Les périodes de fin d’année sont propices pour réaliser des bilans sur l’année écoulée. C’est l’heure du bilan 2024.

Bilan hardware 2024

2024 est le début d’une réduction de la voilure. Je suis en train de faire le grand ménage chez moi, dans le hardware. Pendant longtemps, j’ai regardé les bonnes occasions au cas où. C’est une très mauvaise stratégie. On a aujourd’hui un véritable fossé dans l’informatique. Comprenez que si vous voulez monter un set gaming pour jouer avec tout à fond, il vous faudra compter 1200 € au bas mot. En outre, si vous cherchez une machine de travail, même un ordinateur portable, avec 150 € vous avez l’embarras du choix. Par le fait, trouver la bonne affaire du moment est un non-sens, surtout pour qu’elle reste dans le placard.

L’affaire Windows 11 a tout de même rappelé quelques bricoles. Un i5 de 4ᵉ génération, et un i5 de 8ᵉ génération, ce n’est pas pareil. Le passage par exemple de la DDR3 à la DDR4 fait la différence. Avec l’embarras du choix sur le marché, une situation dans laquelle on n’est jamais vraiment dans l’urgence, stocker est une mauvaise idée.

Pour l’heure mon matériel se limite à :

  • Une tour à tout faire. Jouer, travailler. Je pense que la console est morte, en tout cas pour ma part. Quand on voit qu’on trouve des licences comme God Of War sur PC, quand on voit le prix des PS5, des jeux qui vont avec, je ne vois plus l’intérêt d’investir dans ce type de machine.
  • Un ordinateur portable qui n’est autre mon Chromebook passé sous Linux qui me sert de façon exceptionnelle.
  • Un serveur avec Nextcloud. Il s’agit d’une machine de type ThinkCentre payé 60€ sur Ebay.
  • Un smartphone Android, une tablette Android pour lire des bd, une liseuse payée une misère.

Un désencombrement qui ne se limite pas qu’au matériel informatique, mais aux objets inutiles de la maison. La difficulté ici, c’est la vie en collectivité. Ce que je peux juger inutile pour moi, ne l’est pas forcément pour les autres.

Bilan software 2024

Quand je vois ma liste de jeux Steam, on aura beau m’expliquer que le jeu sous Linux est en progrès, ce n’est pas assez pour moi. Windows 11 apparaît donc comme un indispensable, à fortiori avec un arrêt de 10 dans l’année à venir. Au niveau des distributions Linux, toujours sous Linux Mint et pas de raison particulière de la quitter. Aucun souci de fonctionnement, les logiciels sont à jour, pas besoin de faire du bricolage.

Pour mon ordinateur portable, où je n’ai que 16 Go de stockage, mais aussi au lycée sur des configurations plus légères, je suis passé à Q4OS. C’est un pari quelque part, puisqu’il ne s’agit pas d’une grosse distribution, la fameuse valeur sûre. Néanmoins, le côté Debian, le bureau Trinity particulièrement léger, et l’aspect « out of the box » m’ont poussé à faire ce choix. Cela reste de la Debian, ce qui veut dire que je suis en version 7 de LibreOffice. Je n’ai pas la volonté de bricoler pour les outils du quotidien dans la dernière version si bien que je reste sur Mint sur du poste « récent ».

Pour les logiciels, j’ai envie de dire que c’est un peu comme tout, l’étau se resserre. En effet, alors que le logiciel libre vise à la diversité, dans les faits, tout se concentre autour des gros projets. Je cherchais dans la semaine un logiciel de conversion vidéo. À une époque, on en avait une pléthore. Aujourd’hui l’affaire se joue entre HandBrake et Avidemux. Ce n’est pas forcément grave, mais cela montre que promouvoir la diversité quand il est compliqué d’avoir des projets libres solides, c’est peut-être une option à revoir.

Par exemple, on voit se profiler, si ce n’est la fin de Firefox, un arrêt dans sa forme actuelle. Quand on sait que 86% des revenus, proviennent de Google, cela laisse songeur. Songeur sur le fait qu’il s’agit du seul navigateur web libre. Songeur sur cette communauté du libre qui crache sur Google qui fait pourtant vivre leur navigateur. Alors effectivement, on peut dire que la fondation Mozilla cumule les erreurs, mais Firefox et Thunderbird ce n’est pas rien tout de même dans une utilisation quotidienne.

