La merdification est un concept qui a été développé par Cory Doctorow, traduit de l’anglais enshittification en anglais. À l’origine, c’est l’idée que toute plateforme numérique va finir par se dégrader au point d’en devenir pénible. Quels sont nos moyens d’action ?
Un exemple, tous les réseaux sociaux
Prenons n’importe quel réseau social, puisque de toute façon tout tend vers la merdification. Au départ le service est souvent gratuit, et n’oubliez pas que si c’est gratuit, c’est vous le produit. Tout est beau, tout est merveilleux et on finit par devenir dépendant de la plateforme. C’est le point de bascule. À partir du moment où vous avez une masse critique d’utilisateurs, vous pouvez commencer par merdifier le système. Des publicités, une limitation dans le service, un passage au payant. La merdification se fait par étape. On distille la merdification au fur et à mesure. Par exemple, les publicités au départ sont relativement discrètes, on conditionne l’utilisateur à supporter. C’est quand cela devient insupportable qu’on finit par être tenté de passer à la caisse… ou pas.
Le cas des réseaux sociaux a ceci de particulier que finalement les gens préfèrent tout supporter plutôt que de payer. Meta par exemple propose des abonnements payants, mais à destination des professionnels. Le particulier quant à lui doit continuer à supporter les publicités et un algorithme de recommandation pour le moins pénible. Il faut se rappeler qu’à l’origine, les réseaux sociaux, ce n’était pas de pub et on se contentait de suivre ses amis. Aujourd’hui c’est plein de pub et un algorithme qui vous alimente avec des choses que vous ne voulez pas voir. Seulement, vous n’avez pas le courage de dire stop et c’est pareil ailleurs.

Car c’est ici la force du concept de la merdification, c’est que la merdification n’a de sens que si elle a des complices. Prenons l’exemple de X. Aujourd’hui, vous êtes lassés par le réseau, marre de la violence et de l’extrême droite. Vous décidez de partir sur Threads ou sur Bluesky car les alternatives existent. Bluesky à l’heure actuelle ne propose pas de publicité, mais comme il n’y a pour l’instant aucun modèle économique, que tout est gratuit, il est certain que Bluesky finira par afficher des publicités et des algorithmes.
Nous touchons en effet un point sensible, le modèle économique. Si les services se dégradent, c’est parce qu’à un moment, il n’y a pas d’autre choix face à l’audience. Personne n’est prêt à payer pour les réseaux sociaux, sauf les professionnels qui en ont besoin pour exister. A fortiori avec des overviews dans les moteurs de recherche qui les rendent obsolètes. La publicité s’impose ainsi comme un modèle économique qu’il faut accepter puisqu’on refuse de passer à la caisse. Excepté que ce n’est pas totalement vrai et c’est ici que la merdification devient un problème.
La merdification est partout
Le problème de la merdification c’est que le deal n’est jamais acceptable. L’exemple type, c’est celui des produits Microsoft. Si on réfléchit bien, dans la stratégie de merdification, le premier point de bascule aura été le passage d’une licence qu’on paye à vie à un abonnement pour les produits 365. Le cloud est d’ailleurs une arme de merdification massive puisqu’il remet en cause la notion de propriété. L’affaire de Sony qui va dématérialiser les jeux est le paradigme de la merdification dématérialisée. Avant, la possibilité de revendre ses jeux, d’avoir une copie physique, de prêter un jeu. Le passage au dématérialisé fait que vous n’êtes plus propriétaire du jeu et en plus, vous n’avez plus qu’un seul revendeur, Sony lui-même. Seulement, vous êtes accro à votre PS5, les tarifs de la RAM font qu’acheter chez la concurrence ne résoudra pas votre problème, puisque c’est plus ou moins la même chose.
Microsoft donc propose ses produits 365 en ligne et pour en jouir vous devez vous abonner. La promesse de 365 à l’origine, c’était de ne plus avoir à se préoccuper des mises à jour pour Office et d’externaliser les données à l’aide de OneDrive. Pourquoi posséder un NAS quand il suffit en trois clics de déplacer vos données ailleurs, en toute sécurité. Seulement, Microsoft change régulièrement les règles du jeu. Dernièrement, on a pu voir une diminution du stockage sans baisse de prix de l’offre. Offre dont le prix grimpe continuellement.
On pourrait dire qu’il suffit de claquer la porte, sauf que ce n’est pas si simple. J’écrivais plus haut que la merdification ne manque pas de complices. Dans cette période économique tendue, avec une augmentation du prix de la RAM et des composants, il est fort à parier que l’augmentation doit être commune. Souvenez-vous, lorsqu’en France l’électricité a commencé à grimper en flèche, on a reçu des mails de Gandi, o2switch et de tant d’autres prestataires pour expliquer l’augmentation des tarifs. Depuis, je n’ai pas l’impression que si la situation s’arrange, on voit les tarifs baisser. La merdification fonctionne en bande organisée et a toujours une bonne excuse pour merdifier son produit.

