Je mets en parallèle Datamania et les jeux vidéos et nos enfants, car ces deux bandes dessinées ont des caractéristiques communes. Elles ont toutes les deux écrites par des professionnels de terrain qui essaient de vulgariser auprès des publics ces deux sujets. Pour Datamania, il s’agit du vol de nos données par les GAFAM et une sensibilisation au logiciel libre. En ce qui concerne les jeux vidéos et nos enfants, c’est une espèce de questions réponses que se posent les parents quant au monde du jeu vidéo.
Il s’agit de deux sujets que je maîtrise parfaitement, je ne suis pas le cœur de cible. Toutefois, je peux poser un œil critique dessus. Pour moi, Datamania rencontre le même problème que tous ceux qui tentent de vulgariser le logiciel libre qui est très largement évoqué dans la bande dessinée. Trop compliqué. La protection des données, le logiciel libre, c’est extrêmement complexe, tellement complexe qu’il faut séparer les deux sujets. L’auteur fait de plus le choix d’un voyage dans l’espace afin de présenter son univers. C’est raté, cela brouille encore davantage les pistes. Moralité, beaucoup de jargon très technique, le niveau reste encore trop élevé. Il sera apprécié par ceux qui savent malheureusement une fois de plus. Je ne jette pas la pierre, j’ai renoncé à faire de la vulgarisation autour du libre. Trop compliqué.
A contrario, les jeux vidéos et nos enfants est un modèle du genre. Graphiquement déjà, j’ai beaucoup apprécié. Le choix de faire tout en vert ou presque est osé, mais le dessin est vraiment très bon. L’album se découpe en trois parties : le temps, l’argent, la violence. Le positionnement de l’homme est intéressant, concret. Il fait souvent le parallèle entre le monde adulte et celui des enfants. Par exemple, expliquer aux enfants que le smartphone, c’est mal, mais ne pas pouvoir s’en passer. Ou encore, si on accepte qu’un enfant fasse du judo avec passion, pourquoi Fortnite ce serait moins noble ? Argumenté, documenté, ce one shot est une référence que vous pouvez offrir à des parents inquiets.
Sevens Sons est une uchronie puisque la bande dessinée se déroule dans les années 90, mais pas nos années 90. Dans les années 70, un homme fait une prophétie. Sept enfants vont naître au quatre coins du monde, parfaitement identiques et l’un d’eux va devenir le messie à l’âge de 21 ans. Nous arrivons ainsi aux 21 ans des jeunes, ou en tout cas des jeunes qui restent. En effet, des islamistes ont tué quatre d’entre eux, il en reste trois.
On comprend qu’il n’y a pas de magie, mais une machine parfaitement huilée. Si en effet les jeunes se ressemblent tous, pour le reste, on retrouve les mêmes mécaniques. Faux paralysé qui se lève, trucage pour marcher sur l’eau. Forcément, dans les jeunes restant, c’est compliqué. L’un d’eux se voit comme le messie, un autre a réellement la foi et prie pour le salut des hommes, le dernier fait la fête. Il entraîne son frère bien trop pieux à son goût dans une nuit de débauche où ils vont se faire attaquer. Avant de mourir, le frère « festif » dit à son frère de mener l’enquête avec une clé de consigne et un nom.
Et si tout ceci n’était qu’une vaste supercherie ? Un très bon comics, même s’il reste particulièrement prévisible, que les ficelles sont d’énormes cordes, ça marche !



Zoc est une bande dessinée pour le moins atypique, même si en fin de compte, elle reprend la thématique classique de la place dans la société. La particularité de Zoc c’est qu’il s’agit d’une bande dessinée fantastique dans laquelle le fantastique est normal. Je trouve d’ailleurs que la banalité est parfaitement maîtrisée, ce qui surprend le lecteur, ne surprend pas les protagonistes. Zoc est donc une jeune fille qui a le pouvoir pour le moins singulier de traîner l’eau avec ses cheveux. Sur le papier, un pouvoir qui ne sert à rien, mais qui pourtant lui pose des problèmes. S’il pleut et qu’elle ne cache pas ses cheveux, c’est une rivière qui se forme derrière elle avec les conséquences qu’on imagine pour le village.
Elle va toutefois réussir à trouver un travail. Il s’agit de déplacer un étang d’un point à l’autre. Durant son voyage, elle va faire la rencontre de Kael, un garçon qui prend feu quand il sent la tristesse des gens. Zoc fait partie de la catégorie de bandes dessinées que j’apprécie, car on ne sait pas où l’on va. Avec ce postulat de ce monde étrange, où les codes ne sont pas les mêmes que ceux auxquels on peut s’attendre, Jade Khoo nous propose un récit original. Original dans la forme, puisque comme précisé plus haut dans le fond, l’idée sous-jacente c’est sa place dans le monde. Une première bd particulièrement réussie, bourrée d’humour et d’imagination, on pensera à Miyazaki. Pas étonnant d’ailleurs parce que Jade Khoo avant d’arriver à la bd a travaillé dans l’animation.
