J’ai présenté jusqu’à maintenant un classement de bandes dessinées en thématiques. Les romains, les pirates, et bien d’autres. Je pense avoir fait globalement le tour de ce que je voulais présenter de façon structurée. Désormais, je passe à des publications qui seront certainement mensuelles. Nous commençons donc par les BD d’août 2023.

Irons

Irons, c’est un peu la bande dessinée à l’ancienne. Les héros à la Thorgal, Largo Winch, que rien n’arrête et qui à chaque tome mettent une femme dans leur lit. Pas évident de se démarquer de la concurrence, et d’être original face aux stéréotypes du genre. Irons va donc cumuler les différences. Il est chauve, peu commun dans le monde de la bd, il est sociopathe et ingénieur. Un profil plutôt original puisqu’on a un personnage particulièrement désagréable qui règle les problèmes avec sa tête plutôt qu’avec ses muscles.

Trois albums sont parus à ce jour, je ne sais pas s’il y aura une suite, mais je trouve que la série est intéressante. Les enquêtes sont orientées autour de la « technique », autour des ponts. L’aspect sociopathe du héros casse les codes, l’auteur a finalement réussi son coup avec une série plutôt originale.

Something is killing the children

Soit littéralement quelque chose tue les enfants. Et ce quelque chose ce sont des monstres, de véritables monstres issus de l’imagination des enfants. L’héroïne principale, c’est Erica Slaughter (massacre en anglais) qui est une chasseuse de monstres. Elle fait partie d’un organisme secret dont le but est double. Tuer les monstres, mais aussi garder le secret, quitte à nettoyer derrière. De façon paradoxale, l’organisation peut raser un village de témoins, y compris des enfants.

Erica fait partie de la loge noire, les chasseurs solitaires. En effet, l’organisation, très structurée, a des techniciens, des intendants, des gens qui chassent en meute et même des tueurs de dragons. Erica est une marginale, chasseuse solitaire, elle n’accepte pas les méthodes de son institution. En effet, elle refuse le nettoyage qui consiste à tuer des innocents.

Les trois premiers albums, je parle ici de la version française, mettent l’univers en place avec une première aventure. Un tome est spécialement dédié à l’enfance d’Erica. On nous explique comment elle est devenue chasseuse. Lors de sa première aventure, Erica quitte l’ordre, si bien qu’on envoie quelqu’un pour la tuer.

Something is killing the children est un gros succès populaire pas forcément mérité. Oui, c’est prenant, mais la bande dessinée mange littéralement à tous les râteliers de ce qui existe déjà. On pense à Buffy contre les vampires ou même Harry Potter. Je suis actuellement au tome 6, le sentiment de lassitude commence à s’installer.

Pour un peu de bonheur

Pour un peu de bonheur est une bande dessinée réalisée en partenariat avec le ministère des Armées. C’est dire qu’on s’attache à l’importance du fait historique. La bande dessinée est d’ailleurs accompagnée d’un cahier explicatif à la fin de chaque album. 1919, Félix revient chez lui, seul survivant de la guerre. Ils étaient une bande de copains, tous sont morts dans les tranchées. Félix par contre ne revient pas entier, il lui manque la moitié du visage.

Le retour au village est compliqué, d’autant plus que sa femme a eu une aventure, que son fils peine à le reconnaître comme son père. Se rajoute à cela un tireur fou qui fait sauter la cervelle des animaux dans le village. Félix va être mêlé à l’enquête.

Un diptyque particulièrement pertinent qui réserve son lot de surprises et qui retranscrit de façon intéressante la guerre de 14-18.

RIP, coup de cœur BD août 2023

RIP place son action dans une équipe de nettoyeurs. Ils interviennent avant l’arrivée des forces de l’ordre et des familles pour faire du nettoyage. Cette équipe de nettoyeurs est composée de perdants, qui cachent tous leurs secrets, leurs peines, un passé bien lourd.

L’histoire démarre avec Derrick, un homme qui a raté sa vie et qui attend la mort. Il fume comme un pompier, a épousé une femme d’une vulgarité rare. Lors d’un nettoyage, il trouve une bague qui vaut une fortune, et la dissimule chez lui dans l’espoir de tout recommencer. C’est autour de cette histoire que vont s’articuler les six tomes de RIP, le dernier tome étant prévu pour septembre 2023.

À chaque tome, un nouveau personnage, les mêmes événements et bien sûr un focus sur la vie du « héros » du tome avec une histoire de plus en plus épaisse. Le premier tome laisse un certain nombre de questions ouvertes auxquelles on répond bien entendu par la suite. La narration est excellente et il faut saluer le travail de l’auteur qui tisse parfaitement sa toile. Le dessin n’est pas en reste, glauque à souhait. Il y a un côté Green Manor mais qui va beaucoup plus loin. La galerie de portraits est vraiment très bien menée. Le vieux taiseux, le raciste, le fétichiste, une vraie galerie de perdants !

Sans aucun doute l’une de mes meilleures lectures du moment.

Renaissance

Fred Duval avec renaissance propose une bande dessinée particulièrement originale. En 2048, la terre est envahie par les extra-terrestres, mais pas dans la façon traditionnelle qu’on connait. La terre se meurt, les humains ont trop tiré sur la corde, l’opération renaissance est lancée. Renaissance, c’est la coalition des planètes extra-terrestres qui sauve la terre. Ce n’est pas la colonisation ou l’invasion, mais bien un sauvetage.

L’idée est bonne et Duval va loin en proposant des théories plausibles. Tous les humains ne veulent pas être sauvés, et le sauvetage entraîne des compromis. En effet, les extra-terrestres sauvent en force, un peu à la manière de quelqu’un qui vous force à faire une cure de désintoxication.

Certains refusent l’aide, se radicalisent, et ce n’est pas parce que la terre se meurt que des terroristes ne tentent pas de violentes actions contre les « libérateurs ». De l’autre, on se rend compte que les extra-terrestres n’en sont pas à leur première visite et que la libération de la terre profite à certains. Des tensions sont présentes dans la coalition, l’opération de sauvetage coûte cher, des enjeux politiques et économiques existent.

Des secrets, des mystères, des cliff hangers, renaissance est une excellente bande dessinée. À l’heure actuelle, au tome 5, il y a encore beaucoup à dire.

Les quatre de Baker Street

Sherlock Holmes le célèbre détective a été abordé sous toutes les coutures, dans le cinéma, la bande dessinée ou même les séries télés. Les quatre de Baker Street propose un angle d’attaque original, la légende de Sherlock Holmes au travers d’enfants. Les quatre sont deux garçons, une jeune fille et un chat, des gosses des rues devenus informateurs de Sherlock. On ne s’étonnera pas de voir que l’ouvrage est préfacé par Loisel à qui l’on doit Peter Pan. Si Sherlock, Watson ou Lestrade sont bien présents, ils restent des personnages secondaires.

Dans l’esprit, je trouve qu’on n’est pas vraiment dans l’esprit Holmes. En effet, les jeunes résolvent des problèmes, mais on ne peut pas réellement parler d’enquête ou de mystère. La bande dessinée s’attache principalement à dépeindre un Londres de la fin du XIX°. Le racisme contre les Irlandais, la misère, les malfrats.

La bande dessinée est très bien dessinée, présente des personnages attachants, mais je trouve qu’elle perd de son intérêt au fil des tomes.

2 Comments

  1. J’ai lu le premier épisode de R.I.P., et je m’étais dis pourquoi pas lire la suite ?! Cela m’était sorti de la tête. Mais je vais m’y mettre, ce n’est qu’une question de temps! 🙂

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