Lectures, avril 2026

La bande dessinée Androïdes est une série de douze tomes finie, sur les androïdes comme on peut s’en douter. La bande dessinée est principalement futuriste, mais on peut retrouver des épisodes dans un futur proche. Le classique androïde domestique qui s’éveille à la « conscience ». De façon générale, on tourne dans des périodes particulièrement futuristes. Androïde est une bande dessinée qui a été réalisée par de très nombreuses mains, ce qui fait qu’elle a pu paraître en moins de cinq ans. J’ai envie de dire que le lien commun qu’on a entre l’ensemble des albums, c’est un peu la posture de l’Androïde par rapport à l’homme, par rapport à son existence. On fait référence à Asimov par exemple et les lois de la robotique. Non seulement l’androïde s’interroge, mais l’homme évolue. Dans un des épisodes par exemple, on trouve une androïde immortelle, elle raconte l’évolution de l’homme pour finir par un suicide collectif de l’humanité, lassé par la vie. Elle-même, alors qu’elle est indestructible, voue une fascination pour la mort. Les épisodes sont variés, on essaie vraiment d’aborder toutes les facettes de la robotique avec des épisodes qui sont plus ou moins réussis. Le plus ou moins réussi est impropre puisque la bande dessinée est réellement excellente, on dira que certains épisodes sont réellement excellents et que certains sont un petit peu en dessous. De façon systématique le dessin est de qualité et l’écriture tient toujours la route.

Les tomes sont variés et on a quelques belles trouvailles. Je vous aurais bien évoqué le premier tome qui est l’un des meilleurs, mais la chute est tellement importante qu’il est inenvisageable de spoiler. Le berger est un des meilleurs albums de la série. Il s’agit d’un androïde qui s’écrase sur terre et qui a besoin d’une technologie qui n’existe pas encore. Il lui reste 9 000 ans d’énergie, le compte à rebours est enclenché. On se rend compte qu’il est à l’origine de notre humanité et qu’il va faire infléchir le cours de notre histoire !

Valérie Mangin est une autrice de bande dessinée, vous pouvez trouver sa biographie complète sur la page Wikipédia. Pendant quelques années, elle a réalisé des séries basées sur les uchronies. C’est un style que je trouve assez intéressant, puisqu’il s’appuie souvent sur des faits historiques et explique comment l’histoire aurait pu être différente. L’exemple typique, c’est Block 109 qui raconte la guerre entre l’Allemagne Nazie et l’U.R.S.S. dans les années 1950. Valérie Mangin est diplômée d’histoire, elle apporte donc une vision intéressante à ses récits. Elle fait toutefois fréquemment le choix de la science-fiction, comme c’est le cas avec le dernier Troyen ou le fléau des dieux.

Luxley c’est le nom officiel de Robin des bois. L’histoire se déroule en 1195, comme dans Robin des bois, sauf qu’ici, il ne s’agit pas de lutter contre le Shérif de Nottingham. L’Europe est attaquée par les Atlantes, une peuplade dirigée par l’Inca. En effet, l’Inca, un personnage mystique de l’Amérique du Sud a vu le futur. Il voit déferler des hordes d’Européens pour prendre le territoire. Il décide donc d’anticiper sur les événements et de prendre le pouvoir en Europe. L’Inca envoie ses fils, ses filles et ses petits enfants à la conquête. Très rapidement la France et l’Angleterre tombent. Les Atlantes ont le pouvoir de prédire l’avenir, ils sont capables d’anticiper les événements avant qu’ils se produisent. Ceci explique pourquoi rien ne parvient à les arrêter.

Luxley est capturé sur le territoire français, on le force à fumer du peyotl. Il s’agit d’une drogue qui développe la vision, comme les Atlantes. Il parvient ainsi à échapper aux prédictions et peut commencer à organiser la résistance. Le positionnement de Valérie Mangin est assez intéressant, dans une logique assez implacable. Par exemple, le pape lui-même, n’a d’autre choix que d’aller voir Saladin avec qui l’Europe est en guerre pour lui demander de s’allier. Nous sommes dans la troisième croisade à cette époque. De la même manière les Atlantes finissent par adopter certaines lois et commencent à installer la paix. Le calme revient et c’est Luxley qui est vu comme un traître. Les habitants finissent par trouver la cohabitation pas si désagréable. L’héritier moitié Atlante, moitié français, baptisé, met de plus tout le monde d’accord. On finit par semer le doute chez le lecteur quant à la légitimité de l’action de Luxley.

