Ready player one, Matrix deux versions dystopiques du Metaverse

Nous avons vu l’avenir proposé par Mark Zuckerberg, à savoir le metaverse. Le metaverse est un univers dans lequel les utilisateurs à l’aide de leur casque pourront se promener dans un monde virtuel. L’idée bien sûr est de vivre des expériences formidables et d’y rester le plus longtemps possible. Les sociétés comme Facebook vivant sur le temps de cerveau des utilisateurs, plus ils y passent de temps, plus ils laissent des données personnelles, plus Facebook gagne de l’argent. La société a donc tout intérêt à créer l’expérience la plus réaliste pour attirer les gens et les faire rester.

Matrix

La culture, au travers des livres, des bandes dessinées ou du cinéma a donné sa vision du futur, a réfléchi à des univers virtuels. Matrix n’est peut-être pas le meilleur des exemples mais c’est une illustration d’un metaverse. Néo (Kean Reeves) est un bureaucrate de jour, un hacker la nuit. Il est contacté par Trinity qui lui présente Morpheus un homme qui lui tient un discours mystérieux. Ces derniers essaient de lui faire comprendre qu’il ne vit pas dans un monde réel mais dans une illusion. Néo finit par s’éveiller et découvre qu’il est connecté à une machine qui le maintient dans une réalité virtuelle.

Dans le futur, une intelligence artificielle a fini par devenir autonome. Pour pouvoir s’alimenter en énergie, elle prend directement celle des humains placés toute leur vie en couveuse. Pour occuper les gens, ils vivent une vie normale qui est une simple illusion. La planète n’est plus qu’un champ de ruines, les derniers humains libres vivent dans la ville de Sion. Les machines les pourchassent, le but étant de les mettre dans des couveuses pour avoir toujours plus d’énergie. Un espoir pourtant, celui d’un prophétie, un élu serait capable de modeler la matrice comme bon lui semble, Néo serait cet élu.

Une trilogie culte

Matrix est une trilogie réalisée par les Frères Wachowski (aujourd’hui ce sont les sœurs) qui fait partie des films cultes, au même niveau qu’un Star Wars. Les réalisateurs du film ont réussi un très gros coup. Des phrases cultes, la notion d’élu, d’oracle, autant d’éléments qui vont parler à la culture geek. Une très forte inspiration dans le cinéma asiatique notamment pour les scènes de combat, du jamais vu jusqu’à ces films ou presque dans du cinéma américain. Un véritable goût de la démesure comme pour le combat final, Néo qui vole, des scènes de gros flingues au ralenti. J’ai envie de dire de façon générale, du plaisir. On n’a pas forcément l’impression que tout a été calculé comme les scénarios actuels des blockbusters américains

Matrix est culte, l’arrivée de meta est une bonne opportunité pour revoir les films.

Ready player one

Steven Spielberg est un réalisateur très connu. On lui doit E.T. l’extraterrestre, Indiana Jones, la liste de Schindler, les dents de la mer et de très nombreux autres films. Avec Ready Player One, Steven Spielberg nous propose un monde futuriste dans lequel les gens ont abandonné. C’est d’ailleurs assez intéressant comme positionnement, alors que nous assistons à la COP26 pour sauver le monde, ici on fait avec. Et forcément, entre la pollution, le non emploi, les gens préfèrent se cacher dans l’Oasis où tout est possible.

Le créateur de l’Oasis a disparu, il a laissé un défi. Celui qui trouvera les trois clés du jeu deviendra le propriétaire de l’univers virtuel. On va suivre les aventures d’un groupe d’amis dans ce monde virtuel et dans la réalité qui va s’opposer à une société bien organisée pour remporter le royaume.

Un futur plausible

Ce qui est intéressant dans cette vision du futur, c’est qu’elle est plausible. La vision proposée dans Matrix pourrait être plausible, mais imaginer une intelligence artificielle qui prendrait le contrôle, c’est plus éloigné. La vision du futur de Ready Player One c’est un peu celle qui nous est proposée avec Meta. Un univers excitant où tout est possible qui nous détournerait de la réalité. La compagnie qui essaie de remporter le monde virtuel représente les géants de la tech actuels. Spielberg n’hésite pas à égratigner les géants de la technologie qui sont capables des pires horreurs pour arriver à leurs fins, jusqu’au meurtre. Le monde dépeint est bien triste, des gens qui passent leur journée dans un monde virtuel, encore ici une critique de la société.

Si la critique de l’enfermement est accentuée c’est pour promouvoir le réel au détriment de l’illusion du virtuel. Spielberg insiste lourdement sur les apparences, le fait qu’on ne montre que ce qu’on veut dans le virtuel. L’alternance entre monde réel et monde virtuel lui permet de faire passer son message. Les gens sont moins beaux en vrai, le quotidien est sordide. Pourtant ils affichent le plus bel avatar dans un monde merveilleux. On pense nécessairement au réseau Instagram, où certains mannequins vont jusqu’à ne pas manger pour avoir un ventre plat. On pense aussi aux prédateurs sexuels qui se font passer pour des enfants, le virtuel n’est pas la réalité.

Un déluge de référence à la culture Geek

Spielberg est un réalisateur de premier plan, 175 millions de budget pour le film. Ce qui est délirant pour les geeks c’est le nombre de références qui sont faites à l’univers. D’après la page Wikipedia, il a fallu plusieurs années pour avoir les droits. On verra le géant de fer, la moto d’Akira, un remake de la fièvre du samedi soir, la liste est longue. Quand on est un peu geek, regarder ce film c’est vraiment Noël. Les effets spéciaux, les références, mais pas seulement. Où je trouve que Ready Player One fait fort, c’est dans la compréhension de l’univers Geek. Le développeur de l’Oasis est l’archétype du geek tel qu’on se le représente. Un peu caricatural, mais l’isolement des geeks, les relations virtuelles qui ont une grande importance, les complexes.

Ready Player One est un excellent film, une histoire super sur fond de quête, la cuture geek, une moralité positive.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *