À 8h30 ce mardi, le plombier se présente à mon domicile. L’adresse de la nouvelle maison est tellement introuvable qu’il vaut mieux se faire guider surtout quand il y a une coupure totale de réseau mobile sur le village. Comme si ce n’était pas assez compliqué, autant rajouter une complexité supplémentaire en étant injoignable. J’explique la situation au « déboucheur », il revient au « regard » que j’avais excavé.
Souvenez-vous dans le précédent épisode j’avais excavé un regard avec la canalisation des toilettes. Je m’étais arrêté parce que j’avais vu la briquette et je commençais à trouver ça suspect. Le monsieur me dit, il y en a une deuxième à côté. On le voit assez nettement sur la photo de gauche.


Mon plan d’hier donc n’était pas le bon, il y avait un double coude qui donnait la sensation que ça partait en arrière. L’évacuation des eaux usées et des toilettes tombent donc au même endroit. Un nouveau plan s’impose. On a donc une logique tout de même avec une évacuation qui revient bien par l’avant et pas par l’arrière. Le réseau d’eau est donc parfaitement identifié, maintenant reste à connaître l’état des canalisations et j’ai le droit de m’attendre au pire, à raison. Sur l’image de droite, vous voyez le monsieur du débouchage tirer comme un fou sur des racines qui sont coincées à l’intérieur de la canalisation. Et c’est en fait pire que cela.
Souvenez-vous encore hier, j’écrivais avec une certaine satisfaction que nous avions réussi à déboucher la canalisation de l’évier puisque l’eau s’écoulait de façon naturelle. Sauf que dans ma théorie du second regard à l’arrière, je pouvais me dire que si je ne voyais pas l’eau, c’est parce qu’elle partait effectivement à l’arrière ce qui expliquait que je ne voyais rien à l’avant. Cela veut dire que toute l’eau que nous avons envoyé à l’intérieur n’est jamais sortie. Il faut se dire que l’eau s’est tout de même évacuée et que les racines ne sont qu’une partie du problème.
Je regarde donc la caméra passer dans le conduit du lave-vaisselle, évier, machine à laver, et on voit dès le départ une bonne grosse fissure sur plusieurs dizaines de centimètres. Rajoutez à cela que les racines sont profondément enfoncées dans la canalisation et on peut conclure que la canalisation est morte.

En effet, il serait possible de passer de l’époxy pour faire un chemisage, mais c’est un calcul. 300€ le mètre de canalisation, rajoutons à cela les racines qui ne partent pas. Extraire la canalisation couterait une fortune, elle passe en effet sous les poutres bétons de la maison, mon maçon m’expliquait que les travaux sont tellement lourds qu’il n’a même pas la décennale pour ce type de travaux.
Ne pouvant passer par la porte, ils décidèrent de passer par la fenêtre.
La situation pourrait paraître catastrophique, mais en fait pas tant que ça. Les toilettes s’évacuent bien et c’est le principal, car c’est un tuyau de 100. On pourrait s’interroger sur le fait qu’il s’agit de deux tuyaux de 100 alors qu’il y a une sortie pour un évier, une douche, un lave-vaisselle et j’en passe. Il suffit d’un tuyau de 40 pour évacuer l’ensemble. Comme je le montrais dans l’image d’hier, la conduite venant de l’étage, c’est du 80. À l’étage il y a un sanibroyeur, mais je suppose qu’il y avait un véritable toilette, on faisait des évacuations en 80 à l’époque. Mais en fin de compte, il me faut pour ma part évacuer un simple tuyau de 40 à l’extérieur de la maison, ou disons plutôt deux.
Le tuyau le plus facile va passer ici, le long du mur. On a fait un trou pour l’arrivée d’eau, il suffit d’élargir pour la sortie. On peut brancher en pagaille, des T pour faire tomber le meuble de la salle de bain, un receveur ultraplat, l’évacuation du chauffe-eau, et celle de la machine à laver. Je ne suis pas satisfait de la photo, mais comme je veux publier le billet ce soir, je fais avec ce que j’ai. Vous avez pu voir que le radiateur en fonte a disparu pour laisser une ouverture. Contre le mur à l’angle, un meuble de salle de bain, à côté une douche à l’italienne, dans la continuité le chauffe-eau et enfin la machine à laver. Complètement vers la droite se trouve la sortie de la maison. Ce n’est donc que trois mètres de tuyau. Il ne faut pas se rater sur la pente et il faudra peut-être un peu creuser la dalle.

Plus sportif par contre, c’est la récupération de l’étage pour le faire arriver à la sortie. Voici la canalisation, j’ai retiré tout le placo. Ce dernier est en effet inutile, comme la colonne puisqu’elle ne sortira plus par le sol. Il faut regarder la dernière image pour comprendre l’idée, idée qui fonctionne d’ailleurs, car c’est ce qu’on fait déjà chez moi. On coupe la sortie à ras pour remonter au plus l’évacuation de l’étage. On met un coude en 90° qu’on chauffe un peu pour donner un angle. On fait descendre le tuyau en 40 tout le long du linteau. On coffre le tout dans du placo. Au lieu d’avoir une colonne verticale, elle est horizontale. Pour une évacuation correcte, il est préconisé d’avoir une pente d’un cm par mètre. Le linteau mesure 30 cm de haut, on est à 7 mètres au moins des toilettes, c’est donc jouable et pas si difficile.
Il est à noter que si cette solution peut donner un côté bricolo, il s’agit en matériel de quelques tuyaux de 40, des coudes, des rails, des montants et du placo. En gros, une petite centaine d’euros pour remonter une évacuation quand l’actuelle m’aurait coûté des milliers d’euros.



