Dans les commentaires sur le billet, Astérix, le héros qui ne pouvait pas mourir, on m’a demandé si je comptais faire les films, les séries, j’ai envie de dire, les produits dérivés. Il va être difficile d’être exhaustif sur le sujet puisque si effectivement, on trouve des séries et des films, on a un parc dans lequel je n’ai jamais mis les pieds ou des jeux vidéos. Je n’irai donc pas pousser l’investigation au-delà de mes limites 🙂
On a toutefois quelques bricoles à raconter sur l’univers, notamment pour les animes.
Astérix en dessin animé de l’époque de Goscinny et d’Uderzo
Je commence déjà par une erreur puisque Astérix le Gaulois n’a pas été réalisé par Goscinny et Uderzo. L’histoire est assez singulière, elle est racontée par Wikipédia. Concrètement Dargaud a pondu un dessin animé à leur insu. Les auteurs ont jugé que c’était de très mauvaise qualité surtout parce qu’ils regardaient ce qui se faisait du côté de chez Disney. On peut difficilement leur donner tort. Nous sommes à une autre époque et pourtant en 1967 on a le livre de la jungle avec des scènes qui sont restées dans les mémoires, il en faut peu pour être heureux pour ne citer qu’un exemple. Si on fait abstraction de la qualité technique qui est effectivement discutable quand on voit ce qui se passait chez les autres, l’histoire n’apporte rien non plus. Il s’agit d’une retranscription fidèle de la bande dessinée sur le grand écran. À la sortie en salle, durant la période de Noël, le dessin animé a été un véritable succès. Pas évident pour des auteurs qui ont trouvé la production particulièrement mauvaise d’avouer que le film a fait des millions d’entrées, y compris à l’étranger.
En 1968 sort Astérix et Cléopâtre avec cette fois-ci, pour de vrai, Goscinny et Uderzo aux commandes. On note de façon claire une amélioration dans le dessin et dans l’animation, alors que seulement un an sépare les deux dessins animés. Le problème de fond était bien évidemment le problème de budget que voulait allouer Dargaud pour un anime. Je pense qu’à l’époque et contrairement aux américains qui croyaient déjà dans la force du dessiné animé, on n’y croyait pas. En tout cas, on n’y croyait pas assez au point d’y mettre le prix. Pour ma part, même si on note effectivement un gain qualitatif, il y a toujours deux choses qui me gênent. La première, c’est que le gain reste substantiel, ça n’envoie pas du rêve. La seconde, c’est qu’il ne s’agit pas d’une histoire originale, mais d’une simple transposition de la bande dessinée qui n’apporte rien de plus par rapport à l’histoire originale. Je note aussi, mais c’est certainement l’époque qui veut ça, cela manque de rythme. La scène avec les pirates par exemple est plutôt laborieuse alors que le film ne dure qu’une heure douze. De la même manière, on notera une chanson dans un rêve d’Obélix avec un côté délirant dans lequel des sangliers dansent. Difficile de ne pas penser à une caricature de fantasia de Disney. C’est long.
C’est avec les 12 travaux d’Astérix que les auteurs prennent enfin le problème à bras le corps. En effet, il s’agit cette fois-ci d’une histoire originale ce qui rend tout de suite le film plus intéressant face à des reprises des albums pour lesquels on connaît l’histoire. Comme on peut s’en douter, Astérix et Obélix vont être confrontés à douze épreuves comme les douze travaux d’Hercule. L’histoire est la suivante. À force de prendre des raclées par les irréductibles gaulois, les romains commencent à imaginer que le village est composé par des dieux. Jules César met au défi les gaulois de réussir les douze épreuves, et si c’est le cas, il rendra les armes, sinon le village se soumettra à l’empire. Nous sommes désormais en 1976 ce qui fait quasiment dix ans d’écart avec les deux premiers films. L’animation et le dessin sont en progrès, mais ce n’est pas non plus formidable pour ce qui devrait être une superproduction. À l’instar des deux précédents anime, je trouve que cela manque largement de rythme, mais c’est dû à l’époque. Le film est même plus poussif qu’Astérix et Cléopâtre. J’ai trouvé ça long, ennuyeux.



