Au sommaire de ce BD, novembre 2023 : l’héritage du diable, du Batman, une maladie qui en rappelle une autre, les aventures de Sinbad le marin, le convoyeur, le temps des cités.

L’héritage du diable

Tout commence dans un appartement parisien avec une jeune peintre. Ce dernier a rencontré une jeune femme il y a quelques années. Ils se sont aimés une seule nuit. Le lendemain, plus personne, mais ce moment reste à jamais gravé en lui. Il peint de façon obsessionnelle son portrait. Un ami à lui vend l’intégralité de ses toiles à un brocanteur, pour payer ses dettes. En voulant récupérer ses toiles, il trouve une illustration du Moyen Âge sur laquelle est représentée la jeune femme. En menant son enquête, il va voyager en Europe, mais aussi dans l’Aude, à Rennes le Château. Il va se retrouver au centre d’une intrigue mêlant les nazis et même le diable !

Difficile d’aller plus loin dans le pitch sans donner trop de détails. Les auteurs ont choisi d’utiliser une partie de l’histoire de l’abbé Saunière, qui apparaît dans la bd. Pour ceux qui n’auraient pas la patience de lire le long article de Wikipédia, l’abbé Saunière est un homme d’Église qui a fait fortune de façon mystérieuse. Pendant des années, des gens ont cherché son trésor. Dans la bande dessinée, il est fait référence à l’invocation du diable, une partie que je ne connais pas.

L’histoire est passionnante et le final particulièrement surprenant. La bande dessinée aurait pu faire beaucoup mieux en travaillant davantage les relations entre les personnages. Certaines scènes sont en effet totalement surréalistes, entre les je t’aime moi non plus. Cela n’entrave en rien à une excellente histoire en quatre tomes.

Batman the Dark Prince Charming

Contrairement à ce qu’on pourrait penser avec ce titre anglais, c’est un Italien qui a réalisé ce Batman. C’est suffisamment rare pour être remarqué. C’est Enrico Marini qui s’y colle, on le connaît pour son dessin extraordinaire notamment dans la série le scorpion. Même si ce diptyque est de grande qualité, on regrettera que Marini se disperse dans de nombreux projets au lieu de finir sa série les aigles de Rome.

Dans ce Batman, Bruce Wayne se voit présenter une jeune fille qui serait sa fille. Le Joker qui a besoin d’argent la kidnappe pour réclamer une rançon au milliardaire. La relation qui se noue entre l’enfant et le Joker est pour le moins étonnante, presque de la tendresse pour le psychopathe.

Une réussite tant au niveau de l’histoire que du dessin, sur ce point, on pouvait être confiant, Marini démontre qu’il fait vraiment partie des grands.

Dengue

La dengue est une maladie transmise à l’homme par les moustiques, un titre bien choisi pour cette bd en deux tomes. En Uruguay, le réchauffement climatique ont favorisé la prolifération des moustiques. Il se trouve que désormais, certaines personnes meurent des piqûres d’insectes, mais pas tous. Selon le nombre de contaminations, les hommes sont appelés à muter. Une nouvelle race née, moitié homme, moitié moustique.

Dengue est réellement une bande dessinée d’actualité. Écrite en 2015, elle fait très largement penser à la période COVID que nous avons vécue. On ne sort pas sans les combinaisons pour se protéger des insectes, on reste enfermé chez soi avec des systèmes d’aérateurs. Et bien sûr, on va y rajouter quelques thèses complotistes sur les vaccins.

Dengue est vraiment une très bonne bande dessinée, visionnaire.

Sinbad

Il s’agit d’une bande dessinée que je relis avec beaucoup de plaisir. Arleston dont parfois, on peut s’interroger sur ses qualités de scénariste, livre ici un triptyque intéressant. On a écrit beaucoup de choses sur Sinbad mais beaucoup moins ses dernières années. L’appropriation réalisée ici est très bonne. Aladin est devenu le khalife, et possède toujours la lampe du génie. Le génie, bien loin de l’image sympathique des films de Disney, est malveillant. Il explique à Aladin qu’il doit tuer tous ses fils, car l’un d’eux le tuera. Sinbad est sauvé par sa mère qui à l’instar de Moise lui permet de s’évader par la rivière dans son berceau.

Devenu adulte, il part en quête de l’identité paternelle et va vivre de grandes aventures. Une bonne histoire, avec un mélange des fables tournant autour des mille et une nuits réussie, supportée par l’excellent dessin d’Alary.

Le convoyeur, la bd de ce mois de novembre 2023

Dans un futur proche, une pandémie mondiale, mais pas une maladie des hommes, mais du métal. Tout le métal se met à se dissoudre, sauf le cuivre. La société telle que nous la connaissons s’effondre. Les hommes ne sont pas épargnés non plus, des mutations génétiques s’amorcent. Les naissances sont de plus en plus rares, et les enfants difformes. Dans ce monde qui revient en arrière et qui tombe dans le chaos, la violence domine. Le convoyeur, un homme qui serait immortel, remplit une simple mission pour qui lui demande. Il transporte des gens, des objets, en échange d’un œuf à avaler.

Le premier tome pose les bases de la bande dessinée et j’ai envie de dire plutôt mal. En effet, on pense qu’on va avoir un héros, le convoyeur, et qui va enchaîner les missions. Rien de bien passionnant, d’innovant. À la moitié de la bande dessinée, gros retournement de situation, rarement vu d’ailleurs dans une histoire où j’ai envie de dire qu’on change de personnage principal. Excellente surprise qui montre qu’il est parfois nécessaire de laisser le temps à une œuvre de s’installer.

Le temps des cités

Le temps de cités nous plonge dans les années 80 entre la région parisienne, Marseille et l’Espagne. C’est une période charnière dans la criminalité, le grand banditisme disparait au profit des quartiers. On va suivre un certain nombre de jeunes issus de la cité des Mirabelles aux parcours divers. Quatre jeunes embarqués dans la criminalité qui veulent se faire un nom, un policier, un avocat et leurs familles. Tout ce petit monde est lié dans les histoires de drogue, du bon ou du mauvais côté de la justice.

Des trahisons, du sens de la justice, la drogue, des assassinats, de l’argent et des filles faciles. Tous les éléments sont présents dans cette trilogie classique, mais particulièrement efficace.

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