Quand Stephen King écrit que la tour sombre est son seigneur des anneaux, on se dit que ça se laisse tenter.
Stephen King, l’auteur que tu vois surtout à la télé
Si je devais trouver deux raisons pour lesquelles je n’ai pas lu de Stephen King, en premier ce n’est pas mon style de lecture. Adolescent, j’ai lu énormément de fantasy, mais je n’ai pas été attiré par le livre d’horreur. Par contre, à la même période, je me suis envoyé, comme tout gamin de mon âge, un peu tout ce qui se fait en film d’horreur. Les Freddy pour citer une saga. Je pense que chacun a son adaptation de King de référence. C’est certainement en fonction de l’âge, étant donné que cela fait 40 ans qu’on adapte. Le nombre d’adaptations des romans et assez important, avec des films plus ou moins réussis. Shining sorti en 1980 aura marqué la génération de mes parents par exemple. La scène de Nicholson qui casse la porte est d’anthologie.
Plus tard, la ligne verte avec Tom Hanks, quatre oscars dont celui du meilleur film. Misery avec une Kathy Bates qui crève l’écran et qui remporte aussi un oscar avec un véritable tremplin pour sa carrière. La liste est longue, très longue et comme dit, à chacun son film de King. Pour moi, c’est incontestablement le film Simetierre. Comme évoqué plus haut, à cette époque j’ai environ 15 ans et je regarde tout ce qui passe en film d’horreur. Je crois que ce qui m’a le plus terrifié dans l’histoire, c’est de voir l’homme reproduire les erreurs. Savoir ce qu’il va faire et savoir que ça va mal finir. Lorsqu’il enterre, son chat dans le cimetière indien et qu’il revient façon zombie, on imagine qu’enterrer le fils est une mauvaise idée.

La tour sombre, j’aurais tenu quatre tomes
Si vous voulez avoir des infos complètes sur la série, je vous invite à regarder WikiPédia. Benjamin, grand fan de l’œuvre de King m’a dit que c’était une mauvaise idée de commencer par celui-ci. Certainement le plus atypique et en plus un livre dans lequel l’auteur se fait plaisir en rajoutant des références à outrance. La terre dévastée comme dans le fléau, des personnages qui ont le « shining » et j’en passe. Des sites complets référencent l’ensemble des clins d’œils à l’ensemble de l’œuvre de l’auteur.
Dans les grandes lignes. Roland de Gilead est un pistoléro dans un univers qu’on comprend être plus ou moins le nôtre après un ensemble de cataclysmes. Le pistoléro s’apparente à un chevalier, sauf qu’il s’agit d’un cowboy avec des flingues. Cet homme a une obsession, la tour sombre. Il doit impérativement se rendre à cet endroit pour stopper la fin du monde. Dans sa quête, il ne sera pas seul. Vont se joindre à lui un ancien toxicomane, un adolescent, un chien qui parle et une jeune femme handicapée des deux jambes avec un dédoublement de personnalité. Ces compagnons ne viennent pas de son monde, mais de notre terre, à des époques différentes, dans le XX° siècle. En effet, dans le monde de Roland, il existe des portes qui donnent sur d’autres mondes.

