Kaamelott second volet, première partie.

Tout juste sorti de la salle, je vais vous faire un petit retour à chaud de la première partie du second volet de Kaamelott. Mais avant, un petit retour s’impose.

Kaamelott premier volet.

Avant toute chose, je dois signaler que, comme beaucoup (sauf peut-être Cyrille), j’avais été déçu par le premier film. Mais, avant d’aller voir le second, je l’ai regardé à nouveau, afin de me remettre l’histoire en tête. Eh bien, tout compte fait, je dois dire, qu’au deuxième visionnage… Je reste toujours déçu. 

Le film manque de considérablement de rythme, ce n’est pas toujours très bien filmé, et l’histoire est décousue. Les flashbacks qui nous racontent l’adolescence d’Arthur en Afrique du Nord, n’apporte strictement rien à l’histoire, ni du premier, ni du second film et casse le peu de rythme qu’il y a. De plus, il y a une totale absence de temporalité qui est gênante. Les personnages passent d’Afrique du Nord à la Gaule, de la Gaule à la Bretagne en un claquement de doigt.

Certains avaient trouvé les costumes originaux. Moi, je les trouve moches et souvent ridicules, d’autant qu’Astier inscrit Arthur dans le temps (484 de N.E.). Mais c’est peut-être mon côté prof d’histoire qui ressort. L’ambiance générale est plutôt sombre et les décors trop “carton-pâte”.

Ce qui pour moi est à sauver, ce sont les dialogues, souvent drôles, certains décors ou paysages et surtout le plaisir de retrouver les acteurs. Mais là encore, il est dommage que les personnages principaux de la série n’aient pas été plus mis en avant. Ils sont noyés au milieu de nouveaux, plutôt insipides.

Kaamelott second volet.

Ceci étant dit, le fan en moi, bien que déçu, avait tout de même envie de connaitre la suite, en espérant que les critiques du premier volet avaient été entendus par Alexandre Astier (qui a la réputation de faire que ce qu’il veut).

L’histoire.

Le film reprend quelque temps (mois, années ?) après la chute du tyran Lancelot et la destruction de Kaamelott par les armées burgondes.

Guenièvre et Arthur sont hébergés en Carmélide chez Léodagan et dame Séli. Arthur, toujours dépressif, passe ses journées au lit. Ses beaux-parents décident de lancer une invitation à tous les chevaliers de Logres pour les inviter autour de la nouvelle table ronde. Pendant ce temps, Lancelot essaye de maitriser la magie noire afin de revenir plus fort…

Critique (avec des minis spoils).

Je suis plutôt content de ce que je viens de voir. Oui, finalement, Astier a bien écouté les critiques. Le rythme du film est bon, la “nouvelle génération” est bien mieux traitée en termes d’histoire et de dialogue. On voit un peu plus les anciens comme Merlin, Karadoc, Léodagan, etc. Les quelques nouveaux s’intègrent très bien, comme les humoristes Haroun (en scribe), Moguiz (nouveau chevalier) et Thomas VDB (en mari martyrisé). Il n’y a plus de flash-back inutiles, les décors sont mieux fait et les costumes plus sobres.

Au début du film, j’ai eu un peu peur en retrouvant le roi Arthur encore dépressif, ne faisant rien de ses journées. Heureusement que les dieux réussissent à le faire bouger en s’en prenant à Guenièvre. Il replante alors en représailles Excalibur en disant “démerdez-vous”, mais reprend du poil de la bête et revient siéger à la table ronde pour donner ses conseils aux nouveaux chevaliers. Un peu comme dans les romans médiévaux, où le roi reste à Kaamelott et où l’on suit les exploits des nouveaux chevaliers. Parmi ces chevaliers, petit bravo à “la bande des quatre”, composée de deux filles (les filles Astier), qui recherche le dernier des dragons dans le nord du pays (scènes tournées en Islande). Tout comme la bande des trois avec le chevalier sèche (fils d’Astier aussi). Les dialogues entre eux rappellent les belles heures des “petits pédestres”.

