Lectures, novembre 2025

Charlotte impératrice raconte l’histoire de Charlotte de Belgique qui épouse Maximilien d’Autriche. Les amateurs de bande dessinée se rappelleront du tome 17 de XIII, l’Or de Maximilien, c’est le même Maximilien dont il est question. Charlotte donc épouse Maximilien, un homme qu’elle trouve drôle et avec qui elle noue une véritable complicité malgré un mariage arrangé. Cette dernière va rapidement déchanter quand elle va se rendre compte que son mari est totalement débauché, faible, lâche, mal conseillé et qu’il ne veut finalement pas embrasser les responsabilités de son rang. Charlotte va manipuler son mari pour le faire partir au Mexique et devenir impératrice. Alors que son mari continue de refuser les responsabilités et passe son temps dans la luxure et l’alcool, cette dernière prend les décisions en son nom. Avec un mari qui passe son temps chez les prostitués, Charlotte refuse de se donner à lui pour avoir un enfant. L’homme est en effet malade et elle refuse d’attraper ses MST. Se pose alors la question de l’héritier qu’il faut avoir, c’est un autre qui se chargera de cette mission.

Même si les personnages de Charlotte et de Maximilien ont bien existé, il s’agit d’une histoire inspirée qui rajoute des éléments qui n’ont pas existé ou démenti comme la romance qui aurait donné lieu à un enfant illégitime. Je trouve cette bande dessinée particulièrement réussie et dans l’histoire et dans le dessin de Mathieu Bonhomme qui se transcende avec cette série. À la lecture de cette bande dessinée, difficile de ne pas se documenter un peu pour distinguer le vrai du faux, c’est dire à quel point la bande dessinée passionne.

Une femme est sur un rond-point, elle fait le tour sans s’arrêter et puis elle fait le choix de ne pas rentrer chez elle. C’est le pitch de déviation. On comprend assez facilement qu’elle est victime de maltraitance par son conjoint, violence psychologique et physique. Assez vite, malgré le fait qu’elle soit perdue, qu’il serait finalement plus facile de rentrer chez elle, elle continue de poursuivre sa route avec la voiture et l’énorme chien de son compagnon. Elle va croiser toute une batterie de gens qui vont l’aider. Déviation est à mi-chemin entre le roman graphique et la bande dessinée que je qualifierai d’utile. Elle raconte de manière romancée le parcours d’une femme qui fait le choix de se libérer de son compagnon maltraitant, un témoignage inspirant en quelque sorte.

Aâma est une bande dessinée de sciences-fiction en quatre tomes qui n’est pas sans faire penser aux délires psychédéliques de l’incal et les bandes dessinées des années 70/80. Un homme qui a passablement raté sa vie se retrouve dans les bas-fonds de la ville, il est récupéré par hasard par son frère cadet. Ce dernier est devenu un homme de main d’une des plus grandes compagnies mondiales. Il propose à son frère de partir avec lui en voyage pour une mission facile, récupérer le résultat d’une expérience sur une planète isolée. Sauf que l’expérience a mal tourné et que la vie se développe de manière anarchique sur cette planète totalement désertique. Verloc Nim, le héros de l’histoire qui a de gros airs de John Difool se rend compte qu’il y a un problème quand il voit dans l’équipe des scientifiques une enfant qui n’est autre que le sosie de sa fille. Avec cette forme de vie anarchique, Frédérik Peeters se lâche complètement sur le dessin. Quand j’écrivais psychédélique, c’est tout à fait ça, l’auteur part dans toutes les directions, toutes les formes vivantes, ne s’interdit absolument rien. La bande dessinée dans son ensemble, seule la conclusion y échappe, donne toutefois un récit assez solide et qui captive le lecteur. Je m’attendais à décrocher avant et j’ai pourtant lu l’intégralité.

