Mastodon est un réseau social créé par Eugen Rochko en 2016. S’il faut comparer Mastodon à un réseau social c’est Twitter. En effet, nous sommes dans le cadre du microblogging puisqu’on limite le nombre de caractères. Pour avoir vu l’apparition du réseau social, la place de remplaçant de Facebook était prise par Diaspora*.

Il ne faut pas oublier que nous nous positionnons dans un contexte de logiciel libre, l’idée étant de proposer une alternative libre à un logiciel propriétaire. Par exemple Gimp permet de remplacer Photoshop, ou LibreOffice permet de remplacer la suite bureautique Microsoft Office. L’ensemble des réseaux libres, s’appelle le Fediverse, il y en a pour tous les goûts. Des propositions de remplacement de Reddit avec Lemmy ou d’Instagram avec Pixelfed.

Une architecture différente des réseaux conventionnels.

Tous les réseaux sociaux actuels partagent le même aspect, la centralisation. Lorsque vous vous inscrivez sur Instagram, vous n’avez qu’un seul point d’entrée… Instagram. Comme on peut le voir dans le diagramme ci-dessous, dans un réseau centralisé, les appareils se connectent tous au même endroit. Mastodon est un réseau décentralisé. Il n’y a plus de point central mais une multitude de points qui communiquent ou non entre eux, on appelle ces nœuds sur la figure des instances. Mon compte Mastodon est sur l’instance Chapril gérée par l’APRIL, l’Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre.

Le choix de cette structure a des incidences diverses qui sont plus ou moins plaisantes pour l’utilisateur mais aussi pour les administrateurs. Choisir une instance, c’est faire quelque part un choix politique.

Qu’est-ce qu’une instance ? En fin de compte une instance, c’est un ordinateur sur lequel on a déployé le programme Mastodon. Sans dire que tout un chacun peut demain avoir sa propre instance, on n’est pas si loin de la vérité. La mise en place n’est pas très compliquée, ensuite c’est comme pour l’auto-hébergement, de l’administration. Par exemple, même si c’est un cas particulier, le réseau social de Donald Trump est inspiré de Mastodon même s’il ne communique pas avec les autres instances. La diversité des instances est importante, j’ai fait le choix d’une instance francophone, il existe des instances pour les artistes, les scientifiques et j’en passe.

Ainsi, à l’instar d’un Instagram dont vous devez accepter les règles, vous devez ici vous soumettre aux règles de l’instance de l’administrateur, mais aussi à ses compétences techniques. Si vous avez suivi, Mastodon est un logiciel. Si l’administrateur a un petit serveur, ne maintient pas la sécurité ou ne met pas à jour le logiciel, vous risquez de vivre non seulement une expérience dégradée mais de prendre un risque pour vos données personnelles. De la même manière, s’il y a peu de moyens derrière l’instance mais de nombreuses personnes actives, la modération risque d’en pâtir. Créer une instance Mastodon est un engagement technique, moral et potentiellement juridique mais surtout bénévole.

L’administrateur peut aussi faire des choix drastiques comme couper l’accès de certaines autres instances. Si tout le monde est à même de créer une instance, alors on peut imaginer des instances nazies ou pédocriminelles avec lesquelles l’administrateur ne voudra pas communiquer.

Pour s’inscrire sur Mastodon : https://joinmastodon.org/fr/servers

Bien choisir son instance est donc fondamental mais pas irrémédiable. Comme il s’agit d’un logiciel libre, les instances sont interopérables, ce qui veut dire qu’on peut exporter ses données pour passer d’une instance à une autre.

On comprend l’intérêt éthique de la décentralisation, cette possibilité qui permet de passer d’une instance à l’autre en cas de mécontentement. Il s’agit aussi d’une force technique puisque la centralisation implique que si le réseau tombe ou si le réseau ferme, le réseau devient inaccessible. Dans le cas de Mastodon, si une instance ferme ou tombe, il existe des tas d’autres instances pour recommencer.

La décentralisation est une force mais c’est aussi une faiblesse. Pour l’utilisateur lambda qui cherche à s’inscrire, la masse d’instances sera nécessairement un frein. En effet, on ne s’inscrit pas réellement sur Mastodon mais sur une de ses instances. Quand vous vous inscrivez sur Facebook, il n’y a qu’un seul point d’entrée. Comprendre la mécanique avant de pouvoir s’inscrire est certainement un obstacle à l’adoption car comme on l’a compris le choix de l’instance n’est pas anodin. L’autre problématique apparaît aussi plus haut. La création des instances au moment où j’écris ces lignes, dépend principalement de la bonne volonté d’associations ou de particuliers qui mettent des ressources à disposition. On est à taille humaine, sur du bénévolat ce qui précarise souvent les petites instances.

