Après avoir terminé laborieusement Lords of the Fallen, on se dirait qu’il faudrait passer voir ce que vaut The First Berserker Khazan qui a eu droit son moment de hype. D’après les retours, ça n’a pas l’air d’être le jeu qu’on attendait. J’attends que son prix baisse pour le faire tout de même, souls un jour, souls toujours. AI Limit est une proposition chinoise des souls like que tout le monde ou presque a raté et pourtant il s’agit de l’un des meilleurs souls que j’ai pu faire et de loin, quelques explications.
Un univers post apocalyptique auquel je n’ai absolument rien compris.
Nous sommes dans le futur, l’humanité a plus ou moins disparu et vit dans les égouts, les ruines. On voit apparaître quatre factions. Les nécros qui sont des monstres façon zombis, l’église et ses robots, les humains restants et les lameurs. Les lameurs sont des êtres immortels qui ont pour but d’activer des branches d’un arbre qui correspondront à vos feux de camps de Dark Souls. C’est certainement l’un des plus gros points faibles, le scénario, et plus on s’enfonce dans le jeu plus cela devient délirant. L’image en bas à droite, c’est Aether the father, le boss de fin. Une espèce d’enfant qui flotte dans un endroit vide. Comme vous pouvez le voir, ce n’est pas sans faire penser au boss final d’Elden Ring avec l’espèce de poisson volant lui aussi dans le vide.
Après, on ne va pas se mentir, on ne joue pas à un souls pour son histoire mais c’est tout de même un regret. Avec un Dark Souls qui a posé les bases du genre avec un scénario cryptique, pour ne pas dire incompréhensible, tous les jeux qui passent derrière se sentent dans l’obligation d’en faire de même. On pourrait pourtant se dire qu’une histoire solide avec un gameplay dans le même genre ce serait sympa. On pourrait s’attacher aux personnages, s’investir dans autre chose que la partie « technique ».
Avec une histoire post-apocalyptique on ne s’étonnera pas des décors plutôt vides, des tunnels, des déserts et j’en passe. Il s’agit d’un jeu AA vendu aux environs de 35€, c’est certainement ici qu’on a manqué de moyen. Pourtant malgré ce « minimalisme », je trouve le jeu graphiquement très réussi, et certaines vues sont magnifiques malgré la simplicité. Avec une utilisation du cell shading, le jeu fait penser à Code Vein, la comparaison s’arrêtera pourtant ici.


Un gameplay évident qui va à l’essentiel et qui a raison d’aller à l’essentiel
AI Limit s’inscrit dans le gameplay dans la même veine que Sekiro ou Lies of Pi. C’est très vif, ça va vite et il faut jouer de manière agressive. Je peux d’ailleurs vous donner l’un des secrets pour finir le jeu, il faut vraiment aller au contact. Ai Limit va donc largement manger à tous les râteliers des souls en incluant toutefois quelques « originalités ». Pas de barre d’endurance ce qui facilite le jeu agressif. En contrepartie il y a une barre de synchronisation dont le principe est le suivant :
- Plus vous frappez, plus votre barre de synchronisation se remplit pour arriver à 100%
- Plus votre barre de synchronisation est haute, plus vous frappez fort.
- Si vous utilisez un pouvoir magique, une capacité d’armes ou un de vos pouvoirs « naturels », votre barre descend, vous frappez moins fort et vous risquez de vous retrouvez HS, comme « stun ».
Je vous donne ma technique de jeu. D’habitude dans les Souls je joue avec la grosse épée de façon à achever le plus rapidement l’adversaire. Je pars du principe que je suis trop vieux pour tenir des combats trop longs. Ici au contraire, j’ai joué avec la magie. Des attaques rapides de façon à récupérer de la synchro et pouvoir lancer des sorts violents. Quand on a compris le principe de la synchro, c’est vraiment plaisant.
Le jeu va proposer par défaut quatre pouvoirs : le bouclier que je n’ai pas utilisé pendant le jeu, une espèce de transformation en bête qui vous permet d’attaquer très violemment mais qui fait tomber fortement votre barre de vie, un déplacement rapide et enfin le contre.