Jusqu’à l’an 2000
Le choix de l’an 2000 n’est pas un hasard. En effet, en 1999, c’est la première adaptation live d’Astérix avec Astérix et Obélix contre César. Il faut savoir que Goscinny et Uderzo étaient opposés à une adaptation en film, avec de vrais personnages. Ils ont trouvé que les films qui ont inspiré tintin étaient mauvais. Une fois de plus, c’est une histoire d’argent. On a proposé aux auteurs des projets, mais sans envergure, si bien que cela ne s’est pas fait. Astérix et Obélix a quelques atouts pour lui, mais il est nécessaire de se replonger dans le contexte de l’époque : Christian Clavier, Gérard Depardieu, Roberto Benigni, Michel Galabru, Claude Piéplu, Daniel Prévost, Pierre Palmade, Laetitia Casta et quelques autres. Il faut se rappeler qu’à l’époque Clavier est au sommet de sa gloire avec les visiteurs, il est partout à l’écran. Depardieu reste un monument, nous sommes bien loin des affaires qui l’ont conduit au tribunal. Pour le reste, les noms ne diront rien aux plus jeunes, mais des gens comme Galabru ou Prévost par exemple, ces hommes ont symbolisé le must du comique en France. Le film est un véritable carton avec neuf millions d’entrées. Il dépasse même Matrix ou la menace fantôme.
Pour ma part, c’est assez difficile à regarder, ne serait-ce que par la présence de Clavier qui joue Jacquouille la Fripouille et Depardieu qui joue la chèvre. On pourra me faire remarquer que ce n’est pas si évident de « jouer » un rôle de personnage de bande dessinée, mais ici, on est à côté. Obélix qui fait des tirades comme dans Cyrano, Astérix qui fait des réflexions de mauvais goût alors que si le personnage est parfois taquin, il est surtout droit. Si on fait abstraction du jeu pitoyable des acteurs principaux, on a quand même une véritable superproduction à la française que désiraient les auteurs de la bd. Des décors et des costumes réussis, une histoire qui mélange le devin, Falbala, un film qui bouge bien, une bonne comédie à la française, mais un mauvais Astérix.





Pendant ce temps-là, les adaptations en anime continuent. En 1985, Astérix et la surprise de César qui est un mix entre Astérix gladiateur et Astérix légionnaire. En effet, on retrouve le personnage de Falbala et son fiancé Tragicomix. Alors que dans Astérix légionnaire, le jeune homme était enlevé pour servir l’empire romain, ici, c’est le couple qui est enlevé. Astérix et Obélix s’engagent dans la légion, partent en Afrique, mais le couple est à nouveau déplacé. Tragicomix est repéré par un laniste ce qui nous permet de rebondir sur Astérix Gladiateur. Dix ans globalement se sont écoulés avec les 12 travaux d’Astérix et cela se sent une fois de plus au niveau des qualités techniques. Toutefois, à l’instar des précédents épisodes, on n’a toujours pas le budget qu’on serait en droit d’attendre pour faire un grand dessin animé français. Beaucoup de plans fixes, des animations inégales. Par exemple dans la scène finale avec le Colisée, pas de spectateur, c’est vide, l’ensemble fait très pauvre. J’aime bien faire la comparaison avec Disney, car cela nous permet de voir les avancées de l’animation et ce qu’on aurait été en droit d’attendre d’un Astérix à meilleur budget. En 1985, c’est Taram et le chaudron magique.
