Même si je sais que c’est mal, car les vampire survivors like sont ouvertement une perte de temps, j’ai du mal à jouer à autre chose. Il faut dire que l’attention est proche de zéro, que c’est un bon défouloir et qu’on peut faire des sessions rapides. J’aurais envie de dire que je n’ai vu aucune sortie qui pourrait m’intéresser. Les souls like qui aurait dû sortir prennent du retard. Quand on voit qu’Ubisoft en est réduit à ressortir un opus de Assassin’s Creed, je suis assez perplexe quant à l’avenir de la licence et du jeu vidéo en général. Je rajouterai enfin un problème de fond qui finira par me bloquer tôt ou tard, la capacité de mon PC à faire tourner les grosses licences. Avec l’augmentation du prix des composants, ce n’est pas le moment de changer de configuration. Il y a fort à parier qu’on regarde davantage du côté de l’indé, de l’émulation, à moins qu’on optimise pour faire tourner sur un maximum de configurations.
Ball X Pit ou le mélange des genres
Le scénario de Ball X Pit est pour le moins léger, en même temps ce n’est pas ce qui nous intéresse. Votre ville s’effondre et il va falloir arranger un ascenseur pour remonter à la surface. Le jeu tire son originalité de son hub central avec une gestion des bâtiments. Dans Vampire Crawlers par exemple, le hub central, la ville, n’était qu’un prétexte pour dépenser l’argent que vous avez récolté dans les donjons. Dans Ball X Pit, vous construisez votre ville. Les différents personnages que vous allez débloquer durant le jeu vont faire office d’ouvrier, en occupant certains bâtiments permettant de récupérer de la ressource.
En effet, pour construire les bâtiments, il est nécessaire d’avoir de l’or, du bois, des pierres et du blé. Comme vous pouvez le voir dans ma capture d’écran en bas à droite dans laquelle j’ai monté une ville à son maximum, les bâtiments sont nombreux. On va donc après chaque phase de combat créer des champs, des bois, des mines avec les moyens du bord, payer aussi une extension de terrain quand la carte devient trop petite et faire la récolte. La récolte est définie sur un temps limité durant lequel on choisit une trajectoire et vos personnages vont rebondir. Comme on peut s’en douter s’ils passent sur une ressource, ils la récoltent, mais leur action ne se limite pas à cela. Pour créer un bâtiment, il est nécessaire de ricocher plusieurs fois dessus.
On notera qu’afin d’optimiser la carte, les bâtiments peuvent tourner façon Tetris. Ball X Pit c’est une espèce d’hommage à tous les jeux du genre, comme on va le voir avec la partie action.



Le jeu en lui-même se présente comme un mélange d’Arkanoid, de shoot’em up, et de super pang. Votre personnage tire des boules qui vont rebondir sur les murs (ou pas, on le verra plus loin) pour décimer des hordes de monstre. Comme on peut le voir avec ma capture en haut à gauche, ça peut devenir rapidement fouillis et c’est particulièrement coloré. Durant chaque niveau, vous avez un boss de fin et deux boss intermédiaires. Si les deux boss intermédiaires peuvent être considérés comme des sacs à PV, pour le boss final, il faudra adapter une stratégie pour toucher parfois son point sensible. Dans le second monde par exemple, vous affrontez un boss qui est protégé par des boucliers de glace, il faudra trouver l’ouverture.



Votre personnage va gagner de l’expérience et gagner des « boules » supplémentaires ainsi que des pouvoirs qui vont influencer la puissance de tir ou la protection. Où le jeu lorgne du côté de Vampire Survivors, c’est dans les combinaisons des armes. Il est en effet possible de faire évoluer deux boules pour en obtenir une nouvelle ou encore de fusionner deux boules pour obtenir les possibilités des deux. Il s’agit d’un des mécanismes d’addiction du jeu d’ailleurs, on a tendance à essayer toutes les nouvelles possibilités pour découvrir les nouvelles armes.



Le jeu ne joue pas que sur la combinaison des armes, mais aussi sur les personnages, comme dans Vampire Survivors ou Crawlers. La différence, c’est que le personnage a une véritable influence sur la façon de jouer. Vous avez par exemple un personnage qui a un grand bouclier sur lequel les boules rebondissent. Un autre qui va jeter les boules à un endroit donné comme une boule de pétanque. Encore, un personnage qui envoie les boules par deux aigles latéraux. Les concepteurs du jeu ont poussé le vice à faire un personnage qui joue tout seul.

