DIY plus ou moins Yourself. Une maison en 2026, ep 14

J’aimerais commencer par ces deux images et saluer bien sûr ma fan base avec le grand retour des camions à caca.

J’ai déjà écrit mon obsession pour les camions à caca, les regards, et j’ai déjà expliqué l’origine de cette histoire. Je vous la fais courte parce que j’aime cette histoire. Nous sommes en décembre 2017 à l’approche de Noël et on a une remontée des canalisations. On fait venir la SOMES, spécialisée dans le caca qui excave les sept regards enterrés de la copropriété. Depuis cet épisode traumatique, je sais que les canalisations, c’est important, c’est comme le crépi, c’est la vie. Cela fait donc dix jours que nous sommes installés et mon épouse en sortant devant les regards apparents me dit qu’elle trouve que le sol est humide. J’ouvre les regards qui sont pleins. J’appelle la SOMES, nous sommes samedi et on m’envoie quelqu’un en astreinte. La SOMES annonce le tarif, c’est 382 € euros pour 30 minutes de travail, si le regard est accessible. Il se trouve que ma copropriété a un contrat d’entretien avec la SOMES, je joue cash avec la société et j’explique que je ne sais pas si le problème vient de moi ou si c’est la générale. Comme mon regard est plein, c’est que ça vient de plus loin.

Le technicien arrive et me dit qu’il s’occupe de la copropriété depuis 15 ans et que c’est la première fois qu’il rentre chez moi. Il me dit qu’il pensait que c’était une maison qui n’appartenait pas à la copropriété. Il ne sait donc pas où va ma canalisation et restera un moment pour tout vider. Dix mois de travaux où l’eau que nous avons utilisée est partie dans la bétonnière, deux ans à priori où la maison est restée inhabitée. C’est pendant quasiment trois ans que mon tronçon de canalisation a fini par sécher. Depuis cet incident pas de problème, même si avec la masse d’arbres plantés sur le chemin, je sais que c’est partie remise. Il semblerait que ce soit un problème collectif et qu’on se contente de déboucher…

Je suis toutefois ravi d’avoir eu raison et d’anticiper le problème, avec un regard facilement accessible.

La saison 2 des travaux commence et elle doit être efficace. Exit ici la contrainte du déménagement et la vente de la maison, désormais, c’est la météo qui va faire la différence. Je rappelle que dans mon village, je suis soumis à la loi qui m’impose de faire du bruit durant l’été. La première partie des travaux consiste à refaire des clôtures. Il se trouve que toutes les séparations mitoyennes ont été réalisées avec des arbustes, plus ou moins des troènes. Les arbres, c’est rigolo, mais ça présente quelques désavantages. Le premier, c’est que quand on les installe à côté des murets, ça fait exploser les poteaux en béton et le peu de grillage qui va avec. Le second, c’est qu’il faut tailler. Pour le premier désavantage, j’avais les chiens des voisins qui faisaient leur besoin chez nous. Pour le second désavantage quand on a récupéré la maison, tout était tellement à l’abandon qu’il a fallu faire venir un ami avec un broyeur sinon c’était douze voyages à la déchetterie.

Il y a donc un travail d’arrachage avec racines d’une trentaine d’arbustes

Voici l’évolution globale et encore, on est loin de ce qu’il y avait au départ au niveau des feuilles. Tout a été fait à coups de pioches, de barre à mine et de l’huile de coude bien sûr. La photo intéressante est la photo numéro 3. On voit clairement un poteau en béton qui tient debout, l’absence des autres, c’est qu’ils ont été explosés par mère nature. Une fois que tout est arraché, on monte trois rangées et on pose du grillage dessus pour avoir une séparation propre.

La maison étant en quatre faces plus ou moins pour la mitoyenneté, c’est quasiment cinquante mètres linéaires à poser, trois rangées, cinquante centimètres par parpaing, on arrive à 300 parpaings à rentrer. Il faut les sacs de béton, de mortier et la fine équipe est encore bonne pour passer quelques tonnes. Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas totalement fini l’arrachage et je viens de passer la commande. À part la fatigue physique, il ne devrait pas y avoir de difficulté majeure. Pour l’ensemble des parpaings, ferraille, béton, mortier, comptez une facture de 1200 € environ, toujours chez BigMat.

