Pour ceux qui font un peu d’informatique, l’augmentation de la RAM est un problème qui est connu. Je me suis rendu compte en échangeant un peu avec monsieur et madame tout le monde, les gens ne sont pas au courant de ce qui se passe. Je me fends d’un billet de vulgarisation pour comprendre les origines de l’augmentation, mais aussi les enjeux derrière. De façon synthétique au moment où j’écris ces lignes :

Si vous regardez les 32 Go de RAM vendus à 404.99 €, il faut savoir qu’en 2025 au mois d’octobre, on était aux environs de 100 €. Nous sommes donc dans une multiplication du tarif par 4 pour ce composant. On verra plus loin les problèmes que cela pose et ce n’est pas rien.
Gourmande IA
Que se passe-t-il ? Il n’y a pas si longtemps le monde entier peut accéder à ChatGPT, c’est en 2022. La montée se fait plutôt rapidement et plus que les gens, car c’est important de le signaler, les entreprises voient dans l’intelligence artificielle la révolution qui va changer le monde.
J’insiste bien sur cette notion des entreprises qui croient pour nous. Souvenez-vous du Metaverse auquel Mark Zuckerberg a cru très fort et a englouti des milliards, la mayonnaise n’a pas pris. Dans la réalité les gens ne sont pas intéressés par les avatars dans un monde 3D qui reproduit la réalité pour aller faire ses courses par exemple. On revient de façon récurrente avec les casques de réalité virtuelle, mais ça ne marche pas vraiment. Il apparaît en informatique une règle qui fonctionne plutôt pas trop mal. Les premiers qui arrivent sur le marché sont souvent les gagnants, parfois provisoires, de la partie. Quand un réseau social devient tendance, les gens se ruent dessus sans savoir si cela va fonctionner ou non, tout simplement parce qu’il faut en être. Le premier qui en est, c’est certainement celui qui risque d’en tirer le premier les bénéfices. Vous voyez que la course à la lune ou la découverte des nouveaux territoires n’a pas changé. Si on parle d’aller sur Mars, c’est encore une fois une histoire d’au cas où.
Il faut comprendre et c’est important que c’est un pari. On ne sait pas si réellement ça va être la révolution, mais quoi qu’il arrive, il faut en être. Avec l’IA, les entreprises voient de nombreuses possibilités, principalement la réduction des coûts pour la masse salariale. L’engouement qu’ont les entreprises de la tech est simple à comprendre, si les IA remplacent les hommes, on a tout intérêt à faire de l’IA. On ne peut nier que c’est une révolution dans tous les domaines, je pense notamment au domaine du médical, mais c’est une révolution désorganisée. Avec cette quête d’être le premier, on se dit qu’on réfléchira plus tard, qu’on fera le ménage après. On parle d’explosion de la bulle IA, elle n’arrive pas encore, mais toutes les attentes ne sont pas au rendez-vous. Zuckerberg vient de l’annoncer il y a peu les agents IA ne donnent pas satisfaction, des entreprises comme Ford font marche arrière et remettent des ingénieurs dans leurs services.
Il faudra donc à un moment réussir à trouver un équilibre entre la proposition et ce que veulent vraiment les gens. Coluche disait qu’il n’y a qu’à ne pas l’acheter pour que ça ne se vende pas et c’est vrai. Le Metaverse est un échec parce que les gens n’ont pas investi. Toute l’IA qu’on nous propose ne sera pas un succès. Néanmoins, pour satisfaire cette ruée vers l’IA qui est bien réelle, il est nécessaire de produire des composants informatiques, notamment de la RAM.

Ils étaient trois
Dans la fabrication des composants informatiques, on a un problème de fond : le nombre de fabricants. Le problème ne date pas d’aujourd’hui. Un exemple pour vous expliquer tout de même la centralisation de cette fabrication. En 2011, la Thaïlande subit de grosses inondations. Il se trouve que les entreprises qui fabriquent des composants indispensables pour les disques, sont en Thaïlande. Résultat, on constate l’explosion du tarif des disques le temps que les usines retrouvent un fonctionnement normal avec la spéculation qui va bien. Car et c’est un problème qu’il faut bien comprendre, tout ceci n’est qu’une histoire de gros sous. Les entreprises de la tech ne sont pas là pour changer le monde, elles sont là pour engranger le maximum d’argent.