3 souhaits est une bande dessinée de Gabella qu’on a déjà lu pour la licorne. Il me paraît important de le préciser, car à l’instar de la licorne, je me rends compte que je n’avais pas réussi à lire 3 souhaits du premier coup, à tort. Gabella fait vraiment de la bande dessinée difficile avec beaucoup d’informations, trop d’informations. À croire que sa bande dessinée se mérite. 3 souhaits comme il est facile de l’imaginer est en lien avec la lampe et le génie, et c’est effectivement le cas. Dans une Jérusalem dans laquelle Baudouin et Saladin cherchent à prendre le pouvoir, une faction supplémentaire est présente, les assassins. Afin de démontrer la détermination du mouvement, le kabyle, l’un des meilleurs hommes fait un saut de l’ange pour mourir aux pieds des deux souverains. Mais avant de mourir, il est enfermé dans la lampe. Il devient le génie. C’est ici que les choses deviennent beaucoup, mais beaucoup plus compliquées. Le nouveau propriétaire de la lampe demande de tuer le maître des assassins, car il n’est pas celui qu’il prétend être, c’est un Djinn. Notre héros découvre un monde parallèle dans lequel on retrouve tout le bestiaire des mille et une nuits. Et Gabella fait le tour de force d’aller plus loin puisqu’il réunit tous les personnages des fables du Moyen-Orient comme Ali-baba, Shéhérazade ou encore Simbad, un peu de bible pour faire une bande dessinée avec un univers complexe, mais particulièrement solide. Pas évident à la première lecture, la bande dessinée mérite toutefois qu’on s’y plonge, en étant particulièrement concentré.

Ryder est une criminelle repentie. Après avoir braqué un nombre incroyable de banques et tué un nombre important de personnes, elle a rencontré l’amour, s’est rangé, et a eu une petite fille. Malheureusement, elle commence à cracher du sang et il ne lui reste qu’une année à vivre. Elle part affronter la mort pour obtenir un sursis. Aucune tombe assez profonde est un western style comics qui impressionne particulièrement par son dessin qui est une véritable claque graphique. Si la descente aux enfers de l’ancienne criminelle est assez classique pour une issue convenue, on est impressionné par le trait de Jorge CORONA.

Black Crow est une bande dessinée qui pour ma part sonne un peu comme un anachronisme alors que la bande dessinée est tout de même « récente », dans le courant des années 2010. Jean-Yves Delitte qui est le peintre officiel de la marine Belge se fait largement plaisir avec son pirate au passé particulièrement lourd, enfant d’une indienne et d’un homme blanc. Dans Black Crow, vous allez voir beaucoup, beaucoup de bateaux. Anachronique parce que tout sonne vieux dans la bande dessinée. Son personnage principal, les dialogues, le dessin, la manière dont on nous délivre le passé d’un héros sans faiblesse au fur et à mesure des albums. La série est semble-t-il terminée en six tomes plus par son inactivité que par une annonce officielle. L’indien ira jusqu’en Afrique à la recherche d’un fabuleux trésor, se retrouvera dans un complot dans lequel on l’accuse d’avoir assassiné un prince d’un pays arabe. Même si la bande dessinée n’est pas très originale, les personnages récurrents sont attachants, le dessin classique, mais solide, ça se laisse lire.

Jean-Yves Delitte ne dessine finalement pas que des bateaux puisqu’il dessine les coulisses du pouvoir qui n’a absolument aucun rapport avec la marine. Il s’agit de trois histoires différentes, indépendantes, dans lesquelles ne reviennent que deux policiers qui vont mener l’enquête. Quatre tomes, puis deux fois deux tomes. Pour la première histoire, il s’agit d’une enquête sur la mort d’un ministre, qu’on suppose être un assassinat. En effet, il apparaît qu’il y a un peu trop de morts accidentelles dans le sillage de cet homme qui s’était engagé à « balancer » sur les collègues de son parti. Les coulisses du pouvoir, comme son nom l’indique, va creuser dans l’intérieur d’un parti politique anglais en pleine campagne électorale. Pour la seconde série, c’est une enquête qui tourne autour de la commission européenne. La troisième histoire est moins bonne. Delitte a abandonné le dessin et c’est Richelle qui a le contrôle complet de la bande dessinée. Nous sommes au cœur d’une affaire immobilière avec à nouveau des morts en lien avec cette affaire. Trop de personnages, plus difficile à comprendre, trop d’éléments. Si on fait abstraction de ce dernier diptyque, c’est bien écrit, de bonnes punchlines, quelques cliffhangers, des personnages attachants. Bande dessinée un peu vieille France qui correspond à son époque, elle s’étale entre 1999 et 2008, on a l’impression de lire un Largo Winch, un Van Hamme de façon générale ce qui est tout de même un compliment.

