Durant la période du premier confinement, j’ai pris la décision de stopper l’intégralité des réseaux sociaux. Je compte au moins trois raisons.

  • L’aspect anxiogène. La COVID était une nouvelle maladie dans un contexte qui nous échappait totalement. Une situation jamais vécue, les gens ont exprimé leurs peurs, leurs angoisses, de façon brutale. Il ne s’agit pas d’une personne, mais bien d’un mouvement de masse. Nous avons tous été déstabilisés par la situation, le « poids » des autres à supporter était devenu compliqué.
  • La dégradation de la qualité des relations. Ami avec plusieurs centaines de personnes, il est mathématiquement impossible d’avoir des relations de qualité avec l’intégralité des gens. Si on est sincère, on se rend compte qu’on ne suit que de manière superficielle des événements sans implication. Il s’agit d’un choix drastique qui consiste à prendre des nouvelles des « gens qui comptent ». En utilisant le téléphone, le mail ou un moyen personnalisé et par conséquent « d’ignorer » les autres.
  • La perte de temps. La masse d’informations brassées n’est pas nécessairement pertinente et voulue. Réflexions politiques, blagues, emportement contre la société, ce n’est pas forcément de l’information dans le sens où je l’entends. La multiplication des différentes plateformes entraîne encore plus de perte de temps.

Et pourtant une information bien présente

L’information existe pourtant sur les réseaux sociaux. Dans certains cas, elle n’existe que pour les réseaux sociaux ce qui est un problème de fond. Je suis par exemple la page Facebook de mon village par un moyen détourné que je présenterai plus loin. Le site internet de ma commune n’est pas à jour. Toutes les actualités ne sont pas à jour, seule la page Facebook est mise à jour. On pourrait penser qu’il s’agit d’un cas isolé, bien au contraire. Nombreuses sont les personnes, les institutions à avoir fait le choix de ne publier de l’info que sur les réseaux sociaux. Principalement sur Facebook au détriment de leur site internet.

Ci-dessous l’exemple de la préfecture de l’Aude.

Il apparaît que sur le site officiel de la préfecture de l’Aude la page n’a pas été mise à jour depuis le 3 avril. Dix jours au moment où j’écris ces lignes, quand le Facebook a été mis à jour la veille avec un flux d’information continu.

En automne 2018 dans l’Aude, nous subissons de pleins fouets deux phénomènes distincts. Ils vont avoir un impact très important sur les déplacements. Les gilets jaunes et les inondations avec le département qui passera en alerte rouge.

L’information permanente quant aux itinéraires à emprunter, aux routes bloquées est diffusée sur le réseau social Facebook. Elle n’est pas sur le site internet de la préfecture. Je rencontre le même souci avec ma commune avec laquelle l’information n’est accessible que sur le réseau social américain. Cette pratique s’est développée durant le confinement. Des municipalités comme Narbonne ont fait des affiches pour inviter à la connexion en passant par le site web, mais aussi les réseaux sociaux.

Ce type d’affiche était présent en 4/3 dans toute la ville. Certaines affiches plus explicites faisant apparaître davantage Facebook.

Plusieurs problèmes sur le court terme et le moyen terme en lien avec une méconnaissance du monde informatique

Quel mal y a-t-il à privilégier une communication par les réseaux sociaux plutôt que de faire un maximum d’effort pour son site internet ? Il y a de toute évidence une méconnaissance du monde informatique.

Les réseaux changent, les réseaux se multiplient. La majorité des gens font leur stratégie sur Facebook, car c’est le réseau social le plus suivi au monde. Seulement, la désaffection des jeunes pour le réseau est bien réelle. Ainsi dans dix ans, la population qui a 15 ans aujourd’hui aura 25 ans demain. Ce sera une population active qui ne suivra plus Facebook. Toute la stratégie mise en place sur le réseau ne servira à rien, car les jeunes seront ailleurs. Certainement Instagram.

