Dans le dernier épisode j’évoquais la transformation de l’arrière de la terrasse en véranda. Cela ne se fera pas pour les raisons suivantes. La première, c’est que pour réaliser cette véranda, il aurait fallu créer un mur de soutien que nous aurions monté nous même. Ce mur qu’on aurait monté d’un mètre pour gagner de l’argent et éviter d’avoir tout en verre. Le devis tout de même sortait à 13 000 €. Un mur de soutien, c’est une tranchée, ce sont des parpaings, c’est du béton, mais c’est surtout de la fatigue et l’absence de décennale. Pour être tranquille en cas de problème, il aurait fallu demander au maçon et ce n’est pas du tout le même tarif. Quand bien même, nous aurions monté ce mur à 1 mètre, pour le mettre au même niveau que les fenêtres de la cuisine, c’est trop haut. On perdrait la luminosité de la pièce. C’est donc une mauvaise solution. La maison ne s’est pas vendu au prix attendu si bien que dépenser 20 000 € pour un gain de 8 mètres carrés pour avoir tout en verre, c’est un caprice. Je voulais faire un bilan financier durant cet épisode, il viendra plus tard quand la vente définitive sera réalisée et l’argent sera sur les comptes.
Et pourtant il y a quelque chose à faire et il faut faire quelque chose. La baie vitrée est énorme et pèse un âne mort. Moi-même, je force pour l’ouvrir, pour mon épouse, c’est compliqué. Le volet roulant est très ancien, très grand, très lourd et le jour où il va lâcher, il n’y aura pas de possibilité de remplacer le moteur. Le compromis, c’est de faire sauter la baie vitrée, la remplacer et en profiter pour l’avancer d’un mètre.


Sur la gauche, la situation actuelle, sur la droite l’image générée par IA. L’idée, c’est de faire sauter le lambris sur les côtés et au plafond. Il y a un mur qui est collé contre la cuisine si bien qu’il ne sera pas utile de l’isoler. Par contre, sous le lambris, on a trouvé du crépi d’origine si bien que j’irai coller une plaque de BA13. De l’autre côté, soit je mets une BA13 avec l’isolant ou à nouveau rails et montants. Pour le plafond, ce sera rails et montants même si je ne suis pas forcément emballé de monter des plaques en hauteur. Néanmoins l’état du plafond avec crépi fait que le travail à réaliser est certainement trop important à faire par rapport au gain de temps à faire des plaques. On verra, l’idée est tout de même là.
Comme vous pouvez le voir, il y a un décalage de niveau assez important entre le niveau de la maison et l’extérieur. Au départ, je voulais simplement couler par-dessus et rattraper. Il est apparu que le carrelage qui était d’ailleurs le même que dans la maison a été mal collé à certains endroits. Il a fallu donc faire sauter cette zone. Seulement, en faisant sauter, il est apparu que ça partait très vite, j’ai viré l’ensemble.
Jean-Luc aka le père Noël et Benjamin sont venus me donner un coup de main. Vous noterez le retour du marteau-piqueur Titan de Brico Dépôt que j’ai racheté pour l’occasion. Les plus anciens d’entre vous se rappelleront l’époque où je creusais l’arrière de la terrasse.



Entre le début de l’écriture et le moment où je reprends ce billet, j’ai reçu le devis, moins de 7 000 €. On pourrait me faire remarquer moitié moins de surface, moitié moins chère, et pourtant ce n’est pas vraiment ça. Avec une montée des murs à 1 mètre, on aurait finalement eu moins de verre. C’est donc 6 000 € d’économie, pas de mur porteur à réaliser, c’est plus facile.
L’idée, c’est de boucler les travaux d’extérieurs immédiats, c’est-à-dire les travaux qui font du bruit avant la fin du mois de juin. Il faut comprendre que nous vivons sur la station balnéaire de Saint-Pierre la mer et que nous avons un arrêté municipal qui interdit le bruit entre juillet et août. Nous sommes un village d’environ 1500 habitants à l’année pour être à plus de 30 000 personnes durant l’été. Dire que le touriste est le portefeuille de la station est un euphémisme. C’est certainement une erreur, car un village qui attend le touriste, c’est un village qui meurt. Ma fille à 22 ans était l’une des plus jeunes des enfants du village, c’est dire. Les maisons sont trop chères pour les uns qui voudraient s’installer à l’année, et ceux qui auraient les moyens ne tentent pas la vie à l’année justement, alors que nous ne sommes pas si loin de tout. À vingt kilomètres de Béziers et de Narbonne. Seulement, tout le monde ne supporte pas la vie au village hors saison qu’on rebaptise « Saint-Pierre la mort ».
Le touriste, il lui faut sa tranquillité, et cette tranquillité passe par le calme. Un calme relatif qui fait qu’on ne supporte pas le marteau-piqueur en journée, mais pour la fiesta jusqu’à deux heures du matin, ça ne choque personne. Les plus anciens d’entre vous se souviendront qu’un jour de juillet il y a treize ans quand il faisait moche, j’avais tenté le marteau-piqueur pour me retrouver avec trois policiers municipaux. Je profite de cette petite escapade textuelle pour vous montrer quelques photos du village.



