Comme je l’écrivais dernièrement, les jeux en 2024 auront été une véritable catastrophe. Il m’est donc apparu comme une évidence de relancer des jeux doudous. Ces fameux jeux auxquels on revient pour se rassurer. Dark Souls 2, en fait forcément partie et c’est par lui que j’ai décidé de me relancer dans la saga.

Il était une fois Dark Souls 2, le mal aimé des Dark Souls.

De façon systématique, lorsqu’on parle de la série des Dark Souls ou des Souls de façon générale, Dark Souls 2 est l’épisode que tout le monde déteste. J’ai un peu fouillé dans les forums pour voir ce qui en ressort. Ce n’est pas si tranché, ce n’est pas si clair. J’ai envie de dire que c’est certainement devenu une mode et que les gens qui aiment n’assument pas de l’aimer. Bienvenue dans la meute des joueurs de jeux vidéos.

L’autre meute, celle qui aime le jeu, explique que les joueurs de Dark Souls qui ont découvert la série avec le 3 sont trop nuls pour jouer aux 2. Il y a en effet deux trois bricoles dans Dark Souls 2 qui rajoutent à la difficulté du jeu. Par exemple, quand on meurt, la barre de vie descend. Et elle descend de plus en plus jusqu’à ce qu’on regagne de l’humanité. Il y a un critère qui s’appelle l’adaptabilité qui permet à votre personnage de faire des roulades ou boire les fioles d’Estus de façon plus rapide. Et forcément, si on ne fait pas monter le critère, le personnage se traîne comme un véritable veau.

Il revient aussi la problématique du level design. La force des Souls, en tout cas le premier, c’est la parfaite imbrication des zones. Ici quatre destinations pour aller tuer quatre gros boss différents. À l’instar de Demon Souls où l’on avait des chemins différents, c’est le cas ici, c’est un gros reproche qu’on peut faire. Pas d’intersection, un level design parfois discutable avec des zones sans queue ni tête qui se suivent.

Un jeu loin d’être parfait, mais qui fait parfaitement le job

Dans les critiques, on a une difficulté considérée comme punitive qui se discute, mais on y viendra plus loin. De la même manière, des boss peu mémorables, ce que je dois reconnaître, est véridique. Néanmoins, quand on joue à Dark Souls 2, on se dit quand même qu’Elden Ring n’a vraiment rien inventé. Les combats contre les dragons par exemple, certains monstres qui ont de sacrés airs de familles avec ceux qu’on a déjà vus. Le moteur de jeu, même si c’est globalement moche, n’a pas réellement évolué, Elden Ring est simplement plus joli, mais n’invente pas la roue par rapport à ses prédécesseurs.

J’ai prévu de me refaire l’intégralité des jeux faute de mieux à jouer, et je réalise que j’ai un souvenir assez diffus des autres, principalement le premier. Ce qui est certain et c’est quelque chose que je trouve génial dans ce jeu, c’est que : le poison empoisonne, le feu brûle, les armures protègent. Je rajouterai l’importance de l’arc totalement indispensable dans certaines phases de jeu. Enfin l’utilité de la torche, certaines phases du jeu ne peuvent pas être faites sans, tellement c’est sombre. On a pleinement la sensation qu’il faut utiliser toutes les possibilités du jeu pour réussir à s’en sortir.

Enfin, j’aime beaucoup l’histoire qui est certainement l’une des histoires les plus claires. Quand on arrive enfin à trouver le roi Vendrick, c’est vraiment la claque. Et puis certaines parties inaccessibles où l’on sait qu’il faudra revenir, comme dans Zelda ou encore certaines astuces. Brûler le moulin pour vider le poison. Il y a des interactions avec le décor qui changent tout.

Dix ans plus tard, comme le bon vin, tu te bonifies.

Il y a dix ans, à la sortie du jeu, j’ai souvenir d’avoir trouvé que la difficulté était à vomir. À l’époque, j’avais passé beaucoup de boss à l’aide des joueurs présents dans la place. Ici, je dois dire que j’ai un peu abusé au point d’être à la fin de la partie à un niveau de 180. À noter que le jeu, malgré ses dix ans, malgré sa réputation, est loin d’être vide. Il y a de très nombreux joueurs. Mon niveau trop élevé soulève d’ailleurs un problème des Souls, c’est l’impossibilité de pouvoir aider les gens ou d’être aidé. Le « gap » de niveau entre les autres joueurs et moi est trop important si bien que je ne croise personne.