Astérix chez les bretons, pas mieux. Ici, c’est la transposition complète de la bande dessinée. Il faut dire qu’elle est particulièrement riche et qu’il était possible de broder autour. Seulement un an sépare les deux épisodes et comme on peut l’imaginer, ce n’est pas mieux d’un point de vue technique. Et à l’instar de la surprise de César qui est un mix de deux épisodes, cette adaptation n’apporte absolument rien de plus à la bande dessinée. Avec Astérix et le coup du menhir, je trouve qu’on a une rupture plutôt positive avec l’existant. Déjà, ce n’est plus Vladimir Cosma qui fait les musiques, je trouve qu’on colle davantage à l’action, la musique est moins pesante, moins omniprésente. Une amélioration au niveau du dessin, des couleurs et des animations sont aussi à noter. La mise en scène aussi, lorsque Panoramix a été assommé par le menhir d’Obélix, la réalité est déformée, on voit par exemple une chanson d’Assurancetourix en star du rock. Je ne suis pas vraiment fan des chansons dans les animes, mais je trouve que c’était en tout cas à l’époque une manière de se rapprocher des standards. En effet, dans les années 80, un dessin animé se doit de chanter. Pour le reste ce n’est toujours pas une histoire originale, mais un mix entre le combat des chefs et le devin. Malheureusement des progrès techniques ne font pas une histoire.
Enfin Astérix et les indiens n’est pas une production française, mais un film issu des studios allemands. Il faut savoir qu’Astérix est un véritable succès en Allemagne et pour les films, mais aussi pour les bandes dessinées. Uderzo va donc piloter de loin un dessin animé qui ne correspond pas à ses attentes. Il s’agit ici d’une adaptation de la grande traversée et on va retrouver une fois de plus ce manque de moyen qui caractérise les animés du héros Gaulois. C’est paradoxalement que le film sorti après le coup du menhir est techniquement moins bon que ce dernier. On notera d’ailleurs que le succès commercial n’a pas été au rendez-vous puisque c’est le film qui a le moins bien fonctionné.
Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Le film aux 15 millions d’entrées
Fort du succès du premier film live, on prend les mêmes et on recommence. Nous sommes en 2002 et on confie la réalisation à Alain Chabat et c’est un problème en soi. Ce qui n’est pas un problème, c’est qu’Alain Chabat va mettre le paquet en faisant le film le plus cher du cinéma français de l’époque. Ça se voit au niveau des décors, des costumes, du nombre de figurants, c’est vraiment impressionnant. L’histoire est fidèle à l’album Astérix et Cléopâtre, je trouve que Depardieu et Clavier font un effort dans la sobriété, mais, il y a un mais en fait, il y en a deux. Si effectivement Clavier et Depardieu en font moins, Jamel Debbouze en fait trop. Quand le personnage de Numérobis vit dans la peur de finir dans le ventre des crocodiles, Debbouze fait son show à la Debbouze de l’époque sans aucune modération. Chabat d’ailleurs en tant que Jules César ne fait pas mieux avec de l’humour absurde. Et cet humour absurde, c’est tout l’esprit canal de la grande époque qu’on retrouve. La troupe des robins des bois, Édouard Baer, insupportable dans le film, qui n’avaient pas le même succès qu’aujourd’hui et la vieille garde comme Gérard Darmon ou Chantal Lauby. En fin de compte, l’adaptation est une réussite, les décors, le rythme, mais Chabat dénature un peu l’œuvre en y mettant une patte trop personnelle. Vous aurez des punchlines à ne plus que savoir en faire, les références à la chanson de Claude François, Benny Hill, la pub Royal Canin déjà faite à l’époque des nuls, Dieudonné qui se prend pour Dark Vador, etc. Ça n’arrête pas, c’est de la vanne toutes les minutes avec un générique de fin sur du Snoop Dog !