Mais pour autant il ne faudra pas négliger Facebook. La population qui a 35 ans et qui l’utilise aujourd’hui aura 45 ans demain et sera sûrement encore utilisatrice. Si dans dix ans d’autres réseaux prennent de l’importance, ce sera autant de réseaux dans lesquels il faudra s’investir afin d’atteindre l’internaute. La segmentation est un problème qui n’existe pas lorsque vous alimentez votre site internet en répondant aux standards actuels.

Les réseaux sociaux ne sont pas nos amis.

Les réseaux sociaux sont la propriété de société qui sont souvent en opposition avec la loi française ou l’éthique. En effet, Facebook très utilisé dans la communication des institutions fait partie des GAFAM. C’est l’acronyme pour Google Amazon Facebook Apple Microsoft, les compagnies informatiques les plus puissantes du monde. Ces entreprises existent pour gagner de l’argent. Elles sont généralement impliquées dans les problèmes de respect de la vie privée, du ciblage des internautes ou visées pour les conditions de travail. C’est ainsi que toujours dans la zone de Narbonne et dans toute la région Occitanie, on peut trouver l’affichage suivant :

On voit clairement ici que le « face à face » reprend les codes de couleurs de Facebook. Durant le confinement, on a invité les gens à utiliser le click and collect. À se déplacer chez son commerçant pour faire travailler l’économie locale et pas les grandes entreprises américaines comme Amazon.

On voit ici un paradoxe évident entre un Facebook qui parfait pour maintenir le lien, mais dangereux pour l’économie. Il s’agit pourtant de la même entreprise. Avec un contexte sanitaire dans lequel les gens sont enfermés chez eux, les réseaux sociaux ont certainement sauvé des vies. Ils permettent le contact entre des gens isolés chez eux.

Il faut toutefois distinguer deux choses. Une utilisation dans laquelle chaque particulier est libre d’utiliser les moyens qu’il souhaite pour communiquer. Une incitation des institutions françaises à utiliser ces moyens pour rester connecté. Les mairies, les régions, les préfectures ne devraient en aucun cas favoriser ces moyens de communication. Les réseaux sociaux ne devraient être que des contenus « poussés » depuis le site d’origine. Malheureusement, ils sont souvent des contenus originaux qui n’existent pas sur le site d’origine.

Les réseaux sociaux font leur loi.

L’annonce peut paraître amusante et cependant elle démontre le problème de contrôle des contenus sur une plateforme qui n’est pas la sienne. La ville de Bitche en Moselle censurée par Facebook.

Face aux milliards de pages existantes sur la plateforme, le contrôle n’est pas réalisé par des hommes, mais par des algorithmes. Les intelligences artificielles n’étant pas parfaites, il y a eu confusion entre le nom de la ville et l’insulte anglaise. La page de la municipalité a donc été fermée. Le maire a dû rouvrir une nouvelle page pour informer les administrés. C’est ici qu’on se rend compte de tous les problèmes engendrés par le choix d’une communication par les réseaux.

Si le site internet de la ville est priorisé par rapport aux réseaux, le problème ne se pose pas. L’administré trouve la page fermée. Il se rend spontanément sur le site de la ville pour avoir ses informations. Il découvre que la page Facebook est fermée pour une raison ridicule. L’état et les institutions françaises doivent composer avec des règles qui ne sont pas les leurs. La page a été fermée pour un mot anglais alors que nous sommes en France. Partant du principe que le compte Twitter d’un président des États-Unis peut disparaître, il n’y a pas d’immunité ou de statut particulier. Quel que soit son rang dans son état c’est l’entreprise qui édicte les règles, président ou non, on subit. On pourrait donc supprimer le compte de la gendarmerie nationale, car on a évoqué des saisies de drogue.