Un homme est pris en stop sur l’autoroute, il a les yeux vairons, et a une attitude qui ne laisse pas indifférente la personne qui l’a prise en stop. En effet, ce dernier vend des bibles, le voyageur lui explique que Dieu n’existe pas. Tout ça finit en fusillade, sauf que le voyageur se relève, on comprend qu’il est immortel. On comprend encore plus qu’il est immortel quand on le retrouve des années plus tard, dans un futur dans lequel l’eau est devenue rare et on sent que le dérèglement climatique a pris des proportions très importantes. Le voyageur a fini par oublier son identité, il sait qu’il doit trouver une source. Durant son éternité, il voit l’humanité se détériorer et continue d’avancer malgré cette fin qui se profile. Il croisera d’autres individus comme lui, qui n’auront pas plus d’informations à lui fournir. Le voyageur est un one shot passionnant, on s’interroge nécessairement sur la fin, qui sera certainement la fin de l’humanité, mais aussi sur l’origine du voyageur et le sens à tout cela. Tout est révélé dans la bande dessinée pour notre plus grand plaisir.

Une jeune femme rentre chez ses parents, une jeune femme au caractère étrange. Elle dit ce qu’elle pense, elle se moque de ce qu’on pense d’elle, les relations avec les autres sont compliquées. Elle est liée d’une très grande complicité avec son père. En effet, sa mère est souvent absente, elle part très régulièrement en voyage. Et c’est encore le cas cette fois-ci, les deux femmes se croisent à peine. Tout aurait pu être tranquille entre le père et la fille, mais la tante, la sœur de sa mère arrive. On comprend assez rapidement qu’elle est enceinte, et que le père de l’enfant n’est autre que le père de la jeune femme. On sent qu’il ne veut absolument pas prendre ses responsabilités. Un jour la tente disparaît, et Manon l’héroïne de l’histoire s’interroge sur un carrelage refait dans la salle de bain, du verre brisé ou encore l’attitude étrange de son père. Les singes est un one shot surprenant qui commence en chronique sociale pour finir en enquête policière. Passionnant.

Peu de bandes dessinées font référence au Brésil et aux quartiers pauvres, les favelas, c’est le cas de Rio. Il s’agit de l’histoire de Rubeus et de Nina deux enfants qui se retrouvent rapidement à la rue. Le garçon va rejoindre un gang pour se nourrir et protéger sa sœur, jusqu’à une fusillade organisée par les forces de l’ordre. Les enfants sont gênants pour les commerçants du quartier. C’est un événement important dans la bande dessinée puisque le capitaine de police sera un des grands méchants de l’histoire. Les enfants finissent par se faire adopter par un diplomate américain et son épouse, on les retrouve des années plus tard avec un autre niveau de vie. Rubeus n’oublie pas ses origines et retourne au quartier dans les gangs. Beaucoup de cliffhangers dans cette bd, il est donc difficile d’aller plus loin sans spoiler. Ce qu’on peut dire toutefois, c’est que la bande dessinée est un véritable tour opérateur du Brésil, quitte à parfois tomber dans le cliché. Cela ne dessert absolument pas l’histoire, mais c’est très souvent tiré par les cheveux. Magie noire, drogue, gang, carnaval de Rio, policiers corrompus, tout y passe. Quatre tomes, une bande dessinée dans un cadre original, une bonne lecture.