Les mécanismes d’addiction sont particulièrement bien faits et si vous prenez le personnage qui joue tout seul, on est tenté de lancer une partie. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il va développer un bâtiment intéressant, qu’on a un succès Steam si on finit l’intégralité des niveaux avec lui. Si dans la majorité des cas, on a tendance à se lasser de ce genre de jeu, ici, c’est non seulement addictif, mais les succès Steam sont plutôt accessibles si bien qu’on a tendance à relancer une partie.
Ball X Pit est un roguelite qui offre une proposition plutôt intéressante. Avec ce côté mélange de jeux, il s’impose de façon originale à l’existant.
Achilles Survivor ou le vampire survivors chez les grecs
Achille, le héros de la mythologie grecque qui s’est fait tuer par le talon décide de s’évader des enfers. Voici le scénario qui tient en une ligne. Il va, pour ce faire, tuer des hordes à ne plus que savoir en faire plus ou moins issus de la mythologie. La question est toujours la même, quelle est la proposition d’Achilles survivor ? Simple clone de l’originel ou quelque chose de plus. Le truc en plus c’est la possibilité de construire des bâtiments et une distinction par classe avec des attributs de points collectifs.
L’idée de construire des bâtiments qui sont de type piège pour la majorité d’entre eux est pertinente. On a besoin de ressource à savoir de l’or et des pierres, il existe des mines dans le jeu. Quand on se positionne dessus un certain temps, on finit par gagner des pierres jusqu’à épuisement de la ressource. Mais comme vous pouvez le voir avec la capture ci-dessous, le temps de creuser la mine ou de fabriquer un bâtiment, les ennemis attaquent en masse. Contrairement à Vampire survivors dans lequel il faut se contenter de survivre, ici, il y a des objectifs à remplir. Si vous ne remplissez pas un certain nombre d’objectifs comme fabriquer 15 bâtiments ou arriver à 300 points d’armure, vous ne pourrez pas passer à la zone suivante. Il faudra ainsi recommencer un niveau pour atteindre l’objectif.
On débloquera un nombre assez important de héros qui appartiennent à des catégories de personnages. Guerrier comme Achille ou archer comme Ulysse, on pourra jouer des sorciers, etc. Ce qui est intéressant, c’est qu’ici, on ne fait pas monter le personnage de façon individuelle, mais la catégorie. À chaque victoire des points à dispatcher comme dans tous les jeux du même type, vous permettant de repartir à l’assaut plus fort.

Le jeu est joli avec de beaux effets de couleur flashy, parfois un peu confus face à la masse de monstres et d’explosion qu’on a sur la carte. Je trouve qu’il est plutôt bien fait, il vous pousse par exemple à l’exploration de la carte avec trois types de bonus : récupérer un trésor, boucher une faille d’où sortent quinze monstres et bloquer une mine avec quinze archers à tuer. On peut regretter la répétitivité propre au style mais toutefois on aurait pu espérer mieux. Par exemple, pour les quêtes proposées, le jeu aurait pu les varier et surtout en proposer de nouvelle au long du jeu. C’est un reproche similaire qu’on peut faire aux constructions.
En fait, la boucle de jeu est très rapidement atteinte. On ne trouve en fin de compte d’intérêt à pousser que pour voir la fin et éventuellement tenter de faire tous les objectifs qui sont réalisables.
Mortal Shell 2
Le premier Mortal Shell n’avait pas marqué les esprits, je me souviens l’avoir terminé à l’époque. J’avais trouvé le jeu plaisant, mais le défi absolument pas au rendez-vous avec des boss techniquement très en dessous. On fera totalement abstraction du scénario, comme tout bon Souls like qui s’inspire de Dark Souls, on veut du sombre, du gore et de l’incompréhensible. Je pense que c’est atteint sur les trois niveaux. Je n’ai absolument rien compris à l’histoire, je sais qu’on doit récupérer des œufs et purger la carte des boss situés aux extrémités.
On retrouve une mécanique de jeu qui était pertinente dans le premier volet à savoir que votre build, c’est votre peau que vous récupérez dans la map. Quand dans Dark Souls vous démarrez avec une classe de départ, dans Mortal Shell vous trouvez une enveloppe avec des caractéristiques. Il y en a huit dans la map. De ce côté, on se rapprocherait davantage d’un Diablo avec une certaine forme de fermeture sur les classes. En effet, dans Dark Souls, vous pouvez faire évoluer votre personnage comme bon vous semble, dans Mortal Shell chaque enveloppe possède son arbre de compétence. Je trouve que c’est un aspect intéressant du jeu et c’est bien exploité. Vous êtes le héraut et vous prenez possession de l’enveloppe et de ses caractéristiques. Si vous perdez votre barre de vie, vous ne mourrez pas, vous récupérez votre enveloppe fragile, il faut frapper et frapper encore pour réussir à regagner sa « carapace ».