La censure et Facebook ce n’est pas d’aujourd’hui. En 2016, cette photo qui a fait le tour du monde est censurée par Facebook du fait d’avoir une enfant nue. Elle a pourtant permis de dénoncer la guerre du Vietnam à son époque. On comprend dès lors le pouvoir de censure des plateformes qui peuvent faire la pluie et le beau temps sur l’actualité. On pourrait me faire remarquer qu’en France, on a caché l’existence de la fille d’un président de la république alors qu’il n’y avait pas de réseaux sociaux, mais bien des organes de presse bien solides.

 Tom Egeland auteur de la photo avait même vu son compte fermé durant 24 heures !

Des problèmes de sécurité.

Forcer à utiliser les réseaux sociaux pour avoir une information, c’est faire prendre un risque de sécurité aux utilisateurs. Le 6 avril, on apprenait qu’une fuite informatique concernant 533 millions de personnes à travers le monde, impactait 20 millions de Français. Un Français sur trois environ et un utilisateur de Facebook sur deux en France. La liste des données accessibles : nom, prénom, numéro de téléphone, genre, ville, statut (en couple, célibataire, etc.), métier, adresse mail. Une porte ouverte à l’usurpation d’identité, à la publicité non désirée. Et à tout ce que sont capables de faire les gens à même d’utiliser ces données.

Facebook obligatoire ou presque.

Il serait réducteur d’expliquer que les gens sont obligés de s’inscrire sur la plateforme pour avoir accès aux informations. Si les gens sont sur Facebook, c’est une volonté personnelle d’être en contact avec leurs proches et leurs connaissances. Néanmoins, accéder à Facebook devient de plus en plus problématique sans avoir de compte.

Voici la page de ma municipalité. Ce panneau incitant à l’inscription revient de façon très régulière rendant la navigation très complexe, désagréable. C’est une incitation à s’inscrire pour avoir la paix.

J’avais présenté le flux RSS. Une technologie permettant de récupérer les informations d’une page internet, ses mises à jour, sans avoir à se connecter. On passe par l’intermédiaire d’un logiciel appelé agrégateur. Pendant des années, il était possible d’accéder à Facebook qui générait son propre flux RSS de ses pages. Avec les années Facebook veut imposer la connexion à sa plateforme, la technologie est supprimée.

Pourtant, certains petits malins ont réussi à générer un flux RSS depuis les pages Facebook à l’aide d’un service appelé rss-bridge. Depuis dix jours, Facebook bloque l’accès au service en modifiant son code. Dérisoire, seule une poignée d’utilisateurs passent par ce moyen détourné face aux milliards de comptes Facebook. Je ne peux plus utiliser le service. Je ne peux donc plus consulter la page de ma commune ou très mal.

En conclusion

Il est de la liberté individuelle de chacun de créer un compte Facebook, de l’utiliser. Une entreprise peut faire le choix de n’utiliser que ce canal, c’est à ses risques et périls. Se passer d’un site internet, c’est une vision à court terme. On peut sans trop se tromper, dire que dans 15 ans, les sites internet seront bien présents.

Quid des réseaux sociaux ? Qui sera encore en place ? Quel sera le réseau majoritaire, sur quels réseaux faudra-t-il encore publier ?

Si les gens, les petites communes ont fait le choix de favoriser leur page Facebook au détriment de leur site officiel, c’est tout simplement pour des raisons budgétaires. Un site internet maintenu, qui répond à des normes qui changent régulièrement, c’est un coût de plusieurs milliers d’euros. Une page Facebook, c’est « gratuit ». Néanmoins, derrière cette gratuité se dissimule une utilisation des données personnelles, des failles de sécurité, une éthique discutable et une projection à court terme.

Ne pouvant plus accéder aux pages de ma municipalité, je fais le choix de renoncer à cette information. Je refuse de m’inscrire à nouveau sur un service que je ne veux plus. Je vais toutefois me fendre d’un message au maire pour lui demander de mettre le site à jour.

