Vil Coyote est un personnage bien connu des Looney Tunes. Dans chaque épisode, il essaie d’attraper un oiseau bleu, un road runner, qui se contente de faire bip, bip. Le dessin animé réalisé par Chuck Jones est absurde puisque Vil Coyote tente les pièges les plus absurdes pour réussir à attraper l’oiseau, sans succès. Et c’est d’ailleurs sur ce postulat que repose le film d’animation Coyote VS Acme. En effet, Coyote utilise de façon systématique des produits Acme et il finit en explosion, au fond du ravin. Il décide de se rendre à la ville et de déposer plainte contre la société. Il s’adresse à un avocat sans envergure pour attaquer la société. Coyote au lieu de donner une pièce à conviction va donner tous les outils avec lesquels il a fini par exploser au point de déclencher un énorme procès.
Coyote contre Acme est un film qui mélange de l’animation comme on a pu le voir dans qui veut la peau de Roger Rabbit ou Space Jam. C’est un exercice qui est toujours délicat, la capacité de mélanger de l’animation avec du vrai, force est de constater qu’ici, c’est plutôt réussi. C’est particulièrement fluide et dans l’ensemble plutôt sobre. Comprenez qu’on a de nombreux personnages de dessins animés qui interviennent dans le monde bien réel des humains. C’est l’occasion de retrouver tous les personnages des Looney Tunes comme un Titi qui est obligé de travailler pour Acme ou un Daffy interné dans un asile. Ce dernier est devenu fou suite aux expériences qu’on a réalisées sur lui, mais c’est un peu vous dévoiler le scénario.
L’extrait ci-dessous est le plus spectaculaire du film, c’est un peu le seul aussi, mais ce n’est pas très important.
En effet, si le film maintient le côté naturel de l’inclusion du dessin animé dans le monde réel et limite les grandes scènes comme celles-ci, on retrouve un Vil Coyote au travail. Comprenez qu’à l’instar du dessin animé original, notre coyote continue de faire des plans, de fabriquer des armes improbables et c’est un régal.
Coyote VS Acme est une véritable réussite et c’est pourtant un film qui avait été annulé. Warner Bros dans sa restructuration annonce que le film ne sortira pas, ni au cinéma ni en streaming alors que le film est prêt. Le film est fini dès 2023 et c’est seulement en 2026 qu’il apparaît sur nos écrans après une revente des droits. À raison, il s’agit d’un joli succès commercial et d’un excellent dessin animé. Je trouve que l’esprit si particulier de la série est respecté malgré cette transposition dans le monde réel. L’émotion est bien présente, je pense qu’il sera difficile de ne pas verser sa larme quand bip bip vient témoigner au congrès, rien que ça.
Le postulat de départ n’est pas très original. Ralph, c’est globalement l’équivalent de Donkey Kong dans un vieux jeu des années 80. Il incarne le méchant qui détruit un immeuble, quand Félix passe derrière réparer. À la nuit tombée, les personnages de jeux vidéos prennent leur autonomie, un concept largement piqué chez Toy Story. Les traits de caractère des personnages sont conservés, Ralph est ainsi considéré par les siens comme le méchant. Lorsqu’on fête les trente ans du jeu, ce dernier n’est pas invité à la fête. Ralph va vouloir s’imposer en tant que héros et récupérer une médaille. C’est en se rendant dans un jeu de shoot avec des aliens qu’il va créer une véritable catastrophe.
Pour apprécier ce dessin animé, une culture geek est particulièrement recommandée, limite indispensable. Si des références évidentes à Sonic parleront à tout le monde, on a par exemple de nombreux détails plus subtils. On aura, par exemple en début d’anime, une espèce de réunion des méchants anonymes. Les méchants des jeux vidéos témoignent, comme le personnage de Zangief de Street fighter. Plus loin, on fait référence aux jeux vidéos abandonnés, c’est Q*bert qui fait la manche. D’autres références sont présentes et pas que dans le gaming, le Mentos dans le Coca par exemple ou encore le groupe AKB48 de J-Pop qui fait le générique de fin.
La réalisation de l’anime est assez somptueuse. La scène dans laquelle Ralph se retrouve propulsé dans un shoot avec les aliens de partout est excellente, tout comme les courses de voiture ou le combat final. Il ne s’agit pas d’un Disney de seconde zone. Cela reste toutefois un Disney si bien qu’on n’échappera pas à la morale. Ralph est un méchant, mais qui sauvera le monde, la fillette, un bug représente la différence et le droit à exister. L’humour omniprésent, ainsi que le rythme, font passer la pilule aux plus aigris d’entre nous.