Une fois qu’on aura fini les parpaings ou durant le temps de séchage, on s’attaquera au barbecue ou comment passer pour un hérétique dans le sud de la France.

À l’époque de la construction de la maison, le propriétaire s’est fait plaisir puisqu’il a construit un barbecue en dur sur quatre mètres carrés. Quand on a acheté la maison, on a vu qu’il y avait un barbecue Weber, ceux qui sont mobiles. C’est dire qu’il n’a pas dû faire beaucoup de barbecue. Personnellement le barbecue, je ne suis pas fan, j’ai l’impression qu’on le pratique en preuve de virilité plutôt que par plaisir. On fait brûler, on met de la viande, on a l’impression que c’est un rite. Pour ma part, j’ai fait un calcul différent. Je comptais faire à terme un cabanon supplémentaire pour pouvoir ranger des affaires. Dans mon secteur, ça ne rigole pas avec les incendies, à raison. Depuis que le massif de la Clape est fermé, extrêmement contrôlé, nous n’avons plus de feu. La municipalité a poussé plus loin en interdisant tout barbecue durant les deux mois d’été, y compris dans son domicile.

Avoir quatre mètres carrés qui vont servir trois fois l’an, c’est de l’espace perdu, j’ai acheté une belle plancha électrique, la plus grosse du marché en 40×50. On va donc transformer le cabanon en abris. Comme vous pouvez le voir sur les deux photos ci-dessus, pour ma part le seul obstacle, c’est la cheminée. Je n’ai pas la certitude qu’elle ne repose pas totalement sur le barbecue qui est bien costaud. Pour la grosse cheminée qu’il y avait dans la maison, le conduit du haut était parfaitement séparé du conduit du bas avec une fondation sur le toit. Là, on voit la briquette qui monte, dans le doute, on va commencer à casser par le haut. Pour combler les parties bois, on vient poser du plexiglas de 6 mm derrière, enfin un volet roulant électrique. Je fais l’économie d’une dalle qu’il aurait fallu réaliser et de l’achat d’un cabanon en bois qu’il aurait fallu entretenir.

Je reprends l’écriture du billet quelque temps après, pour vous montrer la livraison. Voici avant les parpaings.

Quand les gens voient le travail qu’on a accompli, j’aime bien à rappeler que si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera pas dans 10 ans. Je n’ai pas évoqué les douleurs physiques. Sur la dernière image, je tenais à vous montrer la barre à mine. Durant l’une de mes sessions de dessouchage, j’ai forcé comme un âne. Résultat des courses, j’ai déraciné, mais j’ai perdu l’équilibre, je suis tombé sur le dos avec la barre à mine dessus. Dire que j’ai mal au dos depuis ces quelques épisodes est un euphémisme. Avec la rentrée scolaire, les samedis sont consacrés aux travaux, le dimanche, je suis en PLS en train de dormir et de me bourrer de Doliprane. Si durant la période des travaux intérieurs, je pouvais ressentir des courbatures, les mains qui tremblent à cause des outils vibrants, là, je dois reconnaître que j’arrive au bout de mes forces, il devient difficile de récupérer.

La livraison a été réalisée le mercredi 9 septembre au petit matin. Ce n’était pas le chauffeur habituel, il a mis plus d’une grosse heure pour faire sa livraison, une bonne partie du temps a été bouffée pour faire entrer le camion dans la copropriété. Comme Jean-Luc aka le père Noël avait cours le matin, il est arrivé dans l’après midi avec Cédric alias Teddy Ted Frac qui réalise des sculptures en carton quand il n’a pas la joie d’être AVS dans mes cours de maths. Il a remplacé Benjamin avec brio pour porter les sacs de ciment de 35 kilos, je n’y serai pas arrivé. Comme je viens de l’écrire, je suis au bout de ma condition physique. J’ai quand même rentré seul deux palettes de parpaings.

Dans les travaux à réaliser il y avait une arase. En fait, j’avais un mur de séparation réalisé en briquettes dans lequel avait été scellé des poteaux en fer. Forcément, les poteaux ont fini par rouiller, la briquette a explosé, il a fallu mettre à niveau pour rattraper le mur d’à côté. Pour le reste, c’est positionner des parpaings sur des murs qui ne sont absolument pas droits, c’est la première ligne qui prend du temps.