C’est bien fait, car vous pouvez basculer d’un personnage à l’autre en basculant l’intégralité des points que vous avez récoltés sans pénalité ou sans objet magique. Cela permet ainsi de trouver son style de jeu et d’essayer tous les personnages. Le système n’est pas totalement flexible non plus parce que pour débloquer l’arbre de compétences, il faut trouver des lueurs. Ça se farme, notamment avec des objets qui en libèrent, mais en étant proche de la fin du jeu, je n’ai réussi à débloquer l’arbre que pour la moitié des personnages. On rajoutera aussi que les « shells » sont disséminées sur toute la carte, on peut effectivement courir pour aller les récupérer, mais certaines zones sont clairement inaccessibles.
Mortal Shell est un jeu difficile, mais qui fait une proposition simplifiée. Certains trouvent que c’est pauvre, je trouve au contraire que c’est suffisant. Le nombre de possibilités de personnage est limité tout comme les armes. Vous avez une arme de base comme la grosse épée, le marteau ou la hache, et des armes secondaires pour le tir. Pour faire progresser ses armes, il faut payer et avoir des matériaux, l’argent est certainement le plus gros frein. Les sommes à payer sont colossales, je n’ai réussi à faire évoluer que deux armes principales jusqu’au niveau 16, le plus élevé. C’est probablement ici que c’est le plus gênant puisque chaque personnage est lié plus ou moins avec une arme. Ma manière de jouer dans les souls, c’est d’éviter, je ne bloque pas. J’ai donc fait le choix du voleur qui est une des enveloppes qu’on trouve le plus rapidement dans le jeu. Il parait évident qu’on ne va pas lui donner une grosse hache pour faire des coups rapides. J’ai quasiment pu faire la totalité du jeu avec, en alternant avec une brute qui peut regagner de la vie en tuant les gens. Je regrette bien sûr de n’avoir pas testé les autres personnages et on se dit que c’est une tentation pour le joueur de lancer un NG+

Comme je l’écrivais ci-dessus, l’un des gros reproches qu’on pouvait faire au premier, c’était finalement son manque de budget avec des boss très pauvres. Force est de constater que de gros efforts ont été réalisés avec des boss franchement convaincants. Les progrès d’ailleurs ont été réalisés de partout puisqu’on se rapproche d’un Elden Ring avec un monde ouvert. La carte en outre, est particulièrement resserrée avec des zones particulièrement denses en monstre. À l’instar d’un Elden Ring d’ailleurs, de nombreuses zones communiquent et il n’est pas toujours évident de trouver le bon chemin. On est donc dans l’obligation d’explorer ce qui est positif.
C’est un des principaux reproches qui a été fait au jeu, le pic de difficulté quand on va dans la région du sud. Effectivement, le niveau monte en flèche et pas forcément de la manière la plus intelligente qui soit. De très nombreux monstres, des points de sauvegardes distants les uns des autres. Difficile, mais absolument rien d’infaisable et j’ai envie de dire peut-être à cause du bonus de ma classe. Le voleur a la possibilité de se rendre invisible et de faire une attaque violente. Contrairement aux jeux du style, il n’y a pas de barre d’endurance, mais de la détermination. En gros plus, vous frappez et plus votre détermination augmente ce qui vous permet de faire les attaques spéciales. Cela veut dire qu’avec le voleur sur un boss, vous démarrez par vos attaques spéciales, vous avez le temps de frapper ce qui recharge votre attaque spéciale et vous avez tué le boss en étant invisible les trois quarts du temps.
C’est tellement « facile » que je n’ai pas eu l’envie de tester avec d’autres personnages. Mortal Shell 2 est une véritable réussite, un énorme progrès par rapport à son prédécesseur. On voit tout de même qu’on est sur un jeu qui manque de budget. Un nombre de monstres faibles parfois réutilisés en boss intermédiaires, des décors parfois un peu vide. Néanmoins, je suis persuadé qu’il sera un succès commercial et qu’il y a fort à parier qu’on voit apparaître un troisième opus. Depuis la fin d’Elden Ring, je pense qu’il y a une place à prendre dans la dark fantasy et je dois reconnaître que j’étais content de relever le défi de Mortal Shell 2 en attendant la relève.
Erratum, plus tard

Je suis forcé de reprendre l’écriture de cet article parce que je me trompais, je ne suis pas arrivé à la fin même si à l’heure actuelle, je n’en suis pas loin. J’écrivais que le jeu est découpé en deux phases, en fait, c’est trois. Lorsque vous avez récupéré un certain nombre d’œufs, je les ai tous, un événement va se produire et je pensais qu’il amenait au boss de fin. Pas vraiment. Il y a encore trois zones avec des boss à faire avant d’arriver au boss final. Et ici à nouvea,u on a un gap qui grimpe de façon colossale. Tous les adversaires que vous allez croiser tapent très fort. Avec la progéniture de Malborne (ça ne s’invente pas !), on a un boss gonflé aux stéroïdes et qui a cette fois deux barres de vie. Alors que la plupart de mes combats de boss étaient jusqu’à maintenant en « first » try, j’ai dû m’y reprendre un certain nombre de fois et même tenter le changement de stratégie avec un autre personnage.
Il apparaît tout de même et à trois boss de la fin du jeu, que la stratégie qui consiste à éviter, devenir invisible reste pour l’instant la meilleure. Je bloquerai peut-être à la fin du jeu et il me faudra m’adapter. Mortal Shell II vaut largement ses cinquante euros, il me tarde toutefois de finir le jeu, car je suis arrivé à la lassitude. J’ai terminé la boucle de jeu depuis un moment et on sent que la volonté des développeurs est de donner du fil à retordre au joueur pour voir la fin.