En 2027, Yahoo Mail, service gratuit va bourrer l’utilisateur de publicités et le cibler. Et c’est ici qu’on comprend que la merdification ose tout, puisque si vous payez l’abonnement à 2.50 € alors, vous aurez moins de publicité et moins de traçage, mais vous en aurez quand même. Yahoo Mail existe depuis 1997. Je connais des gens qui ont leur mail chez Yahoo depuis plus de 20 ans. Et c’est ici qu’on comprend que la dépendance est à son paroxysme. Quitter Yahoo Mail pourquoi pas, mais imaginez plus de 20 ans de vie à remettre en ordre. Les sites d’achat, tous les contacts, les impôts et j’en passe. Le changement de mail est bien plus complexe qu’un changement d’adresse physique, et pour cause, on a remplacé l’adresse physique par l’adresse mail. Ils seront certainement nombreux quand leur boîte mail sera inutilisable à accepter de payer. Et assumer que le tarif d’aujourd’hui ne sera probablement pas le tarif bien plus cher de demain.
La merdification n’est pas seulement virtuelle, elle peut aussi prendre des aspects bien réels.

L’automobile est une entreprise qui aime beaucoup merdifier et force est de constater que les politiques lui rendent bien service. La multiplication de l’électronique dans les voitures multiplie les pannes, le prix de la réparation. Dernièrement les constructeurs ont tellement merdifié leurs véhicules en supprimant les boutons physiques qu’ils sont forcés de faire marche arrière. Le tactile devient dangereux pour les utilisateurs. Bientôt dans nos voitures, des capteurs d’attention pour être certain que vous êtes focalisé sur la conduite. À l’heure actuelle, tout se désactive avec un seul bouton, à chaque démarrage tout de même, mais demain ? La complexification des véhicules, mais aussi la complexification de tous les appareils. Sous couvert de l’intelligence, nos appareils sont de plus en plus compliqués, deviennent plus rapidement obsolètes et potentiellement dangereux. Il suffit de penser à l’affaire des frigos, de réfléchir à l’ensemble de nos appareils connectés pour comprendre que cette modernité devient potentiellement dangereuse. Combien d’appareils non mis à jour ? Combien d’appareils mal protégés ? Bien sûr, derrière toute cette informatique, des systèmes d’abonnement, de l’obsolescence programmée pour nous forcer à passer le plus souvent à la caisse.
L’IA plus grand pourvoyeur de merdification de demain
L’IA mérite son paragraphe puisqu’elle est l’archétype de la merdification. De plus, elle a des effets de bord sur tout notre univers ou presque. L’arrivée de l’IA est paradoxalement à l’opposée d’une merdification. En effet, dans les premiers temps pour avoir accès à l’IA, on était sur un nombre de réponses de mauvaise qualité, et limité. Par exemple la génération de graphique, il fallait pour de nombreuses IA avoir des « tokens » à la journée pour pouvoir l’utiliser. J’utilise Gemini et ChatGPT depuis peu, depuis que Gemini est en train de baisser en qualité. Cette phase qui a duré un certain temps s’est arrêtée. Aujourd’hui, notamment avec Gemini que je maîtrise mieux, la génération d’images semble totalement illimitée ainsi que les questions. Nous sommes dans la phase de la lune de miel, durant laquelle l’utilisateur utilise librement l’IA et devient accro. Seulement, comme on le sait, le point de bascule finira par arriver tôt ou tard.
ChatGPT ouvre le bal puisque depuis le mois d’août 2026, l’intelligence artificielle propose des publicités contextualisées, mais pas trop. L’idée, c’est que si vous demandez une bonne paire de chaussures, il va certainement vous proposer de la publicité. À l’origine, ChatGPT ne doit pas utiliser votre historique dans lequel vous vous êtes dévoilé pour vous proposer une chaussure qui irait bien avec votre douleur au genou que vous avez depuis quelques mois. D’ailleurs, vous pourriez prendre tel produit pharmaceutique (sponsorisé) pour la faire partir. Il est fort à parier que lorsqu’il sera impossible ou presque de se passer de l’IA, il faudra choisir entre l’abonnement payant ou des publicités ciblées comme on en a jamais vu. En effet, vos recherches peuvent en dire long de vous, mais rien comparé à un échange avec une IA. Des gens se livrent totalement y compris dans les problèmes personnels à la recherche de solutions. Quand on voit la puissance des IA, il ne sera pas bien difficile pour cette dernière de croiser toutes les informations disponibles sur vous.

