La fuite de 7 m3 m’a tout de même laissé particulièrement perplexe. Reprenons le contexte, la maison est globalement inoccupée depuis novembre 2024. Le vendeur de l’agence m’explique qu’il a toujours fait les visites avec l’eau qui fonctionne. 10 mois à raisons de 7 m3 par jour, 30×10×7=2100 m3 qui seraient partis dans la nature. La piscine olympique représentée ci-dessous c’est 2500 m3, nous ne sommes donc pas bien loin. En Occitanie le prix de l’eau, c’est 3.5 € le mètre cube, soit une facture d’environ 7000 € pour les anciens propriétaires. Il s’agissait d’une succession, le notaire n’a rien vu, Veolia ne s’est rendu compte de rien, c’est quand même franchement étonnant. Il faut reconnaître que dans mon secteur Veolia fait les ajustements seulement au mois de juillet, et puis nous sommes dans le sud, la rigueur ce n’est pas notre fort.

Et puis il y a tout de même quelque chose de plus étonnant. 2100 mètres cubes d’eau dans la nature, j’ai envie de penser qu’on l’aurait quand même vu passer quelque part, de l’humidité dans la maison ou un terrain humide. Je décide d’appeler Veolia pour savoir si mon compteur est fou. J’ai vu beaucoup de choses dans ma vie et je ne serai pas étonné par un compteur fou. Au téléphone Veolia m’indique que j’ai déjà un rendez-vous le mardi 7 octobre. J’explique donc à Veolia que je suis surpris, que je ne suis pas à l’origine de ce rendez-vous et que ça serait pas mal avant d’avoir quelqu’un de chez eux chez moi que je sois tout de même au courant. Je décale le rendez-vous au mercredi 8. Le gars de Veolia arrive et m’agresse directement en me demandant pourquoi je les appelle. Je lui réponds que ce n’est pas moi qui les appelle, mais que quelqu’un, certainement la petite sonnette d’alarme des relevés d’eau qui a déclenché le rendez-vous. Sans même regarder son compteur, il me répond que je ne suis pas plombier, lui oui et qu’il fait le métier depuis 27 ans. Il m’explique que la fuite est après compteur. La posture est sans surprise, je sais donc ce qu’il me reste à faire.

Il y a 12 ans quand on avait acheté la maison, l’arrière ne ressemblait à rien. Il s’agissait de trois niveaux, des bandes de quelques mètres qui étaient posées. Totalement inexploitable. La seule chose qui était à faire c’était de tout vider pour faire une terrasse. Je l’ai fait. J’ai tué deux marteaux-piqueurs et j’ai eu pendant une période de ma vie les mains qui tremblaient. En vieillissant, il y a des choses qu’on ne fera plus, mais il y a aussi quelque chose qu’on sait, il est nécessaire d’investir dans du matériel.

Quelques explications. La première photo, c’est pour montrer que l’endroit est truffé de racines, ce qui nous amènera à un autre point, les évacuations et les fameuses trappes à caca. L’image numéro deux, c’est la tranchée que je me suis fait en quelques heures pour excaver l’ancien tuyau. Enfin la dernière image, c’est l’entrée d’eau dans la maison. On y voit une jonction entre le plymouth et le cuivre, ce qui pour ma part est une hérésie, mais ce ne sera pas la première ni la dernière. Souvenez-vous, construction des années 70. Les gens m’ont demandé si j’avais trouvé la fuite, j’ai dit que je ne la cherchais pas. En effet, on a pris l’habitude de partir de zéro quand c’est possible. Il faut savoir qu’en excavant l’arrivée d’eau, j’ai eu une autre surprise, celle de trouver l’électricité à 10 cm du tuyau. Vous comprendrez qu’à un moment, j’ai arrêté le marteau-piqueur et la pioche et qu’à la façon d’un archéologue j’ai bien pris le temps de faire le chemin avec une petite pelle et une balayette.

Si on est un peu attentif à la photo numéro trois, on voit qu’il y a deux tuyaux cuivre qui rentrent. Le premier à gauche, c’est l’eau, le second à droite, c’est le gaz. En effet, les gens utilisaient une vieille chaudière branchée sur quatre énormes bonbonnes de gaz. L’incidence sur la maison, c’est d’avoir un circuit secondaire pour des radiateurs en fonte. Ici aussi, on a pris de l’âge, ce qu’on a perdu en force, on l’a gagné en sagesse, des gens sont passés ravis de nous débarrasser du métal de la maison. Les radiateurs en fonte pèsent un âne mort, je préfère mieux qu’on me le récupère plutôt que de gagner quatre sous dans la revente des métaux.