Des films qui n’atteindront jamais le même succès
Avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Chabat a mis la barre très haut et puis il a posé deux bases. Essayer de faire le maximum de punchline entre l’époque actuelle et l’époque passée, placer des références et surtout placer un maximum de guest. Vous avez même Éric Cantona en début du film. C’est ainsi que dans Astérix aux jeux olympiques (2008), Jules César est interprété par Alain Delon, à l’époque, c’était un miracle de le faire sortir de sa retraite. Il n’avait pas joué depuis 2000. Les chiffres sur Wikipédia donnent le vertige, entre Depardieu et Delon, c’est quasiment 2.5 millions d’euros pour les cachets. Clavier à l’époque cherche des films plus sérieux, il laisse la place à Clovis Cornillac. Il serait fou de dire que Chabat à l’époque ne se posait pas de questions face aux enjeux financiers énormes. Ceux qui connaissent un peu l’individu, son œuvre, pourront dire que dans Astérix et Obélix mission Cléopâtre, il va loin dans l’absurde. Le combat entre Debouze et Darmon où ça parle en chinois, ça fait le grand écart entre deux colonnes, l’ensemble des références n’est pas toujours simple à comprendre. Astérix aux jeux olympiques s’il met les moyens, ne met pas vraiment l’humour en face. On se rapproche ici de la bande dessinée avec des défauts qu’on pouvait trouver dans les dessins animés, la sensation de combler les vides, le manque de rythme, c’est poussif. Le film d’ailleurs n’a pas rencontré le succès attendu, sans dire que c’est le début de la fin, on ne franchira plus jamais les 10 millions de spectateurs pour la série. La présence de stars comme José Garcia, Elie Semoun qui fait malheureusement du Semoun, Dubosc qui fait malheureusement du Dubosc, Francis Lalanne, Zidane et d’autres ne relèvent pas le film ni le show de Poelvoorde qui fait pourtant le maximum.



En 2012, Édouard Baer a pris du galon. De simple assistant de Debouze aux pieds des pyramides, il se retrouve dans la peau d’Astérix et j’ai envie de dire que ça part déjà très mal pour le casting. Je me demande si j’ai déjà vu Édouard Baer dans un rôle sérieux. La plupart des comiques, les bons en tout cas, ont la capacité d’embrasser des rôles d’une extrême gravité. Même Dubosc est parfois capable de le faire avec une plus ou moins grande réussite. Je crois que j’ai toujours vu Baer faire du Baer, un gars qui parle trop et c’est le cas dès la première réplique. Astérix et Obélix au service de sa majesté est pour ma part dans la continuité d’Astérix aux jeux olympiques. On n’est pas dans la punchline à répétition, mais dans une adaptation de la bande dessinée ou plutôt des bandes dessinées puisqu’on va retrouver Goudurix d’Astérix chez les normands interprété par l’excellent Vincent Lacoste. Le casting, une fois de plus, Catherine Deneuve, il fallait au moins ça après Delon, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini en César ou encore Guillaume Gallienne.
La différence entre celui-ci et le précédent, c’est qu’il est franchement plus drôle. Le mix entre les deux albums est une réussite tout comme certaines situations ou certaines répliques. Par exemple Astérix et Obélix qui se font contrôler par une patrouille romaine comme à Calais pour des « sans papyrus ». Les vannes entre les anglais et les français ou encore les interrogations quant à deux hommes qui vivent ensemble avec un petit chien. Un humour que je qualifierai de plus psychologique, parfois un peu trop, avec Astérix et Obélix qui s’interrogent sur l’amour. Le film est plaisant et réussi à faire un bon divertissement sans tomber dans la vanne systématique. Il arrive de la même manière avec son mélange des deux albums à faire une histoire plutôt originale.
Guillaume Canet, c’est l’acteur, réalisateur qui aura plutôt bien réussi. Une très longue carrière d’acteur, un mariage avec Marion Cotillard, un réalisateur accompli avec les petits mouchoirs qui aura fait pleurer la France entière. On retrouve d’ailleurs Gilles Lellouche le copain de toujours pour succéder à Gérard Depardieu. En moins de dix minutes, on commence à trouver le temps long, et on se dit que le film va être pénible. Canet a le courage de se lancer dans une histoire originale vers l’une des rares destinations vers laquelle Astérix n’est pas allé : la Chine. Malheureusement la suite se confirme, c’est long, ce n’est pas vraiment amusant et on s’ennuie, même les scènes de combat sont inintéressantes. Présenter les gaulois comme des accros à la potion magique comme des accros à une drogue est plutôt malsain. Le film rappelle Astérix aux jeux olympiques en pire, une tentative de comique universel pour une exportation dans les cinémas étrangers. Il semblerait que lorsque des français tentent de faire dans l’universalité, c’est raté. Le second degré à la française passe beaucoup mieux. Alors Canet met le paquet à nouveau. Cotillard en Cléopâtre, Manu Payet, Jonathan Cohen, Philippe Katerine, Pierre Richard, Ramzy Bedia, Vincent Cassel en César, José Garcia, des guests comme Florent Manaudou, Orelsan, la liste est excessivement longue comme le budget de 66 millions d’euros. L’argent et les guests ne font pas tout.
