Tampon encreur EcoTank. Obsolescence programmée

J’ai déjà expliqué que pour moi en informatique, les révolutions sont de plus en plus rares. J’en compte deux dans cette dernière décennie. Le SSD qui fait des merveilles dans la majorité des vieux ordinateurs et les imprimantes EcoTank. Je suis propriétaire depuis deux ans et demi d’une EcoTank ET-2650 dont je suis très satisfait. J’ai fait du laser, des imprimantes à jet d’encre classiques pour dépenser des fortunes. Mon épouse, professeur des écoles, imprime énormément. Je n’ai rempli les réservoirs que deux fois malgré des milliers de copies. Tout allait bien jusqu’à la défaillance du tampon encreur.

Le tampon encreur, un cas évident d’obsolescence programmé

Le tampon encreur est une simple mousse qui récupère l’encre inutilisée pendant l’impression. Quand la mousse est pleine, il faut la changer. Voici la définition donnée sur le site d’Epson : Les tampons récupérateurs d’encre sont une caractéristique commune à toute technologie d’imprimante jet d’encre. La fonction de ces tampons est d’absorber l’encre utilisée dans des séquences d’entretien (par exemple nettoyage de la tête) ou utilisée lors de l’impression sans marge. On notera que sur le site officiel, on vous donne une liste de réparateurs agréés qui vont réaliser le changement de façon gracieuse même si le produit n’est plus garanti. Le réparateur agréé le plus proche est à Montpellier, soit à 110 km de chez moi.

La question qu’on peut nécessairement se poser, c’est de savoir par quel moyen l’imprimante qui coûte tout de même 250 € à l’achat, sait que c’est plein. Elle ne le sait pas. En effet, il n’y a aucun capteur dans l’imprimante qui permet d’évaluer le remplissage du tampon. Par le fait, c’est un compteur qui détermine si votre imprimante est pleine ou non.

L’accès sur la ET-2650 se situe à l’arrière de la machine, il suffit de retirer deux vis. Le bac de récupération se situe en dessous, il faut déclipser vers la droite pour faire venir le bac.

Comme on peut le voir dans l’image de droite, le tampon est bien noir. Est-il plein ? Aucune idée, mais dans le doute il vaut mieux le changer.

Le rare est cher. Le pressé encore plus cher.

Dans la vie quand on est pressé, on paye le prix fort. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’entreprises qui livraient des tampons, je me suis orienté vers Amazon avec un produit qui semble-t-il est reconnu. Comme on peut le voir, le tarif est dérisoire.

Sauf que si prenez la livraison standard, il faut compter jusqu’à cinq semaines de délai. Comme mon épouse a besoin de l’imprimante, j’ai pris la version rapide avec 28 € de frais de port. Cela fait particulièrement mal surtout quand on n’imprime pas une seule feuille. Cela fait partie du jeu, de plus aller à Montpellier, entre l’essence, l’autoroute, le temps perdu, la somme est plus importante.

Au moment où j’écris ces lignes, je viens de simplement passer la commande. L’installation ne devrait pas poser de problème. Un YouTubeur explique comment changer le tampon encreur. Il apparaît que pour répondre à l’ensemble des modèles, on reçoit le tampon en pièces détachées. C’est au propriétaire de donner la forme adaptée pour remplacer le tampon original de son modèle.

Changer le tampon encreur ne suffit pas, bienvenue dans l’underground

Comme je l’ai expliqué plus haut, il n’y a pas de capteur dans l’EcoTank. Par le fait, votre imprimante ne sait pas que vous avez changé le tampon. Il est nécessaire de réinitialiser le compteur, comme on réinitialise les niveaux d’encres. Sauf que ce fameux compteur n’est pas accessible depuis l’interface de l’imprimante. Il faut ainsi faire appel à un logiciel bien spécifique. Certains ont bien compris l’intérêt et en ont fait leur business. Je suppose qu’une licence est accordée aux partenaires d’Epson qui doivent utiliser ce logiciel pour remettre le compteur de votre imprimante à zéro.

J’ai utilisé le logiciel RESET EPSON AP FRANCE, qui d’après une recherche Google correspond à une boîte de maintenance informatique située au Brésil. On peut supposer encore que cette société n’a aucun rapport avec Epson et qu’elle s’est contentée de récupérer un logiciel officiel pour y rajouter ses codes. L’interface n’est pas réellement implicite, la procédure reste simple. Elle fait penser à la masse de logiciels qui existent pour rooter les smartphones.

Il s’agit de brancher l’imprimante sur le port USB, d’où l’intérêt de conserver des câbles et de trouver le bon paramètre. Une vidéo explicative est fournie et permet de remettre le compteur à 0. Au redémarrage, vous n’avez plus le message d’erreur. J’ai payé 2.50 € pour une licence valable un mois.

Nécessairement, on peut s’estimer content puisqu’on vient de sauver une imprimante d’une valeur de 250 € pour moins de 10 € si on a le temps, 30 € si on est pressé. On a toutefois donné accès à sa machine à un logiciel obscur qui peut faire tout et n’importe quoi. Je pense cependant que le business de revente de cette clé à travers le monde doit être suffisamment juteux pour éviter de s’en prendre au client.

