Les deux derniers épisodes de la série des Podcasts ont été réalisés par Benjamin, mes écoutes ont évolué, j’apporte ma pierre à l’édifice. D’un point de vue technique, j’utilise toujours AntennaPod, j’écoute toujours les podcasts dans la voiture ou dans des tâches mécaniques qui ne nécessitent pas de concentration comme les corvées ménagères ou la cuisine.

À une époque, j’aurais tenté la synchronisation entre mon ordinateur et le téléphone, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je n’écoute que depuis le smartphone, la seule différence, c’est le médium de sortie : autoradio, casque ou « airpods ». Quand je suis sur ordinateur, les tâches que j’exécute ne me permettent pas de me concentrer sur un podcast. Et puis, entre la route et les corvées, j’en ai assez pour faire tomber une liste d’écoute conséquente.

Je n’écoute plus les couilles sur la table et Legend

Depuis le départ de Victoire Tuaillon j’ai de plus en plus de mal à écouter l’émission. Victoire Tuaillon déjà débattait largement avec les invités, les échanges étaient beaucoup plus dynamiques, j’ai appris des choses, j’ai pu réfléchir aussi. Je me rappelle une émission qui racontait la constitution d’un camp composé seulement de femmes. Avant je considérais la volonté de non-mixité comme une façon sectaire de « virer » les hommes des discussions. C’est cette émission qui m’a fait comprendre que la présence d’hommes au milieu des femmes cassait complètement la structure, la dynamique qui pourrait naître par nos postures « naturelles ».

Et puis, je pense, qu’on a fait le tour de la question. Il ne s’agit pas de rejeter l’idée de la discussion autour de la masculinité toxique, mais de s’interroger sur l’idée que l’émission n’apporte rien de plus au débat. J’ai stoppé avec la série sur le « sperme », une série en quatre épisodes. J’ai arrêté quand les schémas classiques ont été posés : des groupes masculins, une toxicité de groupe, etc. etc. Et c’est d’ailleurs ici tout le paradoxe de dénoncer ces groupes en matraquant de façon systématique les mêmes propos sans explorer d’autres pistes. Les couilles sur la table est pour moi devenu une grosse bulle de filtres. On écoute la même émission sur de légères variantes en dénonçant les mêmes choses.

Je regrette l’émission des débuts qui ne passait pas seulement son temps à dénoncer le patriarcat de manière brutale, mais qui amenait les gens à réfléchir sur certains comportements et qui explorait d’autres pistes pour sortir justement de ce même patriarcat. Dire que l’émission est une caricature d’elle-même est un peu exagéré, mais c’est mon ressenti global.

J’écrivais que j’écoutais de moins en moins d’épisodes de Legend qui était devenu bien trop racoleur. Comme je l’écrivais, Je suis passé aux interviews longues d’hugodécrypte, les grands formats. On se rend compte que Legend ou hugodécrypte c’est même combat, des gens qui viennent faire leur promotion, mais qui le font de manière « détournée » en revenant principalement sur leur vie et qui réussissent à placer leur événement du moment de façon plus brève que dans les interviews télévisées traditionnelles. Alors que Legend matraque avec trois invités par semaine, les interviews ici sont beaucoup plus rares, à raison d’une par mois.

La fabrique du mensonge

La fabrique du mensonge est une série de podcasts sur les Fake News de manière générale. Il s’agit d’une série de quatre épisodes sur une thématique précise. Élection américaine, l’affaire Depp / Amber Heard, plus classique comme le complotisme spatial ou encore les manipulations de la Russie. C’est assez intéressant, car on revient après les faits, alors que l’opinion publique s’est fait son opinion ou disons que nous en sommes restés à ce que la presse a bien voulu nous raconter. On se rappelle par exemple des mains à la peinture sur le mémorial de la Shoah, tout le monde s’indignait et voyait à nouveau un acte antisémite. Les journaux ne sont pas revenus dessus, mais il s’agissait d’une opération de déstabilisation issue de la Russie, une parmi d’autres. Et on y va même sur une interrogation plus large. Souvenez-vous des punaises de lit, lorsque Poutine fait un commentaire, on s’interroge et on se dit que la vague que nous avions pris de plein fouet serait peut-être une manipulation de nos médias par la Russie. Toujours dans le même registre, sur cette fameuse information qu’on aurait bien voulu voir traitée à nouveau, j’en étais resté à la victoire de Johnny Depp sur sa compagne Amber Heard. Dans l’imaginaire collectif, lorsqu’une victoire juridique est remportée cela veut dire que la partie adverse a perdu et par le fait qu’elle a menti. Le podcast revient en détail sur l’affaire, sa prise en main par les sphères masculinistes. Il apparaît que ce n’est pas si simple que cela et qu’en fin de compte la victoire de Depp ne soit pas justifiée.

Ce qui est assez inquiétant avec ce Podcast et c’est pour cela qu’il est indispensable, c’est qu’il montre que le faux est devenu le vrai. La presse s’emballe sur un sujet, donne les conclusions du moment, mais ne revient pas en détail sur les affaires, sur les faits. Dans une société dans laquelle tout va trop vite, on réalise que nos connaissances sont erronées et qu’il y a tout intérêt à creuser les sujets.