Cinq ans plus tard rien n’a finalement changé. En plein dans les inondations de 2026, je me retrouve à utiliser le compte Facebook de ma femme et le compte Instagram de ma fille pour obtenir mon itinéraire. Je me suis effectivement fendu d’un message au maire en passant par l’intermédiaire du site internet de la mairie, un message qui est resté sans réponse. C’est ici tout le paradoxe. Soit, je prends un rendez-vous en mairie avec mon maire pour évoquer la posture prise par la mairie et les réseaux sociaux américains, soit je m’inscris et je l’interpelle par les réseaux que je condamne. Je pourrais aussi lui toucher un mot sur la réalisation du site internet de la mairie par une boîte de prestation Suisse, comme si on n’avait pas des gens compétents en Occitanie. Tout ça pour ça. Payer des fortunes pour continuer à communiquer par Facebook.

Il faudrait le faire, se déplacer, expliquer, insister sur les enjeux, faire signer le pacte de l’April, mais je n’ai objectivement ni l’envie ni l’énergie. Pourtant, la situation de 2021 et de 2026 ne sont pas comparables. En 2021, c’est Joe Biden président des États-Unis après une V1 de Donald Trump qui aura moins marqué les esprits du côté de l’Europe. La version 2 de Trump a l’air considérablement plus folle. On se souvient de la coupure d’Huawei en 2019, une démonstration de force qui a coupé le Chinois des services américains sur fond d’espionnage. À cette époque, il aurait été difficile d’imaginer que les prochains sur la liste ça pourrait être simplement l’Europe.

Je vous invite à écouter le podcast que j’ai réalisé sur la souveraineté en cliquant sur l’image.

En 2021 j’écrivais que l’utilisation des réseaux sociaux comme stratégie unique, n’était pas une bonne idée. L’argumentaire était principalement double. La segmentation des réseaux sociaux et leur évolution. Cela reste vrai. Par exemple, ma mairie communique sur Facebook et sur Instagram. Facebook est une population de plus en plus âgée qui correspond tout à fait à la commune de Saint-Pierre la Mer. Instagram permet de rattraper le peu de jeunes qui restent encore dans le secteur. Je suis tout de même sidéré que Facebook qu’on annonce mort depuis des années fait la pluie et le bon temps dès qu’il s’agit de trouver de l’information. Facebook et Instagram restent tout de même des réseaux qui sont basés sur l’écrit. En effet, les publications sont synchrones, les contenus sont identiques. Avec la génération montante qui ne lit plus, il faudra segmenter avec quelqu’un qui dira la même chose en vidéo. Avec les technologies en devenir, on peut imaginer une génération par l’intelligence artificielle. Cela signifie tout de même qu’il faudra se disperser et investir d’autres espaces.

De la même manière, j’évoquais les problématiques inhérentes aux réseaux sociaux comme la censure pratiquée par Facebook. Et c’est ici la nouveauté en 2026. Assurer sa présence sur les réseaux, c’est non seulement se soumettre aux règles du réseau qui peut vous bloquer pour une raison ou une autre, mais désormais prendre en compte le jeu des USA.

On comprend dès lors que par rapport à ce que j’écrivais plus haut, on a tout intérêt à bifurquer vers des réseaux sociaux libres présents sur le Fediverse. Malheureusement ce n’est pas un problème d’argent, mais bien de volonté de l’état et des citoyens.

En 2021 personne ne parle d’intelligence artificielle. La logique de la recherche est double. Soit, vous avez une solide réputation par vos réseaux sociaux, soit on vous trouve dans Google. En 2026 et dans les années futures, l’injonction de présence sur les réseaux sociaux est toujours la même, mais la recherche Google va prendre du plomb dans l’aile. Dernièrement, je voulais savoir comment se terminait The Walking Deads Je n’avais ni la volonté de lire l’intégralité des comics, ni l’envie de regarder la série télé, j’ai fini par décrocher.

