Dans la conclusion de l’épisode 6, j’écrivais que se poserait la question de trouver de nouveaux podcasts quand j’arriverai à 0. Il me restait à l’époque une cinquantaine d’heures. Mais seulement les travaux sont arrivés.
Je travaille rarement seul durant les travaux. Le fait de travailler en groupe, c’est fait pour discuter, pour échanger, pas pour s’isoler en tout cas. J’ai fait pendant un temps des journées de travail complètement seul, et il faut reconnaître que c’est plus motivant d’avoir quelque chose qui occupe le crâne quand on fait des tâches répétitives. Avec des journées de parfois dix heures de travail, vous imaginez que ma playlist de cinquante heures est partie assez rapidement. Je suis donc passé à la vitesse supérieure en rajoutant quelques podcasts supplémentaires. Il se trouve que deux, trois podcasts de plus peuvent avoir une influence conséquente sur votre timeline selon le rythme de parution desdits podcasts.
Les pieds sur terre
Il m’a fallu du temps pour adhérer aux pieds sur terre. Il faut dire que la comparaison avec transfert est plutôt immédiate. L’émission est en effet basée sur des témoignages. J’avais écouté quelques épisodes et puis je n’avais pas accroché à cause de cette comparaison. Les témoignages dans transfert sont largement plus travaillés, quelque part les pieds sur terre fait moins professionnel. À force d’écoute, on finit par se rendre compte que les témoignages sont différents. Transfert, c’est le témoignage d’une vie qui change, souvent avec une surprise, des cliffhangers, une découverte. Fréquemment dans un cadre que je qualifierai de « romantique », mais pas toujours. Dernièrement j’écoutais l’histoire d’une femme qui tombe amoureuse de son meilleur ami et qui finit par réaliser qu’il est mythomane. Sa vie s’effondre quand elle voit les mensonges qu’il a pu lui raconter. Transfert c’est souvent ça, mais pas seulement, je pense que l’un des témoignages les plus marquants, c’est celui de la fille de Gisèle Pelicot, Caroline Darian, qui raconte son histoire. Quand je parlais de cliffhangers, à l’époque l’affaire n’était pas du tout médiatisée, quand Caroline Darian décrit les troubles de sa mère pour révéler le fin de mot de l’histoire, on tombe de sa chaise.
Les pieds sur terre c’est différent. Il n’y a pas de surprise, pas de mystère, une histoire racontée parfois maladroitement, des témoignages, c’est presque une surprise systématique. J’ai écouté par exemple des gens qui expliquaient comment ils ont eu le cœur brisé. Il y a un homme qui parle de la mort de sa mère et je dois reconnaître que c’était particulièrement poignant, une vraie déclaration d’amour. Un couple frère et sœur contraint de vivre ensemble parce que ni l’un ni l’autre n’a trouvé l’amour. Des gens qui vivent à Neuilly dans une des rares résidences sénior du secteur, qui vivent l’envahissement des cafards. Actuellement une série sur le sauvetage en montagne. On y découvre l’histoire par exemple de la première intervention d’un médecin sur une avalanche. Alors que parfois dans transfert, l’aspect romancé donne un côté extraordinaire, ici c’est vraiment l’ordinaire qui prime. La variété des sujets surprend. C’est certainement la force du podcast, pouvoir s’offrir à pas cher des thématiques diversifiées, entendre des gens qu’on n’aurait jamais entendus.
Parfois, on rentre totalement dans l’histoire parfois, c’est plus compliqué et je zappe. En rajoutant un certain nombre de podcasts, je suis grimpé à plus de 100 heures d’écoute, je peux me permettre le luxe de passer au suivant. Dans l’ensemble, j’écoute la très grande majorité.

LSD, la série documentaire
Deuxième podcast de France Culture, on est dans la même veine que les pieds sur terre. Comme je le souligne plus haut, le podcast peut se permettre le temps et c’est encore plus le cas avec la série documentaire où l’on peut flirter jusqu’à 50 minutes et 4 épisodes ou plus. À l’instar des pieds sur terre, on accroche à certaines séries, moins à d’autres. Et dans le traitement, et dans une certaine forme de lenteur, de temps en temps, c’est effectivement trop long. Il y avait une série sur le retour du catholicisme et du durcissement de ses pratiquants avec par exemple le retour en force du jeûne. J’ai décroché au second épisode alors que la thématique est pourtant intéressante. J’ai écouté l’intégralité de la série sur le mal-être de la jeunesse. Principalement des témoignages de jeunes qui ont fini par être interné en hôpital psychiatrique. Les causes sont disséquées, on entend des spécialistes, on prend le temps d’écouter ces gamins écorchés vifs.
Dernièrement, j’ai fait les huit épisodes de l’effet chat, forcément avec trois chattes à la maison, difficile de ne pas être captivé. On prend encore ici le temps de balayer la partie historique, notamment l’importation des chats pour tuer les nuisibles, mais aussi les persécutions en lien avec les sorcières. L’une des théories développées, c’est que les fameuses sorcières étaient des femmes plus intelligentes que les autres et par le fait, elles représentaient un danger pour le patriarcat. Avec leur connaissance, il était logique qu’elles s’entourent de chats pour limiter justement les rats, éviter les contaminations, etc. Dans l’un des épisodes, on s’interroge aussi sur la cohérence entre manger de la viande et avoir des chats à la maison. Enfin, un épisode assez surprenant sur le chat, ce tueur né où l’on évoque les carnages que peuvent faire nos animaux de compagnie chez les oiseaux par exemple.
Comme pour les pieds sur terre, je n’écoute pas tout, mais cela reste intéressant de l’avoir dans une playlist.


