Lies of P, un souls crédible

Avec Dark Souls, ils sont nombreux à s’être essayés au style initié par from software. La liste est particulièrement longue, mais pour l’instant rien n’égale les jeux du studio japonais. Lies of P réussit où les autres ont échoué.

Lies of P, P pour Pinocchio

L’action se déroule dans la ville de Krat. Historiquement, on aurait tendance à dire que ça ressemble à la fin du XIX° siècle dans un univers steam punk. En effet, Gepetto, inventeur de génie, a créé des robots à tout faire. La ville de Krat est ainsi totalement automatisée avec des robots présents de partout. Pour une raison inexpliquée, les robots sont devenus fous et finissent par tuer tous les humains. Vous êtes Pinocchio, vous vous réveillez dans le train, et vous allez enquêter sur ce qui a pu se produire.

La ville est donc à feu et à sang et vous allez dans un premier temps sauver des personnes importantes. Tout ce beau monde ira dans l’hôtel de Krat, le hub central du jeu. On pourra y faire évoluer ses armes, ses pouvoirs et dépenser son Ergo dans ses caractéristiques. L’Ergo qui anime les machines est au cœur du jeu. Car, non seulement vous allez devoir affronter des machines, mais aussi des monstres. La population restante a dégénéré, on suppose que c’est au contact de la substance qui donne vie aux machines. L’ambiance est assez réussie et fait penser à ce qu’on avait vu dans le jeu vidéo BioShock ou Fallout. Dans BioShock, le jeu se déroulait dans les années 60 et pourtant on avait une ville sous-marine avec des robots et des technologies à la limite de l’anachronisme. Cette ville à l’ancienne avec ses automates est réussie et c’est au demeurant une bonne idée pour intégrer le mythe de Pinocchio.

Oui, Lies of P est une copie des souls

Avec des combats particulièrement dynamiques, l’absence de bouclier, Lies of P prend vraiment chez Blodborne. À tout instant, vous avez des références à ce que vous avez pu vivre dans les Souls. Vous débarquez dans une décharge acide qui fait penser aux marais empoisonnés. Vous vous faites tirer dessus depuis une tour comme dans le Dark Souls où il faut donner une branche au géant. C’est la critique principale qui est faite à Lies of P, son manque de personnalité et cependant, c’est injuste.

Il y a quelque chose de particulièrement plaisant dans Lies of P contrairement à Darks Souls, c’est le côté « carré » du scénario. En effet, quand on sait que certains ont écrit des livres pour expliquer l’univers, le scénario des jeux, on comprend que les Souls, c’est flou. On nous explique tout clairement dans cette adaptation de Pinocchio. Il n’y a pas de choses bizarres à faire pour avancer dans l’aventure.

L’exemple type ce sont les sanctuaires et les clés de la trinité à trouver. Il s’agit de salles dans le jeu avec un trésor, il faut trouver la clé, c’est clair. On a aussi des énigmes avec des photos. Vous devez revenir en arrière dans le jeu pour réaliser certaines actions comme tirer dans un corps suspendu. Il s’agit pour moi d’une des forces du jeu, on peut réellement tout faire sans se dire qu’on est passé à côté de quelque chose pour une raison qui nous échappe.

Un jeu qui n’est pas sans défaut.

J’ai fait le jeu jusqu’au dernier boss optionnel, la marionnette sans nom. J’aurais pu finir le jeu si j’avais fait le choix de la fin alternative. Il s’agit d’un boss que je ne ferai pas, trop complexe. Le principe du die and retry, c’est de recommencer, mais prendre dix heures de son temps pour battre un boss, ça n’a pas de sens. Autant regarder la vidéo. C’est assez significatif du jeu, la difficulté est mal dosée. Pour ainsi dire, avec une forte expérience de ce type de jeu, j’ai fait plusieurs boss en un premier essai ou deux. J’étais tellement étonné par le niveau de facilité que je suis allé voir sur internet. Et puis d’un coup, la difficulté augmente en force avec certains boss compliqués. On reste tout de même dans un jeu moins punitif que Dark Souls. La sensation de difficulté est moins présente même si le défi existe bien.

