Un ensemble de jeux de sociétés plutôt sympathiques et pour deux joueurs pour la majorité des cas.
Sea salt and paper
Sea Salt and paper est un jeu de carte à deux de Bruno Cathala. Bruno Cathala fait partie des grosses pointures du jeu de société. On lui doit par exemple Kingdomino, 7 Wonders, Mr. Jack, ou encore Ishtar les jardins de Babylone. Nous sommes donc face à l’un des ténors du jeu de société, il a remporté de nombreux prix.
Sea Salt and paper est un jeu de cartes à deux joueurs. La charte graphique a son importance au point d’en faire un jeu de mots dans le titre. Il s’agit de cartes faisant référence à la mer et aux formes de papier. De l’origami. Comme on peut le voir, le jeu est très esthétique.




Le principe du jeu est assez simple, vous avez deux manières de remporter le jeu. Soit, vous avez les quatre sirènes du jeu, soit vous avez plus de points que l’adversaire. Pour avoir des points ici encore, vous avez deux possibilités. Soit, vous accumulez des paires que vous posez sur la table, soit vous avez des cartes bonus. Par exemple, comme on peut le voir avec les deux mousses, cela représente cinq points. On a l’équivalent avec les coquillages, plus on en a plus le nombre de points augmente.
Les interactions sont relativement limitées. En effet, pour pouvoir poser une paire de carte sur la table, il faut qu’elles aient un lien. On voit en effet en haut à gauche du requin, qu’on a le nageur. Les deux cartes sont combinées. L’action est décrite, toujours en haut à gauche, ici prendre une carte à l’adversaire.
Les combinaisons ne sont pas très nombreuses, mais suffisantes pour des parties brèves avec un joli jeu.
Patchwork, un jeu de société avec du Tetris
D’après Wikipédia un patchwork est une technique de couture qui consiste à assembler plusieurs morceaux de tissus de tailles, formes et couleurs différentes. Ce sera l’idée de patchwork.
Au centre, vous avez une grille qui fait penser à celle du jeu de l’oie. Chaque joueur a son pion et va avancer sur la grille par rapport au nombre inscrit sur le sablier de la pièce qu’il vient d’acheter. Chaque pièce a une forme bien particulière qui fait penser à Tetris. Ces pièces ont un coût, qu’on va payer sous forme de boutons. Et ces mêmes pièces vont vous rapporter, elles aussi, un certain nombre de boutons à différents endroits du jeu.



Vous avez sur la piste du « jeu de l’oie », des cases où vous récupérez l’ensemble des boutons que vous avez sur votre grille. Ainsi au début du jeu, vous ne pourrez accéder qu’à des petites pièces ou des pièces « ingrates ». Comprenez des pièces qui ne coûtent pas cher, mais qui ont des formes très complexes à placer ou des pièces faciles mais qui consomment beaucoup de pas.
Le jeu s’arrête pour le joueur quand il a franchi la ligne d’arrivée. À partir de ce moment, sont comptées deux choses : le nombre de boutons qu’il a encore en sa possession, le nombre de cases vides dans sa grille. Chaque case vide est une pénalité de deux points à retirer au nombre de boutons. On comprend que le joueur a tout intérêt à remplir au plus sa grille en prenant parfois des risques avec des pièces difficiles.
Patchwork est un très joli jeu. Ce n’est pas toujours le cas de tous les jeux de société et c’est à signaler. Le côté Tetris est plutôt plaisant notamment quand on y a beaucoup joué. Tetris est un jeu addictif, on comprend alors que patchwork fonctionne bien. Le seul défaut de ce jeu, c’est le manque de stratégie et par le fait d’interactivité entre les deux joueurs. En effet, vous ne prenez pas une pièce pour bloquer votre adversaire, vous êtes bien trop préoccupés à compléter votre grille. L’opposition ne se fait donc pas de façon délibérée. Elle est le résultat de vos choix pour compléter votre propre grille et parfois, c’est la pièce que vous voulez prendre l’adversaire.
L’adversaire ne sert donc pas à grand-chose, il tient plus du hasard qu’un véritable opposant. Patchwork reste un jeu plaisant, les parties sont courtes et vous donnera un bon moment.
Lost Cities, le duel
Vous incarnez deux aventuriers qui doivent mener des expéditions dans cinq ou six contrées différentes (selon le sens du plateau). L’idée c’est de récupérer les cartes de la couleur de l’expédition et d’en mettre un maximum dans l’ordre croissant. Chaque expédition possède des cartes numérotées de 2 à 10.
La frontière est de 20 points. Tout ce qui est au dessus de 20 c’est du bonus, tout ce qui est au-dessous de 20 c’est du malus. Si vous avez 26 points en additionnant les cartes d’une expédition, vous avez un bonus de 6 points. Si par contre vous avez 18, vous avez une pénalité de 2 points. Pour chaque expédition, vous avez des « poignées de main » qui symbolise des coefficients multiplicateurs. Par exemple, si vous avez une poignée de main, vous multipliez les résultats par deux. Dans le bon sens mais aussi dans le mauvais. Dans mon exemple précédent, si vous avez un bonus de 6 qui devient 12 mais un malus de 2 qui devient 4. On rajoutera enfin que si on fait plus de 8 cartes dans une expédition, on est gratifié d’un bonus de 20 points.
C’est celui qui marque le plus de points qui remporte la partie.