Le système de sceau présenté ci-dessus, est un peu récupéré sur Code Vein, donc on doit finalement plus que des graphiques. Pour vous expliquer un peu, chaque sceau va avoir des caractéristiques propres. J’ai par exemple utilisé un sceau qui augmentait les pouvoirs magiques correspondant à mon style de jeu. Parfois j’ai changé de sceau pour avoir une synchronisation qui augmentait plus vite. Autour du sceau, c’est l’équivalent des anneaux dans les Souls, avec des protections spécifiques contre le poison ou encore l’électricité.
Un jeu moins difficile que certains souls, juste et exigeant
La première chose qui est remarquable dans le jeu c’est sa qualité. Je pestais dans Lords of The Fallen sur la maniabilité, les bugs, le lock, et j’en passe, ici ça n’a rien à voir. Malgré son « petit budget » le jeu tient parfaitement la route et n’induit jamais de frustration. Il ne s’agit pas de jouer les « kékés » en évoquant une certaine facilité mais il y a certaines différences assez importantes avec ce qu’on voit d’habitude. La fenêtre de contre n’est pas « hyper » précise si bien qu’on arrive à trouver le bon timing pour contrer. Et le contre vous allez en avoir besoin, alors que je ne l’utilise jamais, j’ai eu l’obligation d’y passer. De la même manière, alors que dans certains Souls ça va tellement vite qu’on ne voit pas la fenêtre d’ouverture, ici c’est plutôt jouable, même pour un homme de cinquante ans.
Je n’ai rencontré qu’une seule vraie difficulté, la chasseuse de lameurs.

La chasseuse de lameurs est un personnage en deux phases, et la seconde phase elle va très vite et envoie des flammes dans tous les sens. Ce qui est plutôt positif, c’est que même si on se décourage, il est tout à fait possible d’aller farmer ailleurs. C’est un point que je n’ai pas évoqué ici, on perd de façon systématique un quart des ressources, exit ici le besoin de revenir à l’endroit où on les a perdus. Le système est donc moins punitif qu’un souls classique mais on perd davantage. Il est donc important de farmer quand on est un peu trop haut ou de dépenser dans les magasins.
Pour battre la chasseuse de lameurs, j’ai dû totalement changer de rythme de jeu. Armes rapides, poursuivre la chasseuse, apprendre ses patterns, la contrer et j’en passe. Le rythme du jeu est soutenu et malgré la difficulté, on n’a jamais envie d’abandonner. On progresse à chaque combat et on voit la victoire arriver parce qu’on progresse. Et cette progression est due au fait que ce soit bien codé et maniable.
Des zones cachées et des raccourcis de partout
Ce que je retiens de Dark Souls, c’est la capacité à cacher au joueur une zone complète. J’ai trouvé ça osé car c’est du temps de travail, pour en fin de compte une minorité de joueurs qui trouveront la zone ou qui la chercheront. Après on peut aussi se dire que coder un boss de fin pour 20% des joueurs puisque c’est souvent le pourcentage de fin des jeux, c’est un peu dans le même esprit. AI Limit sur ce point fait très fort et rajoute une durée de vie que je ne qualifierai pas d’artificielle. On passe vraiment du temps à regarder de partout, les plateformes potentielles, les passages, les trous, les planches qui pourraient se casser. Les zones au loin aussi, comment y accéder.

Dans l’image ci-dessus par exemple, c’est un robot qui intervient au tout début du jeu. Il envoie des rayons lasers puissants qui vous tuent directement. Et comme c’est le début du jeu, vous n’êtes pas dans l’esprit du jeu, vous êtes dans la peur. Vous allez donc l’éviter. Plus tard on revient, on peut le détruire en tapant sur la main. Une zone derrière et en bas une passerelle inaccessible. Mais une clé ! Une clé qui permet d’ouvrir une porte qu’on avait oubliée et qui permet de débloquer cette zone.
Il y en a partout avec des boss cachés, du loot important et j’en passe. Tout est imbriqué de façon très intelligente et cohérente, on sort dans tous les coins. Et c’est dire à tel point c’est bien, intriguant, frustrant, qu’on est tenté de lancer le NG+ directement.
AI Limit est un excellent jeu pas prise de tête.
Dans Lords of the fallen, l’un de mes principaux reproches c’était la complexité du jeu. Si on réfléchit bien, même si on comprend que certaines prennent du plaisir à travailler leur personnage pour trouver les combinaisons qui vont bien, pour ma part ça reste quand même des jeux d’action qui font travailler le cerveau reptilien. C’est cette facilité que j’apprécie particulièrement chez AI Limit. Il est par exemple possible dans le jeu de changer l’intégralité des caractéristiques et ainsi changer totalement votre mode de jeu. C’est plaisant parce que lorsqu’on bloque contre un boss, il est toujours possible de changer pleinement sa façon de jouer sans avoir à trouver un objet mystique.
Il est étonnant que de nombreux gamers soient passés à côté et sur YouTube, les vidéos ont très peu de vues alors que c’est vraiment un excellent jeu dans lequel on ne s’ennuie jamais. À noter que le YouTubeur Playmoo a fait un guide complet dessus, je pense que c’est le seul en français.