Les animes pendant ce temps-là
Astérix et les Vikings qui pioche dans Astérix et les normands offre en 2006 un anime de qualité. De gros efforts ont été réalisés sur l’animation et sur le dessin. Il s’agit ici d’un budget à plus de 20 millions d’euros ce qui est largement plus que ce qui est d’habitude consacré aux dessins animés. Cela se voit. Dans l’ensemble, ça tient plutôt la route, on rajoute des personnages supplémentaires comme la fille du chef des normands afin d’imaginer une romance avec Goudurix. Astérix et Obélix iront chercher Goudurix dans les terres nordiques ce qui n’existait pas dans la bande dessinée originale et ce qui permet bien sûr de jouer la montre. Le dessin animé est dynamique, fini les temps morts qu’on pouvait trouver dans les différents films d’animation autour des héros gaulois.
Avec le domaine des dieux, c’est le passage à la 3D, et c’est forcément une étape pour la réalisation, j’ai envie de dire que ce n’est plus le même travail. Pour la rédaction de cet article, il faut savoir que je fais tout à la chaîne et dans l’ordre chronologique. Je dois reconnaître que de passer d’un Astérix et les Vikings avec un dessin et une animation de qualité à un tout 3D, c’est assez surprenant, pas forcément dans le bon sens. Comprenez qu’on n’est pas chez Pixar, je trouve que la modélisation des personnages n’est pas formidable, que l’ensemble ne fait pas très riche. Je n’irais pas dire que j’ai l’impression de voir un jeu Wii, mais je trouve que cela manque de moyen. Au niveau du scénario, l’écriture a été confiée à Alexandre Astier. En 2014, nous ne sommes pas encore dans une période dépressive de Kaamelott, si bien qu’à l’instar d’un Chabat, on aurait pu imaginer un mélange entre les deux univers. En tout cas une teinte Astier avec de l’absurde au rendez-vous. Ce n’est pas vraiment le cas, l’anime reste une adaptation fidèle de la bande dessinée et s’avère réussi. L’anime d’ailleurs se bonifie au fur et à mesure pour des digressions plutôt osées par rapport à l’histoire originale.



Nouveau film en 3D, c’est peut-être une impression ou moi qui m’habitue, mais j’ai l’impression qu’un effort a été fait sur la modélisation des personnages tout comme sur l’animation. Nous sommes face à une production que je qualifierai désormais de classique et qui peut rivaliser avec les « ténors » du genre. C’est un peu cruel, mais force est de reconnaître que l’informatique permet un nivellement pour tout le monde d’un point de vue technicité. Toutefois, ici ce n’est pas que de la 3D, on joue sur différents styles pour raconter des souvenirs par exemple ce qui est très positif dans la réalisation. On retrouve Astier aux commandes et c’est tant mieux, certainement plus à l’aise avec l’univers, il se lance dans une histoire originale et comme j’aime à le dire c’est courageux, mais je pense que c’est le plus sain. Panoramix fait une mauvaise chute et il se dit qu’il est désormais trop vieux, la relève doit arriver. Panoramix va donc chercher son successeur. Dès le début Astier pose des bases qui font penser à l’absurdité de Kaamelott et on sent qu’on va s’amuser. Pas seulement d’ailleurs, avec Sulfurix, on a un vrai méchant qui fait penser à un méchant Disney parfaitement interprété par Daniel Mesguich. L’ensemble est excellent, et comme c’est une histoire originale, c’est une véritable découverte et le plaisir de la surprise avec un final magistral !
