Le pitch d’Ajin pourrait paraître classique et pourtant la manière dont l’idée est exploitée est plutôt intéressante. Dans notre monde actuel, des gens meurent de façon accidentelle ou intentionnelle, sauf qu’ils ne meurent pas. Il s’agit des Ajin. La première originalité du manga, c’est qu’à la manière d’Highlander, les Ajin sont des gens tout ce qu’il y a de plus normal. L’immortalité leur tombe dessus par surprise. La bande dessinée n’explore pas vraiment les éventuelles recherches, on part du principe que c’est comme ça.
En outre, les Ajin valent de véritables fortunes et on bafoue totalement les droits de l’homme. Car en fait, les Ajin vieillissent, et leur immortalité se traduit dans le fait que même si on tranche leurs organes, ils repoussent. On les capture non seulement pour faire des expériences, mais aussi pour avoir des distributeurs d’organes illimités ou faire des tests de produits de laboratoire. Ainsi, chaque personne qui prend conscience d’être un Ajin fuit de peur de se faire attraper. Sato est un Ajin d’un certain âge, un homme qui a fait la guerre. Il voit dans les possibilités que lui offre son corps, un moyen de s’amuser. Il décide tout simplement de prendre le contrôle du Japon. Nagai quant à lui, un jeune homme indifférent qui fait des études de médecine, décide de s’opposer à lui.
Ajin est une bande dessinée extrêmement violente qui exploite l’immortalité des Ajin dans des scènes de combat particulièrement bien pensées. L’histoire est captivante, et on se demande comment nos héros vont pouvoir réussir à coincer cet homme qui n’a peur de rien, à raison, il est immortel.

Cinquante-cinq millions d’albums vendus pour Berserk. C’est un manga que j’ai commencé plusieurs fois, jeune surtout et que je n’ai jamais fini. En même temps, pas sûr de voir la fin un jour avec la mort de Kentarô Miura son auteur, même si on ne tue jamais la poule aux œufs d’or. Un décès qui n’est pas passé inaperçu puisqu’il a été annoncé dans tous les médias français, ce qui donne tout de même la portée de l’œuvre.
Berserk nous propose de suivre les aventures de Guts de façon assez décousue au départ. On découvre un personnage borgne avec un bras de moins qui tue des monstres. Il est marqué au cou d’une trace qui saigne face à des démons. Pourquoi est-il maudit ? Comment en est-il arrivé là ? L’histoire nous plonge alors dans son passé, d’une enfance dans laquelle il naît pour ainsi dire sur les champs de bataille jusqu’à ce qu’il rejoigne la troupe du faucon. La troupe du faucon est une troupe composée par des jeunes gens. À leur commandement, Griffith, un jeune homme ambitieux qui a pour rêve de devenir dirigeant du royaume.
Au coup de Griffith, un étrange pendentif, la Béhélit, une sorte d’œuf qui a l’air d’être vivant et qui va jouer un rôle essentiel dans l’aventure. Lorsque Griffith et Guts affrontent pour la première fois un démon, ce dernier s’arrête de se battre contre eux quand il voit le pendentif. Il ne faut pas sortir d’une grande école pour comprendre que Griffith est appelé à un autre destin que diriger le royaume et que Guts sera son ennemi.
Le premier volume de Berserk date de 1990. Si le manga a de nombreuses séries qui font rarement dans la dentelle, force est de constater que Berserk va loin. On parle ici de Dark Fantasy, la même qui a pu inspirer des univers comme Dark Souls ou Elden Ring. Le manga non seulement offre des combats qui sont particulièrement gores avec des membres découpés, des monstres horribles, mais il franchit souvent la ligne rouge. Viol, inceste, pédophilie. Kentarô Miura va très loin, je pense même trop loin. Berserk n’est pas un manga à placer dans toutes les mains. Même des adultes peuvent être choqués par les contenus.
J’évoquais plus haut la marque de Berserk dans le jeu vidéo, c’est en effet pour le moins étonnant. Des monstres, des ambiances, même des designs de personnages, on les retrouve dans des jeux. Il faut dire que le dessin atteint aux environs du tome 20 son paroxysme malheureusement au détriment du scénario. Je suis actuellement au moment où j’écris ces lignes au tome 30. L’histoire s’enlise complètement et on n’imagine pas la fin alors qu’on sait que l’auteur est décédé aux environs du tome 40. En effet, les god hands sont au nombre de cinq, ils apparaissent comme les ennemis ultimes. Pour l’heure, aucun combat n’a eu lieu. Berserk avait pourtant démarré de manière intense, si le manga reste plaisant à lire, on ressent moins le besoin d’urgence qu’on pouvait avoir au début de la série.