En conclusion : la décentralisation est à la fois une force mais une faiblesse, le choix d’une instance a son importance, si vous devez vous inscrire sur le réseau social, je vous conseillerai au moins pour commencer de viser une grosse instance.

Principe de fonctionnement

Voici quelques écrans de l’interface Web de Mastodon que j’utilise. Il existe des clients pour PC comme Whalebird et sur mobile comme Tusky que je préfère au client officiel. Le premier écran correspond à mon profil, on y voit donc à l’instar d’un Twitter/X mes publications. La majorité d’entre elles sont issues de mon shaarli, j’utilise le plugin shaarli2mastodon. Je pousse aussi de manière automatique les articles du blog avec Share on Mastodon pour WordPress. On remarquera et ce n’est pas inutile de le signaler que ces plugins sont libres et gratuits ce qui n’est pas le cas si vous voulez pousser de façon automatique vos contenus vers les réseaux sociaux traditionnels. Enfin vous remarquerez que le site restez-curieux apparaît en vert c’est la vérification du profil. Elle se fait en liant votre site internet à votre profil en rajoutant une ligne de code dans votre site. Pour le faire facilement, j’utilise le plugin Simple Mastodon Verification. Je trouve le moyen pertinent, puisque si aujourd’hui pour les grands réseaux il suffit de payer pour avoir la fameuse coche bleue, rien ne permet de vérifier que vous êtes la personne que vous affirmez être. Dans le cas présent, il faut avoir accès au site pour insérer la ligne de code ce qui sur le principe atteste bien le lien entre le site et le profil.

Le second écran c’est l’accueil, il s’agit des publications des comptes que je suis, le troisième ce sont les notifications qui correspondent aux interactions. C’est après que cela devient plus compliqué puisqu’il faut se rappeler de la structure de Mastodon. En effet, vous êtes inscrit dans une instance et pas sur un réseau social centralisé. Vous ne verrez donc pas tous les messages et c’est une limite du système. Si par exemple votre administrateur a décidé de bannir une instance pour une raison qui lui est propre, vous ne verrez aucun message de l’instance. Pour donner un exemple précis et particulièrement global de la posture, il faut considérer le cas Threads. Threads est le réseau social pour remplacer Twitter/X lancé par Meta la société derrière Facebook, Instagram et WhatsApp. À contrario de ces autres réseaux, Threads utilise le protocole opensource ActivityPub qui lui permet de communiquer avec les autres réseaux qui l’utilisent et notamment Mastodon. Cela voudrait dire que sur le principe, on pourrait depuis cette plateforme libre, sans avoir de compte sur la plateforme propriétaire communiquer avec énormément de gens. Toutefois, comme on sait que Meta utilise les données des utilisateurs, ils sont nombreux les administrateurs d’instances à bloquer la communication.

La vision d’ensemble ne s’arrête pas au blocage des instances mais à un principe de fonctionnement. Je me trompe peut-être et on me corrigera, mais jusqu’à maintenant dans le flux en direct, on pouvait lire les messages des gens qui publiaient sur le serveur et les autres serveurs correspondaient aux gens suivis par des gens de votre serveur. En gros. Je suis A sur le serveur Chapril qui suit B sur le serveur Piaille. Dans les autres serveurs je vais voir apparaître les interventions de B. Toutefois, si ni A ni moi ne suivons C sur le serveur Piaille nous ne verrons jamais ses conversations.

La décentralisation joue un rôle important dans le réseau qui va poser la problématique de suivi des profils. Car ici il faut comprendre que la démarche est totalement différente des réseaux traditionnels. Il n’y a pas d’algorithme, de recommandations, de publicité, ce qui est un avantage. Il y a des trends, des hashtags, des profils plus visibles que d’autres qui correspondent à des « célébrités », souvent des gens actifs dans le monde du libre ou des politiques, on peut donc trouver des profils. Toutefois cette recherche est à l’ancienne, minutieuse, elle prend du temps. C’est un peu aller à la pêche au profil.

Un mal pour un bien puisqu’on évite la bulle de filtres, qu’on conserve son autonomie, mais certainement une des causes d’abandon de nombreux utilisateurs qui peinent à trouver des gens et qui peinent à être visibles. Mastodon est un choix, une expérience qui n’est pas comparable au moins d’un point de vue technique aux autres réseaux sociaux.

