One shot, numéro 12

Au sommaire de ce one shot numéro 12 : Furieuse, le chanteur perdu, la maison de la plage, un bruit étrange et beau, au vent mauvais et celle qui fait le bonheur des insectes.

Furieuse

Ysabelle est la seconde fille du roi Arthur. Elle est promise au baron de Cumbre. Le baron de Cumbre est un petit vieux qui avait déjà voulu épouser la première fille d’Arthur. Celle-ci s’est enfuie. Arthur, n’est plus ce qu’il était. Alcoolique, son épouse est morte, il ne tient pas ses journées debout. Ysabelle plutôt que d’épouser un vieil homme qu’elle n’aime pas, décide de quitter le royaume. Comme on peut le voir sur la couverture, elle part avec l’épée de son père, Excalibur. Une épée qui parle.

Pas évident de refaire la légende Arthurienne et je trouve que furieuse est une réussite. Le récit, avant tout basé sous le signe de l’humour, souvent absurde, surprend. Il surprend par un nombre de rebondissements incroyables dans tout le one shot. Principalement sur les faux semblants, les masques, le mensonge. Très bien mené, très drôle, un excellent one shot.

Le chanteur perdu

C’est l’histoire d’un bibliothécaire qui fait un burnout. L’idée n’est d’ailleurs pas si absurde, il ne supporte plus l’infobésité, les nouveaux livres en quantité, les nouvelles séries. Il n’arrive plus à suivre. Soudainement, il se rappelle un chanteur qui l’a suivi durant ses moments de déprime, Rémi Bé. Un type qui aura fait un seul album, à la guitare, des textes enragés où il raconte sa vie, son enfance, l’Indochine notamment. Profitant de son mois d’arrêt maladie, il décide de partir à sa recherche.

Menée comme une enquête policière, Tronchet montre vraiment sa puissance d’écriture. Il réussit à nous tenir en haleine sur une histoire totalement improbable et pourtant globalement vraie. En effet, dans les dernières pages du livre, photo à l’appui, Tronchet répond aux questions que l’on se pose, notamment si l’histoire est bien réelle. Si bien sûr, on romance, que Tronchet n’est pas bibliothécaire, que Tronchet y ajoute des souvenirs personnels, la globalité, aussi dingue soit elle est vraie.

Le personnage central de la bande dessinée remontera toutes les pistes, la famille, Pierre Perret qui l’a signé, les anciens artistes qui l’ont côtoyé jusqu’à retrouver son idole sur île perdue.

La maison de la plage

La maison de la plage fait typiquement partie des bandes dessinées qui pourraient être adaptées en téléfilm. Plutôt léger, plutôt tendre avec sa part de souvenir et de secrets de famille. La maison de la plage est donc une maison de famille. La bande dessinée s’ouvre sur deux terribles nouvelles. Une des filles de la dernière génération, enceinte, vient de perdre son mari dans un accident de la route. Pour la génération des parents, l’un des trois frères veut revendre le bien familial. La bande dessinée aurait pu se limiter au deuil, et aux relations familiales, mais elle décide d’aller plus loin. Il y a un secret dans cette maison et l’on va remonter les générations d’acheteurs.

Très joli one shot qui raconte les vacances, l’enfance, à la façon des beaux étés.

Un bruit étrange et beau

Ce n’est pas la première fois qu’on voit du Zep ici et pas pour Titeuf. Je trouve que c’est courageux de ne pas rester uniquement sur cet énorme carton de la bande dessinée et de proposer d’autres choses. On notera toutefois que pour l’instant ce ne sont que des one shot et pas une nouvelle série. Des one shot adulte, qui poussent à la réflexion. Dans un bruit étrange et beau, il est question d’un prêtre. Cela fait vingt-cinq ans qu’il vit dans le silence, coupé du monde. Il hérite d’une tante. Malgré son vœu de silence et de pauvreté, il doit récupérer son héritage afin d’aider à la paroisse. Le fameux toit de l’église.

Que se passe-t-il lorsqu’un homme qui n’a pas vu le monde depuis plus de décennies se retrouve dans le bruit et la tentation ? Bande dessinée particulièrement classique, mais bien menée. Zep pour l’instant dans ses bandes dessinées, ne propose pas de la nouveauté ou quelque chose de très original, mais c’est pertinent. Il mérite d’être connu pour ces œuvres, que je trouve plus gratifiantes qu’un Titeuf particulièrement basique.

Au vent mauvais

Un homme sort de prison. Sept ans, pour braquage. Il ne se fait pas trop de souci pour l’avenir, il sait que son pactole l’attend dans une usine désaffectée. Malheureusement, quand il arrive, il trouve un musée d’art moderne et des milliers de litres de bétons sur son trésor. Il s’assoit devant un tableau représentant un magnifique ciel bleu, un téléphone sonne. Une voix de femme qui lui dit avoir perdu son téléphone et lui donne une adresse pour l’envoyer. En Italie. Plutôt que de passer par la poste, il s’engage dans un road movie pour aller donner son téléphone en main propre à la belle.

Remarquablement écrit, drôle, triste, attachant, un excellent one shot.

Celle qui fit le bonheur des insectes

Dans un pays qui fait penser à l’Inde, la reine élève ses deux enfants dans la bienveillance. Elle donne un oiseau à son fils et à sa fille. Malheureusement un accident se produit, son fils décède. Elle pense que le responsable, c’est l’oiseau et décide de faire tuer tous les oiseaux du pays. On comprend alors que la reine fit le bonheur des insectes.

Je n’irais pas plus loin dans la fable, mais c’est une très jolie histoire, magnifiquement illustrée.

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