Dans un grand incendie, Shigeji perd ses parents et le siège de l’entreprise familiale. Ritsu, une amie d’enfance, a perdu sa mère sans rapport avec l’incendie. Shigeji la prend à son domicile dans lequel elle devient son employée de maison. Elle n’est pas venue les mains vides puisqu’elle a récupéré cinq enfants de l’orphelinat qui a aussi brûlé dans l’incendie. Ils vont composer une bien étrange famille.
Shigeji va devoir relever les nombreux défis qui l’attendent. Sauver l’entreprise familiale, gérer sa vie personnelle, et s’affirmer. En effet, avec sa longue barbe, son grand niveau d’étude, sa « disparition » durant des années, on ne le considère pas. C’est d’ailleurs l’une des thématiques phare de ce manga, qu’est-ce que devenir adulte ? Qu’est-ce que devenir un homme.
En quatre tomes, Chiisakobé est une très jolie histoire pleine d’humanité, de non-dit. J’aime beaucoup le dessin particulièrement réussi qui va bien avec cette bande dessinée qui prend le temps. En effet, on cadre sur les mains, les objets, le dessin n’essaie pas d’aller à l’essentiel, il est souvent contemplatif. Un très joli manga.

Il m’en aura pris du temps ce Beastars et finalement, j’en vois le bout. Beastars est un monde basé sur l’anthropomorphisme, mais de façon très différente de celle qu’on peut lire dans la bande dessinée franco-belge. C’est avec Solo qu’il y a le plus de lien. L’histoire se déroule dans une ville où cohabitent des carnis et des herbis. L’ouverture, c’est un meurtre, un herbi vient de se faire dévorer par un carni. Car c’est ici toute la différence avec ce qu’on peut voir ailleurs, l’anthropomorphisme ici n’est pas que graphique, mais il conserve les attributs de chaque espèce. Si les carnis sur le principe ne mangent plus de viande et prennent des produits de substitutions, parfois ça dérape.
Ce crime se déroule à l’école où cohabitent toutes les espèces. On y suit plus particulièrement les aventures des membres d’un club de théâtre. Le héros principal, malgré la quantité de personnages, c’est Legoshi, un loup. Legoshi le loup est un personnage atypique, il voue une passion pour les herbis, mais pas dévorante. Louis la star de l’établissement, un cerf va devenir son meilleur ami, il est fou amoureux d’une lapine du nom de Haru.
Beastars intrigue, c’est un manga particulièrement bien fait qui manipule parfaitement son univers. Les couples mixtes par exemple avec la problématique qu’on imagine d’un carni et d’un herbi qui s’aiment. Le marché noir qui cache l’hypocrisie de toute la société dans lequel on vend de la viande d’herbivore. Au travers des états d’âmes de Legoshi on va le voir mener l’enquête pour trouver qui a tué le pauvre étudiant. Par la suite et jusqu’à la fin, on aura droit à un nouveau grand méchant, Melon, croisement d’une gazelle et d’un léopard.
J’ai vraiment trouvé ce manga atypique, avec des héros particulièrement attachant, il y a de toute évidence trop de tomes pour une histoire qui aurait dû s’arrêter cinq ou six tomes plus tôt. La fin en est presque ridicule quand la bd poussait tout de même à une réflexion « intéressante » sur la différence.

