One shot, numéro 8

Pas mal de temps que je n’avais pas écrit de billet one shot, il faut dire que de grandes sagas comme Thorgal avec plus de 60 tomes ça occupe. Au programme : noir burlesque, inhumain, la compagnie rouge et le ventre de la hyène.

Noir burlesque

Noir burlesque est un diptyque, il aurait pu être vendu en one shot, mais commercialement, ça aurait été moins porteur. Il s’agit d’une bande dessinée d’Enrico Marini bien connu sur le site pour le scorpion ou les aigles de Rome. Mon principal reproche dans ses bandes dessinées, c’est de privilégier la facilité avec des filles dénudées au profit de l’histoire. Noir burlesque fait-il exception ?

L’histoire nous transporte, comme on peut le voir avec la couverture, dans les années 50 au pays des gangsters. On va d’ailleurs profiter de cette couverture pour expliquer le procédé graphique de Marini dans la bande dessinée. L’ensemble est en noir et blanc, certaines parties sont colorées en rouge, comme des robes de femme ou des chevelures. C’est réussi, c’est le moins qu’on puisse dire, même si j’ai envie de dire que le dessinateur plafonne dans son talent. Je trouve que d’un album à l’autre, les personnages se ressemblent de plus en plus, on a la sensation de relire rapace à la couleur, bien sûr.

La volonté de s’insérer dans l’univers des années 50 pousse parfois à la caricature du genre. Ainsi, lorsque Caprice embrasse Slick, elle lève la jambe. On peut aussi voir dans sa scène de strip-tease tous les clichés du genre, jusqu’au final où une bouteille de champagne saute… Slick revient à la ville, il a connu la guerre, Caprice a épousé Rex un mafieux. Comme on peut s’en douter, elle en pince encore pour Slick. Slick a une dette envers Rex à qui il doit de l’argent, il devient l’homme à abattre.

N’est pas Black Sad qui veut

Si l’on fait abstraction de l’anthropomorphisme, noir burlesque est sur les terres de Black Sad. Si la lecture est agréable, on est très loin du niveau dans l’intrigue. Une fois de plus, Marini s’attache davantage à la technique qu’à l’histoire. La bande dessinée présente de nombreuses qualités, dessin, dialogue, mais à trop vouloir faire comme dans les années, la bande dessinée à du mal à se distinguer de la caricature.

Inhumain

Un vaisseau spatial s’écrase. À son bord, un équipage en quête d’une nouvelle planète, une nouvelle colonie. Le vaisseau s’abime au fond de l’océan, et ils sont accueillis par des humains à leur grande surprise. Les humains de cette planète parlent peu, ils obéissent au « grand tout ». Chaque jour, ils répètent des tâches inlassablement. Le petit groupe part à l’exploration de l’île quand l’un d’entre eux commence à se comporter comme les insulaires.

Inhumain est un one shot du couple Bajram / Mangin, bien connu dans le domaine de la science-fiction. On se rappellera que Bajram a participé à l’ouvrage goldorak, il compte de très nombreuses séries de ce type à son actif. La bande dessinée fonctionne bien, mais par un processus particulièrement classique qu’on connaît dans les films d’horreur. Les personnages disparaissent au fur et à mesure, on traverse l’île jusqu’à la découverte du grand tout. Malgré un aspect particulièrement classique dans la construction du one shot, on reste captivé par l’intrigue, on veut connaître la fin, elle aussi classique.

La compagnie rouge

On reste dans le futur avec la compagnie rouge. La compagnie rouge, c’est une troupe de mercenaires qui respecte toutefois un certain code. On comprend dans la bande dessinée où tout n’est pas clairement expliqué qu’il y a même une ligue des compagnies derrières. Les compagnies font des contrats pour prendre la propriété de certaines planètes. La population ne participe pas, seulement les compagnies s’affrontent, c’est la société qui paye la meilleure compagnie qui emporte les marchés. En fin de compte, c’est comme si on mettait la possession d’un pays sur des matchs de foot. Sauf qu’ici, c’est navettes spatiales, gros guns et missiles.

On suit les aventures de la compagnie rouge à travers une mission au bout de la galaxie. Une mission qui comme on peut s’en douter ne sera pas un long fleuve tranquille. Présentée comme un one shot, la compagnie rouge présente des bases solides pour faire une série. Malgré le manque d’originalité de la bande dessinée, les personnages sont attachants et l’ensemble sont prenants. Le dessin pourra en choquer quelques-uns tant il est réaliste. J’ai trouvé pour ma part que les combats spatiaux, les vaisseaux et même les personnages qui font photo, particulièrement réussis.

Le ventre de la hyène

Deux frères grandissent en Afrique, l’ainé est vendu à des soldats. Il revient au village, violent, chef de guerre, il va entraîner son frère avec lui. Le plus jeune vivra des années dans la crainte de son frère et va commettre des crimes terribles. Pourtant, il essaiera de saisir les opportunités pour quitter le pays et aller en Europe.

La bande dessinée présentée sous forme de puzzle démarre en France. Le plus a en effet retrouvé la trace de son frère dans la ville de Marseille. Il compte en finir une bonne fois pour toute et casser son emprise. Le ventre de la hyène revient sur les génocides qu’on observe régulièrement en Afrique, sur les enfants soldats, sur la violence. Une bande dessinée prenante avec un final surprenant.