On se rend compte que depuis plus de cinquante ans d’Astérix sur les écrans, ce sont plus ou moins les mêmes albums qui sont repris. Peu de tentatives d’histoire originale, on joue en fin de compte la carte de la sécurité. À la sortie, on a du bon et du moins bon, mais dans l’ensemble du moins bon.
Astérix et Obélix : Le combat des chefs, la série télé présentée par Ben
Quelle ne fut pas ma surprise (et mon impatience) d’apprendre que Chabat allait réaliser l’adaptation du « Combat des chefs », qui est un très bon album !
De l’avis de tous les fans de la BD, « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre » (2002), réalisé par Chabat, était la meilleure adaptation live de cet univers. De plus, le réalisateur s’en était plutôt bien tiré avec l’adaptation du Marsupilami (2012). D’ailleurs, j’ai eu parmi mes plus gros fous rires au cinéma devant un Jamel Debbouze immobilisé, se faire « violer » l’oreille par un chihuahua, et devant la performance de Lambert Wilson chantant du Céline Dion dans une de ses robes ! Mais je m’égare…. Revenons à la série animée Astérix. La barre en terme d’animation avait été placée très haute par deux très bons films signés Alexandre Astier ; « Astérix : Le secret de la potion magique » (2018) et surtout « Astérix : Le Domaine des dieux » (2014) qui pour moi est l’un des dessins animés Astérix les plus réussis. Mais l’on pouvait faire confiance à Chabat. Il connait son Goscinny sur le bout des doigts. Si bien qu’il s’est permis de prendre de très grandes libertés avec le scénario originel et de proposer une nouvelle version de l’histoire, tout en restant fidèle à l’original !
L’Histoire
Le premier épisode de la série raconte comment Obélix est tombé dans la marmite de potion quand il était petit. C’est une bonne idée, car ça permet à un public international, qui ne connaitrait Astérix, de rentrer pleinement dans cet univers.
Ensuite, au deuxième épisode, le cours de l’histoire reprend et dans les grandes lignes, elle reste inchangée : Obélix lance par inadvertance un menhir sur le druide Panoramix, qui perd la raison et n’est plus capable de fabriquer de la potion magique. Les romains en profitent et organisent un « combats des chefs » où le chef Abraracourcix se voit défier par le chef du village voisin à la solde des romains. Le vainqueur deviendra le chef du village adverse.



C’est bien ?
Le début est très proche de la BD, puis, petit à petit, Chabat dérive un peu… L’organisation du combat est une énorme fête foraine (à peine six cases dans l’album), César est présent et est l’organisateur, alors qu’il est absent de l’album, Obélix devient le chef du village, etc. Mais je ne vais pas en dire plus pour vous laisser le plaisir de découvrir cette réécriture.
L’animation est plutôt réussie, mais j’ai quelques réserves. C’est loin d’être aussi beau que « Le domaine des dieux », mais ce n’est pas le même budget. On voit par ci par là quelques images arrêtées pour économiser sur de l’animation… Par contre, le choix des couleurs vives quand les gaulois prennent de la potion, les onomatopées des BD, comme « PAF! » et « BONG! », qui s’incrustent à l’écran, rappelant l’esthétique des cases originales, est une bonne idée. Les décors sont très beaux et ont été conçus avec beaucoup de soins.
Pour les voix de doublage, c’est la même chose. Certaines sont plutôt bonnes comme Anais Demoustier dans le rôle de Métadata ou celle de Jérome Comandeur qui incarne la très drôle maman de César. Par contre, je n’ai pas du tout aimé le doublage de Thierry Lhermite en Panoramix. Sa voix manque de dynamisme et de folie…



De nombreux clins d’œils à la pop culture.
Alain Chabat, s’amuse à glisser de nombreuses références en lien à la pop culture. Il y a plusieurs allusions à Star Wars dont la mosaïque du début de la série inspirée d’une affiche du film. Cétautomatix se prend pour Thor en faisant voler son marteau. On peut apercevoir lors de la fête foraine une attraction « Captain Armorica ». Panoramix fait parler sa barbe comme une marionnette à la façon de M. Garrison dans South Park. Une animation « façon Teletubbies » est utilisée, quand Panoramix perd la raison. On remarque ici ou là des bruitages du jeu Burger Quiz, animé par Alain Chabat. Dans la fête foraine, Panoramix passe dans des roues d’engrenage, tout comme Chaplin dans les « Temps modernes » et j’en passe ! Pour en connaitre plus, je vous renvoie vers cet article d’Allociné.
