Children of morta, à la croisée du roguelite et du hack and slash

Le hack and slash est désormais un genre qui n’a plus de secret pour vous, qu’en est-il du roguelite ? Le roguelite, lite pour allégé, c’est le lite du roguelike. Le roguelike est un type de jeu où vous démarrez votre aventure dans un univers aléatoire et l’idée c’est d’aller le plus loin possible. Forcément lorsque vous commencez un jeu, que vous allez loin, que vous mourrez et que vous reprenez au début sans rien, la frustration est particulièrement importante. Le roguelite va justement modérer cette frustration pour qu’elle ne tourne pas à l’écœurement. Dans le roguelite votre personnage va conserver des acquis de sa précédente vie.

Le roguelite et le hack and slash sont deux types de jeu qui conviennent à des studios de développement qui ont peu de moyens, des studios indépendants. En effet avec de la 3D isométrique, des univers générés de façon aléatoire, il n’y a pas besoin de payer des fortunes pour de la modélisation 3D. Si on rajoute à cela, la vague du retour des pixels pour surfer sur la nostalgie, Children of morta présente toutes les caractéristiques du jeu pauvre, ce n’est absolument pas le cas.

Le scénario est pour le moins basique, vous vivez sur une planète dans laquelle l’esprit de la montagne se réveille et lance la corruption sur tout le territoire. Vous incarnez non pas un personnage mais la famille Bergson au grand complet, la famille des gardiens de la planète. C’est sur ce postulat que Children of Morta va réussir à se distinguer des jeux comme Diablo ou de la masse des roguelite/like qu’on voit fleurir depuis quelques années. Tous les personnages ne sont pas disponibles au début du jeu, vous allez les débloquer les uns à la suite des autres, avec au départ le père armé de son bouclier et de son épée, la fille aînée avec son arc.

Le jeu est scénarisé à fond, des événements indispensables mais aussi des petites anecdotes qui complètent parfaitement l’histoire, qui rendent les personnages encore plus attachants. Ainsi, chaque personnage que vous allez débloquer aura des caractéristiques qui sont différentes. Les possibilités de chaque personnage sont « limitées » par rapport aux hack and slash traditionnels qu’on a l’habitude de voir mais comme vous allez multiplier les personnages, la façon de jouer vous avez donc un très large éventail de possibilités. L’aspect roguelite intervient de façon évidente mais de façon « limitée » dans la frustration. Vous allez mourir un certain nombre de fois et vous allez réaliser en fait que c’est parce que vous n’utilisez pas le bon personnage, donc vous recommencez avec un autre et ça passe. La frustration est limitée sur ce point, par les événements de l’histoire mais aussi parce que vous allez croiser dans les donjons de nouveaux personnages avec des quêtes annexes qui vous donneront des bonus supplémentaires comme des marchands chez qui vous pourrez acheter de nombreux objets vous aidant dans la quête.

Le jeu est très addictif, excellent dans sa narration, dans son gameplay, et malgré la répétitivité ne crée pas la lassitude chez le joueur. J’ai fini le jeu et je pense même y retourner pour gagner quelques trophées supplémentaires. Le seul point noir est purement technique et très étonnant, ce sont les temps de chargement pour un jeu réalisé avec quelques pixels sur une Xbox One S. C’est certainement d’ici que vient la frustration, lorsque vous vous faites tuer par le boss de fin et que vous avez passé plus de temps à charger le niveau qu’à jouer. Pour le reste, c’est le sans faute.

Pour aller plus loin sur la notion de roguelite et de roguelike.