One shot, numéro 17

Au sommaire de ce one shot numéro 17 : une bande dessinée sur les addictions à la junk food, des témoignages inoubliables, des zombies pendant la guerre de 39-45, une histoire d’enfant.

Junk food – Les dessous d’une addiction

Dans le one shot 16, j’avais présenté deux bandes dessinées à caractère pédagogique. C’est un exercice toujours très délicat, la vulgarisation ou faire passer le message. En effet, trop infantilisant, trop culpabilisateur, trouver le ton juste n’est jamais simple, encore plus dans un sujet sensible comme la junk food. L’auteur avait le choix de faire une présentation très scientifique, je pense que ça aurait été un piège. On a en effet tous conscience des problèmes autour du sucre, comme de la cigarette ou de la drogue.

Le parti pris, ici, est de présenter des témoignages de gens dépendants à la nourriture. Ça va assez loin. On raconte l’histoire de cette femme qui dévore un gâteau à s’en rendre malade. Elle finit par mettre du détergeant pour avoir la garantie de ne plus en manger. Le lendemain, elle se retrouve à faire ses poubelles pour finir le gâteau et trouver des parties sans produit ménager.

La bande dessinée va assez loin, ne présente pas forcément de solution mais plutôt la détresse des gens. Elle nous invite à nous questionner sur notre rapport à la nourriture, ce qui je pense est une bonne chose. Le sucre, le gras, font partie des seules drogues en vente libre.

Inoubliables

L’idée de Fabien Toulmé, avec inoubliables, c’est de retranscrire des récits d’individus en bande dessinée. Où je rejoins parfaitement l’auteur, c’est que souvent les meilleures histoires sont celles qui sont vraies. On trouvera l’histoire d’une jeune femme qui est entrée et sortie des témoins de Jehova. L’histoire d’une femme qui tombe amoureuse d’un prêtre ou encore un viol. L’histoire qui pour ma part me semble la plus inoubliable, c’est celle de ce délinquant devenu maire de sa ville. Où je suis un petit peu perplexe avec cette dernière histoire, c’est que je n’ai rien trouvé.

En effet, un trafiquant de drogue qui finit par devenir maire, c’est assez édifiant, j’ai voulu en savoir plus. Mes recherches ne donnent rien, ce qui m’interpelle. Le seul maire ancien délinquant, c’est celui de New York, Eric Adams.

Cela ne retire en rien l’intérêt qu’on peut avoir pour la bande dessinée, mais on se demande tout de même si c’est vrai ou romancé.

Black Sands

Black Sands est une bande dessinée avec pour scénariste Tiburce Oger qui est l’auteur et le dessinateur de Gorn. Gorn est une bande dessinée qui a marqué les esprits par la qualité de son dessin. Oger aura été dans l’ensemble un homme qui aura peu produit d’album sur sa carrière mais qui aura tout de même fait sa place dans la bande dessinée. À l’époque par exemple, il a collaboré avec Vincent Perez acteur incontournable en tant que dessinateur de la forêt.

Je m’étonne donc quelque part de le retrouver aux commandes de ce black sands. Durant la guerre de 39-45, un équipage américain se retrouve débarqué de force sur une île. Elle est occupée par des monstres et par des japonais qui font des recherches. Nous sommes dans un très classique album sur les zombis. La bande dessinée n’apporte rien de plus au classique, mordu, contaminé, si ce n’est le contexte de la Seconde Guerre mondiale. La bande dessinée fait le job.

Demain est un autre jour

Demain est un autre jour est une bande dessinée qui traite de l’infertilité, du manque d’enfant et de la pression sociale. L’histoire n’a rien d’original puisqu’elle a été traitée des dizaines de fois, elle nous présente la situation de Bada et Sana en Corée du Sud. C’est assez intéressant parce que si on ne le sait pas, si n’a pas les enseignes écrites en coréens, il est difficile de faire une distinction avec la France. Les problématiques sont similaires avec la pression de la famille peut être plus accentuée en Asie et celle de l’entourage.

La question que finalement pose l’ouvrage, c’est de se demander si on a des enfants parce qu’on en veut vraiment ou pour d’autres raisons. Faire comme les autres, faire plaisir à ses parents qui veulent devenir grands-parents. Simplement, être dans la norme au détriment de son propre bonheur.