On prend plaisir à suivre la quête de Merlin et d’Elias aidés par un troisième magicien, dans les sous-sols de Kaamelott, à la recherche de la magie noire qui a maudit le château. Enfin, la magie est bien visible dans la saga, avec le fantôme du père de Lancelot (le roi Ban) et un démon qu’il a invoqué par accident. Les effets visuels sont plutôt réussis. 

Karadoc (sans Perceval), qui fait toujours le même rêve, part à l’aventure avec la Dame du Lac, qui pense que cela a un rapport avec la quête du Graal. Ils sont accompagnés par le tavernier, Venec (le contrebandier) et Kolaig, direction la mer Méditerranée. Le groupe fonctionne plutôt bien et laisse entrevoir une bonne histoire dans la deuxième partie.

Globalement, le récit fonctionne, bien que l’action mette du temps à s’installer, mais après tout, ce n’est que le début d’un long film. On ne pourra juger qu’après avoir vu la suite.

Les points faibles.

Le gros point noir, c’est bien sûr l’absence de Perceval, malgré tout bien gérée par Astier. Si Franck Pitiot le souhaite, il pourra revenir dans le troisième volet.

La réalisation, bien meilleure que pour le premier volet, reste tout de même fragile, notamment quand il y a de l’action, comme lors de l’attaque de nuit dans le château d’Anna en Orcanie. La temporalité, mieux gérée qu’au premier volet, pose tout de même un problème, surtout quand l’on suit plusieurs histoires à la fois. Comment expliquer que Merlin soit toujours dans les souterrains, alors que certains personnages ont voyagé un mois et demi pour aller en Méditerranée ?

Lancelot redevient un chevalier semi-clodo épaulé par Méléagan… Tout comme dans la série 20 ans avant. Bref, malgré quelques faiblesses, j’ai plutôt (à mon grand soulagement) passé un bon moment devant ce film et j’irai voir avec plaisir (et non à reculons, comme aujourd’hui) la suite du film.

Il y a un point que ne souligne pas Benjamin, c’est l’affect qu’on peut porter à une œuvre. À l’instar des derniers épisodes de Star Wars que j’ai vus au cinéma, on devient très indulgent quand on fait partie de la fan base. Même si on sait que la dernière trilogie de Star Wars est mauvaise, que celui qui n’a pas ressenti un petit quelque chose en voyant Mark Hamill en Luke Skywalker me jette la première pierre. L’affect, la nostalgie, vont certainement casser une perception objective du film.

Entre le dernier épisode de la série télé et ce premier film, c’est plus de dix ans qui se sont écoulés. Nous sommes en 2021, la France sort de la crise COVID, Astier fait un pari osé avec un film et un retour en salle. La fan base est derrière, les gens sont présents au rendez-vous et ils sont contents. Ils sont contents de retrouver les personnages, ils sont contents de retrouver les situations connues, ils sont contents de retrouver cet univers rassurant qui fait du bien quand la France sort d’une crise inédite.

Alors effectivement les flash-back sur l’histoire d’Arthur dans son éducation romaine n’apportent absolument rien. Le passage d’un format court à un format long n’est pas toujours réussi, certains passages sont ratés, je pense au jeu de ballon par exemple aux règles absurdes. L’ensemble est réussi, le retour d’un Arthur dépressif qui refuse de prendre ses responsabilités, mais qui finit par les prendre, l’histoire tient quand même plutôt bien la route. Les images sont belles, les punchlines sont présentes, l’univers connu et rassurant. Le film surtout, malgré la dépression du roi est franchement joyeux et c’est certainement l’un des points qui me paraît le plus important.

Kaamelott second volet partie une, sort en 2025. C’est donc quatre ans de décalage avec l’opus précédent. L’effet waouh a totalement disparu avec le premier volet et c’est légitime. On passe d’un film doudou qui fait du bien à une suite attendue, un déroulement logique dans une histoire prévue en plusieurs volumes. Les premières images sont sans appel, tout le monde a vraiment pris un sacré coup de vieux. Certains ont tellement pris un coup de vieux qu’ils sont décédés. Je ne suis pas partisan du jeunisme, mais juste faire le constat que pour certains, il est temps de prendre une retraite bien méritée. Cela fait penser au dernier épisode d’Indiana Jones où l’on est forcé de rajeunir Harrison Ford de 30 ans grâce à l’IA. On ne peut être et avoir été.