Mastodon ou la fuite éternelle

L’histoire de Mastodon c’est une histoire de fuite, d’exil, de vague et on se rend compte qu’on fait le choix de Mastodon pour quitter principalement Twitter/X. Mastodon n’est pas un réseau social neuf. En 2017 on avait une hype autour du réseau social libre, même Numerama avait créé son instance. Cette instance n’existe plus au moment où j’écris ces lignes. Et pour les plus anciens d’entre vous, on se rappellera du réseau social libre Diaspora* créé par quatre jeunes, Zuckerberg avait donné de l’argent. Je vous conseille de lire l’histoire, entre détournement de fonds et suicide, logiciel libre ne veut pas dire perfection.

En 2017, Twitter n’était pas ce qu’il est aujourd’hui mais il y avait, il y a et il y aura toujours, la problématique du FOMO. Quand Mastodon est apparu, certains ont vu en lui le réseau qui allait tuer Twitter. Il était donc urgent de créer une instance, de créer un compte, pour être parmi les pionniers de la nouvelle terre promise. Comme on peut s’en douter, tout s’est vite essoufflé quant à la lecture de ce qui précède on voit les difficultés du réseau.

Les vagues suivantes ont été plus importantes et les principales ont été en lien avec le rachat de Twitter par Elon Musk. En 2018, Musk passe à la radio, il fume un joint et boit de l’alcool en direct. L’homme raconte souvent n’importe quoi, provoque. Il annonce qu’il va racheter Coca-Cola pour réintroduire de la cocaïne à l’intérieur. Le problème, c’est qu’il a 220 millions de followers au moment où j’écris ces lignes, et que ça marche. Plus d’une fois il aura fait bouger les marchés boursiers par ses déclarations ou créer l’hystérie sur les monnaies virtuelles. On se dit que s’il a un tel pouvoir en tant qu’usager, quel risque s’il devient patron du réseau. Il a déjà donné ses motivations dans le rachat, rendre le réseau totalement libre, pour une liberté d’expression totale. Il rajoute qu’il veut un Twitter dans lequel on peut contrarier autant l’extrême gauche que l’extrême droite. Et c’est ici qu’on commence à s’émouvoir dans les chaumières.

On a donc assisté à une première vague massive vers le réseau social et les premières déconvenues qui sont arrivées avec. Les éléments cités plus haut mais surtout le grand vide et la différence notoire entre les gens que vous allez croiser sur Twitter et les gens que vous allez croiser sur Mastodon. Car en fin de compte les pionniers, ceux qui sont restés, ceux qui ont persévéré, qui sont-il ? Des adeptes du logiciel libre, des gens de gauche et même d’extrême gauche, des écologistes convaincus, des adeptes du DIY. Politiquement, Mastodon n’est pas fait pour tout le monde et il ne correspond pas à un réseau social populaire. Pour ainsi dire, il n’y a pas de compte Jul sur le réseau social.

On a donc vu de manière récurrente des gens quitter Twitter au gré des caprices du milliardaire sud Africain et ce qui a certainement accéléré le processus c’est lui.

À partir du moment où Trump est passé au pouvoir, que Musk est devenu son conseiller principal, on a pu constater deux choses. Musk s’est lâché complètement avec une tentative d’influence sur les élections européennes et des prises de position à l’extrême droite. La baisse de modération sur Twitter, l’appel à la haine faisant de Twitter un réseau encore plus infréquentable. Avec le second mandat de Donald Trump, on réalise que les États-Unis ne sont plus réellement nos amis et on se rappelle soudainement que l’intégralité des logiciels que nous utilisons dont les réseaux sociaux sont américains. Le mot souveraineté redevient tendance, souveraineté énergétique, alimentaire mais aussi logiciel.

Ce qui dans les faits relevait d’une volonté personnelle de quitter le réseau social devient plus globale même si nous sommes à des années lumières du but à atteindre. De nombreux journaux ont quitté X, quelques hommes politiques, mais dans les faits nous sommes totalement à la ramasse. Pour exemple la préfecture de l’Aude qui continue d’alimenter les fils X et Facebook pour communiquer avec les citoyens.

Il faut bien comprendre que monter une instance Mastodon pour l’État français, ça ne tient qu’à une question de volonté. C’est comme virer l’intégralité des logiciels Microsoft de l’éducation, c’est encore une question de volonté politique. Il suffit de décider et de faire. Quand on sait que des gamins de 15 ans sont capables de monter des instances Mastodon, on a bon espoir que les informaticiens de la république puissent le faire.

