Lectures, février 2024

Le 11 septembre 2001 (le jour où le monde a basculé), deux avions foncent dans les tours jumelles du World Trade Center. Ce sont les bureaux de 350 sociétés pour 50000 salariés qui travaillent, les tours s’effondrent. On dénombrera 3000 morts directement de l’attentat. Aujourd’hui, on évoque 10000 morts supplémentaires chez les pompiers et les forces de l’ordre. En effet, en déblayant les gravats pour trouver des survivants, sauveteurs ont inhalé des substances toxiques. Ils ont développé des maladies comme de cancers. Les images ont marqué les esprits des gens qui étaient en âge de comprendre.

La bande dessinée fait un choix que je trouve pertinent, mais aussi restrictif. Elle présente une jeune femme d’une trentaine d’années qui prend l’avion pour la première fois pour New York. Durant le voyage, elle se remémore son adolescence, âgée de 14 ans, elle voit les images à la télé. À une époque, n’importe qui était capable de se rappeler où il était le jour de la mort d’Elvis Presley ou pour d’autres Michael Jackson. Pour beaucoup de gens de ma génération, nous sommes tous capables de nous rappeler avec précision cette journée dramatique.

J’étais ingénieur pour BNP Paribas. La rumeur se propage dans nos bureaux, on essaie de se connecter à Yahoo, plus gros site d’information de l’époque. Le réseau internet mondial est saturé, nous finissons par voir la photo de l’avion en feu dans l’immeuble. Le premier réflexe, c’est le déni, l’impossibilité que quelque chose comme ça se produise puis la fatalité. Si c’est arrivé chez eux, cela peut arriver chez nous. La bande dessinée ne va pas s’atteler qu’à présenter les événements du 11 septembre, mais expliquer comme le monde a basculé dans la paranoïa. La mise en place du patriot act aux États-Unis qui donnera le camp de Guantanamo. Ou encore la surveillance de masse de la NSA, en France le plan Vigipirate. La peur de l’attentat justifiée avec le Bataclan de Paris, les attentats de Londres ou de Barcelone. La bande dessinée explique aussi la guerre, en Irak ou en Afghanistan, la traque de Ben Laden.

C’est 20 ans d’histoire qui sont racontés au travers de cette jeune qui grandit. Les événements, mais aussi les gens, la peur de l’autre, le racisme, le complotisme. À cette époque, on voyait fleurir des théories pour parler de montage ou le fait que ce soit la CIA qui soit à l’origine de l’attentat pour pouvoir renforcer le contrôle de l’état. Comme je l’ai écrit plus haut le choix est pertinent, car même si je n’étais pas adolescent, la bande dessinée vous projette immédiatement dans cette époque que j’ai vécue, c’est une bande dessinée qui touche. Mais seulement, alors qu’elle vise un public certainement plus jeune, je ne pense pas qu’elle arrivera à viser sa cible, autre que ceux qui ont vécu la période. Si l’exploit de résumer les 20 dernières années est bien réalisé, en 165 pages, c’est trop court pour expliquer, pour comprendre tant les événements ont été nombreux. Par exemple, on voit sur quelques cases les déclarations de Snowden quant à la surveillance de masse, c’est trop court pour que quelqu’un qui n’a pas les connaissances puisse comprendre les enjeux. Si vous voulez plus de détails sur l’histoire d’Edward Snowden vous avez un film de 2h15 sur le sujet.

11 septembre 2001 le jour où le monde a basculé est un support d’explication qui ne peut se suffire à lui-même pour des gens qui ont moins de 35 ans. il est une base solide, une trame qui doit être accompagnée de documents supplémentaires.

Alex est un jeune garçon particulièrement protecteur et inquiet. En effet, Nina sa petite sœur, s’enfonce de plus en plus dans la dépression. Leur maman est internée, et la petite fille va de plus en plus mal. Un soir, un phénomène fantastique se produit, Alex voit sa sœur être absorbée dans un monde parallèle. Il se retrouve dans un pays étrange où résident les souvenirs des doudous. Des doudous qui ont été perdus par leur propriétaire, des doudous qui ont été maltraités. On n’est donc pas vraiment au pays des Bisounours, mais dans le monde de l’horreur. Alex au milieu de cette horreur est une anomalie, il n’aura d’autre but que de retrouver sa sœur et de tuer des tas de doudous devenus fous. Obscurcia est une excellente bande dessinée en trois tomes, avec un dessin qui ose. C’est violent, c’est puissant et c’est souvent glauque. Si l’idée du voyage initiatique au pays des rêves ou des cauchemars n’est pas une nouveauté, elle est particulièrement bien menée.