Je vais conclure ce billet qui est désormais en train de s’étaler sur deux mois ce qui n’est pas très sain. D’ailleurs, une conclusion qui reprend le début. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai les canalisations qui sont pleines. J’écrivais que je savais que c’était partie remise et c’est le cas. Nous sommes dimanche au moment où j’écris ces lignes et je vais « tenir » jusqu’à demain. J’évite l’astreinte du dimanche, c’est moitié moins cher globalement. Cela confirme donc un problème récurrent et je n’ai toujours pas d’intervention ou de réponse de mon syndic. Je crois que malheureusement, il va falloir le mettre en demeure.

Ce qu’il faut comprendre c’est que dans la suite des travaux, je vais poser une terrasse bois dans la zone des canalisations et c’est comme vous pouvez vous en douter un problème. Si je dois faire des ouvertures au-dessus des regards pas de souci, mais si je dois démonter toute la terrasse, c’est une autre histoire. Ce matin, j’ai pris le temps de faire passer un furet de 10 mètres et je pense que je fais sortir entre 6 et 7 mètres. Ce n’est pas une science exacte, mais je suis aux limites du terrain. Dans la perspective où la canalisation serait fendue chez moi, et que j’ai monté la terrasse bois, je suis forcé de tout faire sauter pour changer le tronçon de canalisation, à mes frais bien entendu. Si c’est à l’extérieur, c’est à la copropriété de le faire. Seulement pour le savoir, il faut faire un diagnostic caméra et je ne suis pas favorable à payer 400 à 500 € pour un problème qui potentiellement concerne la copropriété et pas uniquement moi. Sans réponse du syndic et dans la situation actuelle, à savoir que le problème sera récurrent, je suis bloqué dans l’avancée des travaux.

Bien évidemment, avec la masse de travaux qui reste à faire, j’ai de la marge. Mais tôt ou tard, je serai confronté au problème et il faudra s’en occuper. La situation est de plus inconfortable, j’ai des remontées d’odeur dans la maison avant l’étape finale, la remontée des eaux usées. Je ne me vois pas vivre en permanence à lever les trappes de regard tous les matins pour vérifier si on est proche ou non de la submersion. C’est de plus une hérésie quand on sait le prix de l’intervention qui ne résout rien.

Tout n’est pas négatif, les travaux avancent, je viens d’avoir la validation après plus de deux mois par la mairie pour ma demande de travaux. Souvenez-vous, je dois changer la baie vitrée pourrie et faire une avancée. J’avais monté le dossier en mairie avec deux photos avant après en utilisant Gemini, on me l’a refusé. Le document DP4 est un document type architecte qui doit présenter des côtes. Mon épouse a fait le dessin et a rajouté des dimensions ce qui correspond exactement à ce que Gemini avait réalisé en photo.

Je vous montre à quoi ça ressemble parce que c’est un problème, et ce n’est pas anecdotique. Si vous faites une recherche sur DP4 dans Google, vous verrez que des gens ont monté un business avec des logiciels ou des services premium pour réaliser les dessins. Dans les bonnes nouvelles, j’ai liquidé le gros de l’administratif, des contrats d’électricité et d’eau de la précédente maison, ce qui me fait gagner en lisibilité et faire des économies. Enfin, j’en ai terminé avec la dernière intervention du maçon qui me devait le crépi. À cet endroit, on avait des portes qui ne donnaient sur rien, la transformation en murets plus fenêtres a permis de rajouter plus de trois mètres d’éléments de cuisine.

Mon maçon devait intervenir depuis plusieurs mois, entre la canicule, l’interdiction de travaux estivale, cela n’avait pas pu se faire. On voit la différence de couleur dans le crépi, mais cela reste toujours mieux que la couleur parpaing. Vous noterez que mes chattes sont allées à cet endroit spontanément alors qu’elles n’y vont jamais, certainement une attirance pour le crépi frais.

Nous sommes à deux semaines des vacances et il va falloir faire d’une énorme résilience. La météo est un élément clé en cette saison et ça commence. Deux de mes routes sont bloquées pour aller travailler demain, ce qui va rajouter davantage de temps de perdu. Ce weekend avec de la pluie en permanence, impossible de couler, cela devrait s’arranger dans le courant de la semaine. Gardons espoir.

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