Mastodon c’est donc difficile, on ne retrouve pas les célébrités, les clubs de foot, même pas les institutions françaises. Les gens « normaux » qui n’en pouvaient plus de X se sont rabattus principalement sur Threads et sur Bluesky comme Benjamin par exemple. Le graphique ci-dessous a été généré par Claude, j’ai obtenu des résultats similaires avec ChatGPT, Mistral a quant à lui halluciné en me proposant plus d’utilisateurs actifs que d’inscrits.

Les chiffres sont pour ma part très discutables sur de nombreux points. Le taux d’activité de Threads en ferait un réseau qui serait super engagé, je n’y crois pas quatre secondes. Pour les statistiques précises de Mastodon on les trouve sur FediDB et force est de reconnaître que ça pique quand même et je n’explique pas le 60 millions d’utilisateurs actifs pour 12 millions de comptes … On considérera qu’un 1 million d’utilisateurs actifs en moyenne c’est le nombre qui va bien.

Pour fréquenter le réseau social depuis plusieurs années, je ne suis pas totalement étonné. On n’a pas l’impression d’être sous les flots d’information, la différence que je constate c’est désormais de croiser des robots de la presse française. Mastodon, n’est pas un réseau social où vous trouverez le succès.

Pourquoi Mastodon est un réseau social qui a du sens …

Aujourd’hui les réseaux sociaux c’est quoi ?

  • Des gens qui essaient de vous vendre quelque chose,
  • Des fake news à ne plus quoi savoir en faire,
  • De l’intelligence artificielle à tous les étages,
  • Des algorithmes addictifs qui vous laissent trainer durant des heures pour vous rendre compte que vous n’avez rien fait,
  • De la haine en-veux tu en voilà,

Avec bien sûr chaque particularité. TikTok et ses challenges idiots, Twitter le réseau d’extrême droite, Instagram et le culte de la personnalité, LinkedIn et ses mornings routines pour vous rendre meilleurs. Où est donc passé le lien social, celui pour lequel on s’inscrivait, pour conserver le contact avec les gens ou retrouver des personnes dont on a perdu la trajectoire. On pourrait dire que Bluesky par exemple s’est lancé, a gagné en succès auprès des écœurés de Twitter, à la recherche d’un nouveau Twitter, le Twitter des débuts. Possible aujourd’hui mais certainement pas demain, en lien avec la merdification des choses.

Il faut déjà comprendre une problématique de fond et qui sera une constante quel que soit le réseau social. Il y a de fortes chances pour que vous retrouviez les mêmes personnes sur Bluesky à plus ou moins long terme. Il serait faux de penser que les haineux vont tous rester sur Twitter. Demain, Bluesky dont je ne suis pas l’évolution, fera de la publicité, des algorithmes. Ce sera peut-être plus discret, les gens mieux éduqués que sur X mais dans le fond le résultat sera toujours le même. Bluesky est une entreprise, elle doit gagner de l’argent, il n’y a pas des centaines de modèles économiques pour y arriver. Il apparaît en plus que Twitter ne se porte pas si mal et la raison est bien simple : la haine, le conflit, le buzz font vendre. Vous ne voulez pas un réseau social tranquille pour échanger avec des gens, vous voulez la dernière nouvelle, qu’elle soit vraie ou fausse, vous voulez en découdre, et c’est pour cela que Mastodon n’est pas fait pour vous et que Twitter n’est pas du tout mort.

Choisir Mastodon c’est plus que choisir un réseau social, c’est choisir une façon de vivre.

Trouveras-tu la pilule qui te conduira hors de la matrice ?

En vieillissant on apprend quelques bricoles, et je peux vous expliquer mon choix d’être sur Mastodon. J’ai gardé Facebook durant des années, notamment pour le Facebook Market, les informations sur les associations ou la mairie, mais aussi pour garder le contact avec des anciens élèves. J’ai réalisé que nous nous étions perdus de vue et qu’il était inutile de croire en une quelconque « amitié ». Le propos peut paraître sévère mais si je fais le compte du temps passé à prendre des nouvelles de l’un ou de l’autre, c’est autant de temps que je ne prends pas pour des personnes bien réelles de mon entourage. Les réseaux sociaux offrent un simulacre d’amitié, une illusion.

La suppression de l’ensemble des réseaux sociaux m’a fait un bien fou. On ne rate rien, et on mobilise ce temps pour autre chose. Les réseaux sont anxiogènes, trop d’informations, pas pertinentes, ils n’ont rien de sociaux, ils nous isolent derrière un écran. L’image ci-dessus tirée de Matrix est l’illustration de ce choix, c’est une volonté de sortir de cet univers imposé par les GAFAM comme Néo sort de la matrice. C’est peut-être inconfortable au départ mais en fin de compte c’est salvateur, un saut dans la réalité.