La sirène des pompiers commence dans une galerie d’art où un critique s’étonne. Un peintre qu’il considère sans talent, sans imagination a produit une toile magnifique et originale. Une sirène. Pourtant, le critique est persuadé que le peintre en question est incapable de peindre autre chose que ce qu’il voit. Persuadé qu’il ne peut pas s’être trompé sur les compétences du peintre, il est convaincu qu’il y a une mystification. En se rendant chez lui, il se rend compte qu’il avait bien raison. Le peintre n’est bien capable que de peindre ce qu’il voit, il découvre une sirène à son domicile ! Cette dernière lui raconte sa vie avec sa mère et ses sœurs en Bretagne. Une routine à noyer les marins qu’elle n’apprécie pas. Elle chante faux, elle veut voir le monde et surtout rêve de Paris. Elle veut participer à des soirées mondaines, elle veut faire la fête, elle veut danser ! La sirène se rend à la capitale et devient la muse de ce peintre avec qui elle va vivre Paris ! La sirène des pompiers est une bande dessinée très agréable qui casse un peu le mythe de la sirène. Dans la majorité des histoires, on a une beauté fatale et fragile loin de l’eau, la peur des hommes. Ici, notre sirène peut survivre hors de l’eau. Déterminée, assurée, elle sait ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas. C’est amusant, original et bien dessiné.

Dans un monde médiéval fantastique, un page quitte le château à cheval, et tout le monde s’affole. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce page, c’est la princesse qui vient de s’évader. La jeune fille refuse d’épouser le roi du royaume d’à côté. C’est sa tante qui part à sa poursuite, la jeune fille va croiser la route d’un curieux jeune homme, Ashrel, et de son père adoptif, un gnome. Le trio va se lancer dans une fuite à travers le royaume pour échapper à ce mariage forcé, mais pas seulement. Ashrel fait partie de la race des Tanatis, une peuplade qui a la capacité de ressusciter les morts. Je lisais un peu les critiques sur la bande dessinée, c’est assez violent et c’est pourtant injustifié. Le dessin est magnifique à contrario des couvertures qui je trouve ne rende pas hommage aux albums. En ce qui concerne l’histoire, le seul reproche qu’on peut faire à Ashrel c’est de manger à la totalité des râteliers dans ses inspirations. Le patchwork pourtant fonctionne bien, et les mystères qui sont dévoilés au fur et à mesure de la bande dessinée maintiennent le lecteur en haleine jusqu’au dénouement.

Je ne recommande pas la lecture du lièvre de Mars, mais je trouve tout de même qu’il est intéressant d’en parler. Le scénario de la bande dessinée intrigue puisqu’il s’agit de l’histoire d’un homme qui explique à qui veut l’entendre qu’il a travaillé durant trois ans sur la planète Mars. Dans le contexte temporel de la bande dessinée qui se situe à l’époque de sa parution, soit 1993, il est totalement impossible au vu des moyens technologiques de l’époque d’envisager un tel voyage, à fortiori une période de trois ans dans un projet de terraformation de la planète. Cependant, malgré les propos qui peuvent sembler délirant, cet homme est poursuivi par tout un tas d’hommes en armes qui essaient de le tuer. Le pitch est plutôt intéressant et on se dit qu’on n’est pas si loin d’un XIII qui à cette époque a déjà 10 ans au compteur, on pourrait imaginer une bande dessinée concurrente. Et pourtant, la bande dessinée alors qu’elle partait bien finit par complètement se perdre pour être abandonnée au tome 9, un album catastrophique qui fait office de résumé des épisodes précédents. C’est pour ma part un désastre à plusieurs niveaux. On ne sera jamais si David Rutherford est bien allé sur Mars, une maison d’édition comme Glénat a payé neuf albums alors que Parras le dessinateur avait abandonné en chemin, car il voyait que ça tournait en rond.

Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation nationale et homme de lettre a participé à une grande collection du nom de la sagesse des mythes. À l’origine, il s’agit d’une énorme collection de plus de 40 tomes au moment où j’écris ces lignes consacrée à la mythologie grecque. La différence entre le travail de Ferry et ce qu’on est amené à trouver dans la littérature classique, c’est l’exactitude du propos. En effet l’ancien ministre a creusé, beaucoup, si bien que pour une personne qui a beaucoup lu de mythologie, c’est une redécouverte, en prenant en compte par exemple de nombreuses erreurs, méconnaissances ou confusions que j’aurais pu avoir par rapport à « la vérité ». Vous noterez que je marque vérité entre guillemet, car la problématique sur cette période ce sont les traces et les variantes, d’un auteur à l’autre, on peut avoir des différences. Ferry ne s’est pas arrêté à la mythologie puisque j’ai découvert dernièrement qu’il a participé à d’autres univers. C’est le cas avec ce Lancelot en quatre tomes. La reine Guenièvre est kidnappée par Méléagant et Lancelot va traverser le pays pour la libérer. Comme je le précisais plus haut, ici encore, il y a plusieurs histoires pour une même histoire. D’après Wikipédia, Méléagant est un méchant à plusieurs casquettes, ici, il s’agit d’un chevalier sans honneur, fils d’un roi qui n’hésite pas à utiliser toutes les trahisons possibles pour arriver à ses fins. À l’instar de ce que j’ai pu écrire pour la mythologie grecque, c’est une redécouverte de l’histoire, une de plus. Ce qu’il faut aussi noter pour l’ensemble des albums auquel participe Luc Ferry ce sont les qualités du dessin, c’est toujours très beau.

Plus de 400 pages pour ce possessions qui est une sacrée bizarrerie. C’est l’histoire d’un homme qui un soir en a marre des convenances et qui au lieu de se rendre à un repas avec sa compagne, décide de tracer la route vers l’Italie, le pays de son père décédé et regretté. L’homme fait un mauvais geste, c’est volontaire, il a voulu en finir avec la vie. Il se retrouve hospitalisé en compagnie d’un écrivain en fin de vie qui lui demande de devenir son assistant pour enquêter sur le diable dans la ville de Turin. 400 pages qui ne sont pas qu’une histoire, c’est très graphique, des mélanges de photo d’archives, personnelles de l’auteur, je suppose, des rêves un peu fous. C’est assez ésotérique, parfois franchement bizarre, mais on se laisse prendre à cette histoire avec son héros cynique et particulièrement attachant.

Dans les années soixante, l’histoire d’une jeune fille de 17 ans qui tombe amoureuse d’un vieux bonhomme qui la met enceinte. Forcément à l’époque, fille mère, c’est plutôt désordre, si bien qu’elle est expatriée au Liban par ses parents, pays dans lequel elle va pouvoir refaire sa vie. La rose et l’olivier est une bande dessinée qui décrit une époque, qui raconte une histoire d’émancipation et c’est surtout l’adaptation de Mélaka de la vie de sa propre mère, Gudule. Ce qui est peut-être le plus stupéfiant dans cette histoire scindée en deux parties, la France, le Libab, c’est l’amour de Rose pour Louis, ce « vieux » monsieur manipulateur qui n’hésite pas à la frapper, la tromper, et ce, sous son propre nez. La jeune femme est amoureuse, elle ne veut rien voir malgré les évidences. Plus de trois cents pages pour un album qui se lit d’une traite, passionnant.

Dans un royaume, un roi peine à avoir un enfant, ce qui fait bien les affaires de son frère. Ce dernier se voit en effet sur le trône. Et pourtant, avec la bénédiction d’Artémis naîtra Golias. Golias en grandissant devient un jeune homme fort qui sera de façon évidente l’héritier du royaume. L’oncle finit par empoisonner son frère voyant que ses espoirs de pouvoir sont vains. Il profite de l’opportunité d’envoyer Golias à la recherche de la fleur de Chronos, elle seule pouvant sauver son père. Le genre de quête dont on ne revient pas vivant. Le Tendre et Lereculey nous produisent une histoire assez originale. En effet, on a la plupart du temps, les récits des héros : Héraclès, Thésée, Ulysse et les autres. Ici les auteurs nous livrent une histoire totalement inédite en reprenant toutefois des éléments qu’on connait bien chez les Grecs. Les sirènes, pégase, les chiens de l’enfer, les centaures. De la même manière, l’équipée n’est pas classique. En effet, d’habitude dans la bande dessinée, on a une tripotée de héros plus costauds les uns que les autres. Si Golias et son meilleur ami rentrent dans les codes, la sœur de Golias et le tuteur de Golias, un vieillard, c’est différent. Le dessin est à la hauteur du récit avec un intéressant changement de style dans le troisième tome quand la sorcière raconte son histoire. L’ensemble est réussi, totalement décomplexé pour un récit qui n’a rien à envier aux autres héros de la mythologie.

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