Lies of P, un souls crédible

Avec Dark Souls, ils sont nombreux à s’être essayé au style initié par from software. La liste est particulièrement longue mais pour l’instant rien n’égale les jeux du studio japonais. Lies of P réussit où les autres ont échoué.

Lies of P, P pour Pinocchio

L’action se déroule dans la ville de Krat. Historiquement, on aurait tendance à dire que ça ressemble à la fin du XIX° siècle dans un univers steam punk. En effet, Gepetto, inventeur de génie, a créé des robots à tout faire. La ville de Krat est ainsi totalement automatisée avec des robots présents de partout. Pour une raison inexpliquée, les robots sont devenus fous et finissent par tuer tous les humains. Vous êtes Pinocchio, vous vous réveillez dans le train, et vous allez enquêter sur ce qui a pu se produire.

La ville est donc à feu et à sang et vous allez dans un premier temps sauver des personnes importantes. Tout ce beau monde ira dans l’hôtel de Krat, le hub central du jeu. On pourra y faire évoluer ses armes, ses pouvoirs et dépenser son Ergo dans ses caractéristiques. L’Ergo qui anime les machines est au cœur du jeu. Car, non seulement vous allez devoir affronter des machines, mais aussi des monstres. La population restante a dégénéré, on suppose que c’est au contact de la substance qui donne vie aux machines.

Oui, Lies of P est une copie des souls

Avec des combats particulièrement dynamiques, l’absence de bouclier, Lies of P prend vraiment chez Blodborne. À tout instant, vous avez des références à ce que vous avez pu vivre dans les Souls. Vous débarquez dans une décharge acide qui fait penser aux marais empoisonnés. Vous vous faites tirer dessus depuis une tour comme dans le Dark Souls où il faut donner une branche au géant. C’est la critique principale qui est faite à Lies of P, son manque de personnalité et pourtant, c’est injuste.

Il y a quelque chose de particulièrement plaisant dans Lies of P contrairement à Darks Souls, c’est le côté « carré » du scénario. En effet, quand on sait que certains ont écrit des livres pour expliquer l’univers, le scénario des jeux, on comprend que les Souls, c’est flou. On nous explique tout clairement dans cette adaptation de Pinocchio. Il n’y a pas de choses bizarres à faire pour avancer dans l’aventure.

L’exemple type ce sont les sanctuaires et les clés de la trinité à trouver. Il s’agit de salles dans le jeu avec un trésor, il faut trouver la clé, c’est clair. On a aussi des énigmes avec des photos. Vous devez revenir en arrière dans le jeu pour réaliser certaines actions comme tirer dans un corps suspendu. Il s’agit pour moi d’une des forces du jeu, on peut réellement tout faire sans se dire qu’on est passé à côté de quelque chose pour une raison qui nous échappe.

Un jeu qui n’est pas sans défaut.

J’ai fait le jeu jusqu’au dernier boss optionnel, la marionnette sans nom. J’aurais pu finir le jeu si j’avais fait le choix de la fin alternative. Il s’agit d’un boss que je ne ferai pas, trop complexe. Le principe du die and retry c’est de recommencer, mais prendre dix heures de son temps pour battre un boss, ça n’a pas de sens. Autant regarder la vidéo. C’est assez significatif du jeu, la difficulté est mal dosée. Pour ainsi dire, avec une forte expérience de ce type de jeu, j’ai fait plusieurs boss en un premier essai ou deux. J’étais tellement étonné par le niveau de facilité que je suis allé voir sur internet. Et puis d’un coup, la difficulté augmente en force avec certains boss compliqués. On reste tout de même dans un jeu moins punitif que Dark Souls. La sensation de difficulté est moins présente même si le défi existe bien.

Techniquement, si le jeu tient bien la route, on reste un cran en dessous de ce qui se fait dans les Souls. En effet, dans un Dark Souls, vous allez parfois prendre du temps à regarder le décor, on reste souvent écrasé par le gigantisme. Ici ce n’est jamais vraiment le cas, même si ça reste beau, ce n’est jamais exceptionnel. Même le glauque omniprésent n’arrive pas à donner des angoisses.

Enfin, c’est à la fois une qualité, mais aussi un défaut. Il y a une pléthore de choses à développer. Le cube qui donne des pouvoirs magiques, la possibilité de combiner des lames et des poignées pour donner de nouvelles armes. Des tas d’armes de lancer ou encore les pierres à aiguiser qui donne un pouvoir à la lame. J’ai fait la totalité du jeu avec une des armes de départ sans modification ou presque. C’est un regret général pour ce type de jeu, je trouve dommage qu’on en donne tant. Si on regarde les vidéos sur YouTube, pour certains combats ce n’est plus de la maîtrise et du réflexe, mais trouver l’optimisation qui va bien contre le monstre.

Un très bon jeu

Je réalise qu’il est de plus en plus difficile pour moi d’être happé par un jeu. Le problème de temps bien sûr, mais surtout de capacité à me maintenir concentré, de me donner l’envie. Je n’ai quasiment pas décroché du jeu, ce qui veut dire qu’il a été mon seul loisir durant cette période. C’est donc mission accomplie pour les développeurs.

La réalisation d’un souls reste un exercice complexe. Si effectivement le jeu a beaucoup souffert de la comparaison, je retiens pour ma part qu’il est l’un des rares à se hisser au niveau d’un from software. Ils sont peu, je pense à the Surge dans le domaine futuriste, pour le reste les challenges ne donnent pas envie.