Paul est un peintre, l’archétype de l’artiste maudit. Il a une relation avec la femme délaissée d’un industriel. Il passe son temps avec ses amis artistes à refaire le monde. C’est quelqu’un de malheureux, comme tout artiste maudit qui se respecte. Un jour, il va se faire couper les cheveux, et rencontre Mathilde. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette coupe de cheveux le rend heureux. Et c’est évident en fait, car Mathilde a le pouvoir de rendre heureux les gens. C’est assez finement joué de la part de Cyril Bonin. Quand on pourrait se dire que n’importe qui serait heureux d’être heureux, ce n’est pas le cas de Paul. En effet, ce dernier, artiste maudit, y voit une manipulation de Mathilde. Son art ne lui appartient plus, car son art, il le réalise dans un état d’esprit malheureux. Du bout des doigts est une très jolie bande dessinée qui fait réfléchir sur l’influence que les gens peuvent avoir sur nous. L’idée de l’influence positive est finement menée puisque d’habitude, c’est la mauvaise influence.
Échecs est une bande dessinée que j’ai failli fermer dans les premières pages parce que je n’ai pas compris. On voit défiler toute une galerie de personnages en situation d’échec. On se demande si c’est une série d’histoires courte sur les râteaux, les déceptions amoureuses puis on finit par comprendre que tout est lié. L’histoire démarre réellement dans une maison de retraite, Samir un bénévole, essaie de faire « bouger » une vieille dame. Aigrie, provocante, elle refuse bien sûr toute approche. Et c’est finalement par les échecs que les deux personnages vont entrer en relation.
La galerie de personnages est ainsi présentée sous forme de pièces du jeu. Le roi est un acteur télé à succès qui se sent terriblement seul. La reine dirige la maison de retraite, elle doit signer les papiers du divorce. On retrouvera aussi un lycéen à qui tout réussit qui s’intéresse à une fille un peu banale. Ou encore ce couple séparé par des milliers de kilomètres. Au fur et à mesure de la lecture, on réalise que les personnages ont tous un lien, les uns avec les autres, comme dans une partie d’échecs. Magnifique one shot, j’ai versé ma larme à la fin, un coup de maître si je puis dire.



Ira dei, littéralement la colère de Dieu en latin, on va comprendre pourquoi. L’action se déroule en 1040, les chrétiens sont en Sicile pour la reprendre aux musulmans. On comprend que la religion est ici un prétexte et qu’il ne s’agit que d’une guerre de conquête. Alors que la chrétienté piétine passable devant un siège qui s’éternise se présente Tancrède, un puissant guerrier. Tancrède n’est autre que le duc de Normandie déchu, qui sert l’église. On comprendra assez rapidement que c’est cette même église qui l’a fait enfermer pour le déposséder et se servir de ses talents de guerrier contre l’islam. Tancrède est particulièrement en colère et se sert de son épée pour régler tous les problèmes.
Ira dei se présente comme un double dytique, avec toutefois une césure pas vraiment nette entre les deux cycles. On peut considérer qu’il s’agit d’une histoire en quatre tomes. La bande dessinée s’axe principalement autour des combats et des manipulations. Particulièrement convainquant graphiquement avec de grandes scènes de batailles, des découpages audacieux, je suis moins intéressé par l’histoire. En effet, on sent que la stratégie, les intrigues sont le cœur de cette série, au détriment d’un fil conducteur. L’ensemble reste cependant plaisant.
C’est l’histoire d’une histoire qu’un jarl a trop entendue. Il l’a tellement entendue qu’il finit par tuer son scalde. Il laisse un an à ses deux fils pour trouver de nouvelles histoires. Celui qui aura la meilleure, deviendra le scalde officiel, l’autre mourra. S’ils n’accomplissent pas leur mission, le chef tuera la maman restée au camp. Leur premier réflexe sera d’aller à la recherche du maître de leur père, pour se rendre compte qu’il ne connait que la même histoire… Le frère ainé essaie de rapidement tuer son jeune frère pour avoir la certitude d’être « l’élu ». Le plus jeune partira à l’aventure sur l’Aslak, le bateau d’une jeune femme caractérielle qui a repris la succession de son père. Avec eux, un oracle qui sent mauvais, un berserker qui a peur de la vue du sang.
Ils vont bien sûr vivre des tas d’aventures extraordinaires pour trouver l’histoire. Et comme on peut s’en douter, ces aventures font une très belle histoire à raconter sur six tomes. Aslak est une bande dessinée particulièrement étonnante. Teintée de mythologie nordique, on embarque dans une aventure totalement imprévisible. Monde féérique, monde des morts, Héraclès qui intervient ! Les auteurs nous offrent une aventure très originale, bien dessinée avec de nombreux personnages bien identifiés. À lire.