Bestiarius est ce qu’on pourrait qualifier d’univers uchronique, mais de loin ;-). Il ne s’agit pas ici d’un événement de l’histoire qui aurait changé comme Hitler encore en vie, mais l’introduction du bestiaire fantastique dans la Rome antique. Nous sommes donc aux environs de 80 après Jésus-Christ dans les arènes de Rome. Des combats violents sont organisés, opposant souvent les gladiateurs dit Bestiarius aux bêtes. Parmi eux, Finn élevé par la dernière wyverne qui n’est autre que la créature qui a tué son père. Le tandem va s’échapper et se rebeller contre Rome.
Dire que Kakizaki Masasumi prend des libertés avec l’histoire est un euphémisme. Le bestiaire fantastique qui va des dragons au Minotaure, en passant par des personnages dont les noms sont issus de la légende Arthurienne. Bien sûr, le personnage central qui fait nécessairement penser à Spartacus. Bestiarius est un manga particulièrement violent, basé sur les combats. L’artiste fait tout à la main, et regrette, comme il le précise à la fin d’un des albums, de ne pas avoir de compétence informatique.
Vont se succéder ainsi toute une galerie de personnages dont le seul but sera de protéger les siens. Peu à peu va se créer un village libre, regroupant les monstres et les humains que Rome essaiera de détruire à tout prix. Trop violent pour être une bande dessinée adolescente, le manga, malgré ses qualités, graphiques surtout, est sans nuances. Les gentils contre les méchants qui ont des visages horribles et le leitmotiv, plutôt du matraquage quant à l’importance de protéger les siens.

Akira a 18 ans, elle est lycéenne. Elle travaille dans un restaurant, géré par Kondo, 45 ans. Un jour, elle lui déclare son amour. J’ai posé le pitch très rapidement car c’est de cette façon qu’est présentée la situation dans le manga. Pas de montée en puissance, tout en douceur, tout en froideur, comme Akira. Après la pluie est un manga de 10 tomes, pour environ 1800 pages que j’ai dévorés en à peine quelques jours. Et pourtant, il ne se passe rien ou presque.
J’ai souvent évoqué la problématique du pervers dans le manga, et on pourrait penser qu’avec un tel sujet, on nage dedans. Kondo est un homme qui porte le poids de ses années, bienveillant, et qui n’entre pas dans la relation, conscient de la différence d’âge. C’est certainement l’une des forces d’après la pluie, ne pas tomber dans la facilité. La lecture est plus complexe qu’il n’y paraît et mélange beaucoup de choses.
Akira était une athlète confirmée, elle court. Une blessure au tendon d’Achille la stoppe brutalement dans sa passion, remettant tout en question. Son amitié avec les filles du club d’athlétisme, son avenir sportif. Malgré son étonnante assurance, la maturité et la froideur qu’elle dégage dans cette situation, on sait qu’il y a une blessure. Kondo quant à lui divorcé, homme de lettres, pourrait bien finir ce roman inachevé.
C’est ainsi une bien jolie histoire, sans une once de vulgarité qui nous est proposée, que je vous recommande vivement.


Tokyo Ghoul est un manga populaire, plusieurs millions de tomes vendus, un anime, des jeux vidéos et même une pièce de théâtre ! Le concept est assez classique. Dans notre monde vivent des goules qui se nourrissent des humains. On n’est donc pas loin de ce qu’on peut voir avec les loups-garous ou les vampires. Si certaines goules sont de véritables prédateurs, d’autres font le choix de vivre avec les humains, de se dissimuler au sein de la population.
Ken rencontre une fille, Lise, il croit à un coup de foudre, elle essaie de le manger. Néanmoins, un incident se produit, Lise est écrasée par une poutre. Ken se réveille dans une chambre d’hôpital, on vient de lui greffer les organes de Lise. Il devient un être à part, moitié homme, moitié goule. Comme on peut s’en douter, Ken est entre les deux mondes et voudrait conserver sa vie d’étudiant. Malheureusement, la situation est complexe. Ken doit se nourrir de chair humaine pour survivre, une brigade d’inspecteurs est chargée d’éradiquer les goules. Bien sûr, les conflits de territoire entre les différentes goules. Ken trouve dans le café de l’antique, un refuge dans lequel les goules essaient de vivre au plus proche des humains.
J’ai lu les quatorze tomes de Tokyo Ghoul, c’est relativement plaisant même si je trouve que la série se perd. L’intrigue de fond, à savoir la recherche du docteur qui a greffé Ken sciemment, s’étiole trop rapidement. La série ne monte en fin de compte en puissance que dans les combats opposant les goules aux inspecteurs. Les personnages se multiplient, on peine à les reconnaître, le combat final reste un soulagement pour tout le monde.
Je viens de commencer Tokyo Ghoul re, la suite, pas vraiment convaincu par les nouveaux personnages, je ne poursuivrai certainement pas.