La bande dessinée est d’une violence rare et n’est pas sans faire penser au film Apocalypto de Mel Gibson. On retrouve dans Luxley de nombreuses scènes similaires notamment les sacrifices. Les Atlantes justifient leurs crimes aussi horribles soient-ils par prévention de ceux que l’Europe aurait réalisés 300 ans plus tard. Les Atlantes sont nombreux à exprimer leur désaccord avec cette violence. Ils voient dans cette façon de procéder, une légitime défense nécessaire. La culpabilisation de notre continent, des massacres engendrés au nom du catholicisme reviennent de manière très régulière dans la bande dessinée. La légitimation des crimes tient finalement la route. On en vient à penser que l’invasion Atlante rendrait le monde meilleur. Luxley est une uchronie pertinente qui écorche le monde en général, les hommes en particulier. Seul regret certainement, la fin. Valérie Mangin insiste sur le don de voyance et nous entraîne dans des frontières qu’elle ne maîtrise pas forcément. Il serait difficile d’en dire plus, car ce serait spoiler. Je dirais juste que tout le monde n’a pas le talent de Bernard Werber.

Bande dessinée en quatre tomes, vigilantes raconte l’histoire d’un groupe d’amis dans leur enfance et dans le temps présent. Dans un camp de vacances, ils rencontrent un vieil indien dans une grotte. Ce dernier va leur donner des superpouvoirs. Ces pouvoirs n’opéreront qu’à une seule condition, qu’ils soient ensemble. Des événements dramatiques vont se produire durant cet été, la mort d’un de leur camarade et la naissance d’un monstre. En effet, le directeur de la colonie est un prédateur qui tue des enfants. Malheureusement lui aussi va rencontrer l’indien dans la caverne et développer des pouvoirs.

Nous retrouvons nos quatre héros devenus adultes. Ils n’ont d’autres choix que de reformer les vigilantes. En effet l’ancien directeur de colonie est devenu un personnage politique important. Les amis décident de l’arrêter et de dénoncer ses actes passés. Où l’on retrouve la « french touch », c’est bien sûr dans la relation entre les personnages. Il s’agit d’hommes d’âge mûr, plus des gamins avec leurs forces et leurs faiblesses. Bien loin des clichés américains, ils prennent des cuites et draguent des filles, s’engueulent, ont des problèmes de couple. La dimension humaine apportée à la bande dessinée est intéressante, les scènes d’action et les cliffhangers ne sont pas laissés derrière pour autant. Vigilantes est une vraie bande dessinée d’action.

Okko raconte les aventures d’un rônin, un samouraï sans maître, chasseur de monstres. La bande dessinée est terminée, en dix tomes. Elle se décompose en cinq cycles de deux tomes, les quatre éléments, et le vide pour achever la bd. Le premier cycle pose les bases de la bande dessinée, le cycle de l’eau, la présentation des personnages. Okko le personnage central, un expert du sabre. Noburo qu’on comprend rapidement être un démon, quand on le voit se relever après avoir pris une volée de flèches. Le moine au saké qui comme on peut le supposer est souvent ivre, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de grands pouvoirs. Enfin, Tikku qui se met au service de Okko au début du premier tome si en contrepartie, il retrouve sa sœur, une geisha enlevée.

Dans le second cycle, la terre, Okko est témoin d’un meurtre. Il va parcourir les sept monastères d’une chaîne de montagne afin de trouver qui porte le signe du corbeau à l’origine du crime. Durant le voyage, le guide lui demande s’il est bien l’assassin de sa mère. On commence dans ce tome à planter le fil rouge de l’histoire. Dans le cycle de l’air, Okko fera face à un terrible adversaire, il n’en sortira pas indemne. Pour le cycle du feu, Okko doit assurer la sécurité d’un mariage impérial. Malheureusement les choses ne vont pas se passer comme prévu, le rônin devient l’homme le plus chassé du pays. Enfin le cycle du vide, la conclusion de l’histoire, mais aussi l’origine des personnages.