Pourquoi je n’ai pas tenu ?
Lire de gros pavés ne me pose pas de difficulté. En outre, ce qui devient problématique, c’est quand l’auteur ne va pas à l’essentiel. J’écrivais plus haut que j’avais lu de nombreux livres de fantasy, notamment ceux de Michael John Moorcock. Moorcock avec son personnage Elric, en 1200 pages, il arrive à poser un univers formidable qu’il détruit. Le tome 4 de la tour sombre, c’est entre 800 et 900 pages. D’après Wikipédia, la saga complète s’étale sur 4000 pages.
Le tome 1 de la tour sombre est assez court, puisqu’il fait moins de 400 pages. Il pose les bases de l’univers, et encore. Voici le pitch. Roland poursuit sur 400 pages son ennemi de toujours, l’homme en noir. Et c’est tout. Voici ce qu’il se passe dans ce tome. King évoque régulièrement des personnages du passé de Roland. Et c’est au coin du feu, qu’il raconte son histoire, son passé. C’est une manière assez intéressante de faire les choses, l’auteur distille l’information au fur et à mesure des tomes. Dans ce fameux tome 4, Roland adolescent tombe amoureux de Susan Delgado, le grand amour de sa vie. On a du mal à croire que le maître de l’horreur, peut tomber dans une romance à l’eau de rose. Peut-être un hommage à autant en emporte le vent, puisque nous sommes dans l’univers western.
Si je fais abstraction d’une originalité discutable, même si le mélange des genres entre la fantasy, le futur et les cowboys est rare, c’est indéniablement trop lent pour moi. Comme je le dis assez régulièrement ici, il y a trop de choses à voir, à lire, pour s’entêter et perdre davantage de temps pour une œuvre qu’on n’apprécie pas.
La tour sombre, le film voué à l’échec
Une heure et trente-cinq minutes pour synthétiser les 4000 pages, on comprend que c’est mission impossible. Pourtant, la tentation est grande de faire une adaptation de King, quand on sait que ça paye. Plutôt que de se lancer dans une synthèse des huit tomes, le film va prendre des éléments du livre pour tenter de faire un film. On est donc avec un adolescent, Jake, qui a les visions d’une tour sombre. Il est poursuivi par des gens sans visage, ce qui lui fait comprendre qu’il n’est pas totalement fou. Il voit dans ses rêves, une maison, la même que dans le livre, qui lui permettra d’atteindre le monde du pistoléro.
Le film est difficile à comprendre, et pour celui qui a lu les livres, ou même partiellement, ou celui qui prend l’histoire comme ça : c’est obscur. On pioche donc quelques éléments, mais on est à des années lumières du livre. On ne retrouve pas les personnages d’Eddie ou Susannah par exemple, qui sont tout de même des héros de l’aventure. Des tas de scènes comme avec le train qui pose des énigmes, le film est autre chose. Il est aussi bien moins gore, la scène de viol par un démon, on se doute que ça serait difficilement passé.
Je trouve que le résultat est assez mauvais sans pour autant être catastrophique. En effet, ce sont les fans de King qui ont jugé le film, si bien qu’ils l’ont naturellement trouvé mauvais. En soi, c’est un film d’action au scénario plutôt décousu qui se laisse regarder.

En conclusion
Il y a toujours un problème avec le sens du vent, c’est qu’il faut souvent aller avec. J’ai pris pour habitude d’éviter ici de ne pas faire de critiques négatives. En effet, je pense qu’il vaut mieux parler de ce qu’on aime, d’être positif, plutôt que basher quelque chose. Je trouve toutefois qu’il y a quelque chose de gênant avec certains auteurs, c’est qu’on tombe dans le fanatisme. Concrètement, si vous allez sur les sites de critiques, je ne trouve que des propos dithyrambiques. Il me paraît important parfois de montrer qu’on peut être d’un avis contraire et d’en laisser une trace.
Je pense que si ce n’était pas Stephen King qui avait écrit cette série, les avis auraient été certainement différents. Je regrette aussi cette propension qu’on peut constater dans la littérature actuelle à faire gonfler le volume des livres, comme si on vendait au kilo. Je pense par exemple à Harry Potter. Il est d’ailleurs assez intéressant de pousser la comparaison avec le jeu vidéo et le contenu artificiel. Les fameuses quêtes annexes que vous allez trouver pour prolonger la vie d’un jeu, mais qui en fin de compte n’apportent rien. Le cinéma n’échappe pas non plus à la règle, avec des films qui avoisinent désormais les trois heures.
Dans un monde culturel dans lequel l’offre est bien trop importante, il n’y aurait aucune honte, bien au contraire, à faire plus court, plus efficace.
« d’éviter ici de ne pas faire de critiques négatives » … une négation en trop peut-être mais on se comprend.
King est bon dans un certain registre. J’avais aimé Misery en livre puis film. Ca, c’était plutôt sympa…pas forcément quand il se mèle de filmer. Le fléau aussi.. Et puis ce qui a été adapté avec succès (Shining, Carrie, Christine, )..;et tu vois que ce sont les années 70-80. Après j’ai du mal. PAs lu la Ligne verte même si j’adore le film. Et Hitchcok disait que les grands livres font de mauvais films, de toute façon…
Jamais lu de Stephen King, si ce n’est quelques chapitres de ‘Ca’ et puis pchitt.