Les limites de la réparation

Il sera ici question de réparation et d’occasion, d’acharnement thérapeutique et de green washing.

Le Kobo Touch ou gepy l’increvable

Je suis propriétaire d’un Kobo Touch depuis une bonne dizaine d’années. Il s’agit d’une liseuse à l’époque proposée par la Fnac, une rare alternative au Kindle d’Amazon. L’appareil avait pour intérêt d’accepter de nombreux formats dont le epub. Dix ans plus tard, l’appareil est encore fonctionnel, cela faisait un moment que je ne l’avais pas allumé, il a reçu une mise à jour. C’est typiquement le genre d’appareil prévu pour durer et que la marque a fait durer. En effet, pas de révolution dans le epub, nous ne sommes pas comme avec un smartphone avec lequel les normes, les logiciels changent tout le temps.

On pourrait donc imaginer qu’un produit « francophone », trouverait facilement sa batterie de remplacement. C’est ici que ça commence à coincer.

Il s’agit des premiers liens sortis. En fouillant un peu, aucun revendeur officiel pour une marque française. Les batteries sont en provenance de Chine et principalement AliExpress. Ce n’est pas que ça m’arrête mais j’ai dernièrement eu une très mauvaise expérience avec Fedex si bien que je préfère mieux acheter dans la zone européenne. Sur le site Ebay, on trouve des batteries expédiées pour 30€ environ depuis le royaume uni. Est-ce que ça vaut vraiment le coût de la réparation ?

Une liseuse neuve plutôt que réparer

En regardant sur ebay, je me suis dit que ce serait peut-être intéressant de regarder les liseuses d’occasion. En effet, le Kobo Touch est fonctionnel, mais il accuse le coup. Ce n’est pas un appareil très rapide, il n’est pas rétro-éclairé, et puis il a tout de même dix ans. Même si les technologies n’ont pas été révolutionnées pour les liseuses, les processeurs, la résolution, il y a des choses qui changent.

Je suis tombé sur cette annonce.

45€ frais de port compris pour une liseuse rétro-éclairée neuve. On peut se demander où est l’arnaque. Pour l’instant, je ne l’ai pas trouvée. Je suppose qu’il s’agit d’un lot d’invendus. En cherchant un peu, on découvre qu’il s’agit du français Bookeen parti à l’attaque du marché suédois. C’est donc une tablette Bookeen rebaptisée pour le marché suédois. Pour une raison que j’ignore et cela ne m’intéresse pas plus que ça, ces appareils sont en France. Au déballage, vous avez une liseuse en suédois… En farfouillant un peu dans les paramètres, on arrive au résultat suivant.

Comme on peut le voir, je suis passé au français. Sans avoir testé à fond la liseuse, il y a quelques bricoles que j’apprécie. La coque est intégrée à la liseuse ce qui évite un achat supplémentaire. Ce sera certainement aussi quelque chose que j’apprécierai moins avec le temps si l’usure prématurée s’en mêle. Le rétro-éclairage, une meilleure résolution et la rapidité.

La réparation ne doit pas se faire en dépit du bon sens

J’ai dernièrement évoqué mon histoire des tampons encreur de mon Epson. J’y évoquais notamment mon mécontentement quant à la politique d’Epson et de son simple compteur permettant de juger quand le tampon est plein ou non. La réparation ici avait largement du sens, quelques dizaines d’euros pour un appareil à 250 €. Le Kobo Touch ne part pas à la poubelle, il est récupéré par mon fils qui ne lit qu’en intérieur. Une prise secteur fera l’affaire. L’appareil va donc poursuivre sa vie. La réparation sans avoir la certitude d’acheter le bon produit n’aurait pas été judicieuse. En effet, l’absence de référence précise et des sites qui présentent un produit qui serait compatible avec tout est hasardeux. Rajoutons enfin que la réparation aurait coûté avec les frais de port une vingtaine d’euros, le changement de produit a du sens.

Je suis le premier à faire vivre du matériel d’occasion, à réparer les objets. Je ne tombe pas en outre dans l’intégrisme de le faire en dépit du bon sens. Lorsque le neuf, beaucoup plus performant, entre en concurrence avec le prix de l’occasion ou de la réparation, c’est qu’il y a un problème.

Occasion, réparation, même combat

À l’heure actuelle, sur le PC d’occasion, je constate une augmentation des prix. Les brokers surfent sur la vague de l’occasion, du recyclage pour proposer des prix qui sont désormais plus chers que le neuf. J’apparente cette technique à du green washing. L’écologie n’est qu’un simple argument économique pour faire vendre.

Ainsi, même si la réparation et l’occasion sont préférables, elles ne doivent pas faire oublier l’aspect économique. Je regarde actuellement pour changer ma tour et comme toujours, je scrute le marché de l’occasion. Sauf que lorsque je vois une offre aux environs de 350 €, sur le marché de l’occasion, j’ai des machines datées d’il y a plus de cinq ans et largement moins performantes. De plus, les facteurs de forme qu’elles proposent ne permettent pas le rajout d’une carte vidéo, même pas très grosse.

Enfin, les cartes mères ou les blocs d’alimentation sont tellement spécifiques que si ça lâche, vous en avez pour 90 € pour remplacer. Ces machines sont pourtant vendues particulièrement cher.

En conclusion, même si la culpabilité de ne pas réparer est bien présente ou d’acheter du neuf, l’argument économique doit être pris en considération, au même titre que l’argument écologique.

3 Comments

  1. Heu chef, Kobo c’est canadien, et ça a été racheté par Rakuten (Japonais) qui possède aussi Priceminister.
    Bonne affaire la Bookeen, c’est français (pour de vrai) et ça a malheureusement coulé pour je ne sais quelle raison et a été racheté par l’excellente marque Vivlio.
    Bookeen était en deal avec les espaces culturels E.Leclerc.

  2. Avec calibre pour gérer la bibliothèque numérique , la question du format epub ou autre pour envoyer vers la liseuse n’est plus un problème

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