Même si les intelligences artificielles produisent des résultats discutables, nous en sommes aux balbutiements. Balbutiements d’ailleurs qui vont satisfaire une partie de la population et qui permettent de remplacer ici ou là des êtres humains. Alors demain, qu’en sera-t-il ? Quelle position les producteurs de contenus, vont-ils devoir adopter quand on vous pond un texte de douze pages en quelques clics ? Quelle production pertinente en 2025 ?
Produire ou faire du bruit ?
Je suis de plus en plus victime du syndrome de la page blanche, et ce, pour plusieurs raisons. Mon fonds de commerce, à savoir Linux et le logiciel libre, ne permettent plus d’écrire autant. En effet, évoquer la énième version d’une distribution Linux, un copier-coller des nouveautés, n’apporte rien. Les gens qui s’y intéressent suivent les sites officiels. Les gens qui ne s’y intéressent pas… ne s’y intéressent pas. Faire donc un article sur une distribution Linux qui ne sert à rien n’apporte rien.
Dans la même veine, je pense que l’univers a atteint une véritable maturité si bien que tout existe sur la toile ou presque pour l’utilisateur lambda. Je constate de plus que les problèmes se sont déplacés et sont devenus beaucoup plus techniques. Administration de serveur, Kubernetes, docker, des technologies que je ne maîtrise pas. Mais surtout des technologies qui ne m’intéressent pas et que je ne veux pas maîtriser. En vieillissant, ce qui apparaissait comme une passion se ramène à un outil qu’on espère le plus simple à entretenir.
Dans un précédent article, j’évoquais les bulles de filtre, j’aurais pu revenir sur la médiocrité de l’information. Le gratuit se paye malheureusement. Pour qu’un site puisse vivre, il n’est pas nécessaire d’avoir une production pertinente, il suffit de produire beaucoup pour être visible. L’effet de bord, c’est qu’une information résumée en une phrase se retrouve brodée sur deux pages. C’est une perte de temps pour le lecteur. Ainsi, ne voulant pas contribuer au bruit, je m’interroge sur la pertinence et sur l’existant qui sont mes deux critères.
Je comptais faire un tutoriel sur un changement d’autoradio dans une Citroën C1. Il se trouve que j’ai dû à un moment regarder un tutoriel sur internet pour sortir le poste. Par le fait, je préfère mieux pousser l’existant que de rajouter une pierre inutile à l’édifice.
Quelle est ma plus-value face à l’intelligence artificielle ?
Lorsque Benjamin fait une vidéo en histoire, on pourrait dire qu’il suffit d’aller voir l’IA. En fait, il apporte une plus-value. C’est une vidéo, c’est un travail de recherche, il y a la forme et le fond. Avec l’IA on se rend compte que les informations sont régulièrement erronées et on reste avec un contenu impersonnel. Car en fin de compte, la différence, c’est nous. Mon cours de Pythagore n’est peut-être pas le meilleur de monde, mais il est personnalisé.
Aujourd’hui, la contribution pour qu’elle soit pertinente doit être réalisée de la façon suivante :
- Elle comble un vide. Par exemple, je suis le seul à proposer des corrections de sujet de l’enseignement agricole à ma connaissance. Je propose donc quelque chose que les autres ne font pas. Écrire en effet un énième tutoriel qui a déjà été écrit ne présente pas d’intérêt. En outre, faire une compilation dans un wiki a certainement du sens. Demain, le tutoriel présenté plus haut disparaît, c’est le savoir qu’on perd si on ne conserve qu’une seule source. Il y a donc du sens à multiplier les sauvegardes.
- Elle est personnelle. Le fameux avis internet, c’est ce qui nous reste. L’intelligence artificielle ne peut pas vous donner un avis sur une série télévisée, sur une utilisation, sur un vécu. C’est notre ressenti, notre humanité qui va toucher certaines personnes qui rendent le contenu pertinent.
Il ne faut pas se leurrer. Dans quelques années, les intelligences artificielles seront tellement performantes qu’il sera inutile de produire certains contenus. L’IA fera mieux. Si on rajoute à cela un existant tant important qu’il serait prétentieux de réinventer la roue, la prise de parole doit être choisie pour ne pas être un bruit. Exprimons-nous moins, exprimons-nous mieux.
Bonjour,
Flux toujours cassé après intégration youtube.