Je fais donc le constat d’une raréfaction des logiciels libres. Il faut toutefois être objectif et faire le constat de ma diminution de besoin. Après tout, LibreOffice pour travailler, VLC pour regarder des vidéos, Firefox et Thunderbird, on a presque fait le tour.

À l’instar du hardware que je vide, l’idée aujourd’hui c’est de répondre au besoin, pas de le créer. Essayer tous les logiciels possibles, pourquoi pas, ça fait un article, mais d’un point de vue personnel, pour quoi faire ?

Alerte enlèvement, la presse et la culture sont portées disparues.

Mon agrégateur RSS compte désormais 19 abonnements. Vous retirez les deux flux de restez-curieux, et le RSS du Facebook par voie détournée de l’association des chats et je m’informe avec 16 sites. 2024, pour ma part, c’est vraiment la césure complète entre la presse gratuite qui écrit pour écrire et la presse payante. En ce moment, c’est la période des jeux gratuits sur Epic. Concrètement, l’actualité se résume à tel jeu vient de sortir. Les gars font des articles complets dans lesquels ils brodent pour faire cette annonce, noyée au milieu de l’article afin de voir les publicités. Ce que je vois au quotidien est particulièrement mauvais.

Niveau film, c’est la catastrophe. Ici encore, c’est certainement l’année où j’ai regardé le moins de choses. Si je ne supporte plus l’industrie du cinéma américain avec des blockbusters de plus en plus long, la production Netflix ce n’est pas mieux. Encore heureux le cinéma européen arrive encore à séduire.

Pour les jeux vidéos, je regardais mon bilan Steam, cette année, c’est Erdtree qui m’aura tenu en haleine et Lies Of P. Je réalise que j’ai beaucoup de mal à passer à autre chose que des Souls Like. Et malheureusement, force est de constater qu’à part From Software, difficile de trouver de bons jeux dans cette catégorie. Avec 18000 jeux sortis, c’est le même problème que les sites internet ou le cinéma. C’est purement quantitatif.

Un paradoxe en fait. C’est l’abondance, on a trop de tout et le qualitatif est particulièrement difficile à trouver dans cette masse. Culturellement, la bande dessinée franco-belge tient la route, de la même manière il y a toujours quelque chose à lire en littérature. Même si ici, c’est un problème similaire, l’auto-édition permet de trouver tout et n’importe quoi. On passe désormais plus de temps à chercher le qualitatif qu’à le regarder ou le lire. Et comme les sites sont très nombreux et pas forcément qualitatifs, ici encore trouver l’info, c’est compliqué. On y reviendra plus loin.

2024 sera pour moi de façon indéniable l’année du podcast. La masse de podcast est importante, mais il apparaît que certains ressortent plus que d’autres. Le FOMO de rater le podcast du siècle, tant pis, c’est comme le reste, on vit avec. J’affectionne d’autant plus ce médium qu’il me permet de rentabiliser mes longues heures de voiture au quotidien. Pas seulement, quand je joue un à jeu idiot qui ne demande pas de réflexion, ou quand je cuisine. Le podcast, c’est une manière pour moi d’écouter des gens dans le temps, qu’on n’entend pas. Des idées que je n’irai pas chercher par moi-même.

Enfin, c’est aussi l’année YouTube. Je regarde de plus en plus de documentaires notamment d’Arte. La compensation des films que je ne regarde plus et des séries que je ne regarde pas.

Restez-curieux ne va pas trop mal, mais…

D’un point de vue statistique, restez-curieux fonctionne convenablement avec plus de 3.5 millions de pages vues pour l’année. C’est très loin de la période cyrille-borne.com où je culminais à plus de 10 millions de pages vues. De là à dire que le troll mène à la réussite, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas. Il y a en effet un effet de conjoncture.

Il y a de moins en moins à écrire je pense pour des gens comme moi sur Linux et le logiciel libre. Ce que je veux dire, c’est qu’on est passé d’un stade de vulgarisation à un stade d’expertise. Comme écrit plus haut, on sent une rétractation dans l’offre, mais aussi dans les anomalies. Il est loin le temps où l’on était obligé de sortir la commande de derrière les fagots pour sortir de l’impasse.

