Le 4/10/2026 mise à jour avec Control Resonant, la suite que j’ai achetée trop vite et à regret. Comme à chaque fois, les nouveaux paragraphes sont en rouge.
Avec les années qui filent, je garde un attachement au jeu vidéo comme loisir même s’il s’agit d’une belle perte de temps. Avec le recul, je réalise que mon type de jeu comme Elden Ring ou les Souls, ont pour point commun le fonctionnement du cerveau reptilien. Entretenir les réflexes, tirer et frapper sur tout ce qui bouge. Control à ce jeu s’en sort plutôt bien à grand coup de guns et de télékinésie.
Control ou comme un doux parfum de X-files
Tirer sur tout ce qui bouge oui, mais pas au point de tomber dans des jeux comme Fortnite ou Valorant. Il me faut une ambiance. Control nous met dans la peau de Jesse Faden qui est attirée par le bâtiment du Federal Bureau of Control. Il s’agit d’un bureau qui traite tout ce qui relève du paranormal. Le terrain de « jeu » sera donc de grands couloirs, des bureaux, des pompes ou encore une mine sous le bâtiment. C’est beau, les effets de lumière sont particulièrement bien choisis avec parfois des zones d’ombre où l’on voit peu, des zones de lumière qui vous aveuglent. Et soudain le rouge apparaît qui casse avec les gris.
Le Hiss est l’entité qui a pris possession du bâtiment et des personnes. Votre but, c’est de le combattre et de comprendre ce qui s’est passé. L’action du jeu se déroule dans les années 80, il y a un côté rétro vraiment bien fait. Il est très difficile de ne pas penser à X-files avec les secrets, les personnages mystérieux comme le concierge qui semble totalement indifférent à ce qui se produit et vous donne des missions.
L’ambiance de Control est une véritable réussite. Les murmures permanents, la musique, les vidéos du scientifique qui se mêlent au jeu vidéo. La réalisation est assez déroutante.

Un shoot avant tout
Le système de jeu est pour le moins décomplexé. Si vous trouvez une arme que vous allez pouvoir faire évoluer en mitraillette ou lance-grenade, les pouvoirs de Jesse sont pour le moins surprenants. Lévitation, possibilité d’envoyer des objets à travers la salle, bouclier de pierre. Ça fonctionne plutôt bien même si les combats sont parfois brouillons. C’est très fun, on va projeter un extincteur ou renvoyer une grenade pour faire sauter le bouclier de l’ennemi pour le finir au pistolet.
Les ennemis ne sont pas très variés, mais cela reste cohérent avec l’univers. Les surprises sont ailleurs. Un scientifique va vous demander de « décontaminer » des objets de pouvoir. C’est-à-dire des objets paranormaux qui ont des propriétés sur les gens. Il y a par exemple un frigo qu’il faut surveiller tout le temps. L’affrontement avec le frigo vous projette dans un monde parallèle avec un cyclope gigantesque qu’il faut tuer.
C’est certainement la plus grande force du jeu, être capable de surprendre le joueur. Encore, vous devez traverser le labyrinthe du cendrier. Il s’agit d’un labyrinthe dont les murs s’ouvrent et se referment. Seul un objet de pouvoir vous permet d’avoir la bonne direction. Le concierge vous donnera son walkman à cassettes pour traverser le labyrinthe. Durant ce moment, vous avez du métal à fond dans les oreilles avec un groupe qui a fait une chanson spécialement pour le jeu dans un univers qui ne respecte pas les lois physiques.

Un jeu pas totalement dénué de défauts.
Control est incontestablement un excellent jeu. Il a toutefois deux gros défauts pour ma part. Le premier ce sont les bugs. J’évoquais mon monstre cyclope plus haut, il y a des bugs de collision qui vous font passer sous le sol. Le second, c’est la masse de quêtes pour prolonger le plaisir qui n’est pas intéressante et qui font perdre du temps. Le concierge vous demande par exemple de nettoyer la mousse. Il s’agit d’espèces de boules verdâtres organiques à supprimer. Comme les salles sont gigantesques, on va passer beaucoup de temps à chercher la fameuse boule manquante. Pourtant, ces missions sont importantes, car elles permettent de faire évoluer votre personnage et le rendre plus fort.
Et c’est d’autant plus important que dans certaines zones les monstres sont particulièrement coriaces. Je pense notamment au DLC qui est inclus dans la version Ultimate. En effet, pour ceux qui connaissent, il y a un cross over avec le jeu Alan Wake l’écrivain qui chasse les ombres avec sa lampe torche. Nous serons d’ailleurs dans des situations similaires. Alors qu’on a envie de faire le DLC et cette nouvelle histoire avec un niveau complet, on est limité par son niveau. L’envie de farmer dans des missions inutiles fait que je me suis arrêté à la quête principale.