Mars fait partie des classiques de la SF. Je pense que c’est en lien avec les missions spatiales qui ne sont pas encore arrivées, moins accessibles que la lune. On ne s’étonnera pas d’un scénario particulièrement classique, particulièrement déjà vu. La colonisation et la terraformation ont commencé sur la planète rouge. Pour réaliser les canalisations, planter les arbres, les gouvernements ont trouvé un moyen simple, utiliser des prisonniers. Alors que sur terre, on présente ceci comme une seconde chance, la réalité est bien plus difficile. Les accidents se multiplient, les conditions sont tellement difficiles que certains prisonniers préfèrent le suicide.
Malgré les ONG qui dénoncent la situation, cela fait les affaires de tout le monde, on préfère tourner les yeux. On retrouve une ancienne policière sur Mars, elle a tué une gamine de 15 ans dans une prise d’assaut. Une fille de ministre. Elle va se retrouver au centre des factions qui opèrent sur Mars. Le gouvernement, un religieux illuminé qui a monté sa secte, les gangs et les rebelles qui se sont évadés. La guerre sur Mars approche. On Mars, malgré son scénario ultra-classique, tient bien la route. La bande dessinée est accompagnée, à chaque fin d’album, d’un cahier de croquis. Le second est assez intéressant puisqu’il s’agit de celui d’un des prisonniers morts. Mon principal reproche, c’est la multiplication des personnages, pas forcément utiles pour une bande dessinée courte de trois albums seulement.



Le décalogue, c’est principalement l’histoire d’un ouvrage unique, le Nahik. Un livre rare, recherché, mais aussi un livre maudit. Chaque tome nous en apprend un petit peu plus sur le livre, sa réalisation, pourquoi il n’en existe qu’un seul tome. Le premier épisode du décalogue commence avec un écrivain qui travaille dans une maison d’édition. Une vieille dame lui propose un ouvrage qu’il finit par lire. Il y découvre une histoire extraordinaire qui va faire de lui un auteur à succès. Peu d’information dans ce premier tome, si ce n’est peut-être la malédiction.
C’est le second tome qui est plus parlant, on comprend que le Nahik livre un message blasphématoire pour l’islam. Et puis au fur et à mesure, on va commencer à remonter le temps. Qui est ce Alan D, auteur de l’ouvrage qui n’en a produit qu’un seul. Pourquoi il ne reste qu’un seul exemplaire. À travers des histoires aussi singulières qu’un homme rentré dans les ordres pour échapper à son amour pour une femme ou un échange d’enfants à la naissance, le Nahik est lien entre tous les différents personnages. C’est ici d’ailleurs qu’est la force de l’ouvrage sur dix tomes, un onzième complémentaire comme les maîtres de l’orge. L’ensemble des premiers récits n’ont aucun rapport avec le livre qui n’est qu’un accessoire. On en découvre un petit peu plus, à chaque tome, c’est la montée en puissance.
C’est un passage que je vous conseille de sauter puisque je raconte l’histoire pour ceux qui n’auraient ni le temps, ni l’envie de lire les plus de 500 pages de bande dessinée que représente le décalogue. Le Nahik est une histoire romancée aux illustrations magnifiques dans laquelle figure une épaule de chameau. Objet particulièrement singulier sur laquelle Mahomet aurait écrit la dernière sourate. Une sourate pardonnant à l’ennemi, une sourate particulièrement différente de ce qu’on peut lire dans le Coran. On comprend dès lors que dans le tome deux, on y voit un message blasphématoire.
On assistera donc dans cette remontée aux origines, à la création de l’ouvrage, le Nahik, jusqu’à l’époque du prophète et de l’écriture du texte sur cette fameuse épaule. L’ensemble est particulièrement cohérent, très bien pensé. Comme précisé plus haut, Giroud décédé en 2018 réussit une véritable performance. Il distille dans de petites histoires sa grande histoire dans des contextes totalement différents que l’époque moderne ou Napoléonienne. On ne s’étonnera pas de savoir que le Décalogue a été vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Dans l’aventure du décalogue, on va se rendre compte que de nombreux événements gravitent autour de la famille des Fleury-Nadal. Eugène Nadal est celui qui trouve l’omoplate et c’est lui qui va raconter son histoire à son frère Hector, qui sera l’auteur du Nahik. Giroud revient sur cette famille et va raconter des événements supplémentaires. Le premier tome est à l’image de la série, avec Ninon, la sœur d’Hector et d’Eugène. On va réaliser qu’Hector est secrètement amoureuse de sa sœur qui voue une fascination pour l’ainé Eugène, le militaire. Cet amour interdit met en lumière le comportement d’Hector quand il récupère son frère blessé dans le décalogue. La série est décomposée de plusieurs épisodes qui reviennent chacun sur plusieurs personnages de la série. On retrouve cette fois un écrit chronologique à l’envers cette fois du décalogue. On s’attardera largement sur le génocide arménien.