Harry est un ancien militaire, un homme aguerri aux techniques de combat. Un de ses anciens amis lui explique qu’il participe à un jeu. Un jeu dangereux qui peut conduire à la mort. Il s’agit d’affrontements entre des hommes avec de gros paris financiers. Les exécutants sont guidés par les voix, des hommes riches avec qui ils ne communiquent que par téléphone. Les hommes s’affrontent. Celui qui gagne peut tuer son adversaire ou prendre un « marqueur » c’est-à-dire un doigt. Au bout de trois marqueurs, l’exécuteur doit mourir. On n’est finalement pas si loin de Hunger Games sauf que les participants se lancent dans le massacre de leur plein gré.

Harry se lance dans le jeu et fait forte impression. Seulement, il y a quelque chose qu’il ne sait pas. On ne sort pas vivant du jeu, en tout cas pas vivant. La bande dessinée se décompose en trois tomes. Les aventures de Harry en Angleterre, le jeu aux États-Unis et enfin la volonté d’Harry de quitter le jeu. L’exécuteur est une excellente bande dessinée d’action, particulièrement violente dont on a du mal à décrocher une fois qu’on a commencé la lecture.

Il est à noter que John Wagner est l’auteur de « History of Violence » dont la bande dessinée a été adaptée au cinéma par David Cronenberg.

L’étreinte est une bande dessinée de Jim à qui l’on doit depuis ces dernières années de très beaux ouvrages. L’étreinte n’échappe pas à la règle pour une excellente bande dessinée. C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui rentrent d’Espagne. Il est sculpteur, elle est son modèle, ils vivent une histoire d’amour. Pourtant, sur la plage, il a photographié une femme en maillot de bain noir qui finit par l’obséder. Alors qu’elle est au volant, une voiture vient s’écraser sur eux. Il s’en sort totalement indemne, elle est dans un profond coma, à la limite de l’état végétatif.

La vie reprend ses droits. Quand au départ, on annonçait que ce serait une question de jours, cela devient des semaines. Elle ne se réveille pas. Malgré la culpabilité, malgré la situation, notre sculpteur n’a pas réussi à se défaire de l’image de la femme au maillot noir. Il va se lancer à sa recherche. Il va rencontrer plusieurs jeunes femmes, sera-t-elle présente parmi elles ?

L’étreinte est un roman graphique d’environ trois cents pages, très habilement mené qui se lit d’une traite. Bien évidemment, les thèmes abordés, sont la vie, le mort, le couple, ce qui a été vu des centaines de fois sous toutes les formes. Le sujet est traité de façon très classique, mais l’enquête, la recherche de cette femme brune est passionnante, cela rajoute une véritable intrigue à une histoire dont on se doute de l’issue.

Gung Ho est une bande dessinée en cinq tomes. Finie certes, mais elle ouvre quand même de très larges perspectives sur une suite. Techniquement les dessins sont magnifiques, c’est très coloré. La bande dessinée s’inspire très largement de ce qu’on a pu voir ou lire sur les mondes post-apocalyptiques. On pense notamment aux zombis, difficile de ne pas faire le rapprochement avec the Walking Deads. Comme il est nécessaire de se distinguer, la série fait le choix d’avoir des héros adolescents. On n’affronte pas des morts-vivants, mais des espèces de singes tueurs sortis d’on ne sait où. La menace est vraiment bien amenée, la montée de stress se fait progressivement avant de découvrir qui est réellement l’ennemi.

Les héros sont deux frères de 16 et 18 ans. Les deux jeunes sont de fortes têtes renvoyées de l’orphelinat de la ville. On les expédie dans une colonie reculée, à proximité de la zone dangereuse. C’est en effet pour eux la colonie de la dernière chance. Ainsi, dans ce camp, ils vont devoir suivre les règles de la collectivité et surtout comprendre l’envers du décor. L’intendant indéboulonnable qui abuse des adolescentes contre de la drogue. L’intraitable chef de camp qui fait tourner la communauté. Les autres jeunes qui ne leur réservent pas tous un bon accueil. Les relations et les interactions sont complexes. Nos deux frères sont particulièrement indisciplinés. Ils vont amener avec eux, un vent de révolte auprès de cette jeunesse qui risque sa vie tous les jours. Ne pas respecter les limites, une façon de vivre, d’exister dans ce monde.

Gung Ho n’est pas une bande dessinée très originale. Les tensions inhérentes dans une société qui tient plus de la prison, où la survie fait loi, classique. Les personnages à la limite de la caricature sont bien travaillés, les dialogues sont percutants. De manière générale, c’est assez drôle avec quelques cliffhangers bien sentis, à l’américaine. Le travail graphique comme je l’ai écrit en introduction est remarquable. Certaines planches font parfois penser à des photos. Un mélange de réalité et de dessin du plus bel effet. La construction initiale de la bande dessinée étant prévue sur cinq tomes, je regrette pour ma part l’absence de suite. J’aurais voulu des révélations sur l’univers, j’aurais voulu connaître les origines du mal. En fait, il faut considérer la bande dessinée du même point de vue que les Walking Deads. En effet, c’est uniquement la survie des personnages qui est mise en avant et pas les origines, ni la résolution du mal.