Bref, avec cette minisérie, Netflix et Chabat nous ont proposé une très belle adaptation et j’espère que d’autres
Mais aussi
Une autre série télé a été réalisée, Idéfix et les irréductibles. La série est disponible en dessins animés, mais aussi en bande dessinée, huit tomes sont sortis au moment où j’écris ces lignes. Et pour la bande dessinée et pour la série animée, nous sommes largement un cran en dessous d’un point de vue qualitatif. Au niveau quantitatif par contre, ça envoie. En effet, la série télé ce sont des épisodes de 11 minutes, pour les bandes dessinées, on est à trois histoires par album. Je pense que cette qualité « médiocre » vient du fait que le public visé est jeune. On a l’impression de regarder un anime de chez Gully. Nous sommes donc avec Idéfix qui vit à Lutèce, on peut supposer avant qu’il ne suive Obélix. Il est entouré des compagnons, les irréductibles, des chiens, une chatte, un oiseau. Ils vivent dans une maison abandonnée et règlent des problèmes dans la cité. Pour les histoires, c’est pour le moins trivial, retrouver la balle de la chienne de Vercingétorix, sauver Goudurix qui tient des concerts interdits dans les catacombes de Lutèce. On notera qu’on retrouve l’univers d’Astérix avec des personnages connus et l’installation de nouveaux personnages. Une équipe de chiens romains, la chatte du gouverneur local qui rêve de retourner à Rome.
Je n’irai pas dire que c’est mauvais, je dirai simplement que c’est différent. Je pense que l’idée est de créer un produit commercial de plus qui peut séduire un jeune public et « avoir » certains fidèles de la série.


D’après Wikipédia, on dénombre 42 jeux Astérix toutes plateformes confondues entre 1983 avec l’Atari 2600 jusqu’à 2025, Wikipédia n’est pas à jour. Les amateurs de jeux vidéos savent que les adaptations sont souvent médiocres pour ne pas dire extrêmement mauvaises. Et forcément les studios qui sont derrières ce n’est pas From Software ou Bethesda.
J’ai lancé Astérix et Obélix, baffez les tous, un titre très inspiré avec Microids derrière qui n’est pas comme on le sait From Software ou Bethesda. Il s’agit d’un beat them all comme final fight qui nous replonge dans l’univers de sept tomes d’Astérix. Comme on peut le voir ci-dessous, la technique est superbe, mais comme toujours ce n’est pas suffisant pour faire un jeu. On sait que les beat them all ce n’est pas le genre de jeux le plus inspiré pourtant absolum avec des éléments de rogue a su montrer qu’on pouvait réinventer le genre de manière très positive. Avec Astérix et Obélix, baffez les tous, on se contente de taper sur les très nombreux ennemis à l’écran, tellement nombreux que l’action en devient souvent incompréhensible.

En conclusion
On l’aura compris, la franchise Astérix ne connaît pas la crise. Malheureusement, on se rend compte que dans cette ribambelle de produits autour du petit gaulois, ils ne sont pas si nombreux à maîtriser l’esprit de Goscinny. Vous connaissez mon opinion sur Uderzo. Astier et Chabat sont à mon sens ceux qui ont réussi à se rapprocher le plus de cet esprit. Astier davantage avec le secret de la potion magique qui offre une histoire crédible qui aurait pu faire un excellent tome, bien meilleur que ceux qu’on peut lire depuis des années. Je pense que malheureusement, ce n’est pas forcément la volonté première de ceux qui s’essaient à faire vivre les irréductibles gaulois, l’argent est quand même très présent depuis plus de cinquante ans au grand tort d’un capitalisme qui était dénoncé par les auteurs.