La réparation c’est pas gagné

J’évoquais sur le réseau social Mastodon le label Qualirepar. Il s’agit d’un label en sept étapes qui montre que vous êtes un réparateur qualifié. Je n’ai pas regardé le contenu, mais sept étapes, c’est trop pour des gens qui ne respectent pas la norme. En effet, la démarche de réparation n’est pas la norme. Le réparateur, c’est quelqu’un qui va bidouiller pour que ça fonctionne, ce n’est pas quelqu’un qui va s’embarrasser de la paperasse. On peut supposer que ce sont de grosses chaînes comme Boulanger ou Darty qui obtiendront ce label pour l’ensemble de leurs salariés. Mais quid de la compétence ?

Le problème du tampon encreur apparaît de façon récurrente sur le net. Si certains poussent la démarche jusqu’au bout comme moi, la majorité abandonne et achète un nouveau matériel. Les étapes que je viens d’écrire précédemment paraîtront faisables pour un technophile de base. En effet, nous sommes nombreux à être habitués à ce genre de pratiques. Malheureusement, ce n’est pas la majorité des gens qui abandonneront bien vite. Que de ressources gaspillées pour une imprimante qui partira à la poubelle alors qu’elle est parfaitement fonctionnelle.

Epson devrait vendre la pièce sur son site internet, ce qui n’est pas le cas. Le logiciel devrait être disponible au téléchargement et son code source ouvert. Ce n’est pas la première fois que les imprimantes sont dans le collimateur et pourtant rien n’y fait.

Un label de réparation est une bonne initiative, encore faut-il que les sociétés qui fabriquent fassent le nécessaire pour que leurs produits soient facilement réparables.

11 Comments

  1. Est-ce que ce genre de modèle n’est pas, de toute façon, acheté par des « technophiles de base » ?
    Le péquin moyen achètera une promo ordinaire à 79€, avec obsolescence, pour quelques pages par-ci par-là.
    Sinon, tu ne voulais pas tenter de remettre à zéro le compteur interne et attendre 5 semaines en continuant avec l’ancien ?

    1. J’aurais fait ça aussi, ça tiendrait bien 5 semaine je pense. Au pire une éponge à pas cher découpée dans le bac.

      1. Pas forcément motivé pour une solution à l’arrache. J’aurais pour ma part attendu trois semaines. Mais comme effectivement madame déforeste tous les jours, elle n’aurait pas tenu.

  2. Cela pose pas mal de questions :
    – Mettre un capteur pour détecter ça ?? Un capteur d’humidité c’est cher et/ou pas super fiable. Un capteur de niveau si on fait retomber l’encre par gravité ou pression, pas évident non plus.
    – Fournir des tampons d’avance dans la boite d’origine ? pourquoi pas…. mais reste la procédure de réinitialisation
    – Fournir un logiciel accessible via le pilote installé selon une manip spéciale, ça pourrait se faire. On fait bien pire sur des laser parfois.
    Il y a bien un manque de volonté du constructeur et qui est néfaste au ressenti utilisateur….surtout que l’on vise des utilisateurs avertis. Bref, tu ne m’a pas convaincu pour ce modèle au final et en plus ce n’est pas rentable pour mon utilisation.
    Pendant ce temps, ma mère a gardé sa jet d’encre Canon presque 8 ans…c’est pas si mal. On verra la prochaine.

    1. Mon épouse c’est quand même plusieurs milliers de copies par an. Il faudrait que je regarde par curiosité pour quelle valeur le compteur bloque.

  3. Autrement il faudrait que le compteur d’impression soit stocké dans la pièce de rechange qui contient l’éponge. Ainsi son replacement entraînerait sa remise à zéro. Et le constructeur pourrait en vendre en tant que consommable. Tout le monde serait content.

    Le mieux c’est quand même de ne pas imprimer. Ça dépanne de temps en temps à la maison, mais travailler avec du papier imprimé en 2023 c’est une mauvais habitude.

      1. On pourrait rétorquer que, enseignement ou pas, l’«employé» n’est pas censé disposer d’une puissance d’impression à la maison…

        Dans « mon » cas, il me semble que suite au non remplacement de l’imprimante précédente (enfin, remplacement très minimaliste), Madame imprime beaucoup beaucoup moins à la maison … Juste mieux anticiper avec le service impression / reprographie du bahut… Ce qui est une autre problématique. Certes.

        L’enseignant/e est souvent victime de sa … bonne volonté.

        1. Je partage ton point de vue (à marquer d’une pierre blanche). Je n’imprime rien à la maison, je fais tout au lycée. Après ma femme n’a pas de couleur à l’école et elle a parfois besoin de la couleur. La notion de besoin reste discutable et c’est souvent le besoin que tu mets en face quand il faudrait faire avec les moyens du bord, l’enseignant ne devant pas payer pour travailler.

          Malheureusement, comme tu le soulignes, l’enseignant reste souvent le responsable des chaînes qu’il porte. Certains ne font pas grand-chose et vivent ça très bien.

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