Voici la plomberie qui arrivait dans la cuisine. Il y a de l’eau à l’étage, mais c’est une autre histoire. On retrouvait ici l’évier, la machine à laver et le lave-vaisselle.

Sur la photo du milieu, on devine en haut la position de la chaudière, encore un grand moment épique pour la retirer, ça a fini en grand boum. Je ferai des photos plus loin, mais ce qu’il faut essayer de voir dans la photo de gauche, c’est une évacuation, ce sera l’endroit où nous allons monter la future salle de bain. Enfin la dernière photo correspond à celle du centre, on voit que le radiateur en fonte a disparu au profit d’une ouverture. On entrera donc par la porte des toilettes, on passe par l’ouverture, collé contre le bout de cloison restant le meuble de salle de bain, à la droite du meuble dans la continuité du mur le receveur pour monter une douche. L’ensemble est enfermé dans du placo hydrofuge. Derrière le placo toujours dans l’alignement du mur le ballon d’eau chaude, puis la machine à laver qui sera à l’entrée. Pour l’heure, nous avons récupéré depuis samedi 18 l’eau dans la maison qui se résume à un simple tuyau et un collecteur avec quatre robinets. La douche est encore loin.

Néanmoins, avoir de l’eau dans la maison permet de faire de la maçonnerie, de nettoyer les outils et éventuellement de tester les évacuations.

Le retour de la trappe à caca, petit rappel historique.

Cette trappe que vous voyez ci-dessous a une histoire et j’aimerais vous la raconter, certains ont pu la vivre en direct à l’époque.

Nous sommes dans les vacances de Noël et cette trappe n’existe pas encore. On fait le constat que nous avons des remontées d’eau dans les évacuations de la cuisine, puis par la suite jusqu’au premier étage dans la salle de bain. La première erreur que nous avons faite à l’époque, c’est d’enfermer la canalisation qui descend du premier depuis les toilettes dans un coffret. En effet, la base de la canalisation est en fibrociment, on s’est dit que ce serait une bonne idée de refermer. La problématique, c’est que pour passer un furet, il fallait passer par les toilettes, c’est donc trois mètres de perdus et passage par les coudes.

Nous avons réalisé une trappe, une ouverture dans le tuyau d’évacuation et on fait le constat que le furet bloque. Une société de débouchage intervient, envoie la pression, mais nous explique qu’il a l’impression que la tête tombe. Forcément, à l’époque, on pense que nos évacuations sont individuelles et je vois le moment où il va falloir casser la moitié du salon pour trouver le tuyau fendu. On fait venir le diagnostic caméra, qui fait le même constat, la caméra tombe et on la voit tomber dans l’eau. La différence, c’est que le technicien sait à quel endroit précis tombe sa caméra à l’aide d’un appareil qui bipe comme une espèce de détecteur de métaux.

L’homme commence à sortir les dalles, encore heureux, elles sont sur sable et à un moment l’eau s’évacue de façon importante. Le technicien de la SOMES, on va quand même citer la société qui a fait un excellent travail excave 40 cm sous la terrasse le regard. Il se rend compte qu’il y a une évacuation qui vient de chez moi, mais une évacuation qui part sur la droite et une sur la gauche. La faute à pas de chance, la maison de droite a fait une terrasse en dur, coup de chance par contre, il apparaissait que le regard de mon voisin était devenu poreux avec les années (construction de 75) et que l’eau partait par le fond, si bien qu’on avait des bouchons qui se formaient.

Il faut donc comprendre deux choses. Personne n’était au courant que nous partagions un réseau de canalisation, pas même ceux qui ont vu les maisons se construire, les ouvriers de l’époque ont trouvé que c’était une excellente idée d’enterrer les regards plutôt que de faire une demi rehausse.

De cette époque j’ai quand même gardé dans un coin de la tête qu’il est tout de même important de savoir où ça s’en va et d’avoir la meilleure compréhension de son réseau.