On constate de plus une forte augmentation du trafic entre le mois de mai et le mois de juin, avec une forte baisse pour les mois de juillet et août. L’explication est simple, à savoir que les jeunes viennent pour les sujets d’annales de DNB et de BAC PRO avec les corrections que j’ai pu mettre en ligne. L’objectif de site scolaire est donc atteint, c’était ce que je cherchais. Plus vraiment le site de Cyrille BORNE, mais un site à vocation instructive.

Se pose aussi le problème de la blogosphère Linuxolibriste. À une époque, nous étions nombreux et il était facile de mettre les articles des copains en lumière. Désormais, la communauté libre qui publie sur les blogs est largement plus limitée, il ne reste que les shaarlis et le journal du hacker. Avec moins d’articles Linuxiens, pas de troll, je me condamne à une forme d’isolement.

Je rajoute une problématique supplémentaire dans le futur. L’intelligence artificielle va flinguer les petits sites. Déjà se faire repérer par Google relevait du défi, dorénavant avec l’intelligence artificielle, c’est mort. En effet, la requête dans l’IA vous sort un texte qui est générationnel, issu de quelque part. Cette action vous sort du mécanisme de recherche à savoir que vous prenez la réponse pour argent comptant. Moralité, inutile de rechercher pour le simple quidam. Je ne vous parle même pas du croisement de l’information, des contenus qui seront mis en avant et j’en passe. Ce qui est sûr, c’est qu’il sera demain encore plus difficile d’avoir de la visibilité. Ce qui est certain c’est qu’il y a tout intérêt à jouer la carte de la solidarité. C’est un coup à monter un « ring » des sites à vocation libre.

À contrario des statistiques de restez-curieux qui stagnent, baissent, les news de restez-curieux 500000 pages à plus de 600000 avec une forte progression depuis deux mois. Je n’ai aucune analyse à faire particulière pour expliquer le phénomène.

2025 sera solidaire

Durant des années j’ai pensé qu’il fallait faire du prosélytisme pour le logiciel libre et pour Linux afin de sauver le monde, c’était une erreur. J’ai entendu quelqu’un souligner dernièrement l’importance de l’engagement. Et cette femme disait que l’engagement ça commençait par aider son voisin. C’est une conversation qui était évoquée ici, et je remercie les contributeurs pour les échanges. En fin de compte, les deux ne sont pas incompatibles. J’ai un gamin qui avait des problèmes d’ordinateurs, et comme il n’a pas de sous, j’ai proposé de regarder. Il s’agit d’une machine HP qui était vendue à l’époque et qui embarquait 32 Go de stockage. Une hérésie, on ne peut plus rien mettre sur l’ordinateur pas même les mises à jour. Comme on peut le voir, j’ai passé l’ordinateur sous Mint et on a quasiment 18 Go de stockage. Il a pu faire son rapport de stage.

La dernière machine, elle aussi sous Mint est un ordinateur qui traînait dans mon garage. J’ai une maman au téléphone qui me dit que sa fille lui demande un ordinateur portable. Je dis qu’effectivement en cette année de troisième, on a pas mal de travail avec l’ordinateur. C’est une réalité, l’ordinateur disparaît des maisons avec les conséquences que cela entraîne. Des élèves de moins en moins à l’aise avec l’outil informatique et qui nous rendent des travaux papiers. La jeune aura l’ordinateur portable de la région dans six mois, j’ai prêté un ordinateur le temps de la période.

Deux enfants qui ont bossé sous Linux. Ça ne va pas changer le monde, mais ça permet de faire avancer la science. Pas forcément pour Linux, mais plutôt pour du hardware qui est reparti pour un tour. J’aimerais bien pouvoir développer ça, quand on sait le nombre d’appareils fonctionnels qui ne font rien dans les placards.

2025 sera solidaire, car dans un monde dans lequel tout fout le camp, dans un monde de plus en plus individualiste, il faut reconstruire le village. On peut désormais refaire le paragraphe en écrivant que j’ai pensé pendant des années fuir le monde qui m’entoure en trouvant des gens comme moi sur internet. C’est aussi un leurre. Local, penser local.