La majorité des bandes dessinées d’héroic fantasy utilise des codes très classiques : elfes, nains, dragons, nécromanciens et j’en passe. Il est difficile d’être original et Janne Kukkonen y arrive particulièrement bien avec sa série Voro. Le fait peut-être que l’auteur soit finlandais y est pour beaucoup. En se détachant de ces fameux codes souvent américains, il nous raconte une histoire originale, au graphisme simple et efficace.

Lilya est une jeune voleuse qui cherche à faire ses preuves. Malheureusement le maître de la guilde ne lui fait aucune confiance, et ne lui donne que des missions secondaires. La jeune fille décide de voler une mission qu’on ne lui destine pas. Elle va déclencher des événements qui pourraient entraîner la fin du monde. Elle n’aura de cesse d’enchainer les catastrophes et à chaque qu’elle pensera bien faire, elle créera encore davantage de problèmes.

Le positionnement de Janne Kukkonen est intéressant. Ici les gens ne sont pas beaux, ils sont communs, ce ne sont pas vraiment des personnages qu’on met en avant dans les histoires. Lilya est un garçon manqué qui enfreint toutes les règles. Elle se retrouve dans une situation catastrophique à cause de ses mauvais choix. Plutôt que d’arranger les choses, elle prend encore plus de mauvaises décisions. Tout empire. Elle est accompagnée par son maître Seamus, un vieux monsieur pas réellement courageux qui essaie de modérer son tempérament. Janne Kukkonen a reçu des prix pour cette série et c’est mérité. Voro est particulièrement rafraîchissant dans une fantasy où l’on en finit plus d’épuiser les clichés.

Porcelaine est une bande dessinée en trois tomes finis qui raconte la vie d’une femme sur trois périodes de sa vie : gamine, femme et mère. L’histoire commence dans une ville enneigée, gamine, elle entre par effraction dans une grande maison qui appartiendrait à un sorcier. Elle découvre un homme charmant qui a un don unique, donner vie à des créatures de porcelaine. La bande dessinée se situe dans un univers que je qualifierai plus ou moins de steam punk, mais pas trop poussé. Dans ce premier tome, c’est la féérie, gamine des rues, orpheline, elle qui crève de faim, se retrouve adoptée par cet homme bon et généreux. Malheureusement, il y a un revers à cette médaille, ce père adoptif, la maintient dans une cage dorée. Il va par exemple pour son anniversaire lui fabriquer des amis de porcelaine. Elle finira par commettre l’irréparable.

Le premier tome est le moins bon de la série. S’il pose des bases solides, il reste certainement trop classique. L’enfermement, la volonté de s’enfuir malgré le bonheur, un peu une histoire de princesse. C’est un reproche qu’on peut faire à l’ensemble de la série, de puiser peut-être trop fortement ses inspirations dans l’existant. Le dessin est aussi en retrait par rapport au reste de la série qui va crescendo dans les scènes de bataille et dans le grand spectacle.

Je ne vais pas vous spoiler le premier tome, je me contenterai de dire qu’on retrouve la gamine qui a bien grandi, c’est une femme. Elle dirige désormais le domaine, a repris les affaires et même amélioré l’alchimie qui la lie aux créatures de porcelaine. L’innocence est brisée à la fin du premier tome, la suite de la série devient plus noire. En effet, les hommes de porcelaine intéressent l’armée. Le fameux soldat qui ne mange pas, qui ne dort pas, qui permettraient d’être un gros avantage dans le conflit. Avec cette générale qui la harcèle, un gradé plutôt charmant. Elle qui vivait dans sa demeure avec ses machines, finit par tomber amoureuse de lui.

L’aventure progresse à grand-pas, on sent les tensions qui s’opèrent. L’album finit en drame. Quand j’écris plus haut qu’on mange à tous les râteliers, la femme refuse de donner ses hommes de porcelaine, car elle découvre que certains développent une personnalité. Un peu la sensation d’être dans I-Robot de Isaac Asimov et pour l’histoire de ses robots qui s’émancipent et pour le character design. On retrouve un peu avec les hommes de porcelaine, les robots du film avec Will Smith. Bien évidemment, difficile de ne pas penser à la créature de Frankenstein où la créature échappe à son créateur. Ce n’est pas exactement le cas ici, mais le désir d’émancipation est palpable.

