Vampire Crawlers, le nouveau carton de Poncle

Poncle est le studio de jeu créé par Luca Galante, à l’origine du carton Vampire Survivors. Il vient de sortir avec Vampire Crawlers un jeu que je n’attendais pas et sur lequel j’ai encore une fois laissé trop de temps.

À l’origine Vampire Survivors.

En 2020, Luca Galante alors qu’il est au chômage sort Vampire Survivors. Il s’agit d’un jeu développé par une seule personne. S’il ne s’agit pas de l’inventeur du type de jeu bullet hell, c’est en tout cas celui qui lui a donné ses lettres de noblesses et de nombreux jeux du même type. Le principe du bullet hell est assez simple. Vous avez un personnage et vous ne manipulez que sa direction. Le personnage tire tout seul. Avec un concept simpliste, on peut arriver à faire des mécanismes de roguelite plutôt addictifs.

En effet, les hordes de monstres deviennent de plus en plus importantes, votre personnage gagne en expérience et finit par augmenter sa puissance de feu. Voici un exemple avec la capture ci-dessous où l’on comprend ce qu’on entend par horde de monstre et puissance de tir. Bien évidemment, il y a un côté jubilatoire à faire tomber les milliers de monstres.

La subtilité, c’est que vous allez rapidement atteindre votre plafond de verre, à savoir que vous n’allez pas finir le jeu d’une seule traite. Et c’est ici que vient se greffer le roguelite. Vous allez manquer de puissance et vous allez finir par mourir. D’ailleurs, si vous ne mourrez pas, vous mourrez quand même puisque les sessions de jeu sont dans un délai imparti. C’est la mort elle-même qui finit par vous tuer. De retour au camp, avec l’argent que vous avez ramassé durant le run, vous pouvez améliorer les caractéristiques, acheter de nouveaux personnages. On voit se dessiner plusieurs mécanismes qui contribuent à l’addiction. Le premier, c’est cette fameuse montée en puissance qui vous donnent envie d’y retourner. Le jeu est quand même paresseux dans ses mécanismes, les sessions relativement courtes, on se laisse tenter par une partie pour finir trois heures plus tard par dix parties. Le second aspect addictif, c’est l’aspect complétionniste. On est rapidement tenté par avoir tous les personnages, toutes les armes, remplir tous les défis aussi stupides soient-ils. Tuer des milliers de zombis, finir la bibliothèque avec tel ou tel personnage.

Il faut se rappeler que Vampire Survivors c’est l’œuvre d’un seul homme et que ce dernier ne s’est pas posé de questions quant à la réalisation. On a des sprites et des animations dignes de l’Amiga 500. Le jeu a été un véritable carton, preuve qu’on s’amuse de peu, et a donné cinq addons qui puisent dans des références culturelles comme Castlevania. Je ferai trois reproches principaux aux jeux. Le premier reproche, c’est le côté cryptique. Si les univers sont complètement idiots avec une fabrique de lait, des monstres qui n’ont aucune cohérence les uns avec les autres, cela fait le charme. Néanmoins, il y a certains passages dans le jeu qu’on peine à comprendre avec des actions qu’on ne maîtrise pas naturellement. On ne sait pas ce qu’il faut faire alors que le principe de jeu est simple. Le second reproche ce sont les addons. À faire, on se dit que vraiment ça ne coûte rien, on se retrouve ainsi avec des cartes supplémentaires, des personnages tirés de Among Us, on perd le sel du jeu, c’est purement commercial. Le dernier point, c’est la perte de temps.

Pour moi, jouer à ce type de jeu, c’est comme jouer à Candy Crush. Quand j’ai une notion de jeu vidéo qui est orienté vers le défi, ici, il n’y a pas de défi, c’est de l’abrutissement. Ce jeu fait parfaitement son office quand on est épuisé et qu’on est bon à rien, mais c’est tout de même du gâchis pour ma part. Il y a d’autres choses à faire.

À l’origine Dungeon Master et Slay Of Spire.

Entre la fin des années 80 et le début des années 90, le jeu de rôle PC comme on peut l’imaginer ce n’est pas Elden Ring, mais c’est le dunjon crawler.

Il s’agit de jeux dans lesquels vous dirigez des aventuriers et vous progressez dans un donjon. Des pièges bien sûr et du tour par tour notamment pour les actions. Vos personnages ont des caractéristiques qui sont plus ou moins différentes et on mettra à l’avant les guerriers, au second rang les archers pour finir par les magiciens ou les soigneurs. Ce type de jeu de rôles a vraiment bien fonctionné à cette époque et a fini par perdre de son intérêt quand on est passé en monde ouvert, en temps réel et plus au tour par tour. Ce qui est sympa dans ce type de jeu, c’est d’une part les pièges, la montée en puissance de vos personnages et bien sûr la volonté d’aller plus loin dans le donjon.

On a eu une petite tentative de retour avec Legend Of Grimrock comme vous pouvez le voir sur la dernière image et Might and Magic X: Legacy en 2014. Je pense qu’avec le succès de Vampire Crawlers, cela va relancer le genre, je l’espère en tout cas. Voici le décor de Vampire Crawlers et la force du concept, c’est de reprendre tout l’univers de Vampire Survivors pour le basculer en 3D. Je vous montre une capture ci-dessous.