C’est un village qui se prépare à l’été, la grande roue et le plus gros marché de l’Aude. Saint-Pierre la mer a connu son heure de gloire avec la bulle de Saint-Pierre. Il s’agissait d’une avancée souterraine dans la mer qui aurait donné une espèce d’aquarium géant. Un projet d’envergure puisque l’inauguration aurait dû se faire de façon synchronisée avec l’astronaute Patrick Baudry depuis l’espace. Seulement entre les problèmes de fabrication, quelques magouilles, la bulle a pris l’eau. Neuf millions d’euros jetés à la mer, un million d’euros supplémentaires pour enterrer le projet au sens propre. Pas besoin d’aller bien loin pour trouver de la mauvaise gestion de l’argent public.
Dans ces fameux travaux qui font du bruit en extérieur et qui vont utiliser des engins de chantier, il a deux choses à faire. La dalle pour poser la baie vitrée et l’évacuation. Souvenez-vous, il faut remonter aux premiers épisodes de notre série. J’embauche un déboucheur de Narbonne, le diagnostic tombe, une canalisation cassée à l’intérieur de la maison, canalisation complètement bouchée en sortie par des racines. Nous créons donc une nouvelle canalisation dans la maison en 40 du fait qu’elle corresponde à la douche et au sanibroyeur. Le problème qui se pose, c’est de relier l’ensemble à la sortie, au regard.
Le système de regard à l’extérieur est certainement le truc le plus foireux que j’ai eu l’occasion de voir.



La première photo montre la situation « au départ », disons quand on a dû faire sauter le sol pour voir les canalisations. La canalisation qui est entourée avec l’ovale, c’est la canalisation des toilettes, c’est celle qui est encore vivante. Il faut comprendre que tout ça était enterré et donc inaccessible ce qui est une hérésie pour une canalisation. La suite de cette canalisation que vous voyez dans le rectangle de la photo deux est composé de briques sur les côtés et le sol est une espèce de béton de deux centimètres maximum. Le tout fini par s’écouler dans le regard que vous voyez plus loin. C’est donc, absolument n’importe quoi. Il faut ainsi mettre un regard en sortie de la canalisation des toilettes de la maison et faire rentrer le tuyau en 40 dans ce même regard. Il fallait creuser entre le marteau-piqueur et sortir à la petite pelle, pour pouvoir poser le nouveau regard. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai fait ça la veille, je n’ai plus de dos.
Je profite ici pour faire une parenthèse sur le prix des choses. J’achète beaucoup de choses chez Bricodepot ou Bricoman et c’est souvent satisfaisant. Parfois quand on achète plus cher un matériel, on comprend la différence.


Un regard, c’est comme ça. Vous avez des trous pré-percés, il faut taper de dedans à coup de marteaux. Il se trouve qu’en tapant, c’est le reste qui s’est fissuré. Départ pour BigMat mes nouveaux amis. J’ai payé 30 € après une grosse ristourne du patron qui a dit qu’il trouvait que le prix était chaud et ça n’a absolument pas de rapport quand vous passez du produit précédent au suivant. Le poids, ça je peux vous dire qu’on l’a senti passé, le fait qu’il soit fibré, la découpe. Le prix, ç’a de temps en temps du sens et c’est certainement une garantie dans ce cas de tranquillité notamment sur les canalisations. Je salue ma fan base qui remarquera que j’ai passé une journée complète dans une canalisation de caca qui remonte jusqu’à plus de cinquante avec ma petite pelle.
La première photo correspond au positionnement du regard. Trouver la pente, trouver l’équilibre, à sortir et à remonter le regard, je suis désormais Tibo Inshape. Je n’ai pas eu le temps de prendre les photos intermédiaires que mon collègue avait déjà mis du sable. Pour éviter d’utiliser le système des briquettes et du béton au sol, on a préféré reprendre le chemin en faisant passer un tuyau de 100. C’est ce dernier qu’on voit en sortie dans le regard dans la troisième photo. On recouvre d’un lit de sable, puis on enterre. Il manque à présent à relier la canalisation en 40 sur le regard béton et on pourra utiliser l’eau dans la maison. Il ne manque à ce propos que le meuble de salle de bain qui se trouve à l’étage, mais il faudra faire le parquet d’abord.



