Star Wars Jedi. Le renouveau de la licence Star Wars

À l’instar du seigneur des anneaux, la licence Star Wars est très régulièrement exploitée dans le jeu vidéo. On connaît Star Wars en version ludique sur des tas de machines depuis plusieurs décennies. Si vous voulez voir à quoi on jouait dans les années 80, Star Wars : Return of the Jedi sur Atari ST en 1987. Le premier jeu est sorti en 1983 si je ne me trompe pas. Du bon et du moins bon, sans trop d’hésitation, c’est le jeu KOTOR, Star Wars: Knights of the Old Republic, qui aura marqué les esprits. Il s’agissait d’un jeu de rôle qui proposait des choix, des dialogues particulièrement riches et qui préfigurait la série des Mass Effect et Dragon Age. Dans ces jeux, le joueur a la sensation que ses choix ont un impact sur la suite du jeu.

Star Wars Jedi : Fallen Order : une civilisation qui manipulait la force

Dans Star Wars Jedi : Fallen Order, vous incarnez Cal Kestis un ancien padawan. Il fuit la destruction de l’ordre des Jedi et part se réfugier sur une planète en tant que simple ouvrier. Les choses s’accélèrent lorsqu’il utilise la force pour sauver un de ses amis. Il se voit contraint à l’exil et part à l’aventure. La trame du jeu, c’est la découverte d’une ancienne civilisation disparue qui manipulait la force. Cette dernière aurait réussi à fabriquer une carte permettant de détecter tous les enfants sensibles à la force.

On marche sur les murs comme Prince of Persia

Il s’agit bien d’un Star Wars fabriqué dans l’esprit Star Wars du début jusqu’à la fin. De bons sentiments, la balance entre le bien et le mal, la progression, l’attirance vers le côté obscur. Vous aurez droit à l’intégralité des clichés et de grandes citations.

Le héros à l’instar d’un Luke Skywalker ou d’une Rey, grandissent de façon misérable et s’éveillent à la force. La différence, c’est que notre héros a suivi une formation de Jedi mais le manque de pratique fait qu’il a oublié. Au fur et à mesure de l’aventure que vous allez récupérer vos pouvoirs de Jedi. Le double saut, la possibilité de courir sur les murs, attirer ou repousser des objets. L’action se déroule sur plusieurs planètes de la galaxie. Dès que vous débloquez un pouvoir, vous avez la possibilité de revenir sur une des planètes visitée et d’accéder à des lieux qui vous étaient interdits. Une manière de prolonger l’aventure qui fait une vingtaine d’heures en ligne droite.

Le jeu est décomposé principalement en trois phases : les combats, l’exploration et la partie plateforme. Les paysages sont très variés et correspondent bien à l’esprit Star Wars. Fonds marins, neige, forêts, cavernes et temples.

Un jeu qui mange à tous les râteliers largement perfectible.

Le jeu n’innove en rien et s’inspire très largement de Tomb Raider, Uncharted. Une tentative de Dark Souls pour les combats. Il est toujours jubilatoire de manipuler le sabre laser mais si le jeu est dans l’ensemble plaisant, il manque de trop nombreux éléments pour en faire un grand jeu.

Techniquement le jeu souffre de trop nombreux problèmes. Temps de chargement, modélisation de certains personnages. On a souvent évoqué les Wookies dans la presse informatique, la tache rouge sur le nez de Dark Vador n’est pas mal non plus on dirait un clown. Les décors n’apparaissent pas de façon fluide si bien que vous voyez avec parfois un retard de deux secondes une entrée apparaître. Pour un triple A, le jeu fait plutôt pauvre dans l’ensemble ce qui est assez étonnant.

Les problèmes techniques se retrouvent dans la gestion de la caméra. Certains sauts, des glissades ou même des combats devient particulièrement laborieux. Il faut de plus se dire que le côté arcade est omniprésent dans le jeu au point parfois d’en être totalement ridicule. On pose des murs sur lesquels on peut courir à tous les endroits, mais sans aucun sens. Le level design est assez catastrophique, il n’est qu’un prétexte à placer des obstacles pour utiliser les pouvoirs. L’un des exemples les plus marquant pour moi c’est ce coffre au trésor qu’on trouve dans un tombeau antique après avoir explosé le mur. Comment cet appareillage moderne a-t-il pu se trouver ici ? Ou encore un bouc géant qui se retrouve lui aussi prisonnier dans un tombeau inviolable.

L’arbre des origines une des seules parties du jeu avec un level design réussi

Comme dit, on va débloquer les pouvoirs au fur et à mesure et à l’instar de tout Metroidvania, un râtelier de plus, on va revenir explorer les endroits déjà parcourus mais avec des pouvoirs supplémentaires. La carte est assez illisible en 3D pour respecter l’esprit Star Wars si bien qu’on a souvent tendance à se déplacer à l’instinct ou à la mémoire. On tourne donc pendant un certain temps pour trouver le nouveau chemin.