Une fois encore je ne vous spoilerai pas plus la fin du tome 2 qui se termine avec un gros cliffhanger. Il est à noter que le mot mère est à prendre à double. Notre personnage est en effet mère, elle a deux enfants, mais c’est aussi la façon dont l’appellent les hommes de porcelaines. L’armée a fini par laisser tranquille la femme. Les hommes de porcelaine ont construit une cité monumentale autour de la propriété initiale de l’alchimiste. Une forteresse imprenable, mais une forteresse menaçante. L’intégralité de l’armée débarque pour l’anéantir, il n’y aura pas d’autre choix que de se défendre. Dans la continuité du second album, un épisode particulièrement violent et guerrier qui conclue l’histoire.

Porcelaine est une série qui fait envie cinq cents pages, je l’ai lue d’un trait. Si l’histoire est prévisible malgré certaines surprises, les relations entre les personnages, l’intrigue, c’est prenant. Le dessin se bonifie avec les épisodes, à lire d’urgence.

Je connaissais Médée de nom, mais je ne connaissais pas son histoire. Force est de constater qu’on a tendance à éloigner les femmes des récits de mythologie dans les livres pour les gamins. En effet, j’ai beaucoup lu de mythologie et en fait la part belle est faite aux hommes. Il faut dire que Médée a été l’épouse de Jason ainsi que d’Égée, père de Thésée, de quoi facilement l’éclipser. Et pourtant.

Médée, savante, sorcière, est surtout une femme qui réfléchit, une femme indépendante. Le parti pris de la bande dessinée est intéressant, ce n’est pas la première fois qu’on le voit, comme dans le film Troie par exemple. Il s’agit de « déconnecter » le récit du surnaturel et des Dieux grecs. Tout est expliqué de façon cartésienne. Les taureaux qui gardent la toison d’or n’ont rien d’extraordinaire, tout comme la toison est un ouvrage. En procédant de cette manière, on renforce l’intelligence de Médée. Indéniablement, on peut voir dans le personnage de Médée, un personnage féministe qui va jusqu’à assassiner pour protéger ses intérêts et ceux de son mari. De la même manière, Jason n’a rien d’héroïque, tout comme les hommes qu’elle est amenée à croiser. Une histoire passionnante qui permet de revisiter une mythologie vue par les héros à travers la vie d’une femme qui a fait des choix difficiles, mais résolus.

Rapaces est une bande dessinée qu’on retiendra davantage pour son dessin que pour son histoire. Aux commandes en effet, Marini, à qui l’on doit le scorpion ou les aigles de Rome. On pouvait attendre mieux avec Jean Dufaux, scénariste chevronné de la bande dessinée franco-belge. L’histoire démarrait pourtant bien. De nos jours, une série de meurtres avec pour point commun une aiguille plantée derrière l’oreille, la victime vidée de son sang. Il apparaît qu’il s’agit de vampires dont la race s’est affaiblie avec les années. Les meurtriers sont un couple de vampires qui ont gardé la force originelle de l’espèce et qui se vengent.

L’enquête va être menée par la très jolie inspectrice Lenore. Elle va se rendre compte que les vampires sont de partout, y compris dans sa famille, et se laisser séduire par les deux dissidents. Un dessin magnifique et une histoire pas forcément commune, les bases étaient vraiment bonnes. En effet, en 1998, les vampires ne sont pas à la mode, il faudra attendre 2008 avec Twilight au cinéma pour remettre les vampires au sommet de l’affiche. Malheureusement, la bande dessinée fait dans la facilité, préférant privilégier les planches de sexualité et de violence au détriment d’un scénario qui méritait mieux.

Naja est une série de Jean-David Morvan, finie en cinq tomes. Je précise souvent quand Morvan est au scénario, car il est souvent l’auteur de séries particulièrement violentes. Naja, est une tueuse professionnelle, elle est la troisième dans une organisation dont elle ne sait rien. Elle sait qu’elle est dirigée par zéro, le chef de l’organisation, elle ne l’a jamais rencontrée. La jeune femme ne ressent pas la douleur, elle la cherche même, au point d’y trouver un plaisir masochiste. Alors qu’elle est une véritable machine à tuer, elle se fait surprendre un soir dans son appartement. L’homme qui parvient à la maîtriser sans trop de difficultés, lui dit que le numéro 1 cherche à la tuer. La narration est assez extraordinaire, surprenante avec un dessin très épuré proche du manga. Le découpage temporel n’est pas sans faire penser à Pulp Fiction. On va osciller, en effet, entre temps présent, passé de Naja, tueur numéro 1, forcément le numéro 2 et bien sûr ce fameux étranger qui met la pagaille entre les tueurs.

Le travail réalisé sur les personnages est intéressant. Quand numéro 1 est un homme aussi sympathique que Naja est froide, numéro 2 est un psychopathe. Chaque voyage de Naja est l’occasion d’avoir ses commentaires sur le pays et ses habitants qu’elle déteste. Malgré le contexte violent, souvent dramatique, sordide, on se prête à sourire. Excellente bande dessinée à ne pas mettre dans toutes les mains.

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