À une époque, j’aurais fait la recherche dans Google. Aujourd’hui, je demande à Gémini, l’IA de Google qui est tellement forte qu’elle est capable de modifier les dessins d’Odysseus en conservant le même style, de me faire une synthèse. La problématique de la démarche de demander à l’IA est multiple. La première, c’est que je prends pour argent comptant ce que me dit l’IA. La force de l’IA c’est de vous donner un message crédible, convaincu qui peut être totalement faux. Seulement, la manière de présenter les choses est vraiment convaincante, qu’on ne se sent pas dans l’obligation d’aller chercher la source ou de croiser l’information. Vous me direz que dans le cas de la fin des Walking Dead, ça n’a pas réellement d’importance, mais sur des sujets plus sensibles ou sérieux, on risque le drame.

Le second problème, c’est que sans source, sans croisement, avec une porte d’entrée unique, on ne cherche plus. J’évoquais dans l’article que les réseaux sociaux faisaient la pluie et le beau temps avec les algorithmes et la censure. Google ou tout autre moteur de recherche n’échappe pas à la règle, on connait les fameuses règles SEO qui permettent d’arriver en haut de la recherche. La différence toutefois entre l’IA et le moteur de recherche traditionnel, c’est justement la possibilité de trouver en cherchant. À ma connaissance, mes articles ne sont pas retirés de l’index Google, on finit par les retrouver en allant plus loin dans la recherche.

Couper la recherche, c’est donc anonymiser les sites internet et potentiellement casser la visibilité dans le sens large. Pour le gros de l’article, j’évoquais les municipalités, elles n’ont finalement pas de souci à se faire, il n’y a qu’une seule commune de Saint Pierre la Mer. De la même manière, l’enjeu de visibilité est discutable sur les réseaux sociaux même si on peut s’interroger sur le point suivant. En 2021, si j’avais prévu de partir faire des vacances au bord de la mer, j’aurais pu demander une station balnéaire familiale, pas très chère dans Google. Faute de tomber sur Saint Pierre la Mer directement, je serai tombé sur des blogs voyage qui auraient potentiellement évoqué la station. Avec une intelligence artificielle dont on ne connaît pas les règles, il y a de fortes chances pour que Narbonne plage ou Gruissan ressortent, anonymisant ainsi un territoire.

Je pense qu’il faut prendre conscience de deux choses. Le premier point, c’est qu’aujourd’hui sur les réseaux sociaux, pour être connu, il faut être connu. À part un coup de chance de l’algorithme pour avoir un quart d’heure de gloire, monter une communauté en partant de 0 en 2026 me paraît totalement impossible. On notera le paradoxe assez amusant de voir que le nouveau monde est devenu le même que l’ancien. Aujourd’hui les stars de YouTube sont les équivalents de Michel Drucker à la télé. Bien implantés, reconnus. J’attends l’émergence d’un nouveau monde à définir pour bousculer l’actuel. Pas sûr qu’il arrive. La consécration pour l’ancien monde, c’est de faire un film ou justement de passer à la télé. Il sera donc difficile de se faire connaître par ce biais qu’il n’est pas possible de négliger. Quand j’écrivais à l’époque que faire une stratégie uniquement basée sur les réseaux sociaux était un mauvais calcul, ce n’est plus vrai aujourd’hui. La présence sur les réseaux est totalement incontournable pour exister sur l’internet même si c’est pour un nombre réduit de personne.

Je n’irai pas vous jeter la pierre sur le fait de tout lâcher et de passer uniquement sur les réseaux libres, car il n’y a rien à gagner. Je pense qu’il s’agit d’une question de choix personnel, sauf en ce qui concerne les administrations, les politiques, et j’en passe. Emmanuel Macron qui continue d’être présent sur le réseau X, c’est un geste politique fort et c’est un mauvais message pour tous. Que la préfecture de l’Hérault ou de l’Aude continuent une communication active sur X, c’est du même acabit. La plus grande faute, c’est de ne pas être présent sur Mastodon, dans une instance Française. Il est urgent que l’on développe des instances pour assurer la souveraineté, le choix des citoyens, c’est différent.