Trois acteurs sont à l’origine de la fabrication de la majorité de la RAM mondiale : Samsung, Micron et SK Hynix. La RAM que vous trouvez dans les datacenters s’appelle la HBM. Ce n’est pas la DDR4 ou la DDR5 que vous trouvez dans vos PC ou dans vos consoles. Comme je l’ai écrit tout n’est qu’une question d’argent. Moralité, quand vous avez des gens qui sont prêts à payer à prix d’or de la RAM HBM pour faire tourner leur IA, vous allez réorienter votre production pour faire de la HBM.
On constate donc une diminution, voire un arrêt de la production de certains types de RAM comme la DDR3. Si vous diminuez la fabrication de la DDR4 ou 5, cela veut dire qu’elle devient rare et parfois le syllogisme qui dit que ce qui est rare est cher prend tout son sens. La demande de RAM pour les ordinateurs, les smartphones, les cartes vidéos ou les consoles de jeu reste actuelle. Si vous réduisez la quantité mondiale de RAM disponible, le prix augmente. Et comme tout n’est que spéculation, vous avez des opportunistes comme des scalpers qui vont rafler des lots, des fabricants de RAM qui s’entendent et des fabricants de produits électroniques qui en profitent pour monter leur prix.

Tout augmente, c’est la crise ma bonne dame
Nous sommes donc avec une DDR5 qui comme on l’a vu en introduction a vu son prix multiplié par quatre. L’incidence est logique sur l’ensemble du matériel informatique quotidien. En vrac :
- La PS5 augmente alors que c’est une console qui est sortie en 2020 et qui devrait ainsi voir son prix baissé.
- La Steam Machine à 1039 € sans le contrôleur dans sa version de base lorsqu’on s’attendait à un prix entre 600 et 800 €.
- Apple augmente ses prix
- La Switch 2 augmente
- Microsoft découvre que son système d’exploitation qui avait pour recommandation 16 Go de RAM minimum peut désormais parfaitement fonctionner avec 8 Go.
La liste est longue, mais la convergence de toutes ces informations, c’est l’augmentation du prix et le retard que vont prendre certains produits. La PS5 est sortie en 2020 et on commence à lorgner du côté de Sony sur sa suite. C’est un problème de fond pour Sony à plusieurs niveaux, je vais déborder un peu du sujet, mais pas tant que ça. L’idée quelque part de cet article, c’est de vous expliquer qu’on commence à de plus en plus nous prendre pour des vaches à lait. La guerre en Ukraine a mis dans nos esprits que dorénavant, c’était la fatalité, la guerre en Iran en a remis une couche. Il faut tout de même se rappeler que les gilets jaunes sont descendus dans la rue pour un diesel à 1.50 €. On a franchi la barre symbolique des 2 € personne n’a moufté sur le territoire. La fatalité, ma pauvre dame, c’est le détroit d’Ormuz.
Revenons donc à Sony. Sony s’il devait sortir une PS6 devrait le faire à plus de 1000 €. Ce n’est pas une spéculation, c’est Sony qui prépare le terrain en expliquant qu’il est hors de question de vendre à perte. C’est le même Sony qui vient d’annoncer la fin de la fabrication des jeux physiques et par le fait tuer le marché de l’occasion. La situation de monopole de Sony deviendrait alors inédite puisqu’il n’y aurait pas de concurrence possible au niveau des revendeurs de jeux. La situation actuelle est différente parce que vous pouvez attendre que quelqu’un vende le jeu d’occasion moins cher dans sa version physique. Sur PC, plateforme pour laquelle le disque physique n’existe plus, on a Gog, Epic, Steam qui permettent d’acheter des jeux. Le marché gris bien sûr avec des clés vendues moins cher, jouer sur PC c’est la possibilité de faire… jouer la concurrence. Ce même Sony qui va augmenter le prix de son tarif pour jouer en ligne. Je rajouterai enfin qu’avec un GTA 6 attendu comme le messie et qui va tourner parfaitement sur la PS5, je ne crois pas qu’une PS6 soit attendue dans ces conditions.