Comme vous avez pu le comprendre, je suis dans une phase manga. Je lis des choses que j’avais commencées, mais jamais finies, ou des grands classiques. Jojo’s Bizarre adventure fait en effet partie des mangas réputés, des choses à lire. Pour ne pas mourir idiot, j’ai démarré la lecture de la première partie phantom blood. Jonathan Joestar dit Jojo (grosse crédibilité) est le seul enfant issu d’une famille riche. Sa mère est morte dans un accident. Le père et le fils ont été sauvés par le père de DIo qui se présente à leur porte. Le père de Dio vient de mourir, le père de Jojo un homme généreux va l’élever comme son fils.
Dio est un individu malfaisant qui veut s’emparer des biens de la famille Joestar. Les deux jeunes se détestent, Dio ira jusqu’à brûler le chien de Jojo ou embrasser de force sa petite amie. Alors que la bande dessinée est « normale » durant des centaines de pages, intervient un masque Aztèque qui est au centre de la bande dessinée. Dio va porter ce masque et se transformer en vampire. C’est ici que tout dérape dans un énorme délire.
Comme vous pouvez le voir, le dessin est vieillot puisque la série a démarré en 1986. On pense à Ken le survivant, mais ce n’est pas le même auteur. C’est quand même une autre époque avec un travail colossal sur les décors et les personnages. L’histoire devient complètement folle et même grotesque quand Jojo rencontre Zeppeli qui va devenir son maître. Ce dernier lui explique comment maîtriser sa respiration et les ondes de son sang. Pour la suite c’est du combat contre les vampires avec des dialogues improbables.
Même si je reconnais à la bande dessinée des qualités, je ne poursuis pas, je trouve que c’est trop laborieux. Les autres cycles sont avec les descendants de Jojo. Pour info, j’ai vérifié si Joestar avait été une inspiration pour le pseudo de JoeyStarr, pas du tout.

Kokopello est un jeune dessinateur qui suite à la campagne présidentielle se cherche un sujet politique. Il décide d’assister aux séances publiques de l’assemblée nationale. La caricature, c’est assez fédérateur et c’est ainsi qu’il arrive à sympathiser avec le personnel au point d’avoir une accréditation. L’auteur va essayer de nous présenter le fonctionnement de l’assemblée nationale et c’est particulièrement réussi.
L’image renvoyée par la télévision, c’est celle d’une assemblée vide montrant finalement le désintérêt du politique pour le peuple ou les privilèges. Mais aussi les repas festifs, on pense forcément à François de Rugy dont le homard revient de façon très régulière, comme un fil rouge (en même temps rouge pour un homard …). Kokopello va suivre divers députés dans leur circonscription ou à l’assemblée. Des gens aussi différents que Villani le mathématicien de renom, Jean Lassalle ou François Ruffin. On verra Cédric Villani grand mathématicien, recevoir une jeune femme qui s’effondre en larmes parce qu’avec une thèse dans le nucléaire, elle n’arrive pas à trouver du travail. Le député va jouer les conseilleurs d’orientation. Kokopello ira rentrer les chèvres de la mère de Jean Lassalle.
La bande dessinée est pertinente à plusieurs niveaux. Elle montre qu’un député, c’est quelqu’un qui ne peut pas passer son temps à l’assemblée, car il se doit d’être dans son territoire. La bande dessinée explique le fonctionnement, les traditions, mais aussi montre l’encadrement strict jusqu’à la présence d’une déontologue. Elle va intervenir auprès de certains députés afin de valider ou non leur droit à voter une loi pour laquelle il pourrait y avoir un conflit d’intérêt. Par exemple une épouse qui travaillerait pour un laboratoire pharmaceutique, le mari député pourrait se faire taxer de favoriser l’entreprise de son épouse. Elle donne un côté bienveillant aux politiques, loin de l’image tous pourris. Quand certains députés gagnent moins que dans le privé, c’est une réalité, de nombreux hommes et femmes s’engagent en politique pour essayer d’améliorer le quotidien de leurs concitoyens avec plus ou moins de succès.
Démarrée en 2018, la bande dessinée va tenir compte de façon évidente de la crise des gilets jaunes. Le homard de de Rugy est le clin d’œil humoristique qui revient tout au long de l’album. Kokopello va revenir régulièrement sur la défiance des Français face à une politique dans laquelle ils ne croient plus. Le lien brisé entre les Français et la politique. Une méfiance, une défiance pas toujours justifiée quand on voit le travail abattu par les députés rencontrés, mais bien réelle. Le manque d’envie de s’engager en politique pour les uns, le manque d’intérêt pour les autres qui ne votent plus.
Palais Bourbon est une excellente bande dessinée, pédagogique et drôle à lire pour les jeunes et les moins jeunes. L’interview de l’auteur sur Actuabd.