Lost Cities, le duel est un jeu qui vous force à prendre des initiatives, à oser, à se lancer. Vous avez la carte 8 en main, c’est une carte forte, la prudence vous inviterez à attendre d’autres cartes vertes pour être sûr d’ouvrir l’expédition. Il apparaît que dans le jeu la meilleure des défenses est bien l’attaque. Il y a une véritable interaction entre les joueurs, notamment en fin de partie. Si on a fini ses expéditions, qu’on sait qu’on ne peut rien faire de mieux, on va se dépêcher de poser ses cartes pour que l’adversaire ne puisse pas faire les siennes. Les parties sont courtes, de l’ordre de 15 minutes, les règles simples, le jeu vous met sous pression. Un stress amusant !
Splendor
Splendor est un jeu de société basé sur les pierres précieuses. Plus concrètement, il s’agit pour le joueur d’être le premier à franchir la barre des quinze points.
Voici le principe surtout au début de la partie, par la suite les ressources vont forcément évoluer. Vous avez la possibilité de choisir trois jetons de couleurs différentes ou deux jetons de couleur identique. À l’aide de ces jetons, vous allez pouvoir acheter des cartes. Pour pouvoir acheter ces cartes, il faut impérativement posséder la valeur en jetons. Le nombre de jetons étant limité, vos adversaires prenant aussi des jetons, vous ne pouvez pas nécessairement prendre la carte de votre choix. Une fois que vous êtes en possession d’une carte, elle vous donne une ressource de plus. On comprend alors que plus vous avez de cartes, plus vous pouvez acheter d’autres cartes.
Il existe trois niveaux de carte. Les cartes de premier niveau ne rapportent au maximum qu’un seul point, les cartes intermédiaires vous rapportent jusqu’à trois points, les cartes de dernier niveau vous rapportent encore plus de points. Bien sûr, plus vous voulez une carte de niveau important, plus il vous faut de ressources.
Une autre façon de récupérer des points, c’est de prendre des nobles, sous certaines conditions. Par exemple, il vous faut trois blancs, trois verts et trois bleus pour avoir une de ces personnalités et récupérer trois points. On comprend dès lors que plusieurs stratégies peuvent se mettre en place pour atteindre les quinze points. Soit vous essayer de cumuler des points par les cartes, soit par les personnalités.



Splendor est un excellent jeu de stratégie, le principe est très simple, son adoption est très rapide. Sous son aspect basique, on peut élaborer des tactiques plus ou moins élaborées. Certainement un des meilleurs jeux de société du marché. Il est à noter que le jeu existe aussi en version numérique sous Android par exemple.
Paléo, jeu de société coopératif à l’époque de la préhistoire
Le jeu de société a beaucoup évolué avec les années, avec des tendances fortes : la maturité, l’expérience et la coopération. Unlock, les escape games, mais aussi le jeu vidéo sont très inspirants pour les créateurs de jeux de plateau. Paléo prend de nombreux éléments des différentes tendances que l’on peut voir actuellement pour un résultat amusant et réussi.
De un à quatre joueurs avec l’idée d’être tout de même à plusieurs pour la coopération. Vous incarnez une tribu d’homme des cavernes qui doivent accomplir plusieurs missions. Ces missions, comme on peut l’imaginer, sont orientées autour de la survie. Le jeu essaie de retranscrire la précarité de l’époque préhistorique. Survivre à des agresseurs, aux loups, aux mammouths, à la maladie, descendre une rivière.
Le jeu se base sur un système jour nuit correspondant aux cartes. Lorsque vous n’avez plus de cartes dans la pioche, vous passez à la nuit et vous faites les comptes. Vous devez vous acquitter de la fabrication de certains objets pour ne pas prendre un crâne. Si vous totalisez cinq crânes, vous êtes morts. Si vous réussissez une carte correspondant à la mission, vous remportez un morceau de peinture de mammouths. Cinq morceaux et vous avez gagné la partie.
Le système de jeu est basé sur les ressources. Vous avez différentes catégories d’hommes préhistoriques qui possèdent certaines compétences. Selon la carte que vous piochez, selon vos objets, vous en avez assez ou non pour pouvoir la réaliser. Cette carte vous permet de gagner d’autres ressources. De la nourriture, car il faut nourrir ce petit monde, des pierres et du bois pour fabriquer des objets. Toutes les cartes ne sont pas positives. Il vous arrive parfois de tomber dans des pièges, de perdre des vies et ainsi de suite.

Il faut reconnaître que le jeu est très bien fait. Il y a une véritable harmonie dans les cartes dans lesquelles chaque mission est vraiment cohérente dans les combinaisons proposées. Les très nombreux « pièges » rappellent que l’époque des cavernes était difficile et que la survie était très compliquée. Très joli jeu, pas toujours facile, le seul regret, c’est peut-être sa rejouabilité, car quand on connaît les cartes de mission, on sait quelle stratégie adopter et c’est ici qu’on retrouve le côté escape game.