Mais aussi les idées larges, crime story, les salauds de l’histoire
Les salauds de l’histoire ce n’est pas vraiment mon style de podcast puisque c’est du podcast RTL. Je n’aime pas le ton, mais le contenu reste pertinent. Il s’agit d’un spin off d’entrez dans l’histoire dont la thématique est dictateurs, criminels de guerre, ou même terroristes. On apprend par exemple que Ben Laden était un fan inconditionnel de Whitney Houston. L’histoire de Gilles de Rais, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc et meurtrier de centaines d’enfants dans des rites sataniques.
Crime Story est le second podcast du Parisien, j’écrivais que j’étais un grand fan de code source, le podcast d’actualité. En effet, ce format court est parfaitement mené, ni trop court, ni trop long et qui prend le temps d’expliquer l’actualité. Crime Story, comme son nom l’indique revient sur les grands crimes de l’histoire. Du moderne comme l’affaire Jubillar ou plus ancien comme Joël Levêque, l’homme qui avait assassiné trois des femmes qu’il avait épousées. Un format similaire, dans le sens court, mais démultiplié sur plusieurs épisodes.
Les idées larges est un programme d’Arte qui fait un peu réfléchir. Dernièrement, j’écoutais pourquoi obéit-on ? Il s’agit d’un compte rendu d’une enquête réalisée durant la période de la COVID qui a analysé les comportements des individus. Les enquêteurs avaient déterminé le nombre de types de profil qu’on avait dans la période et les différents degrés d’obéissance ou de rébellion.



Encore un univers avec un gros problème de visibilité
Il est assez intéressant de faire le constat que le podcast a totalement explosé sur les dernières années. Et pourtant on comprend deux choses. Le premier, c’est que le modèle économique actuel ne fonctionne pas. Ci-dessous, vous avez un post Linkedin de Victoire Tuaillon. Je vais tout de même me permettre une vacherie, mais c’est pédagogique. Victoire Tuaillon est la créatrice du podcast les couilles sur la table, que j’ai arrêté d’écouter. La jeune femme est une militante féministe contre les masculinités toxiques, le patriarcat. Participer à des réseaux sociaux comme Instagram qui accentue le suicide chez les jeunes femmes ou Linkedin le réseau social de la performance toxique montre la bipolarité des combats quand on met le numérique au milieu. Personne ne comprend rien au numérique. Je ferme la parenthèse.
Binge audio donc, la ferme de podcast qui dénonce le machisme, la droite, le racisme, notre société,, est en galère financière depuis des années. On ne s’étonnera pas, un matin, d’apprendre la faillite de la société. Dès lors, le « petit podcast » va avoir du mal à émerger. Sans surprise, le hit des podcasts est dominé par les chaînes de radio, RTL, France Inter, les autres. Il est remarquable d’ailleurs de constater que les radios contrairement aux chaînes de télévision ont su garder la main mise sur ce format quand YouTube, TikTok et les autres ont totalement échappé aux vieux modèles.

L’univers podcast est donc complètement dominé par les radios, par les professionnels et j’ai l’impression, je me trompe peut-être, qu’il est difficile de trouver de la diversité dans ses écoutes à part ces fameuses grosses plateformes. Par exemple, sur YouTube, à fortiori sur TikTok, des contenus divers, pas forcément connus apparaissent et sont source de proposition. Il y a dans les réseaux sociaux, TikTok, Instagram ou YouTube des incontournables ou des micro-influenceurs qu’on peut « facilement » trouver. Si vous googlez une recherche sur les podcasts à écouter, vous tombez de manière systématique sur les mêmes sites. Souvent des sites de podcast qui font leur propre promotion, mais vous êtes souvent réduits à des tops Apple, Spotify ou ACPM.
C’est donc un paradoxe que je note, une écoute très active avec des centaines de millions de téléchargements, mais la sensation que cela n’intéresse personne.
La moralité, c’est que comme pour le reste, je reste convaincu qu’une production loin des grands médias a sa place. Une production plus humble qui apporte un point de vue personnel sans rien attendre en retour comme une heureuse monétisation. À titre personnel, j’ai continué à faire un peu de podcast sur restez-curieux. Je dois reconnaître que le temps me manque entre les travaux, le reste et puis j’ai noté quelque chose que je n’avais pas prévu : le silence. Je me rends compte qu’obtenir parfois moins de dix minutes de silence dans la maison, c’est compliqué. Mode avion de rigueur, mais pas seulement, ma femme dans la maison qui se contente de vivre ou une chatte qui vous saute sur les genoux, pas toujours évident d’enregistrer.

Le premier podcast que j’ai réalisé il y a un an environ et que j’avais envoyé sur YouTube continue de façon étrange son petit bonhomme de chemin avec bientôt 10000 écoutes. Pour mémoire, c’est LibreOffice ou OpenOffice. Je vous invite à lire les commentaires, ça vaut son pesant d’or quand on est libriste. Le fossé qu’on peut avoir entre une idée du libre et l’utilisateur final, c’est quelque chose. En 2026 on a des gens qui découvrent qu’OpenOffice n’est pas un pare-feu est un projet plus que moribond et qu’il serait temps de passer à LibreOffice pendant que d’autres expliquent qu’ils sont ravis de leur OpenOffice qui roxe !