Okko est une bande dessinée remarquablement dessinée avec un scénario qui tient la route, des personnages réussis et attachants. Elle est l’œuvre d’un seul homme, Hub à la fois au dessin et au scénario. Il est assez rare pour le remarquer, souvent un artiste est largement plus performant dans un domaine que l’autre. Une série incontournable. Il est à noter, mais c’est très personnel que j’ai trouvé dans Okko une large inspiration graphique de la bande dessinée de Frank Miller, rônin. À commencer par la cicatrice des deux personnages centraux.

Dans les années 50 dans un village complètement perdu des États-Unis, un jeune homme attend sa belle-sœur à la gare. Elle vient d’une espèce de pensionnat de jeunes filles, une prison plutôt, et le mariage avec son frère lui a permis de s’évader. Le jeune homme a une passion pour le rock and roll, elle, une beauté sauvage, il s’étonne qu’elle épouse son frère. Et pourtant dans la famille, ce frère ainé n’est pas le plus anormal, loin de là. Le père tient une casse automobile, un frère est poursuivi pour avoir assassiné une vieille dame. Le plus jeune des frères est un pervers quand la petite sœur a des troubles autistiques profonds. La mère est portée disparue. Rockabilly ne fait pas dans la dentelle avec cette famille qui tient de la caricature, ni avec son scénario et la tension amoureuse entre le jeune guitariste et la belle-sœur sexy. Cependant l’histoire est prenante, le dessin de Dubois est solide, la bande dessinée est réussie malgré ce classicisme apparent.

Titans est une série imaginée par Istin, une de plus, une de trop ? qui se déroule dans l’univers de la mythologie grecque. Le postulat est le suivant. Des femmes qui affrontent des dieux en grec en utilisant les pouvoirs des titans. Le premier album qui est plutôt réussi raconte l’histoire d’une spartiate qui participe à des jeux olympiques. Elle est invaincue et la victoire lui semble acquise. Afin de « pimenter » les jeux, les Athéniens mettent en… jeu, une île possédée par les spartiates. Le lutteur grec est un véritable monstre, et ce qui devait arriver arriva, notre héroïne est défaite. Seulement ce lutteur était réellement trop puissant, trop puissant pour être un homme, il s’agissait de l’incarnation de Zeus sur terre. Elle va croiser un titan qui va lui permettre d’avoir sa revanche. Chaque tome va avoir plus ou moins le même schéma narratif. D’un point de vue technique, j’ai trouvé ça plutôt inégal dans le dessin, on va dire que c’est du classique pour les univers d’Istin. Pour l’histoire, j’ai envie de dire que malheureusement ça fonctionne toujours même si on a la sensation de déjà vu quelque part. Je suppose que lorsque tout le monde en aura marre, on arrêtera de produire ce type de série, pour le moment, on continue de décliner à toutes les sauces.

L’enfant océan est l’adaptation d’un livre pour enfant qui fera penser indiscutablement au petit Poucet. C’est l’histoire d’une fratrie composée de trois paires de jumeaux et d’un petit garçon. Ils vivent dans une famille difficile, les parents qui boivent, qui s’engueulent. Alors qu’on pense que l’enfant est attardé, c’est lui le centre d’intérêt de ses frères. Un jour, ils décident de partir pour aller vers l’océan. Si l’histoire n’est pas originale, le dessin est splendide, la mise en scène magnifique, les personnages attachants.

Les unités localisées pour l’inclusion scolaire ou ULIS, c’est le titre de cette bande dessinée qui comme on peut s’en douter nous plonge dans cet environnement pédagogique si particulier. C’est l’histoire d’un employé d’informatique qui fait un burn out entre le travail d’un côté et sa copine qui le quitte. Il a besoin de reprendre du service et devient AESH auprès d’un enfant autiste. La bande dessinée va nous présenter les enfants, l’enseignante courageuse qui vit pour le travail, la super AESH, les parents, le jugement des autres. La bande dessinée de plus de 300 pages est un aperçu du système mais je la trouve caricaturale. Par exemple, Ivan, le personnage central de la bande dessinée se guérit en aidant l’enfant qui fait des progrès considérables. Pour travailler avec des élèves difficiles avec des troubles profonds, parfois en situation de handicap, oui, il y a des petites victoires, mais je ne pense pas qu’on puisse se sortir d’une dépression profonde. Où la bande dessinée caricature encore c’est ce côté dans lequel tout va bien, une harmonie dans le groupe, des enfants obéissants. Une bande dessinée à considérer comme une fiction et pas comme un récit.