Malgré l’aspect Titanic de la situation, on peut enfin commencer sainement
Quand nous avons acheté la maison avec mon épouse, elle trouvait que je chargeais franchement sur les travaux. Je lui ai dit que de toute façon ça se passerait mal et qu’il fallait commencer à prévoir le pire. Sur Mastodon, on m’a demandé si on ne pourrait pas considérer qu’il s’agit d’un vice caché. En fait non, car la maison a été achetée en l’état ce qui dédouane totalement le vendeur. Il faut se rappeler que nous avons fait l’achat d’une succession, et que les enfants ne connaissaient pas vraiment la maison. Les personnes ont fini par décéder « à l’intérieur » et ont certainement su s’accommoder des problèmes rencontrés sans certainement les réaliser. J’ai visité le regard des toilettes, l’une de mes grandes passions et j’ai trouvé des serviettes ou des mouchoirs en tissu. On comprend que les facultés mentales dans cette fin de vie ont dû être touchées.
Si vous pouvez avoir l’impression qu’on est dans le Titanic, en fait ce n’est pas exactement le cas.
- L’eau entre dans la maison. Le réseau est entièrement neuf, le problème de la fuite est éliminé même si tout est à construire.
- Les évacuations sont parfaitement isolées
- Le schéma électrique de l’existant est maîtrisé.
- Les arbres autour des canalisations ont été éliminés de façon à éviter que le problème ne se reproduise. Il faut quand même se dire que ces gens avaient eu l’idée de planter un arbre assez important dans un des angles de la maison, j’ai sorti des racines à plusieurs mètres et je pense que ce sont ces racines qui ont touché la canalisation.
Si on prend les deux premiers points, il y a quelques conséquences directes sur les travaux, ce qui prouve qu’il y a un ordre, et que les préparations sont toujours les plus laborieuses. Du fait d’avoir trouvé les deux regards à l’avant, il va être possible d’enterrer le plymouth d’arrivée d’eau et donc la tranchée qui va avec. Je vais pouvoir commencer à mettre à niveau pour préparer une terrasse béton qui couvrira l’ensemble. La terrasse étant plus haute, je vais pouvoir faire des rehausses de regard propres pour avoir le contrôle des eaux usées.
Une pause rangement
Afin de financer les travaux, j’ai pris 20000 € à la banque, mais ce n’est pas une somme pratique. Si par exemple, je veux acheter 2000 € de matériel, je dois d’abord payer puis présenter la facture pour avoir un remboursement. La banque contrôle de plus les tickets. Elle va par exemple m’interdire d’utiliser cette somme pour payer de l’électricité. On juge que c’est trop dangereux, alors que mon ami est électricien de formation. Nous avons vendu le garage que nous avions depuis des années pour récupérer une somme de 27000 € pour faire des travaux supplémentaires. Je crois que je l’avais écrit quelque part, mais on avait fait le calcul que 40000 € seraient nécessaires, mais en fin de compte, ce sera certainement plus. Si on prend des climatisations à 7000 € ça va vite. Des travaux imprévus comme refaire une terrasse complète à l’endroit du plymouth n’étaient pas prévus. Nous avons cette fois-ci, la liberté de disposer de cette somme comme nous l’entendons.
Il faut toutefois se rappeler que ce garage n’était pas vide, et si nous avons fait du ménage, nous avons récupéré de nombreuses affaires pour les mettre dans l’ancienne chambre de notre fille.

Sur la photo ci-dessus, je n’avais pas encore tout ramené, mais ça vous laisse imaginer la panique dans la maison. C’est invivable. Pour l’heure, je me suis occupé des priorités et j’ai été happé systématiquement par d’autres choses. Maintenant que la situation se stabilise, je profite des jours où je suis seul pour m’atteler aux placards de l’étage. Il y a quatre placards que j’ai récupérés dans un état pourri (comme le reste) avec des portes Kazed à arranger, on y reviendra dans un prochain épisode et je veux les finir d’ici à la fin de la semaine.
Même si on soulève un peu de poussière à l’étage, je compte sur l’étanchéité des placards pour me permettre de déplacer pas mal d’affaires d’une maison à l’autre.
Demain ce sont donc les courses à Bricodepot où j’ai vu des dressings à remanier un peu, mais qui rentrent, des plaques de mélaminé, des rails et des montants et des tuyaux de PVC. Il faudra aussi que je vide une masse de gravats assez importante. Même si faire des placards n’est pas important par rapport à la masse de choses qui sont à faire, finir quelque chose et faire de l’ordre font du bien à la tête.
Dans cette aventure, j’ai la chance d’être aidé par les amis et la famille, et d’avoir une répartition des tâches pour pouvoir avancer en même temps sur divers chantiers. Seul, la tâche aurait été impossible. Je tenais à rappeler ce point pour faire comprendre que ce genre de chantier peut difficilement se mener en solitaire. À titre personnel, il faut bien sûr savoir où l’on va, avoir des nerfs d’acier, de la persévérance, mais surtout de la patience. Il est important d’accepter que les choses ne se font pas en un jour et que certaines étapes même si elles semblent dépourvues d’intérêt sont fondamentales pour la suite des événements.
Bon courage pour la suite de tes aventures.
A pluche.