Retour vers le présent, des trappes à caca dans une autre dimension

Si vous avez été attentif au début du billet, je signalais qu’en faisant ma tranchée, j’étais tombé sur de nombreuses racines. Quand nous sommes arrivés il y avait des arbres de partout. Ci-dessous, une simple partie de ce que nous avons arraché, nous avons jeté des dizaines de mètres cube de déchets verts. Il y a des lauriers de partout, des arbres collés à la maison, c’est un chantier qui va me prendre un temps infini, mais qui pourtant est impératif. Je n’ai pas de problème particulier avec la végétation, mais le problème, c’est qu’elle fait mauvais ménage avec les habitations et encore plus avec les canalisations qui finissent percées.

On le verra dans le prochain billet, mais pour certains travaux, nous avons décidé de prendre un maçon. Il y avait par exemple une dépose de cheminée monumentale. Même si avec du recul, on aurait pu faire, on a passé l’âge de grimper sur les toits pour boucher des conduits. Le maçon doit faire une évacuation pour le receveur, la machine à laver et le chauffe-eau en utilisant l’évacuation qu’on a pu voir au-dessus au milieu des tuyaux. Il a un peu cassé et voici ce que ça donne plus bas.

La première chose qu’on peut constater quand on se penche, c’est qu’il y a un petit vide sanitaire en dessous ce qui était assez rare à l’époque. La canalisation bien sûr est en fibrociment et on voit qu’il s’agit d’un tuyau de 100 alors que c’est une évacuation pour les eaux usées et pas les toilettes. Si vous regardez sur le côté, les raccords étaient en équilibre. On avait mis de l’eau à l’époque où il y avait l’évier et ça ne s’évacue pas correctement, mais cela s’évacue tout de même. Voici une photo de l’étage sur la droite, on voit au fond à côté du sanibroyeur un tuyau d’évacuation, il y en a un autre qu’on voit au fond à l’emplacement de l’ancienne cabine de douche.

Il y a un point que je n’ai pas abordé, mais qui peut se comprendre assez facilement si on regarde sur la photo plus haut des anciennes arrivées d’eau. Toute l’eau, toute l’électricité se promène dans le sol. Pour l’électricité, on a un bonus pour une promenade dans les murs, mais ce sera l’objet d’un prochain billet. Nous étions donc dans l’incapacité de savoir où s’évacue le haut, et au moment où j’écris ces lignes, nous ne savons pas comment l’eau arrive à l’étage. En fin d’après midi après une longue journée de travail, j’ai un éclair de génie. La maison est truffée de placo, de moulures décoratives si bien qu’on n’imagine pas un placo dont la fonction serait la première, cacher une évacuation.

On a donc fini par trouver la colonne d’évacuation d’eau. Vous remarquerez qu’ils n’avaient pas prévu de trappe de regard alors que pourtant le tuyau est plutôt bien fait puisqu’il permet d’avoir un œil sur le contenu du tuyau. Maintenant que vous avez les éléments, un plan s’impose. Je ne l’ai pas évoqué, mais le regard ici était enterré comme chez moi, à la différence, c’est que les propriétaires et le vendeur de l’agence étaient au courant. Le problème est ailleurs. La logique voudrait que l’ensemble se déverse dans le regard à l’extérieur sauf que ce n’est pas le cas.

Revenons-en à nos évacuations.

  • Les toilettes s’écoulent dans le regard de la sortie. Il y a tout de même un mystère. On se dit qu’en tirant une ligne plus ou moins droite, on aurait dû avoir une entrée au sud du regard pour l’évacuation. Ce n’est pas le cas, l’eau s’écoule d’est en ouest. On ne sait donc pas comment l’eau des toilettes arrive dans le regard.
  • La logique encore serait d’imaginer que l’évacuation des eaux usées tombe dans la même colonne que les sanitaires surtout avec une position aussi proche. Si on regarde la photo plus haut, on se rend compte que l’eau de l’évier n’a pas de lien en direction des sanitaires et que le tuyau d’évacuation va dans la direction de la pièce à côté. Même si la conduite est bouchée, l’eau finit par s’évacuer, mais pas dans le regard.
  • Avec un tuyau usé, je suis passé par le bouchon dans la descente de la colonne et c’est ici que ça devient beaucoup plus tendu, le tuyau part dans la direction opposée à celle du regard. Il y aurait donc un autre regard dans le jardin de derrière.

Le tuyau qui résout 50% du problème

Sur le côté de la maison, je le montrerai à l’occasion, il y a un énorme évier de pierre. On voit un tuyau bleu qui longe et qui finit par rentrer dans le sol en direction du regard. Si on met de l’eau, on voit effectivement un écoulement dans le regard. J’ai voulu comprendre le chemin de ce tuyau. À l’instar de ce que j’ai fait en suivant le tuyau d’entrée, j’ai minutieusement suivi le tuyau de sortie. Voici les photos qui vont avec.