L’histoire d’enchaînés commence de façon très brouillonne dans un commissariat. Il faut en effet s’accrocher un peu pour comprendre, l’histoire, c’est une volonté. On va revivre les événements de la bande dessinée sous plusieurs angles, pour en apprendre davantage sur les différents protagonistes. Une manière plutôt originale et particulièrement bien menée pour arriver à la conclusion de l’ouvrage. Dans ce commissariat, un homme qui refuse de parler, il vient de tirer sur un jeune homme dans la salle d’à côté. Celui-ci est à l’initiative d’un massacre dans le gymnase de son établissement, il a ouvert le feu. Parallèlement à cela, une femme est en train de mourir à l’hôpital, pendant qu’un dernier homme est retrouvé mort avec une valise pleine de billets pour un montant de 1 million de dollars. Les quatre personnes sont liées, pas forcément évident d’en dire plus sans spoiler. Dans les grandes lignes, on a proposé 1 million de dollars à chacun s’ils acceptent de tuer quelqu’un d’autre. La série est composée d’un premier cycle de quatre tomes et redémarre sur un second terminé lui aussi en quatre tomes. Il s’agit cette fois d’une autre chaîne, qui n’est plus basée sur l’argent, mais sur la guérison d’un être cher. On comprend dès lors qu’il y a une part de fantastique dans la bande dessinée en lien avec le tentateur. Une bande dessinée est efficace et réussie malgré tous les clichés sur l’argent, la religion, les hommes politiques et le pouvoir. Les personnages sont des caricatures jusqu’au futur président des États-Unis impliqué dans un scandale sexuel.

Antoine Tracqui auteur de cette bande dessinée en trois tomes est médecin légiste, on ne s’étonnera pas qu’elle s’appelle autopsie. Il s’agit de trois tomes indépendants dont le trait commun est d’avoir un médecin légiste pour personnage principal. L’auteur a fait le choix de prendre des personnages différents, dans des endroits différents. La première enquête se déroule dans un pays nordique dans lequel des crimes rituels sont pratiqués. Le second tome, c’est un médecin légiste kidnappé par la mafia qui doit pratiquer l’autopsie du fils du parrain et trouver ses assassins. Enfin le dernier tome se déroule en Australie, une légiste se retrouve à enquêter sur un corps momifié en plein milieu du désert. Antoine Tracqui a l’intelligence de ne pas faire une bande dessinée technique et de privilégier le travail des personnages et l’histoire plutôt que l’aspect médical. L’ensemble est plutôt réussi même si les ficelles qu’on tire sont quand même des cordes.

Gabriel est un ange. Oh pas l’ange qu’on connait, un veilleur. Il surveille un passage entre le paradis, la terre et l’enfer. Il trouve un enfant égaré, un enfant qui n’aurait pas dû se trouver là. Alors qu’il le sauve, il aperçoit son ancien amour devenu démon, suite à la chute. Cet enfant devient le centre de toutes les attentions et pour cause, il s’agit du nouveau messie. La guerre entre les enfers et le paradis est déclarée, place à la grande bataille. Paradis perdu fait indéniablement penser à Darksiders où anges et démons s’affrontaient sur terre. Alors qu’on pourrait penser être plongé en pleine religion, ce n’est pas vraiment le cas. Bien sûr, les références, mais ici, c’est plus le manichéisme qui est mis en avant. La lutte entre le bien et le mal qui forment un tout pour donner l’homme. Les scènes de bataille sont assez impressionnantes, de grandes doubles-pages, l’histoire plus en recul.

Paradis perdu se décompose en deux cycles de deux fois quatre tomes. Je viens de vous raconter la première partie dans les grandes lignes. Le second cycle quant à lui est moins bon avec une histoire qui pourtant promettait. Nous nous retrouvons ainsi après la première partie, l’ordre divin, si l’on peut dire, a changé. Un ange du nom de Jacob tue d’autres anges pour alimenter un mystérieux document. Comme on peut s’en douter, son crime ne restera pas impuni. À l’instar du premier cycle où l’on insistait sur la dualité chez les individus, Jacob va néanmoins sauver des humains qui vont s’embarquer dans son univers. Plutôt convaincu par les deux premiers tomes, le troisième est mauvais et s’enlise. Je pense qu’on peut s’arrêter au premier cycle sans suivre sur le second.