Code source le podcast du Parisien

Le format du Parisien est intéressant puisqu’il est relativement court, entre 15 et 25 minutes. On revient sur des actualités, des faits divers dont parfois je n’ai jamais entendu parler. Dernièrement j’écoutais l’affaire Frédéric Péchier l’anesthésiste accusé d’avoir empoisonné les patients de ses confrères afin de les décrédibiliser. On trouve des affaires en lien avec l’actualité, mais aussi comme dans le cas de la fabrique du mensonge, des retours sur d’autres affaires moins connues comme celle de Gilles d’Ettore ancien maire d’Agde manipulé par une fausse voyante ventriloque. Si tout le monde a entendu parler de l’affaire de ce maire dupé, la force du Parisien, c’est d’apporter le complément de l’enquête, cette partie de l’information qui correspond à l’investigation des journalistes. On découvre un maire qui est marqué par le décès de son père, une « voyante » qui a connu les services sociaux et qui vit dans l’obsession d’être aimée.

Ce que j’aime dans ce format, c’est qu’il est suffisamment long pour aller plus loin que la simple dépêche, mais qu’il est suffisamment court pour ne pas lasser l’auditeur.

Mediarama

Mediarama est une bizarrerie qui ne plaira pas à tout le monde puisqu’il s’agit d’un podcast qui est orienté autour de la technologie, de la valorisation des contenus. C’est assez détestable pour certaines écoutes. En gros, vous avez l’impression parfois d’écouter des « mornings routines inspirantes » de cadres dynamiques sur Linkdin. Les anglicismes sont de rigueur avec de nombreux termes techniques employés, une espèce de forme positive qui font vraiment jeune cadre dynamique de l’entreprise. Si on est capable de faire abstraction, occasionnellement, je n’en ai pas été capable et j’ai coupé l’épisode souvent long entre une heure et une heure trente, on a de temps en temps des épisodes intéressants sur l’entreprise et plus précisément les entreprises informatiques, de communication. J’avais par exemple écouté une responsable de Telerama expliquer comment elle avait changé le fonctionnement du journal et du site internet pour faire exploser le nombre d’abonnés numériques.

Pas pour tout le monde, mais on peut trouver son compte si on s’intéresse à ce milieu.

Programme B, Hardisk Stories, transfert restent des valeurs sûres

Transfert est certainement le podcast que j’écoute depuis le plus longtemps, c’est assez inégal, mais on retrouve des histoires qui sont touchantes et surprenantes. J’ai écouté il y a quelque temps une histoire d’amitié hors norme avec un escroc. De la France à la Thaïlande pour se faire dépouiller par ce fameux ami qui était en permanence sur le fameux gros coup qui ne vient jamais. À la fin, désolé pour le spoil, le fameux escroc explique qu’il a eu un accident et qu’il est devenu tétraplégique. Il explique qu’il a prévu de mettre fin à ses jours et qu’avec l’argent de l’assurance, il remboursera tout le monde. Alors qu’on pense que c’est encore un grand bobard, le plus gros, tout le monde s’étonne d’avoir un virement important sur son compte. L’escroc qui avait passé sa vie à mentir est mort de façon honnête, honorable.

Depuis quelque temps la formule a su se renouveler, elle propose parfois la même histoire racontée par les deux personnes qui l’ont vécue. L’une des plus belles histoires que j’ai pu entendre est celle d’une jeune femme qui a vécu un véritable drame personnel avec son compagnon qui a pris en otage son ex-compagne pour finir abattu par les forces de l’ordre. Elle croise la route d’un gamin d’une quinzaine d’années, sans papiers qu’elle finit par héberger et « éduquer ». Un podcast qui met la patate et qui rappelle que la générosité n’est pas morte.

Programme B est une émission de Binge Audio et à l’instar des couilles sur la table j’aurais pu avoir peur d’un enfermement. En effet, pas mal de sujets sur l’extrême droite dans Programme B, mais pas seulement et c’est pour cela que le programme s’en sort. Des enquêtes sur les petites villes de France ou encore cette série sur les nonnes belges qui ont vendu leur cloitre pour s’acheter un château en France, des voitures de luxe et des chevaux de course. L’émission reste suffisamment diversifiée et par le fait, surprenante, pour réussir à capter l’auditeur. En ce qui concerne Hardisk Stories c’est toujours aussi prenant et délirant. Dernièrement, j’ai écouté l’histoire de ce prisonnier japonais qui s’est évadé quatre fois de prisons réputées comme les plus sécurisées du pays.

Conclusion

Durant les vacances, j’ai accumulé cinquante heures d’écoute. C’est un peu biaisé, car du fait d’avoir démarré l’écoute de code source récemment, j’ai écouté les rediffusions estivales que je n’avais pas entendues. L’an prochain à la même période, je n’écouterai pas ces rediffusions. Tout ça pour dire que j’ai accumulé plus de cinquante heures de retard. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai désormais quarante-cinq heures de retard. Je ne pourrais pas dire que c’est beaucoup. En effet, si on fait le compte que j’ai fait plus de cinq heures d’écoute négative en tenant compte des épisodes qui se sont rajoutés durant la semaine, cela voudrait dire qu’en dix semaines d’écoute, je n’aurais plus rien à écouter.

Pour l’heure et du fait d’avoir quand même de quoi écouter, ne se pose pas la question de savoir que rajouter à la playlist. On verra quand je serai tombé à zéro. Ce qui est certain c’est que des formats de moins d’une heure, je trouve ça plutôt bien, je n’aurais peut-être plus la patience de m’embarquer dans des émissions comme Thinkerview par exemple.

One Comment

  1. Avec tes suggestions je m’approche dangereusement des 50 abonnements !

    Perso j’aime bien « Enfin, peut-être » de Rasoir d’Oc, « La force de la non-violence » de Célia Grincourt, « Le psy du travail » sur la plateforme d’arte, « Nourrir le vivant » du Cirad, « Un podcast à soi » de Arte Radio, « Autour de la question » de RFI, et « Avec philosophie » de France Culture. Tous ces podcasts ont un flux RSS et sont encore actifs.

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