J’écoutais hier soir interview debrief du salon sur l’IA du président par _underscore (youtube), ça vaut ce que ça vaut…
une projection abordée qui rejoint votre domaine: tutorat poussé par élève avec une IA
Avec un gros SI sur la fiabilité des LLM, qu’en pensez-vous ?
Quel flux ?
flux RSS, j’avais déjà levé cette erreur
Flux RSS de restez-curieux ? Parce que si c’est le cas, il est reconnu par RSS Validator : https://validator.w3.org/feed/check.cgi?url=https%3A%2F%2Frestez-curieux.ovh%2Ffeed
Peux-tu préciser ton agrégateur.
Je viens de voir ton message en lien avec la première erreur, j’avais demandé des précisions mais sans retour de ta part.
En effet, avec Lieferea
Je viens de faire le test avec la version embarquée de Liferea sous Linux Mint, aucun problème.
Après le problème des élèves et de l’IA est assez simple. Mes ados, je ne veux pas généraliser, n’ont aucune culture, aucune arme intellectuelle, aucune réflexion. Ils partent du principe que ça fait le travail à leur place, c’est la seule chose qui compte.
J’avais bien compris.
Là l’idée de l’instance en place est d’accompagner en plus du professeur chaque élève par une IA.
En supposant que l’on soit dans quelque chose de fonctionnel.
a ce point ?
dans le domaine agricole , IA peut il être utilisé pour proposer de meilleures solutions :
– pour le type agriculture / sols / herbicides
– pour une orientation différente à moyen terme pour les arbres
ou bien faut il encore passer par l’expérimentation sur 1metre carré ?
Dans ce qu’on peut voir pour l’intelligence artificielle, elle aurait effectivement du sens pour des simulations mais aussi pour des contrôles complexes. Par exemple, si on a une pollution qui arrive mais qu’il faut gérer des tas de paramètres pour évacuer, prévenir, l’IA est certainement au-dessus pour anticiper. La problématique pour ma part c’est que l’IA reste générationnelle et qu’elle s’inspire de situations connues. Si on prend par exemple l’intelligence artificielle qui avait essayé de recruter chez Amazon, elle n’embauchait que les hommes car l’IA avait été entraînée en utilisant les précédents résultats RH, où des personnes bien physiques avaient décidé d’embaucher très majoritairement des hommes.
J’ai lu récemment qu’une exigence « intéressante » de l’IA était d’obliger à utiliser un français bien calibré (prompt engineering) afin d’en retirer les résultats les plus intéressants. Il est bien visible que les humains pourraient en prendre de la graine dans la retranscription de leurs pensées 😉
L’exemple Amazon date de 2018, la préhistoire de l’IA !
L’article numérama utilise des formulations antropomorphiques qui n’ont en fait aucun sens : « L’IA en a conclu que sélectionner […] ». L’IA ne raisonne pas, ne conclu pas, ne décide pas… Comme il n’est pas dit non plus dans l’article que « des personnes bien physiques avaient décidé d’embaucher très majoritairement […] ». L’IA n’est QUE statistique, de même que les embauches antérieures
Cela dit, c’est assez drôle de reprocher à une IA d’être discriminante dans un processus qui n’est fait que pour ça (même quand il est appliqué par des humains ! 😉
L’avantage de l’IA, c’est qu’elle peut être corrigée [comme le montre l’article]. Puisqu’on ne lui passe rien. Peut-on en dire autant des humains qui restent en place, avec leurs biais discriminants ?
C’est tout de même un peu le serpent qui se mord la queue. Des humains discriminants dont s’inspirent des IA qui deviennent discriminantes à leur tour. Je comprends ton point de vue, toutefois j’y mets un bémol. Tu dis que l’IA est corrigée, j’ai envie de dire plus ou moins, ou pas vraiment. Si effectivement, on a des gens aux aguets et qui prennent un malin plaisir à souligner tous les dysfonctionnements, j’ai cité Amazon comme j’aurais pu citer l’IA qui refuse de dessiner un médecin noir entouré d’enfants blancs, les lanceurs d’alerte sont-ils si nombreux ? Pour mes élèves, l’IA c’est du pain béni, ça fait le travail, point barre. L’idée de douter, de relire, ne leur vient pas à l’esprit puisque ça fait le travail rapidement pour se consacrer à d’autres choses.
Et puis j’ai envie de rajouter aussi que nos erreurs humaines, sauf quand on est médecin et qu’on rate une opération c’est aussi ce qui fait notre charme quand on attend des IA une précision absolue.