On se rend compte qu’après avoir fait tout ce qui se fait de près ou de loin en Souls, on devient quand même fort, ou en tout cas, on apprend. La mécanique des Souls est assez simple. Elle est basée sur la peur, sur l’urgence, sur la surprise. Elle est aussi basée sur le fait de la peur de perdre des âmes. Dix ans plus tard, on connaît les mécaniques, on n’a pas peur de perdre même si c’est 40000 âmes, on a gagné en self contrôle.

Regardez ci-dessous, les trois sentinelles. Elles ont été ma Némésis pendant des heures. Je les ai faites en first try tranquillement. J’écrivais plus haut l’importance du matériel, c’est le cas ici. Sans bouclier avec trois ennemis en même temps, pas évident d’éviter. Pour l’instant seuls les DLC me posent des problèmes. Il faut dire que tous les défauts signalés dans le jeu, notamment les hordes de monstres agressifs qui vous tombent dessus sans pouvoir réagir.

Pour moi, le principal problème de Dark Souls 2, c’est le trop gros choix. Trop d’armes, trop d’armures. La frustration n’est pas dans la difficulté du jeu, la frustration est dans la quantité. Par exemple, à niveau 180, j’ai fait monter, mal trop d’armes. Pour les statistiques, je vois le problème pour réussir à porter de grosses armures avec de gros marteaux. On voit qu’il faut poursuivre sur du NG+ ce que je n’aurais pas forcément la patience de faire aujourd’hui surtout après avoir plié le jeu dernièrement.

Dark Souls 1 a tellement mal vieilli et il était surcoté

Après avoir fini Dark Souls 2 et l’ensemble des DLC, pourquoi pas Dark Souls 1 ? Malgré le charme, malgré les souvenirs, force est de constater que le jeu a très mal vieilli. Dans ce qui suit, je ne m’attache pas au lore, à l’histoire ou au charme, mais seulement à la technique du jeu.

Comme je l’évoquais avec Dark Souls 2, on a un problème général, c’est le suivi de la meute. De la même manière qu’il faut dire que Dark Souls 2 est mauvais, qu’il est important de dire que le premier opus est merveilleux. Et pourtant, si on fait preuve d’objectivité, il apparaît que les défauts, y compris dans cette édition remastered sont bien trop présents, pas forcément où on le croit. On pourrait penser que le graphisme a mal vieilli, c’est le cas. Dark Souls malgré ce remastered est moche. Quand on trouve les textures vilaines dans le deuxième épisode, je suis très perplexe sur le premier.

C’est très très moche

Le fait que ce soit franchement vilain n’est pas vraiment une entrave, mais cela casse la dynamique de peur. Quand on fait le jeu la première fois, que la musique s’accélère, vous n’avez pas d’arme, un monstre gigantesque vous tombe dessus, ça impressionne. Quand on a plus de dix ans de souls dans les jambes, le monstre est tout simplement ridicule. C’est un constat que je fais sur l’ensemble des boss qui m’avaient impressionné. Par exemple les gargouilles du deux sont quand même bien plus réussies que dans le un.

Dark Souls est un jeu japonais et ça se sentait fortement dès le début. À force de se concentrer sur l’action, on ne regarde pas le reste. Avec l’expérience, on prend le temps, à regret. Ceux qui ont fait des jeux japonais, je pense à Code Vein par exemple, ont l’habitude des niveaux vides et mal travaillés. Je venais de tuer la grosse araignée Quelaag sans aucune difficulté et j’arrive aux ruines démoniaques. C’est totalement vide. Une étendue de feu et de lave. Des monstres au loin. Des progrès considérables ont été réalisés sur les zones et sur les décors dans les opus suivants.

Une araignée tuée en quelques minutes dans un décor moche.

Et s’il n’y avait que le graphisme

Le graphisme de Dark Souls 2 n’est pas transcendant, mais il est « réaliste ». Avec le recul, je trouve que Dark Souls est grotesque. On a loué pour ce premier Dark Souls les embranchements se faisant entre les zones. C’est vrai. Seulement, on oublie un point, l’impossibilité de se téléporter en début de partie d’un feu à l’autre. Malgré les fameux raccourcis qu’on débloque, il est nécessaire de faire retour arrière pour trouver le forgeron ou le vendeur de sort, qui ne sont pas nécessairement au même endroit. S’il est effectivement intéressant de se dire que le joueur est moins pris par la main que dans le deux jugé plus dur, c’est pénible pour au moins deux titres. Les allers-retours inutiles et les invocations pour le multijoueur.