Fleury-Nadal reste un bonus pour qui voudra se replonger dans l’univers de la série. Pas indispensable à la compréhension, il apporte peut-être un autre éclairage. La narration est agréable, mais nécessairement moins prenante puisque nous connaissons déjà le destin des personnages qui nous sont présentés.


Les deux premiers épisodes du décalogue, comme je l’ai écrit plus haut, présentent deux personnages. Le premier est l’écrivain qui fait une transcription du Nahik et devient célèbre. Le second, c’est un jeune homme fanatisé qui tue l’auteur d’une thèse sur l’omoplate. C’est quelques années plus tard qu’on retrouve celui-ci et la compagne de l’écrivain décédé. Elle cherche à comprendre pourquoi son compagnon s’est suicidé, lui cherche à savoir si l’omoplate a bien existé.
Beaucoup plus difficile pour moi de rentrer dans le légataire. La bande dessinée se transforme en poursuite façon blues brothers, où le Vatican, les frères musulmans, sont à la recherche de l’omoplate qui pourrait bouleverser l’équilibre mondial. Entre temps présent et passé, le récit est plus laborieux, moins passionnant. On comprend toutefois qu’avec le décalogue, Giroud avait trouvé la poule aux œufs d’or et qu’il a cherché, comme le font de nombreux scénaristes, à explorer toutes les pistes pour produire de nouveaux albums. Le décalogue est une œuvre majeure qui se suffit à elle-même, le reste est à r
Antoine Revoy l’auteur de la bande dessinée est tout ce qu’il y a de plus français, mais il a fait le choix de faire un manga. D’après sa biographie, il a pas mal bougé et aurait grandi au Japon. Ceci explique peut-être l’influence pour Animus sa bande dessinée qui est un manga. Dès le début de l’album, j’ai été saisi par la ressemblance avec rêves d’enfants. Ressemblance par le dessin confirmée plus loin par l’histoire. Dans un quartier résidentiel, des enfants disparaissent par dizaines. Pendant ce temps, deux enfants jouent dans un parc dans lequel ils découvrent que tous les objets ont des pouvoirs paranormaux. Par exemple, le tas de sable fait apparaître les frayeurs, les balançoires permettent de rentrer dans les rêves de ceux qui dorment. Et le toboggan fait vieillir de façon prématurée. Curieusement, on constate une très forte augmentation du nombre de personnes âgées qui ne se rappellent rien à l’hôpital.
Le parc est gardé par un fantôme, un peu joueur, mais pas vraiment méchant. Il s’agit d’un enfant mort, mais il ne sait pas quand ni où. Les deux gamins qui jouent vont essayer de résoudre l’énigme et de sauver tous leurs amis qui ont pris un coup de vieux ! Le côté paranormal, les immeubles, le dessin, comme je l’ai écrit, les similitudes avec rêves d’enfants sont nombreuses. Bien évidemment, on n’est pas dans les combats délirants avec les destructions d’immeubles, mais l’enquête fonctionne très bien.
Kuklos raconte l’ascension d’un adolescent dans le klux klux klan. Une tradition de père en fils dans cette famille, très rapidement le jeune homme éprouve fascination et admiration pour son père qui tient une place importante dans le klan. Intronisé, on suit son parcours jusqu’à ce qu’il devienne à son tour chef de clan. La bande dessinée a un positionnement qui tranche par rapport ce qu’on peut voir d’habitude. En effet, d’habitude, c’est la repentance, la découverte que le racisme, c’est mal, ce n’est pas ici le cas. Les auteurs ont fait le choix de raconter une rivalité dans le klan, une rivalité qui va conduire les membres à la mort.
Kuklos est une bande dessinée qui fait le choix de la violence pure, pas de la repentance. On va donc suivre les différents protagonistes dans leurs actions contre les noirs, pendaison, viols, tabassages gratuits. Je trouve qu’il est pertinent de ne pas avoir fait le choix que de présenter des personnages crétins dévorés par la haine, mais un milieu plus varié. Des hommes éduqués, des crétins, des lâches, qui ont une haine viscérale des noirs. On souligne l’importance de ce lieu, une appartenance à une famille. Il est aussi intéressant d’avoir fait le choix d’un héros raciste et qui n’a pas de remords. Comme on peut le voir dans la couverture, on comprend que les choses ne vont pas se passer comme prévu et que le chasseur devient chassé. Prenant et original, un excellent one shot.


j’ai récupéré Zoc et Échecs, merci !!!
j’ai hâte de les lire.