Atalante est un cas de bande dessinée intéressant qui illustre une des problématiques de la bande dessinée franco-belge. L’histoire d’Atalante, c’est l’histoire de Jason et des Argonautes vue par Atalante. Il s’agit d’une jeune femme abandonnée à la naissance, son père qui attendait un garçon décide de la tuer. Elle est sous la protection de trois déesses et forcément l’ennemie d’Héra. Atalante s’engage à bord de l’Argos en compagnie des autres héros grecs. Alors qu’Atalante dans l’histoire originale n’est qu’un personnage parmi d’autres, on découvre que sans elle rien n’aurait pu se faire.
Il s’agit d’une bande dessinée originalement scénarisée et dessinée par Crisse qui a connu le succès avec l’épée de cristal. Il avait, à l’époque, marqué son entrée dans la bande dessinée avec un dessin rond et remarquable. Malheureusement, au bout de quelques albums, Crisse abandonne le dessin au profit de Grey. Malgré tout le respect qu’on doit aux artistes, le trait n’est pas comparable et très en dessous de celui de Crisse. L’histoire en elle-même tient la route puisqu’elle colle dans les grandes lignes à la mythologie grecque. Pourtant, au fil des tomes, les albums sont de moins en moins intéressants à lire. Un premier cycle s’achève au bout de dix tomes et on prend conscience que les gens ont continué à acheter par habitude.
Atalante comme d’autres bandes dessinées, a remporté un fort succès commercial. Peu d’auteurs vivent de leur art, si bien qu’on a tendance à parfois profiter de l’opportunité pour faire traîner en longueur ou proposer des spin off autour de leur univers. C’est le cas avec Atalante l’Odyssée qui raconte la jeunesse de l’héroïne. Atalante a tout de même le mérite de faire le récit de la toison d’or malgré quelques libertés comme l’apparition de Cthulhu. Cela forcera le lecteur à se plonger dans le mythe pour décortiquer ce qui relève de la véritable histoire des ajouts de Crisse.
L’action de nous les morts commence en 1348 en Europe, la peste fait des ravages. Seulement les individus qui meurent reviennent à la vie et se transforment en mangeurs de chair humaine. De l’autre côté de l’atlantique, chez les Incas, on conserve des morts-vivants depuis 500 ans. Ils imaginent alors qu’une fontaine de jouvence existe et ils vont partir à sa découverte sur le vieux continent. On notera le caractère fantastique de la bande dessinée avec les zombis, mais aussi sur d’autres aspects comme les bateaux volants pour traverser l’océan. C’est d’ailleurs assez étonnant puisqu’on avait vu la même chose dans Luxley, l’uchronie dans laquelle les mayas attaquaient l’Europe pour anticiper sur la conquête.
On va suivre les aventures de ces incas dans une Europe où tout le monde est mort à la recherche de la fontaine de jouvence. Ils seront accompagnés par un prêtre mort-vivant qui essaie de réfréner ses pulsions. Car c’est ici une des particularités dans la bande dessinée, les morts gardent leur conscience. Comme on peut l’imaginer, il est très difficile d’anticiper la fin de cette bande dessinée qui prend de nombreuses directions, ce qui la rend passionna