficile de savoir s’il s’agit de notre planète ou d’une autre, mais les hommes, qu’on appelle les « oms » (en série) sont des animaux de compagnie. Ils sont la propriété d’aliens gigantesques qui les considèrent comme des chiens ou des chats. Collier, animalerie, lieux de reproduction, la transposition de tout ce qu’on connaît est appliquée aux humains. Parfois la sensation de retrouver Toy Story. Parmi eux, Terr, un om différent qui a appris à lire la langue des Draags et qui va devenir le chef de la révolution. On pourrait presque penser à Néo dans Matrix. La bande dessinée fait mouche avec un univers assez oppressant pour le lecteur. J’ai fait la comparaison avec Matrix, c’est assez similaire. Comme on se sent mal à l’aise avec les humains utilisés pour nourrir les machines, ici l’homme, transformé en animal de compagnie ou « dératisé », interpelle. On tape juste dans cette bande dessinée qui fait la part belle à l’action et aux planches larges. La réflexion de fond quant à l’extermination des peuples ne laissera personne insensible par les temps actuels.