La première photo sur la gauche, c’est le regard de l’extérieur tel qu’on le voit. La photo du milieu est plus complexe à comprendre. Dans le manchon, vous voyez rentrer dans la maison le nouveau plymouth. La photo du centre permet de voir mon fameux tuyau bleu qui va rentrer dans un trou, pas loin du regard. Vous noterez aussi le puisard de récupération de la canalisation. Car dans notre recherche du réseau d’eau, on pensait que les gouttières étaient reliées au regard. Théoriquement, on ne mélange pas les eaux de pluie avec les canalisations des eaux usées, mais je dois reconnaître que je croyais en ce lien. C’est un voisin qui m’a dit que chaque gouttière donnait sous des puisards. J’ai retrouvé à l’intérieur de nombreuses balles qui avaient filé sur le toit, des balles de plusieurs dizaines d’années. Il faudra certainement faire quelque chose, car lorsque aujourd’hui dans le sud il pleut, j’ai quelques doutes l’efficacité de ce petit volume dégagé.

La photo de droite est la plus intéressante et la plus délirante aussi. Le tuyau finit dans le vide, on voit sur la droite une canalisation, c’est celle des toilettes. Alors que je pensais qu’il y avait un coude qui venait dans le regard, la canalisation des toilettes sort dans un premier regard et s’écoule avec un coude dans le second regard. Pourquoi faire simple avec un regard unique quand on peut faire compliqué ?

Il est prévu de refaire une dalle dessus, mais vous conviendrez qu’avant de tout boucher c’est le genre d’information qu’il parait utile d’avoir. Il est donc nécessaire de faire deux trappes de regard ou de tout casser et de reprendre l’évacuation pour un regard unique.

Un professionnel passe ce matin

J’ai déjà franchi le cap des 2500 mots et je vais donc conclure ce billet sur un gros cliffhanger. J’ai mandaté une société de débouchage en expliquant que je voulais cartographier mon réseau et accessoirement déboucher. J’évoquais la canalisation des eaux du lave-vaisselle, évier plus haut qui va finir en évacuation de douche, j’ai fini par la déboucher. Eau chaude et furet. Par contre, avec le furet j’ai retiré de la terre. Ce qui m’intrique, c’est que j’ai retiré de la terre très tôt. Mais après ces retraits, on a envoyé de la grosse eau qui s’est écoulée rapidement. La problématique bien sûr, c’est de savoir à quel endroit.

Il serait compliqué en cas de fissure de la canalisation de faire un remplacement. L’ouverture du sol passe par des poutres en béton. De plus, j’ai la presque conviction qu’il y a un tuyau qui circule le long de la maison. Il y a une technique qui s’appelle le chemisage qui consiste à envoyer de la résine époxy à travers la canalisation, cette dernière prend alors la forme de la canalisation et fait une nouvelle peau. C’est une technique qui est aux environs de 300 € le mètre ce qui n’est pas gratuit. Nous n’en sommes pas encore là.

Le passage de la société de débouchage, il faudra compter aux environs de 300 €, c’est une somme. Néanmoins tout ce travail de préparation aussi frustrant soit-il car les travaux n’avancent pas de façon visuelle est totalement indispensable pour la suite des événements. Il est impératif d’anticiper ce type de problème.

Pour ceux qui me suivent sur Mastodon, je raconterai comment ça c’est passé ce matin, si j’ai du réseau bien sûr, l’émetteur SFR / Bouygues est indisponible sur le village en pleines vacances avec une réparation prévue avant le 30 octobre. Il était temps de vendre l’opérateur.

4 Comments

  1. et dire que pendant un temps (avant que je ne refasse la surface en béton du bas du regard), mon activité favorite le matin était de vérifier que le caca s’écoulait bien par le regard extérieur 1 (il y en a un autre plus gros près de la rue au cas où un arbre nous emmerde, c’est le cas de le dire)

    Oui, il ne faut pas négliger la pente entre les différents points et la viscosité du caca, des canalisations, etc… ça pourrait faire des beaux DS de mécaflu

  2. On croirait revivre tes précédentes aventures, ça nous rajeunit d’esprit à défaut de corps. Bon courage pour la suite des aventures.

    1. On dirait un jour sans fin du professeur Borne, il est poursuivi par les trappes à caca….Courage à vous car ça doit être un travail de fou…

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