C’est vraiment une force car on va retrouver l’intégralité de tout ce qui a fait le charme du jeu original dans un nouveau concept. On a donc l’environnement avec un dunjon crawler, il manque désormais le système de jeu : les cartes. Le deck building ne prend pas sa source dans le jeu vidéo, mais dans les jeux de cartes comme Magic The Gathering ou les Pokémon. Quand on parle de deck building, il s’agit de créer son jeu de cartes avec des cartes d’attaque, de défense ou de sort. Dans le jeu vidéo, c’est indiscutablement Slay the Spire qui est le représentant du genre. Dans Slay the Spire les attaques, la défense sont remplacées par des cartes. À vous de créer votre jeu de carte parfait pour défier les adversaires.

Slay the Spire possède aussi une construction de type rogue lite, à savoir qu’on va échouer, faire évoluer ses cartes, son personnage pour renforcer aller plus loin dans le jeu.

Le deck building combiné au dunjon crawler se marient parfaitement puisque le dunjon crawler est un système basé sur le tour par tour. Au lieu d’avoir votre personnage qui va attaquer à l’épée par exemple ou avec l’arme que vous lui donnez, il attaque avec une carte. Les cartes sont distribuées au hasard et vous pouvez les réaliser ou non selon votre quantité de mana. Voici les bases d’un jeu particulièrement simple et très addictif.

Vampire Crawlers fait le sans faute

La force d’un jeu pour ma part, réside dans la simplicité de ses mécanismes. Avec Vampire Survivors, on pouvait difficilement faire plus simple. La partie de Vampire Crawlers démarre dans une forêt, comme Vampire Survivors et vous commencez à rencontrer les chauves-souris. Vous avez vos premières cartes en main, vous faites vos premières actions, c’est limpide. Ce qui est pour ma part excellent, c’est cette facilité de prise en main, mais aussi la transcription d’un univers en temps réel en un jeu en tour par tour avec des cartes. Vous débutez avec un couteau, vous cliquez sur la carte, vous lancez le couteau. Présenté de cette façon, cela peut sembler idiot, mais c’est plus subtil. Toutes les armes, tous les monstres, tout l’univers passe à la 3D et au tour par tour. Un joueur de Vampire Survivors a la sensation de refaire le jeu avec un gameplay différent.

C’est donc rassurant pour un habitué, le nombre d’achats anticipés était d’ailleurs impressionnant, le jeu a été vendu à 1 million d’exemplaires sur Steam le temps d’un weekend. Cela confirme le côté « doudou » et rassurant, mais aussi une importante communauté derrière Poncle. À noter qu’à moins de 10 € le jeu c’est plus cher que Vampire Survivors pour un jeu de qualité avec une bonne durée de vie. Pour celui qui ne connaît pas l’univers, c’est plutôt sympa si on n’est pas refroidi par les graphismes qui restent les mêmes que l’original. Les mécanismes simples font le reste et l’addiction.

Comme pour les jeux de l’époque, on va retrouver le village avec les différents éléments qui permettent de progresser. La boutique qui exactement la même que dans Vampire Survivors et pour laquelle vous allez faire progresser les statistiques de votre personnage. La taverne dans laquelle on retrouve les héros qu’on délivre toujours de la même façon enfermés dans des cercueils.

Si dans le magasin, on a des caractéristiques communes pour tous les personnages, les personnages par eux-mêmes apportent des subtilités dans la manière de jouer. Je peux d’ailleurs vous dire comment j’ai fait pour finir le jeu et avec quelle combinaison. Plus loin dans le jeu, vous avez la possibilité d’avoir un personnage principal et de pouvoir lui ajouter trois personnages de plus. Vous avez une espèce de chien qui lorsqu’il tue ses adversaires permet de faire apparaître des cartes de vie. C’est en effet un peu le nerf de la guerre, à part quelques « poulets » cachés dans le jeu, pas de moyen de regagner de la vie autrement que par les cartes. Ainsi, avec ce personnage et une bonne force de frappe, vous avez la possibilité de regagner vos points. Le second personnage, c’est celui que vous voyez en rouge dans la galerie des héros. Ce dernier permet de gagner des réincarnations dans le jeu.

Le boss de fin est en deux parties, une première classique et une seconde qui lorsque vous le tuez, vous le voyez s’attraper à votre écran pour continuer à se battre. J’ai passé cinq vies et les réincarnations sont, je pense totalement indispensables pour réussir le défi. Il y a donc une stratégie, et j’ai dû changer plusieurs fois de personnages dans le jeu quand dans Vampire Survivors, vous pouviez prendre un peu n’importe qui.

Ce que je trouve d’assez positif, c’est que la perte de temps est limitée et que j’ai peu farmé dans le jeu pour pouvoir progresser. Par exemple, comme les donjons sont sur plusieurs niveaux, pour un donjon déjà fait, vous avez la possibilité de tuer tout le premier niveau. Cela vous permet d’aller plus vite. Plus loin, vous trouverez la possibilité d’accélérer la carte de façon à ce que les effets aillent plus vite. Quand dans Vampire Survivors la lassitude finit par s’installer, jamais, je n’ai trouvé le temps long dans le jeu grâce à ces petits « plus » qui vous rendent le jeu plus agréable ou qui vous permettent d’aller plus loin.

Ce qui est un peu plus négatif, c’est que je pense qu’il n’y a qu’une seule manière de jouer, le jeu propose des cartes qui sont incontournables. La stratégie de la résurrection citée plus haut, mais aussi la carte spéciale qui vous permet de jouer gratuitement la même carte du même type. C’est à partir de ce moment que le jeu prend un autre tournant, il vous suffit de multiplier la même carte pour faire de grosses vagues d’attaque.

Gros succès commercial, toutes les maps du jeu n’ont pas encore été retranscrites, il y a fort à parier qu’on retrouve une série d’addons sur le jeu. Et forcément, dans un univers connu, avec de nouvelles cartes, la tentation sera particulièrement grosse d’y retourner.

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