Ce que fait Sony pour ma part est l’illustration même de la période que nous vivons. Oui, on assiste à une augmentation de la RAM, mais la marque saisit un effet d’opportunité pour mettre dans la tête de tout le monde que désormais, il faudra jouer plus cher. Je suis d’ailleurs prêt à prendre les paris que la réduction des coûts en lien avec l’absence de production physique n’aura aucun impact sur le prix des jeux. Une situation similaire à celle que nous avons connue pour les graines de moutarde, pour l’huile, pour l’essence. Dans d’autres temps, on aurait parlé de profiteurs de guerres même si comme le dit l’article nous ne sommes pas en guerre.

Sony pour l’instant n’est pas prêt de sortir sa PS6, Microsoft ne va pas sortir sa prochaine Xbox non plus ni d’ailleurs son prochain système d’exploitation. Souvenez-vous, Windows 10 était le seul système d’exploitation, Windows 11 est arrivé avec une batterie de spécifications qui rendent les ordinateurs obsolètes. D’ailleurs, Windows 10 voit son sursis prolongé de 1 an ce que j’avais déjà anticipé. Ce qui est certain c’est que Microsoft nous prend pour des imbéciles. Windows 10 n’est pas totalement mort, Windows 11 ne fait pas vraiment l’unanimité qu’on parle déjà de Windows 12. Windows 12 serait un système d’exploitation qui serait « piloté » par l’IA et qui aurait par le fait de gros besoins en ressources quant à la RAM.
À l’instar de Sony, on comprend que le nouveau système d’exploitation ne va pas sortir demain. Non seulement le tarif de la RAM est prohibitif pour un système certainement annoncé à 32 Go de base, mais aussi parce que les gens n’en veulent pas. Les promesses de l’IA comme agent personnel qui répondrait à vos mails, prendrait vos rendez-vous n’est pour l’heure pas assez efficace.
Si la volonté des sociétés est bien sûr de s’engraisser, nous ne sommes pas dans l’obligation de subir et il serait peut-être temps d’agir en tant que consommateur.
Ne pas accepter et donc ne pas acheter, la meilleure des résistances.
Avec les années, je sais que tout est possible. Je vais théoriser. Le fond de ma pensée, c’est de se dire que dans un monde dans lequel les vacances coûtent 40 % plus cher qu’il y a 10 ans, qu’il devient impossible de se loger, que l’alimentation coûte une fortune, on n’achètera pas des consoles à plus de 1000 €. Je garde l’exemple de la console parce qu’il me paraît l’exemple le plus exagéré et le plus dispensable. Qui aura encore les moyens de se payer ce type d’appareil. On a vu avec les années le prix des consoles augmenter, mais j’ai envie de me dire qu’à un moment il y aura un point de rupture. 1200 € un téléphone, 80 € un jeu, 1000 € la console, qui aura les moyens de pouvoir dépenser autant ? Même Apple a surpris tout le monde avec son Macbook Neo vendu moins cher qui a fait un véritable carton. Preuve que le prix a encore du sens.
Les français changent de moins en moins souvent leurs appareils électroniques, se tournent de plus en plus vers l’occasion. Je ne pense pas qu’il faut y voir une prise de conscience écologique, mais bien un souci de faire des économies. Les solutions existent, mais ne sont pas des solutions miracles. Je vous invite par exemple à lire l’article des Numériques sur le marché de l’occasion qui est assez édifiant. On y lit que les parcs sont désossés des SSD et de la RAM pour être revendus à part. La moralité, c’est que sur bon nombre de machines récupérées, il n’y a rien à faire puisqu’il faut réinjecter le prix de la RAM et du SSD pour revendre la machine. Je note d’ailleurs un paradoxe amusant quant à la RAM soudée, alors que tout le monde considère que c’est une hérésie, c’est finalement ce qui sauve la machine.
L’occasion reste toutefois une solution intéressante pour qui veut acheter un ordinateur portable pour travailler. La capture ici est issue d’Afbshop que je vous recommande par rapport à d’autres sites comme Back Market pour ne citer qu’eux. Je vous conseille aussi la plus grande prudence si vous passez par le boncoin ou par ebay, on fait le constat de la multiplication des arnaques. C’est une période qui fait penser à celle de la hausse des cartes vidéos quand tout le monde minait de la cryptomonnaie et revendait des cartes qui avaient trop servi.