Je rajouterai en parallèle qu’avec ce problème de vieille garde se combine une nouvelle génération qui débarque. En effet, Astier fait intervenir ses enfants, de nouveaux personnages, et c’est trop. Alors que la série originale avait mis quatre ans à poser des personnages et faire intervenir des « guests » comme Alain Chabat, Sting, Elie Semoun et j’en passe, on a deux heures pour se familiariser avec les nouveaux. Pas évident, en tout cas pas évident pour moi face à la masse déjà présente de personnages. Déjà que c’est confus par défaut, c’est encore plus confus. Le fameux affect que j’évoquais au paragraphe précédent en prend nécessairement un coup, difficile de s’attacher à des personnages qu’on ne connaît pas ou peu.

Mon principal reproche, c’est le manque de rythme du film. Après avoir fait tomber Lancelot, on retrouve comme l’a dit Benjamin un roi dépressif qui refuse une fois de plus de prendre le pouvoir. En parallèle ses compagnons montent différentes expéditions pour relancer la table ronde. On retrouve les mêmes défauts que le premier volet, à savoir une succession de scènes. C’est une problématique des films d’Alexandre Astier, on a l’impression qu’il monte un patchwork de ce qu’il faisait sur la série originale.

Et si j’avais la sensation que les punchlines étaient présentes sur le premier volet, qu’il y avait de l’action, ici, c’est long, on s’ennuie. Pour ainsi dire, il ne se passe rien. Il faut attendre quarante cinq minutes pour que le roi Arthur sorte de sa dépression et fasse au moins l’effort de s’habiller. 1h15 pour le démarrage des quêtes. Quand je trouvais le premier film plutôt joyeux, ce second opus est particulièrement triste. Que dire des passages avec Lancelot seul dans son château, totalement déguenillé qui se fait engueuler par Méléagan comme dans les derniers livres de la série originale.

À l’époque de la sortie de ce second film, j’ai pas mal écouté les interviews données par Alexandre Astier. Astier souligne qu’il a changé, ce qui peut entièrement s’entendre puisqu’on a vingt ans entre la création de la production actuelle et l’origine de la série. Il revendique ce côté sombre, ce côté moins drôle. Franck Pitiot aka Perceval ne participe pas à ce film, il explique qu’il ne sent plus le personnage. L’homme est touché, et il explique que le processus créatif d’Astier n’est pas simple, il ne donne rien de son histoire. Astier confirme de la même manière qu’il est très aux commandes de tout.

On a dit que le film était un flop, un flop tout de même à plus d’un million d’entrées, c’est le genre de scores que plus d’un réalisateur serait fier de réaliser. On est loin toutefois des 2.4 millions du premier film. Les critiques sont mauvaises, le film s’est fait descendre. Au départ, la partie deux qui a déjà été tournée devait sortir à quelques mois d’intervalles, elle sortira finalement en novembre 2026. Je pense que ce film sera dans la même veine que le film actuel, lent et mou.

Alors qu’Astier se targue de tout vouloir contrôler, j’ai la quasi-certitude que s’il veut voir son aventure s’achever fera un numéro trois qui sera le dernier. Un numéro trois qui sera franchement plus joyeux, dynamique, avec Perceval et qui ne sera peut-être pas l’œuvre d’un seul homme. Même si je salue l’artiste à la façon d’un Damien Saez qui peut vous sortir un album de vingt chansons sur un amour perdu, le cinéma, c’est avant tout une histoire de business. Pas dit que les financements soient au rendez-vous sur le simple nom de Kaamelott sans avoir quelques garanties.

Pour ma part, je ne suis pas certain d’être au rendez-vous du prochain film.

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