Un docteur arrive dans un asile, un patient en camisole de force. Il s’agit de l’ancien domestique du Green Manor. Le Green Manor est un club du XIX° siècle qui attire les nobles de la société anglaise. Très chic, très bon goût, ces messieurs ont pourtant tous une passion pour le crime. Sur trois tomes, le domestique va raconter au médecin toutes les histoires de crime qu’il a pu entendre. Il s’agit d’une bande dessinée à l’humour très noir composée d’histoires courtes autour des crimes ou de la mort en général. Par exemple ce vieux monsieur qui raconte comment, depuis l’enfance, il est devenu un génie du crime. Ces deux nobles devenus tellement forts à la chasse qu’ils se choisissent comme proie mutuelle dans les rues de Londres. Ou ce meurtre totalement insoluble où l’on finit par penser que c’est un singe qui a commis le crime. Très drôle, très bien écrit. La structure, le cadre, l’humour trop noir en font une bande dessinée vraiment atypique, inclassable.

Les aigles de Rome est une série de Marini, un dessinateur bien connu pour le Scorpion. Il fait partie de façon évidente des grands dessinateurs de la bande dessinée franco-belge avec un trait facilement reconnaissable. Avec cette série, il s’attaque au scénario, et il faut le reconnaître c’est souvent compliqué. Il est en effet assez rare de trouver un artiste qui conjugue avec brio les deux compétences. Qu’en est-il pour les aigles de Rome ? L’histoire se situe dans un contexte bien précis, celui des princes ennemis éduqués en tant que Romains. Il ne s’agit ni plus ni moins d’otages, une façon de garantir la fidélité des peuples vaincus par l’empire Romain. Marcus Valerius Falco est le fils d’un ancien légionnaire qui a remporté de nombreuses victoires. Le père a dû épouser une princesse gauloise, une obligation, mais aussi une récompense. Le mariage dans la bande dessinée revient régulièrement, on y voit de manière systématique une obligation stratégique. Alors qu’il coule une retraite heureuse, on lui demande d’accueillir Ermanamer qui va prendre le nom d’Arminius. Ce dernier est le fils d’une peuplade Allemande qui doit recevoir l’éducation romaine.

Les deux adolescents vont passer l’intégralité du premier tome à se battre. En effet, les deux garçons ont de très forts caractères, insubordonnés, belliqueux, de véritables barbares. Comme on peut s’en douter, c’est à force de brimades communes qu’ils vont devenir amis. En grandissant, on va suivre leurs victoires, mais aussi leurs amours. De ce côté-là, le moins qu’on puisse dire c’est que Marini est allé à bonne école avec un cocktail d’action, de sexualité et d’aventure, comme pour le Scorpion. Profitant d’un trait magnifique, il en fait des caisses, les scènes de sexe et les filles dénudées reviennent de façon très régulière, certainement trop. La trame, c’est bien sûr le lien fort qui lie les deux hommes, mais aussi le fait qu’Arminius ne se serait jamais soumis à Rome. Il serait en effet l’élu de son peuple pour réunifier toutes les tribus germaniques. On se doute qu’avec Falco qui veut tout faire pour honorer son père et Rome, la confrontation sera inévitable.

Difficile de ne pas être séduit par cette bande dessinée où tous les éléments sont réunis pour faire un succès. C’est le cas d’ailleurs. Néanmoins, comme je l’ai écrit plus haut, je trouve que l’auteur se laisse aller à une facilité qui ne lui demande pas trop d’effort. Comprenez que la bande dessinée est bien meilleure pour son dessin que pour son histoire. Un point précis me dérange, c’est le vocabulaire moderne employé qui jouxte le vocabulaire Romain de l’époque et l’attachement à l’histoire. On a donc des expressions particulièrement vulgaires qui ne sont pas nécessaires et qui ne cadrent pas vraiment avec le reste de la bande dessinée comme un anachronisme. Volonté, maladresse ou une autre façon d’être populaire ? La série au moment où j’écris ces lignes est au tome 8, elle a tendance à trainer en longueur et il va falloir qu’elle arrive à sa conclusion.

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