Toujours dans le domaine de l’informatique grand public, il reste possible de prolonger la vie de son ordinateur en passant à Linux. J’ai fait bon nombre d’articles sur le sujet, avec notamment l’installation de Linux Mint. Refuser Windows, c’est refuser un GAFAM et ses stratégies. Choisir Linux, c’est faire le choix de la liberté logiciel et assurer la pérennité matérielle. Ce n’est pas votre système d’exploitation qui décide de la fin de votre machine, c’est la mort de votre machine ou votre volonté qui assurent le renouvellement. On notera que Windows pour le jeu prend de moins en moins de sens, les Steam Machine qui sont basées sur Linux en sont la démonstration. Aujourd’hui sauf pour l’utilisation de logiciels bien spécifiques, Windows est inutile.
Le jeu, c’est peut-être le nerf de la guerre, mais c’est aussi un bras de fer avec les fabricants de machines, de cartes vidéos et des éditeurs logiciels. Miser sur le 1080p qui est suffisant, refuser d’aller chercher la 4K ou même la 8K, montrer qu’un jeu c’est autre chose qu’une quantité de pixels et d’effets graphiques, c’est pousser l’industrie à repenser ses jeux. Tant qu’on continuera à acheter des Fifa qui n’offrent que peu de changement d’une année à l’autre si ce n’est de nouveaux joueurs et une amélioration des graphismes, les développeurs suivront le même modèle de production.
Malgré la puissance actuelle des consoles, les jeux ne sont pas meilleurs et on peut faire le constat facile que l’innovation n’est pas au rendez-vous. Casser la dynamique du marché actuel de l’informatique où l’on recherche toujours plus ne peut pas se faire en un jour. Il devient important d’éduquer les consommateurs et de faire comprendre la différence entre le besoin et l’envie. À fortiori quand le besoin est défini par les constructeurs et que les publicitaires simulent l’envie.
Avoir une réflexion sur ses besoins, les redéfinir, sortir un peu du système en refusant ce qu’on nous impose est une des pistes évidentes de la sortie des crises informatiques créées par des spéculateurs pour nous faire payer davantage.
l’impact va même plus loin , il y aura moins de cartes mères vendus , mois de cpu vendus pour le particulier ( ou alors à un certain prix ) , mais aussi certains accessoires.
la question de l’entente de prix de ces 3 acteurs peut être considéré comme un monopole , on verra si cela va être appliqué a un moment donné.
ce qui m’ennuie le plus c’est au départ la déclaration d’OpenaI pour « intention d’achat » et non la « facture d’achat » pour investir dans IA les millliards sans pour autant avec retour sur investissement qui est a l’origine de cette hausse, je pense d’ailleurs que ce sont les petits IA fonctionnant bien qui vont damner le pion aux gros , car l’ensemble ne leur permettra pas d’être rentable.
il y aura un éclatement IA , avec le risque que les fabriquant de machines / cartes-mères disparaissent , je regrette que cela touche aussi la DDR4 dans cette histoire.
mon changement de bureau remonte à juin 2025 , avec a peine une baisse des prix de la carte vidéo , c’est pour plusieurs années
il y aura aussi un impact pour les mobiles ( +20 a 40% plus cher pour la mémoire ) , a moins de basculer sur les mémoires de type SD / CF , sans évoquer le souci des applications trop consommateur en mémoire.
les premiers annonces de bénéfices montre un gain de 350% a 400% pour ces 3 sociétés.
Je ne serais pas étonné que l’explosion des coûts de la RAM et du stockage aient contribué à l’inflation générale. Toutes les entreprises et une bonne partie de l’économie reposent sur l’informatique et sur des services cloud dont les tarifs ont explosé.
Bonjour à tous. Pour ma part, j’ai réalisé tous mes investissements tech importants entre l’été dernier (RAM, composants), septembre dernier (ordinateur portable d’occasion), l’achat d’une carte graphique en décembre et le renouvellement de mon téléphone portable à prix raisonnable en février (Crosscall Core-M6). La seule chose que je n’ai pas achetée et que je regrette, ce sont des HDD pour mon NAS ; pour le reste, on attendra. J’espère sincèrement l’explosion d’une bulle comme dans les années 2000, afin que l’on garde des usages utiles de l’IA ainsi que des investissements corrélés à la réalité, et que cela fasse un grand ménage dans le reste. En admettant que ce scénario advienne, ça fera le bonheur des geeks barbus, dont on peut dire que je fais partie ,qui retrouveront du matos à vil prix !