Comme on pouvait s’en douter, le film de 2012 a remporté un certain succès, Ralph et Vanellope reviennent en 2018. La logique était de quitter le « local » pour passer au réseau mondial, l’internet. La salle d’arcade est désormais connectée au Wifi. Si Ralph est content de son quotidien, Vanellope rêve quant à elle de nouveautés et d’autres défis. Le débranchement de Sugar Rush va précipiter les choses, Ralph et Vanellope doivent acheter un volant sur internet pour sauver le jeu.
À nouveau encore, la masse des références est colossale, notamment dans l’informatique plus que dans le jeu vidéo. Le propriétaire de la salle d’arcade pour sa première connexion utilise un Imac G3 de 1998. Il s’agissait des tous premiers de la marque, avec écran à tube cathodique. La forêt des oiseaux bleus qui twittent, les spams qui apparaissent à n’importe quel moment, la présentation de Ebay comme une salle d’enchères.
Comme on peut s’en douter, courses de voitures, mais cette fois-ci façon GTA, de buzz, de réseaux sociaux. À nouveau, la réalisation est à la hauteur, la représentation de l’internet comme une gigantesque ville est magnifique. Disney est même capable de faire de l’autodérision puisque Vanellope va se retrouver dans le monde de Disney et dans ses licences comme Star Wars ou les gardiens de la galaxie jusqu’à faire un caméo Stan Lee. On notera l’excellente scène dans laquelle Vanellope finit dans une salle avec toutes les princesses Disney.
S’il est réussi, le rythme est moins intense que le premier. Peut-être qu’à force de jouer sur les situations connues, les références, le film se perd. On aura droit à une chanson façon comédie musicale, on sent la volonté de nous en faire voir le plus possible jusqu’au Darknet. En fin de compte, le premier épisode se limitait à un monde plus fermé et il exploitait au plus cet univers. Face à la démesure de l’internet, les scénaristes font le choix de moins se focaliser sur l’histoire, mais sur l’univers, bien trop large.

Le postulat de Toy Story, c’est qu’à la nuit tombée, les jouets s’animent. Ils débriefent leur journée et font le nécessaire pour qu’Andy, l’enfant qui est propriétaire soit le plus heureux possible. Toy Story, c’est un peu plus profond que cela puisque nous en sommes au cinquième épisode et que les auteurs ont fait le choix de faire grandir Andy, ce qui va faire toute la différence. Toy Story en effet, puise dans les sentiments des jouets, dans leur peur, et dans le premier épisode, c’est la jalousie.
Woody est un cowboy, c’est le jouet favori d’Andy. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles jusqu’à l’anniversaire du garçon. On lui offre en effet un Buzz l’éclair, qui est un super jouet avec des tas de technologies. Woody se sentant menacé va tout faire pour éliminer Buzz et l’entraîner chez Sid, le voisin qui détruit tous les jouets. Avec ce premier anime, Toy Story pose des bases solides dans la présentation des personnages principaux qui sont Buzz et Woody ainsi que de nombreux autres personnages comme monsieur patate. Dans le second opus, comme on se doute, Woody et Buzz sont devenus les meilleurs amis du monde, on commence à voir poindre la notion d’abandon.
Woody doit partir au camping avec Andy, mais au dernier moment ce dernier voit son bras arraché. Andy finira par partir avec Buzz. C’est ici que les jouets commencent à s’interroger sur leur avenir, que se passera-t-il quand Andy va grandir ou que les jouets sont trop abimés ? Il apparaît que Woody est un jouet d’une collection unique et il se fait voler par un collectionneur qui souhaite revendre l’intégralité des jouets à un musée japonais. Woody va avoir le choix entre être adulé par des millions de fans pour l’éternité ou prendre le risque de rentrer chez Andy et se voir abandonné un jour. C’est dans cet épisode qu’on verra apparaître Barbie ou Jessie la cow-girl. Toy Story s’appuie sur la pop culture et a su poser des bases solides avec des runnings gag récurrents comme avec la série des jouets Buzz l’éclair qui sont persuadés d’exister pour de vrai. Chaque épisode propose ainsi un univers rassurant qui s’appuie sur l’épisode précédent et ajoute de nouveaux personnages qui s’intègrent à ce monde bien connu.
La crainte des jouets arrive avec l’épisode 3, Andy part à l’université. Va se poser la question du devenir des jouets, finir dans le grenier ou être donné à la garderie. Ce qui apparaissait comme un paradis avec des enfants de partout pour jouer devient un cauchemar, les jouets sont maltraités par les plus petits. La garderie est tenue d’une main ferme part Lotso, un ourson rose qui est en fait un vrai super méchant.