Les effets de bord de l’IA sont particulièrement nombreux. Désormais impossible de passer un coup de téléphone sans être filtré par une IA qui vous bloque. Cette fameuse IA remplace des postes humains et c’est la merdification garantie de tous les centres d’appel. L’intelligence artificielle est en train de détruire profondément le web, chaque moteur de recherche proposant un résultat d’une IA. Seulement, on oublie que l’IA n’invente rien, elle puise dans l’existant au point de parfois puiser dans les résultats fournis par une autre IA. C’est l’histoire de la photocopie de la photocopie, au bout d’un certain temps, la qualité devient déplorable.
L’IA, n’oublions pas est générative. En abaissant de façon considérable la fréquentation des sites internet, pillés par l’IA, il est facile d’imaginer le monde demain qu’on peut déjà entrevoir aujourd’hui. La majorité des sites internet qui ne vivent que de la pub font le choix de balancer un mix de contenus rapides, très nombreux et de liens publicitaires pour essayer de gagner quelques euros. La presse en ligne s’est totalement merdifiée avec les années. Souvenez-vous, tout gratuit pendant des années, puis l’apparition de paywall pour profiter de l’ensemble des articles. De l’autre côté les sites gratuits sont de très basses qualités, ils permettent de seulement se tenir informé sans aller plus loin. On peut imaginer que ces sites vont péricliter. Pierre Lecourt dans un long article expliquait que vivre des liens d’affiliation ça va devenir compliqué dans une période dans laquelle l’informatique coûte des fortunes et que l’inflation nous invite à faire d’autres choix que des gadgets.
Avec des sites gratuits qui ferment, avec des sites payants qui verrouillent leurs accès pour éviter de se faire siphonner par l’IA, de quoi va s’alimenter l’IA demain ? De pas grand-chose, sauf si des accords sont trouvés avec certains sites pour accéder à leur contenu. Une réflexion d’ailleurs sur le fait de demander à l’IA ou d’aller directement questionner le site.
Première action : le grand ménage
Il serait faux de dire que l’informatique a merdifié nos vies, ce serait simpliste. Je pense par exemple à la gestion des comptes en ligne, des impôts et de masse de choses qu’on peut faire en ligne. Toutefois, force est de constater que l’informatique apporte plus son lot de complexification que de simplification, et l’intelligence artificielle pour l’instant ne tient pas vraiment ses promesses d’allégement des charges.
Si on en revient à la notion de merdification de Cory Doctorow, elle portait au départ sur les réseaux sociaux. Avez-vous réellement besoin d’être présent sur tous les réseaux sociaux du monde ? Que quelqu’un qui est en démarche d’emploi m’explique qu’il a besoin de LinkedIn, je peux l’entendre, que des personnes restent sur Facebook pour leurs groupes, pour le marketplace, je peux le comprendre. Qu’un jeune soit sur TikTok ou Instagram pour consommer du contenu comme il regarderait la télévision, après tout pourquoi pas. Faut-il être pour autant sur tous les réseaux et surtout pour quelle raison ? Car s’il y a quinze ans quand on s’inscrivait pour suivre ses amis, est-ce encore le cas aujourd’hui ? Non. On suit des contenus, et de moins en moins ceux de ses amis puisque plus personne ne poste. On suit de plus en plus d’IA, de stars, est-ce que tout ceci en vaut vraiment la peine ? Avez-vous conscience du temps passé à regarder des futilités ?
Pour éviter la merdification, la logique première, c’est de faire le tri dans les services qu’on utilise, faire un véritable bilan et se demander si on a réellement envie de s’infliger ça. Perte de temps, informations négatives, désinformation. Je n’ai plus aucun réseau social aujourd’hui et je fais le constat que cela ne me manque pas. Je rate certainement de l’information notamment au niveau des communautés du logiciel libre, mais je n’ai pas l’impression d’avoir raté grand-chose toutefois. Ce qui est certain, c’est que le temps que je ne consacre pas à lire des choses qui sont à 95 % du temps stériles, je le consacre à d’autres choses.
Ce bilan quant à vos réseaux sociaux peut s’étendre aux logiciels, mais aussi à certaines technologies. Avez-vous vraiment besoin d’un Thermomix à 1700 € connecté et de son abonnement premium pour avoir les dernières recettes de cuisine ?

Seconde action, changer de crèmerie.
Il va falloir prendre conscience que l’ère du tout gratuit est terminée et que désormais, il faut soit assumer des services merdifiés, soit passer à la caisse. Il est à noter que payer, comme on l’a vu avec Yahoo n’est pas synonyme de qualité. Certaines sociétés ont fait de la merdification un art de vivre, Microsoft pour ne citer qu’elle. Par exemple, vous avez un Windows, la licence est payante même si vous l’avez eu « gratuitement » avec votre ordinateur, pourtant vous allez recevoir de la publicité sur vos écrans.