2025 sera l’année de la résistance à la performance

Quand vous êtes enseignant, quand vous travaillez avec des jeunes, vous avez un secret. On croit à tort que pour communiquer avec des adolescents il faut faire du jeunisme et c’est une erreur. L’adolescent contrairement à ce qu’on pense se moque totalement de votre âge, se moque de savoir si vous écoutez du Jul ou que vous avez lu le manga d’Inoxtag. L’adolescent la seule chose qui compte, c’est que vous occupiez de lui.

On va dorénavant arrêter de croire qu’il faut utiliser les outils à la pointe pour faire de la pédagogie, qu’il faut être de toutes les nouveautés pour travailler ou pour affronter le monde. La performance n’est pas une condition sine qua non de la réussite. La performance corrélée à une innovation qui tient plus de la course en avant que du progrès, n’est pas forcément si performante. Je crois que dans la notion de performance, c’est surtout la volonté de changer nos habitudes pour nous faire produire davantage. J’avais un collègue qui disait que le chemin le plus rapide était celui qu’on connaissait, il n’avait pas totalement tort, ni totalement raison. Vouloir emprunter un nouveau chemin pour qu’il soit moins efficient que celui d’origine est une mauvaise idée. Découvrir un nouveau chemin, plus agréable, plus rapide, pourquoi pas.

On va donc tous ensemble se rappeler que pour la majorité d’entre nous, nous sommes des gens qui ont des domaines d’expertise et ce n’est pas parce qu’une nouvelle tendance arrive que nous ne la maîtrisons qu’il faudrait croire en notre incompétence.

4 Comments

  1. Même constat sur le choix pléthorique mais qui ne voit rien sortir du lot…Quand je passe du temps à aider une BDD sur les Jeux vidéos, je le vois encore plus crûment en retrouvant des clones de clones…peut être sur les plateformes minimalistes trouve-t-on des concepts innovants, l’indé des consoles étant quasi mort.

    Pour ce qui est d’ailleurs des consoles, je ne vois toujours pas l’intérêt de la PS5 quand on sort la même chose sur la PS4…idem sur le duo XBOX One et c’est vrai que le prix des jeux et plateforme devient un problème. Je me suis éloigné de tout ça parce que tout simplement j’ai remarqué que j’ai « amassé » déjà suffisamment pour cette vie qu’il me reste, en comptant déjà tout le retrogaming non exploré, période où l’on explorait plus et ou on était curieux. Qui oserait aujourd’hui une simul d’alpinisme ou de ski nautique…

  2. Pour la culture, tout n’est pas totalement perdu : il reste le service public (toujours lui encore…) : Arte (comme tu les cites), France Culture (les émissions : « Les pieds sur terre » et « Mauvais genres » par exemple), Arte Radio (qui fait du très bon travail et d’excellents podcast).

    En informatique, je suis abonné à Next, c’est payant, mais franchement, ça vaut largement les 5 euros que j’y investis chaque mois. Hélas, leur situation financière – si j’ai bien compris – est plutôt précaire.

    Évidemment, il faut restez-curieux ^^, que l’on soit jeune ou vieux. Souvent, ce n’est pas qu’une question de diplôme.

    1. J’ai du mal avec les pieds sur terre qu’on peut comparer à transfert. Je n’arrive pas à rentrer dans les histoires. Pour Nextimpact, ce n’est pas forcément vers ce site que j’irai donner de l’argent. Je trouve qu’on a de l’information en informatique. Ce qui manque de façon générale ce sont des articles de fond, des réflexions, une autre manière de penser.

  3. Avec la presse traditionnelle qui passe sur l’IA, la seule source d’info valable sera celle rédigée par un humain.
    Ça explique sûrement le succès de ton blog/Shaarli.
    Les shaarlis sont humains donc ça passe.
    C’est comme quand les gens préféraient les guichets humains plutôt que les machines.
    Bayard a écrit que l’informatique est fatal, ta petite voisine âgée en fait les frais.
    L’avenir sera local et humain ou ne sera pas.

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