Dans Dark Souls 2, vous avez les zones sur la carte pour lesquelles vous avez le plus de joueur. Vous pouvez donc trouver du monde à n’importe quel moment et vous téléporter. Pour Dark souls, c’est tellement espacé, on est tellement obligé de cavaler qu’en fait, on n’a pas forcément envie de rester dans la même zone. Alors qu’il y a pourtant du monde, on le voit au début et au son des cloches, on ne croise pas grand monde. C’est un vrai manque dans le jeu.

À la rigueur, c’est encore supportable. En outre, pour les deux problèmes principaux, les bugs et l’interface catastrophique, je suis plus intransigeant. Je suis plutôt bon joueur, mais c’est un épisode dans lequel je meurs trop souvent. Des bugs de collision sur le terrain ou encore se retrouver coincer entre deux monstres sans pouvoir sortir. La zone du hameau du crépuscule est l’illustration même du problème. On marche sur des planches cassées, quelques pixels peuvent vous bloquer pour monter.

On évoque les types qui lancent des fléchettes empoisonnées ?

Pour ma part, le problème majeur, c’est l’interface. Il faut rapidement que l’on puisse savoir quelles sont les statistiques de telle arme ou de tel sort. Il faut jongler entre plusieurs menus pour trouver les caractéristiques.

L’une des seules améliorations du remastered c’est la possibilité de consommer les âmes en un seul coup, plutôt qu’une par une. C’est bien, les joueurs Switch auront pu profiter de ce premier opus sans véritable investissement de From Software qui aurait pu faire une véritable refonte comme Demon Souls.

Darks Souls 1, ce n’était pas mieux avant.

En fait, Dark Souls est un objet nostalgique et de culte. Pour les joueurs qui comme moi ont commencé avec cet opus, on y voue légitimement un culte. Je pense qu’il y a un avant et un après Dark Souls dans l’univers du jeu vidéo. Je viens de passer à nouveau des dizaines d’heures sur le second opus, je considère que ma passion pour le jeu vidéo n’est pas morte. À mon sens, les jeux vidéos actuels ne répondent plus à mes critères et je reviens toujours aux Souls. Il s’agit du seul type de jeu que je considère comme un défi qui a du sens.

Malheureusement cette tentative de se replonger dans l’univers avec nostalgie échoue, le jeu est rattrapé par plus de dix ans d’évolution. Même, le jeu ne supporte pas le passage à Dark Souls 2 tant l’évolution est importante quoi qu’en disent les détracteurs.

Si on peut de toute évidence dire que ce n’était pas mieux avant, rejouer aux Dark Souls rappelle qu’Elden Ring présente de fortes limites. Pour ma part, l’évidence, c’est l’open world et le multijoueur. Dans Dark Souls 1, j’évoque le problème d’être au même endroit qu’un autre joueur n’est pas simple, on imagine pour le monde ouvert. Il y a de plus dans Dark Souls un défi qui pour ma part est plus pertinent qu’Elden Ring. En effet, dans Elden Ring, quand le joueur est bloqué, il va ailleurs. Ici, il n’a pas d’autre choix que de se transcender, de relever le défi et de triompher. En parallèle, lorsque ça bloque pour pas mal de monde, cela permet de multiplier les chances de jouer en multijoueur. Le monde fermé a de l’avenir, et je ne cracherai pas sur un Dark Souls 4.

Dark Souls 1, restera ce qu’il doit être : un souvenir.

Dark Souls 3, le maître, les raisons évidentes du succès

Comme nous avons pu le voir, Dark Souls 2 était l’épisode de la contrariété. Il ne pouvait pas être le succès que tout le monde attendait. On rajoutera que sa difficulté en a certainement rebuté plus d’un. Dark Souls 3 a quelques raisons d’avoir remporté le succès. Toutefois, la principale, c’est qu’il est tout simplement l’épisode le plus accessible de la série.

Alors effectivement dit comme cela pour un souls, cela pourrait sembler comme une provocation, mais en fait pas du tout. Dark Souls 1 aujourd’hui est un jeu que je considère comme difficile, car il possède trop de bugs. C’est un constat que j’avais fait plus haut à savoir que la punition venait souvent d’un problème de jeu et pas du joueur. Pour le numéro 2, le nombre d’adversaires était assurément plus problématique que les boss qui n’étaient pas mémorables. Le trois quant à lui fait le sans-faute. Ici tout va « bien ».