Voici la version quasi définitive. Il a été nécessaire de rajouter une rehausse supplémentaire. Comme on le voit dans la photo ci-dessous, la canalisation arrive juste au-dessus du regard en béton. J’ai fait le choix du polypropylène pour deux raisons. La première, c’est que je voulais éviter la rehausse béton pour éviter de faire un poids potentiel sur la canalisation de sortie de la maison. La seconde, c’est la facilité pour percer. De plus en cas de problème, on n’ira pas ramer pour retirer l’ensemble. Ce n’est pas, je dois le reconnaître, l’installation idéale, mais force est de constater qu’on part de loin. Il aurait fallu faire sauter tout l’ensemble et tout reprendre, mais cela voulait dire aussi s’attaquer au regard initial.
Il ne restera plus qu’à remplir par la suite. Combler partiellement avec de la terre et mettre un lit de sable sous les tuyaux. Il est à noter, mais nous le verrons dans la saison 2 que nous allons poser une terrasse bois au-dessus. L’aspect du sol n’a donc pas beaucoup d’importance, ce qui sera en outre indispensable, c’est d’avoir un accès facile aux deux regards. Il faudra faire des découpes astucieuses dans le bois. Je peux vous garantir par expérience que l’accès aux canalisations est un point névralgique. Quand on sait que tout était enterré, partiellement cassé, ça n’a pas posé de problèmes aux précédents propriétaires d’avoir des écoulements sous-terrain…

Nous avons pris un peu de retard dans les travaux et en fin de compte finir la partie bruyante est une priorité. Faire la dalle de béton maintenant, c’est stratégique. On peut faire la commande de la baie vitrée. Du fait d’avoir des délais qui vont entre 8 et 12 semaines, auxquelles vous pouvez rajouter le mois d’août où personne ne travaille, c’est la garantie de faire les mesures pour des travaux à la Toussaint. À l’instar des placos, j’ai passé ma commande chez BigMat, je continue de faire travailler local. Je sais que le chauffeur va rentrer dans la copropriété, le jour et l’heure qui m’intéressent, ce n’aurait pas été possible avec une grande enseigne. Au total deux palettes de sac de béton tout prêt soit 112 sacs de 25 kilos. On notera que le choix du béton tout prêt, c’est que la distance entre la bétonnière et le parking n’auraient pas été pratique avec l’impossibilité de passer avec une brouette. J’ai fait le choix des sacs de 25 kilos plutôt que le standard à 35 kg pour éviter de se casser davantage le dos.
Nous avons fait ça le mercredi après-midi, comment vous dire que les températures dans le sud de la France ne sont pas vraiment clémentes. On retrouve la fine équipe des profs du lycée.





Pour la préparation, il faut fixer le treillis dans l’ancienne dalle et maintenir l’ensemble avec du scellement chimique. L’idée, c’est de faire le joint entre les deux dalles et éviter de cette façon d’avoir des fissures. Pour le reste, c’est classique. Même si on sait que le résultat n’est pas parfait, l’idée sera de faire un ragréage ou de rattraper un peu à la colle, puisqu’il faudra carreler 4 mètres carrés.





Je vais clôturer ce billet qui est déjà assez long et plutôt cohérent autour de la maçonnerie. Je dois rendre les clés si tout va bien dans la première quinzaine du mois d’août. Nous allons profiter du dernier samedi du mois pour faire du bruit puis retour à l’intérieur. La pose du parquet à l’étage va nous permettre de commencer à déménager plus largement.
Je dois reconnaître que cette semaine a été particulièrement épuisante, l’aspect positif, c’est qu’il ne reste plus que les réunions, la surveillance du DNB et les corrections.