Techniquement, si le jeu tient bien la route, on reste un cran en dessous de ce qui se fait dans les Souls. En effet, dans un Dark Souls, vous allez parfois prendre du temps à regarder le décor, on reste souvent écrasé par le gigantisme. Ici ce n’est jamais vraiment le cas, même si ça reste beau, ce n’est jamais exceptionnel. Même le glauque omniprésent n’arrive pas à donner des angoisses.

Enfin, c’est à la fois une qualité, mais aussi un défaut. Il y a une pléthore de choses à développer. Le cube qui donne des pouvoirs magiques, la possibilité de combiner des lames et des poignées pour donner de nouvelles armes. Des tas d’armes de lancer ou encore les pierres à aiguiser qui donne un pouvoir à la lame. J’ai fait la totalité du jeu avec une des armes de départ sans modification ou presque. C’est un regret général pour ce type de jeu, je trouve dommage qu’on en donne tant. Si on regarde les vidéos sur YouTube, pour certains combats ce n’est plus de la maîtrise et du réflexe, mais trouver l’optimisation qui va bien contre le monstre.

Un très bon jeu

Je réalise qu’il est de plus en plus difficile pour moi d’être happé par un jeu. Le problème de temps bien sûr, mais surtout de capacité à me maintenir concentré, de me donner l’envie. Je n’ai quasiment pas décroché du jeu, ce qui veut dire qu’il a été mon seul loisir durant cette période. C’est donc mission accomplie pour les développeurs.

La réalisation d’un souls reste un exercice complexe. Si effectivement le jeu a beaucoup souffert de la comparaison, je retiens pour ma part qu’il est l’un des rares à se hisser au niveau d’un from software. Ils sont peu, je pense à the Surge dans le domaine futuriste, pour le reste les challenges ne donnent pas envie.

Autant de temps entre un jeu et son DLC c’est plutôt rare. Vous me ferez remarquer que pour le cas d’Elden Ring c’est deux ans de décalage, il y a pourtant quelques différences. La première différence, c’est qu’Elden Ring pour les fans de souls, c’est le Graal des jeux, l’aboutissement des jeux de From Software. La fan base est encore prête à recevoir un nouveau DLC même quatre ans après la sortie, j’en suis persuadé. Le second point, c’est qu’Elden Ring n’est pas un jeu qui se finit en 20 heures, mais un univers dans lequel les joueurs ont passé des centaines d’heures. Je pense qu’on peut considérer sérieusement que deux ans à attendre ce n’est finalement pas tant que ça. Dernier point, Lies Of P s’il est un bon jeu n’est pas le jeu du siècle, Overture n’est donc pas un jeu qu’on attendait.

Un an et demi, c’est long et c’est long à plusieurs niveaux. Les auteurs vous placent le DLC à la façon des Dark Souls ou du même Elden Ring, pas au début du jeu, mais loin dans le jeu. Vous pourrez commencer le DLC à partir du chapitre IX quand le jeu compte XI chapitres. Et comme vous n’attendiez pas le jeu, vous n’avez certainement plus de sauvegardes et vous n’avez plus les mécanismes en tête.

Je me suis refait une partie intégrale en faisant un build force. La relecture de mon texte précédent me fait dire que mon opinion de l’époque est confirmée. C’est un bon jeu, un peu un Souls du pauvre sur plusieurs aspects, mais il arrive à communiquer les sensations d’un souls sans jamais graver les mémoires.

Assez rapidement, on va comprendre que le stargazer (les points de sauvegarde) qu’on va activer ne nous téléporte pas dans le présent, mais dans le passé. On se retrouve à l’entrée du zoo de Krat. Jiminy Cricket s’étonne de le voir en entier puisque ce dernier a brûlé dans un incendie, il y a belle lurette. On comprend qu’on va enquêter sur les origines des événements de Lies Of P.

Dans Overture même si on reprend du bestiaire existant dans P original, on a tout de même un véritable dépaysement. Tout est dans la neige, un nouveau bestiaire, très animal comme on peut s’en douter et de nouvelles armes. On voit notamment l’arrivée de l’arc ce qui est une surprise, à fortiori avec des flèches illimitées. Les seuls projectiles qu’on pouvait envoyer jusqu’à présent, c’était avec le bras de légion. Nouvelles armes, nouveaux ennemis, mais surtout une nouvelle difficulté qui n’a plus rien à voir. Et le problème, ce n’est pas la meilleure des difficultés, c’est la difficulté bête et méchante.