Si vous voulez un mail gratuit, durable et sur le long terme, soit vous vous lancez dans l’autohébergement, à vos risques et périls, soit vous passez par un prestataire professionnel. Vous noterez que je n’échappe d’ailleurs pas moi-même à la merdification en utilisant o2switch. Si le service ne s’est pas dégradé, en tout cas pour mon besoin, on a quand même vu une augmentation particulièrement conséquente de l’offre pour continuer à bénéficier du même service ou presque. J’ai fait le choix de prendre l’offre grow et comme je l’ai déjà évoqué la concurrence n’est pas nécessairement plus intéressante ailleurs. Car parfois et c’est le paradoxe, même un service merdifié, peut être meilleur que les autres services ou plus attractif. J’ai eu une augmentation de mon forfait mobile RED, pourtant ce dernier reste plus intéressant que la concurrence. J’ai un peu digressé, l’idée, c’est un mail durable et fiable. Passer par ovh pour déposer son nom de domaine et héberger par la suite son mail chez un prestataire de service qui fait de l’hébergement n’a de sens que si vous avez un site internet comme moi. Si vous cherchez simplement une offre mail, vous pouvez par exemple regarder du côté du Suisse infomaniak.

Une offre parmi d’autres, infomaniak a bonne réputation, est situé en Suisse. On notera toutefois que l’entreprise n’échappe pas non plus à la merdification avec des dark patterns. On voit le tarif rayé en petit, pour un prix en gros qui ne sera que le tarif de la première année. Voyez ici le mécanisme de merdification, vous payez à pas cher la première année, vous trouvez la plateforme intéressante et par flemme de changer la seconde, vous payez le double. Ce genre de pratique devrait être interdite, mais on est tellement loin de tout en législation et dépassé, qu’on se rendra compte de l’existence des dark patterns dans dix ans. Infomaniak aurait tout intérêt à ne pas céder à ce style de sirène pour n’afficher que le véritable prix, proposer un mois d’essai, ça collerait mieux avec la vitrine du site qui se veut respectueux.
Bien évidemment, tout n’est pas payant. On peut quitter les logiciels de Microsoft pour utiliser un produit gratuit et libre comme LibreOffice. Si on a des besoins plus importants, il est toujours possible d’avoir des solutions cloud à base de Nextcloud combiné à Euro-Office, la future suite bureautique Européenne. Il n’est pas bien compliqué non plus de passer d’un système d’exploitation Windows 11 à bout de souffle dans un contexte de RAM trop cher à un système Linux.
Dernière action, le dormeur doit se réveiller.
La merdification n’est pas une fatalité, mais elle suppose à un moment une volonté, un réveil. Les solutions techniques existent, financières, car il faut accepter de payer pour que ce monde alternatif puisse exister. Je fais une parenthèse pour dire qu’il n’y a pas que la finance. Faire la promotion du libre, créer son serveur Mastodon, faire remonter des anomalies, faire des install party, il y a différentes manières d’aider le libre. Nécessairement, j’insiste sur le libre. La problématique derrière la merdification c’est avant tout un capitalisme qui promeut une informatique qui n’a rien d’éthique ni de pratique et qui ne vise qu’au profit de ses propriétaires. Seul le libre peut aujourd’hui vous libérer de la merdification même s’il faut faire des compromis et parfois des sacrifices. Oui quitter les réseaux sociaux usuels pour passer à Mastodon, ça pique, mais il faut bien que quelqu’un le fasse.
On a les solutions, mais elles ne servent à rien si vous ne voulez pas les utiliser. Coluche disait à raison qu’il suffirait de ne pas acheter pour que ça ne se vende pas et c’est le nerf de la guerre : l’argent. Si un courant de masse apparaît avec un abandon, un rejet de ces solutions, les grandes sociétés n’auront pas d’autre choix que d’infléchir leur position. Dans la limite du raisonnable. J’évoquais plus haut la voiture, soit vous avez demain un constructeur qui lance sa voiture avec le moins d’électronique embarqué, soit vous n’aurez pas d’autre choix que d’acheter un véhicule du marché.
Je crois qu’on ne peut pas tout démerdifié d’un coup, j’ai déjà écrit que j’étais tributaire de YouTube pour mes contenus pédagogiques parce que je ne voulais pas dépendre d’une petite instance Peertube. Si demain, je monte un VPS avec une YunoHost, je fermerai certainement ma chaîne YouTube au profit d’une instance que je gèrerai moi-même. Il s’agit d’une de mes pistes de réflexion, comment me libérer de YouTube tout en évitant de faire exploser un trafic qui dégraderait l’expérience.
Ne vivez donc pas dans la culpabilité des logiciels et des services que vous utilisez, faites toutefois l’effort de réflexion quant au besoin de tout cela. La société capitaliste nous vole du temps, car si nous avions davantage de temps, on se mettrait à penser. Prenez le temps de cette réflexion quant à vos usages, vous pourriez être surpris du temps que vous pourriez gagner !