Lotso est un personnage intéressant dans le sens où il fait penser à un méchant de Batman. Abandonné par sa propriétaire, il est devenu aigri et voue une haine terrible contre les enfants. On avait plus ou moins un équivalent avec Papy Pépite dans l’épisode 2, mais Lotso est un véritable monstre qui n’hésite pas à torturer d’autres jouets. L’animation prend une autre dimension, avec un final dans une déchetterie assez impressionnant (je l’ai vu au cinéma en 2010). Ce sera aussi à la fin de cet épisode que les jouets changent d’enfant et passent à Bonnie, une petite fille.
J’ai du mal avec l’épisode 4 que je trouve plutôt brouillon, il a tendance à partir dans toutes les directions. La première piste, c’est que chez Bonnie, Woody n’est pas le jouet préféré, il cherche du sens à sa vie. Bonnie fait son premier jour à la maternelle et elle fabrique une fourchette qui va s’animer. Woody prend le « jouet » sous son aile. Fourchette puisque c’est son nom a du mal à se gérer, un peu comme un nouveau-né et il a du mal à se concentrer, il fait un peu n’importe quoi. Il va finir dans un magasin d’antiquités dans lequel il y a une poupée des années 50 qui est intéressée par le module de voix de Woody. C’est assez bien fait, elle dirige des pantins en costume, ça fait très gangster. Woody va recroiser la bergère qui est devenue un objet abandonné. Elle lui montre la liberté, le monde, et c’est ici une nouvelle piste pour Woody.
Enfin, dans l’air du temps avec l’épisode 5, les jouets prennent conscience qu’ils ont été remplacés par les écrans. Une tablette rentre dans le foyer de Bonnie et les jouets sont délaissés. On tombe très rapidement dans la caricature avec des enfants abrutis par les écrans. Je trouve que la série commence à largement tourner en rond et s’adresse désormais à un public plus enfantin. Par exemple pour l’épisode trois, qui est certainement le meilleur de la série, les passages avec Ken, les jouets qui se font torturer, on est sur un niveau plus adulte. Dans ce cinquième opus, c’est très basique, très premier degré.
Nimona (2023) réalisé par Nick Bruno et Troy Quane (les Incognitos, les Schtroumpfs) est une adaptation de la BD du même titre de N.D. Stevenson. Au départ, ce film devait être une production Disney avec le studio Blue Sky, mais celui-ci a été fermé en 2021 par la maison mère. Terrible, car le film devait sortir en 2022. Le projet fut relancé par Annapurna Picture avec le soutien de Netflix.
L’action se déroule dans une ville futuriste protégée par des murs gigantesques. Une confrérie de chevaliers a pour but de défendre la cité des monstres qui l’entoure. Ballister, premier roturier adoubé par la reine, assiste impuissant à un attentat contre celle-ci. Sans surprise, on l’accuse du meurtre et prend la fuite, aidé par un monstre : une jeune fille métamorphe du nom de Nimona…


L’univers de ce dessin animé médiéval futuriste fonctionne à merveille. L’humour est bien dosé et l’action omniprésente. Le duo chevalier/jeune fille à pouvoirs, offre des situations très cocasses. Sur fond d’enquête pour savoir qui a tué la reine, le film présente aussi un héros gay, qui doit lutter contre son petit copain, chevalier lui aussi. D’ailleurs, la question de l’homosexualité est traitée de façon naturelle et n’est utilisée que pour montrer la conflictualité des amoureux (rebelle VS représentant de l’ordre). C’est peut-être ce couple, ouvertement gay, qui a refroidi les ardeurs de Disney…


L’histoire dévoile petit à petit, le passé mystérieux de Nimona et bien sûr, de manière moins subtile, nous fait comprendre que les monstres ne sont pas ceux que l’on pense…
Visuellement, le film est bluffant. Le montage dynamique, soutenu par une 2D magnifique font de ce dessin animé un petit bijou d’animation. De plus, les doublages sont tops (mais j’ai un petit faible pour la VO avec Chloë Moretz en feu dans le rôle de Nimona). Les personnages sont bien sûr attachants et l’univers très riche pourrait facilement appeler une suite.
Le monstre des mers est un film Netflix daté de 2022, il est réalisé par Chris Williams (Vaiana, les nouveaux Héros, Volt). Depuis très longtemps, les chasseurs de monstres marins arpentent les océans afin de rendre les routes commerciales plus sûres pour la Couronne des Trois Ponts. L’histoire suit les chasseurs de L’Inévitable, navire commandé par le capitaine Crow, qui envisage de prendre sa retraite une fois qu’il aura tué la « Tourmente Rouge ». Son successeur désigné est Jacob Holland, le meilleur marin du navire, recueilli tout jeune par le capitaine. Alors que l’Inévitable était au port pour des réparations, une orpheline, Maisie Brumble, embarque clandestinement à bord. Celle-ci rêve de devenir chasseuse de monstre, comme ses parents…
Comme le film précédent, Maisie et Jacob vont s’apercevoir que les monstres ne sont pas ceux que l’on croit. Mais je m’arrête là pour ne pas spoiler la suite.


Le style graphique est bluffant. En effet, je suis toujours admiratif de voir à quel point la mer est reconstituée, les gouttes d’eau, le mouvement des vagues, etc. Les décors sont extrêmement travaillés (maison, plantes, poissons…). Les personnages ont des « gueules ». J’adore la silhouette et le visage buriné du capitaine Crow. Mais surtout, de nombreuses séquences sont à couper le souffle, notamment les face-à-face avec les monstres. On regrettera toutefois que ceux-ci manquent d’originalité, particulièrement la « Tourmente Rouge » qui ressemble beaucoup au dragon noir du dessin animé « Dragons ».