Le premier boss du jeu est un crocodile géant dopé aux stéroïdes, très rapide, difficile à éviter. Le combat est totalement injuste, comme dit par certains participants du forum Reddit, le véritable ennemi du jeu, c’est la caméra. Vous finissez régulièrement dans le décor, il est quasiment impossible de sortir de l’axe de la gueule du monstre. Je n’ai pas honte de dire que je pense avoir vaincu le boss à cause d’un bug. Le monstre est resté coincé un moment ce qui fait que j’ai pu lui faire tomber sa barre de vie d’un tiers sans qu’il réagisse. Après pour le reste, c’est quand même du talent et une bonne dizaine d’essais.

Techniquement, on voit que le moteur du jeu n’a pas évolué et cette lourdeur qu’on a sur le personnage qui n’est pas toujours super réactif. Si dans la première partie du jeu, c’était tolérable, car les adversaires n’étaient pas très vifs, cela devient plus compliqué. Tout va beaucoup plus vite, sauf votre personnage. Je joue de façon systématique en évitant dans les jeux, je n’ai pas eu d’autre choix que de me mettre à la parade. Des ennemis qui sont donc plus nerveux, mais aussi beaucoup plus nombreux. À la suite de ce premier boss, on rentre dans une espèce de serre avec de la végétation. Vous avez des dizaines de robots femelles qui font du karaté et le point de sauvegarde est très loin.

On notera une certaine perte de sens dans cette volonté de placer des monstres en pagaille. Dans le début du zoo, on comprend qu’on trouve tout le bestiaire qui s’est évadé. Ici, on a du mal à voir dans la volière la présence d’un robot avec une rapière ou des mutants qui ont les bombonnes de liquide dans le dos. On comprend que l’idée s’est de stopper la progression quoi qu’il en coûte.

Le jeu original était tout de même particulièrement sombre. Avec un départ dans la neige, je me voyais parti dans une répétition assez importante, ce n’est pas le cas. On va passer par une fête foraine qui fait un peu parachutée puisqu’on a déjà croisé des clowns, mais qui fonctionne bien avec sa grande roue et ses jeux. Le zoo le musée d’histoire naturelle comme on l’a vu plus haut pour l’introduction, des mines. Enfin, une zone dans laquelle on a des bateaux échoués sur la banquise.

Davantage d’ennemis, des boss plus difficiles et plus mémorables. En fait, un boss mémorable, ça tient à pas grand-chose, si vous faites un first try, vous risquez d’avoir peu de souvenir du boss. Véronique la boss de fin de niveau des égouts et leur chef d’ailleurs est un bon boss. Il s’agit d’un combat avec un humain particulièrement rapide, qui frappe fort et qui vous met le feu. J’ai fait une grosse partie du jeu avec une grosse épée, et il apparaît que la stratégie ici ne fonctionne pas. Dans ce DLC, on a une arme qui fait penser à celle d’Elden Ring, une espèce de bâtons avec deux énormes scies au bout. Elle change complètement la donne sur de nombreux adversaires, ce qui veut dire qu’il est important dans ce DLC de bien regarder ce qu’on ramasse. De la même façon vous récupérez un objet qui vous permettra d’invoquer un personnage du jeu durant un combat de boss.

L’aventure est donc plutôt plaisante malgré cette montée dans la difficulté. Je me suis arrêté au boss de fin et j’irai regarder la vidéo comme il m’arrive de le faire parfois. La seconde phase du boss fait penser à ce qu’on a fait avec Malenia dans Elden Ring. Sauf que dans Elden Ring, vous pouvez invoquer des personnages pour vous donner un coup de main. Le personnage final vole dans tous les sens, il inonde la zone, enfin bref, l’intérêt de perdre douze heures pour dire, je l’ai fait n’a plus aucun intérêt pour moi.

Overture est donc un bon jeu qui fait un effort sur les boss et sur la diversité des paysages, je pense que l’équipe mérite de faire un second Souls. Pour ma part, j’ai un peu l’impression qu’on a fait le tour de cette histoire de Pinocchio, originale au demeurant et qu’un autre univers serait intéressant.

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