Il aura été difficile dans les derniers jours d’échapper à la sortie de Jean-Baptiste Kempf qui s’en est pris ouvertement à G. Darmanin. L’idée n’est pas de revenir sur l’affaire, je vous renvoie vers Next, je suis davantage attaché au medium. JB Kempf développeur de VLC, un des logiciels libres les plus utilisés au monde a fait le choix de publier sur son compte Linkedin propriété de Microsoft. Les gens qui sont au top de la pureté libriste doivent s’arracher les cheveux de la tête. Et pourtant JB Kempf n’a rien à prouver. Il a gardé VLC libre malgré les opportunités, les pressions, c’est un véritable Libriste. Est-ce que son message pourtant nécessaire aurait-eu la même portée s’il était passé par Mastodon. En même temps ni lui, ni G. Darmanin n’ont de compte, l’échange aurait été difficile.

L’IA va détruire la visibilité de l’ensemble des petits sites et je pense qu’il ne sera pas possible d’aller outre.

À cinquante ans, je continue de chercher ma formule. Je pense l’avoir trouvée. Je conserve une chaîne YouTube pour l’aspect professionnel, c’est finalement le seul réseau propriétaire que je m’autorise. Pour le reste, j’ai envie de dire que c’est un peu comme les bons artisans. On se les passe par le bouche-à-oreille. Je n’ai pas vraiment de conseils à donner et j’ai envie de dire que l’arrivée de l’IA va être salvatrice sur plusieurs points. Les règles SEO que j’évoquais plus haut ont totalement pourri l’internet actuel. J’aurais dû vous placer dans cet article dix-huit fois le mot stratégie pour qu’il soit conforme. La médiocrité des articles est à son comble, on sait qu’aujourd’hui, on a des fermes de sites créées de toute pièce par l’IA ce qui veut dire qu’on peut encore aller plus loin.

Néanmoins l’IA sera tôt ou tard dans l’obligation d’aller chercher les contenus des vrais gens. C’est certainement vers la qualité qu’il faut tendre ou en tout cas l’humanité.

4 Comments

  1. En plus de la multitude de canaux désormais disponibles, il y a aussi les agglomérations qui lancent leurs applications. On en arrive donc à une inévitable saturation du côté de l’utilisateur final qui se retrouve avec 30 trucs différents pour juste avoir une information. Je passerais sur la maintenance de l’application, le suivi des bus etc. A la limite pour de l’information non urgente je vais être rétrograde mais un simple feuillet A4 recto verso imprimé sur du papier recyclé et distribué dans ma boîte au lettre m’apparaît 10 fois plus pertinent et respectueux.

    Et que dire donc de la volatilité du public qui aujourd’hui est sur Facebook, qui demain sera peut-être sur un autre réseau ? Facebook est privilégié pour son aspect sérieux (les fuites montrent l’inverse) parce que je vois mal une commune communiquer avec ses administrés via Tiktok, non seulement parce que le public visé ne serait pas le bon mais aussi parce que la,plate-forme n’est pas pensée pour ça.

    Twitter encore peut faire l’affaire.. Et encore

    1. Facebook est privilégié car malgré son lent (très lent) déclin, c’est là qu’il y a le plus de personnes 30+ et les mairies font souvent aussi du Twitter (plus de proximité entre abonnés et compte) voire Insta pour les 15/25.

  2. petit détail : FetchRSS fonctionne encore pour transformer du Facebook en RSS, même si c’est limité en gratuit

    Par contre, les personnes de 15 ans à l’époque de l’écriture ont bien 25 ans maintenant et auront donc 35 ans dans 10 ans, étant passées par au moins deux ou trois réseaux à la mode depuis.

  3. Très bien écrit qui formule bien tout mon ressenti sur les réseaux sociaux en 2026. Merci pour cela.
    L’internet des années 2000 me manque beaucoup, j’ai fait de l’informatique mon métier, et je ne pensais pas qur cela se merdifierai à ce point.

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