En fin de compte, Control est un jeu régulièrement offert ou à prix cassé. Jetez-vous dessus, il en vaut vraiment la peine. Si en plus, vous avez les codes d’une série comme X-files, vous apprécierez encore plus.
Sept ans plus tard, Control Resonant une suite pas si bonne que ça
À la fin du premier épisode, Jesse Faden la directrice, finit par délivrer son frère Dylan du hiss. C’est donc sept ans plus tard que le jeu reprend, comme dans la vraie vie en fait puisqu’il y a sept ans d’écart entre les deux jeux. Et c’est avec Dylan que nous allons jouer cette fois-ci. Pour les joueurs qui n’auraient pas fait le premier, j’ai presque envie de vous inviter à passer votre tour. Le jeu est dans un univers trop personnel pour qu’on puisse rentrer dans cette suite sans avoir fait le premier. Control c’est un univers avec ses codes, et ils sont trop tordus pour en faire abstraction. Control premier du nom est un excellent jeu, il serait dommage de passer à côté d’ailleurs.
Le personnage de Dylan est à l’opposé de sa sœur. Quand Jesse affrontait toutes les situations avec une espèce de détachement et d’assurance surprenants, Dylan porte le poids de ses victimes. Dylan aurait dû être le directeur à la place de sa sœur, mais les expériences ont mal tourné, il s’est fait envahir par le hiss et fait un véritable massacre. C’est en quelque sorte un héros qui vit dans la culpabilité et totalement insipide avec lequel on va jouer. Cela n’a l’air de rien, mais ce n’est tout de même pas anodin, c’est un héros qui n’en est pas un et qui ne fait pas envie.
Le premier jeu était dans un univers qui était fermé et on avançait au fur et à mesure dans l’ancienne maison allant de surprise en surprise, d’univers tordu en univers tordu. La cassure entre les deux jeux ne s’arrête pas à notre héros, mais on passe à l’open world et là, c’est le drame. Sept ans plus tard donc, Jesse délivre son frère d’un long sommeil et il réalise que le hiss a pris toute la ville de Manhattan.

Tout en plus le charme en moins
L’open world est un drame en soi, car la comparaison avec les autres jeux du style est incontournable. Et le problème, c’est qu’ici Remedy, use et abuse des mécaniques insupportables du genre. Arriver dans une zone allumer trois antennes pour avoir la carte, trouver les portes de téléportation, tuer certains groupes d’ennemis, protéger des caisses, retrouver dans chaque monde le dragon d’un petit chien. Bien sûr, ce type d’actions peut être évité, mais il va falloir tellement taper dans le jeu qu’il est difficile d’échapper aux combats pour faire monter les niveaux.
La surenchère est présente au niveau des armes, des armes secondaires, des pouvoirs pour en fin de compte ne jouer qu’avec le feu sur les armes. C’est la méthode la plus efficace pour réussir à tuer les ennemis qui sont malheureusement des sacs à PV et qui vont le devenir de plus en plus. En effet, il y a des boss disséminés dans les coins de la ville et à chaque fois que vous en tuez un, vous récupérez un pouvoir. Plutôt inutile d’ailleurs sauf pour avoir accès à certaines zones, le feu une fois de plus. Les boss sont plus ou moins bien faits, on essaie d’y mettre un côté Dark Souls, à part que le jeu est d’une grande imprécision dans sa caméra si bien qu’on finit par se faire tuer par malchance.

À chaque fois que vous allez tuer un de ces boss, les monstres réapparaissent encore plus nombreux, encore plus puissants. Des combats tout le temps, c’est épouvantable, et c’est globalement inévitable. Dans Control premier du nom, il y avait de bons délires dans la gestion du personnage qui pouvait voler. Ici Dylan ne vole pas, mais va avoir la possibilité de grimper sur les murs puis au plafond. Dans le dernier monde dans lequel je suis, je l’espère parce que le jeu est une torture que j’ai payée 60 € et que je vais finir, tout l’univers est plus ou moins à l’envers. On est dans un univers avec des immeubles qui flottent et pour les atteindre, il faut passer de murs en murs, voler, aller au plafond.
La sensation globale du jeu, c’est l’impression qu’on a rendu tout compliqué pour vous faire perdre du temps. Les monstres, la gestion de l’espace pour trouver le bon passage, la tonne de documents inutiles, et les énigmes … ah les énigmes. Dans Control premier du nom, il y avait une gestion du rythme qui était parfaitement maîtrisée. On passait de moments calmes à la fusillade. Les énigmes, c’était dans l’hôtel dans lequel on essayait de comprendre la mécanique. Ici les énigmes sont tordues, extrêmement nombreuses, basées sur l’observation, elles finissent par écœurer le joueur.
Je rajoute aussi les très nombreuses quêtes secondaires de type Fedex qui vous imposent des aller-retours inutiles avec toujours une véritable difficulté de trouver l’endroit demandé dans la carte. Avec cette physique où l’on peut grimper un peu partout et une carte imprécise, on perd encore du temps à fouiller.
Une suite ratée, pourtant encensée par la critique et les joueurs Steam
J’ai voulu jouer le jeu en achetant Control au prix fort, en voyant des tests qui étaient particulièrement positifs et plusieurs milliers d’avis très positifs sur Steam, je n’aurais pas dû. Quand je vois Numerama qui met 10/10, pour un 7/10 pour expedition 33 qui avait son lot de défaut, mais pas à ce point, je dois reconnaître que j’ai dû mal à comprendre. Dans Control, il y avait une véritable ambiance, l’incontournable homme de ménage pour ne citer que lui. Jamais control resonant ne réussit à poser la même atmosphère, il est une pâle copie de son prédécesseur.
Et d’ailleurs, c’est certainement ce premier jeu qui lui fait trop d’ombre. Dire que le jeu est à jeter serait injuste, il ne mérite tout simplement pas les critiques trop positives qui oublient ses trop nombreux défauts. Le combat contre la danseuse et plutôt original, je pense aussi à cet immeuble qu’on voit de l’intérieur et dans lesquels toutes les pièces de tous les appartements sont visibles. Il y a un véritable travail artistique derrière Control resonant, on ne peut que regretter que ce dernier soit noyé dans une boucle de jeu qui devient de plus en plus insipide au fur et à mesure du temps qui passe.