Le jeu est beau, on retrouve ce qui faisait la renommée du premier opus, à savoir les fameuses interconnexions. Par exemple, dans la chapelle, on fait le tour de la carte pour ouvrir une porte et revenir au feu de départ. De ce côté par contre, il serait faux d’imaginer une interconnexion bien lointaine, c’est vraiment par zone. Le nombre d’adversaires est bien dosé, un bon joueur sera rarement en difficulté. Enfin, les boss ne sont pas très techniques et on finit par maîtriser les patterns.

Il me paraît aussi important de souligner un lore plus facile à comprendre et des actions moins « bizarres ». Attention, cela reste un Dark Souls, il y a tout de même un passage dans lequel vous marchez dans le vide pour trouver un nouveau serment.

Où l’on se rend compte qu’Elden Ring n’a vraiment, mais vraiment rien inventé.

En rejouant à Dark Souls 3, j’ai réalisé que j’avais oublié certains boss, car on les tue tellement rapidement qu’on les oublie. Yhorm le géant en fait partie. Le géant est totalement indestructible et résiste à toutes vos attaques. Derrière son trône se trouve une épée, lorsque vous prenez cette épée, vous la chargez et vous envoyez une énorme décharge qui tue le géant en cinq coups. C’est une méthode similaire que l’on retrouve avec Rykard, Seigneur du Blasphème.

De la même manière, dans Elden Ring, vous allez retrouver une salle de la table ronde presque à l’identique du hub du jeu. Dans ce troisième opus, après avoir tué un boss, dans une zone secrète, vous retrouvez un sanctuaire de lige-feu à l’identique avec toutefois une ambiance et des éléments qui vont changer la fin du jeu.

Beaucoup ont fait la remarque que From Software avait tendance à tirer sur la corde en sortant des jeux avec le même moteur, avec une grosse cadence, et des reprises. C’est en faisant effectivement l’ensemble des jeux d’une traite, qu’on réalise que le jeu ratisse très largement dans ces précédents épisodes pour produire les nouveaux. Certains ont fait remarquer qu’Elden Ring Nightreign, qu’on devrait voir sous peu, pourrait être l’épisode de trop avec une fois de plus de très/trop grosses inspirations des jeux précédents.

Dark Souls 3, c’est quand même la grande classe.

La série Dark Souls est certainement dans le jeu vidéo celle qui incarne le FOMO. Quand vous jouez à un Souls, force est de constater que les développeurs peuvent planquer une zone complète et se moquer de savoir si vous allez y arriver. De la même manière, il faut avoir largement avancer dans les jeux pour trouver les DLC que vous avez pourtant payés ! Ils ont tellement confiance en leur jeu qu’ils savent que les joueurs iront. Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans les succès Steam, c’est quasiment 50% des joueurs qui arrivent à la fin du jeu.

Le jeu ici fait vraiment très fort. Par exemple, vous allez voir la zone ci-dessous, en plein milieu d’un donjon. Les nombreuses remarques des joueurs avec « emote » intriguent. Plus loin, dans une zone cachée, on trouve un emote qui permet de mettre le joueur dans une position similaire. On revient, on le fait, et on se retrouve sur le pic du dragon. Plus loin dans cette zone, un dragon plutôt incassable, il faudra l’éviter pour grimper tout en haut d’un édifice bourré de monstres et plonger pour le tuer d’un coup net.

Les surprises de ce type sont nombreuses et il est difficile de jouer sans guide. J’évoquais plus haut un lore plus compréhensible, cela se traduit aussi dans les différents personnages qu’on prend plaisir à faire « avancer » dans la quête au fur et à mesure des événements. C’est ici une véritable réussite. On pense par exemple à Siegward que vous tirez de situations improbables et qui vous aide dans le fameux combat contre le géant.

Dragon méditation

En conclusion, Dark Souls 3 pour ma part fait le sans-faute. Avec le recul, même si j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer à Elden Ring, le monde fermé proposé est un challenge bien plus intéressant. Comme je l’évoquais pour le multijoueur avec la certitude de rencontrer d’autres personnes, mais aussi pour un monde mieux ficelé. L’open world en fin de compte, c’est juste une dilution, même s’il faut le reconnaître, Elden Ring est certainement l’un des plus réussis.

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