Mastodon ne vous facilitant pas la tâche, il s’agit d’un canal qu’on ne se sent pas obligé de regarder. On se dit que les algorithmes font rudement bien leur travail. Je peux ne pas regarder Mastodon pendant plusieurs jours, je n’ai pas de manque. Comme je l’ai décrit plus haut, et comme je l’ai déjà expliqué avec le problème de la bulle de filtres, c’est que Mastodon est une bulle de filtres à lui tout seul avec des nuances plus ou moins sévères. Passer du temps dans Mastodon c’est du vélo, de l’identité sexuelle, de l’anti droite, du pro gauche, du logiciel libre, de l’écologie. Certains sujets ne m’intéressent pas et sont pourtant l’obsession d’autres. Ils peuvent en mettre des tartines et cela ne m’intéresse pas, parfois même cela me stresse. Avec Mastodon, il est très facile de bloquer des profils et de choisir ce qu’on a envie de lire.

… y compris pour les entrepreneurs

En 2021 j’écrivais un article sur la mauvaise stratégie de se baser uniquement sur les réseaux sociaux. J’expliquais à l’époque que le problème de la censure, de la segmentation, faisait qu’on perdait davantage de temps à créer des contenus pour les réseaux que de créer des contenus pour soi. Aujourd’hui, mon opinion est beaucoup plus mesurée. En quatre ans l’explosion de l’intelligence artificielle met en péril la recherche et avec elle l’indexation des sites internet. Avant on pouvait vous trouver au hasard d’une recherche, demain on ne vous trouvera plus car votre site n’apparaîtra qu’en petit dans les sources, s’il veut bien apparaître. C’est un véritable drame pour les petits sites et cela va pousser à une uniformisation totale de la culture avec des IA qui feront la pluie et le beau temps. Dès lors, comment exister autrement qu’en utilisant les réseaux sociaux avec toutefois la complexité de se faire connaître, puisqu’ici encore sont connus ceux qui sont déjà connus. Rajoutons de plus les problèmes soulevés plus haut, à savoir que les réseaux sont devenus de véritables poubelles dans lesquelles l’humain va devenir rare.

Sur Mastodon les bots sont notifiés par une icône, vous êtes face à de véritables personnes. Vous êtes de plus face à une niche dont il est très facile de trouver les centres d’intérêt. J’aurais une boutique de vélo, j’irais faire ma pub sur Mastodon. L’engagement, sur Mastodon est bien plus important qu’ailleurs, avec des gens diplômés et qui doivent dans l’ensemble avoir une bonne paye. C’est peut-être l’un des paradoxes de cet univers révolutionnaire où nombreux sont les gens à BAC +5.

J’avais lu quelqu’un qui avec humour avait dit qu’un jour Mastodon serait une source pour les IA car ce sera l’un des derniers endroits dans lequel de véritables personnes existent et qu’on verra de façon spontanée arriver des idées de gauche ailleurs. Pas si loin de la vérité.

Choisir Mastodon c’est changer sa façon de vivre l’internet, de vivre, tout court

S’abrutir pendant des heures à regarder des vidéos de chats, regarder le mariage de cette amie d’enfance qu’on n’a pas vu depuis vingt ans, commenter une fake news en croyant qu’elle est vraie, tenter de faire la meilleure punchline sur Twitter, faire une photo d’un bonheur illusoire pour la diffuser sur Instagram, est-ce que c’est vraiment ça la vie ? Ce n’est pas la mienne en tout cas.

Si nous devons subir de nombreuses choses, nous avons encore cette liberté de choisir d’être présents ou non sur les réseaux sociaux. Mastodon permet de revenir à l’origine du réseau social et de récréer du lien social. Je voyais aujourd’hui quelqu’un qui cherchait une personne faisant Paris Bordeaux pour transporter un médicament pour une petite fille. Ici un artiste qui présente ses œuvres, là un doudou perdu. Les échanges sont riches, les gens intelligents et l’orientation n’est pas dans le conflit on cherche des solutions et de l’entraide dans notre monde individualiste. Plus haut j’expliquais que passer de Twitter à Bluesky finirait par donner la même chose, ici c’est totalement différent car les gens sont différents.

Mastodon n’est pas une fin en soi, c’est le réseau social dispensable qui ne vous rendra pas accro mais c’est un réseau puissant, humain, informatif, qui mérite d’être tenté.

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