La volonté de faire des combats plus exigeants est bonne. Ce n’est pas ce qu’on trouve dans ce genre de jeux de façon générale où l’on favorise l’aventure. On comprend qu’on lorgne de façon indéniable du côté Dark Souls. Malheureusement, l’exigence demandée doit être accompagnée d’une maniabilité parfaite. Comme on l’a vu plus haut ce n’est pas le cas. On finit alors par baisser le niveau de jeu pour éviter des combats trop difficiles. Vous mourrez non pas par votre responsabilité, mais par les nombreuses défaillances. Le jeu en mode histoire est alors trop simple et l’intérêt baisse de façon drastique.

Et pour enfoncer le clou dans une liste déjà assez longue. Si l’histoire tient parfaitement la route, l’ensemble des personnages manque totalement de charisme. On a en effet énormément de mal à s’attacher et donc rentrer pleinement dans l’univers. La couche permanente de bons sentiments propre à l’univers Star Wars rend encore plus difficile l’entrée dans le jeu.

Dispensable

Star Wars Jedi : Fallen Order n’est pas un mauvais jeu. Pour un jeu AAA il n’est pas à la hauteur. Il est regrettable qu’un studio comme EA avec de gros moyens fasse un jeu d’une qualité si médiocre. Les problèmes techniques, les personnages trop lisses, en font un jeu qui manque de passion auquel on joue sans ardeur. Il reste une adaptation très réussie de l’univers Star Wars. Le background, l’esprit, des musiques magnifiques, plaisant à jouer mais un jeu qui laissera peu de souvenirs au joueur sauf peut-être aux fans absolus de la série. On restera simplement pour le côté fun de manipuler un Jedi qui est capable de faire voler ses adversaires à travers la pièce et d’utiliser le sabre laser.

Star Wars Jedi: Survivor, le jeu qui a presque tout compris

Il aura fallu quatre ans pour voir arriver une suite. Je dois reconnaître que j’ai acheté le jeu en promo dans une période dans laquelle je n’avais pas grand-chose à jouer. Il faut en effet lire mon ressenti pour comprendre que ce n’était certainement pas le jeu de l’année. Il est assez rare que les suites fassent mieux et c’est pourtant le cas, Star Wars Jedi : Survivor est ce que Star Wars Jedi : Fallen Order aurait dû être. La comparaison ne tient pas, Fallen Order fait mine de brouillon.

Le jeu se déroule cinq ans après la première histoire et il sera, je pense, compliqué de s’engager dans Survivor sans jouer au premier opus aussi médiocre soit-il. Si une synthèse est proposée au début du jeu, ce n’est pas suffisant pour s’imprégner de l’univers. On notera d’ailleurs un côté paradoxal, même si le premier est raté, on réalise qu’on a, dans le second, développé un attachement aux différents personnages.

Cal Kestis est devenu un rebelle, avec son équipe ils en font voir à la république. L’équipe du premier épisode s’est séparée, et comme dans tout bon Star Wars qui se respecte on fera les retrouvailles nécessaires. Suite à une mission catastrophe, Cal doit faire réparer le Mantis. Seul Greez, l’ancien propriétaire qui a ouvert un saloon sur la planète Koboh est capable de réaliser cette prouesse. C’est en explorant la planète que Cal va faire une découverte surprenante. Des Jedi, il y a deux cents ans, auraient découvert une planète cachée, Tanalorr. Un lieu inaccessible qui permettrait à tous ceux qui veulent échapper à l’empire de se réfugier. Nous voilà partis dans la grande aventure.

Dagan le nouveau méchant qui est resté dans une cuve bien trop longtemps

Tout est mieux

Il est nécessaire de rendre à César ce qui appartient à César, le travail qui a été réalisé est colossal à tous les niveaux. Les personnages plus attachants, une romance, de l’action, de l’humour, un jeu triple A enfin. Si les combats restent confus quand on a beaucoup de monde, ça marche très bien, notamment face aux boss où l’on peut enfin combattre et ne plus laisser la place au hasard. On pouvait pester sur les sauts, le problème ici est réglé, avec un détail qui fait la différence, il n’est plus utile d’appuyer sur une touche pour s’agripper.

Le jeu a l’intelligence de ne pas nous proposer une perte de pouvoir, une amnésie qui vous aurait renvoyé au début du premier. Nous sommes avec un Jedi qui maîtrise l’intégralité de ses pouvoirs. Il fallait donc durant le jeu créer une montée en puissance afin d’éviter la frustration d’un gameplay « complet » dès le départ. C’est d’ailleurs une réflexion qu’on pourrait se faire, est-il réellement nécessaire d’avoir de nouveaux pouvoirs dans un jeu pour rajouter des éléments de gameplay ? On philosophera une autre fois.

Afin de diversifier le jeu, vous avez désormais le sabre laser simple, le double, le un sabre dans chaque main, le sabre laser lourd et même le pistolet laser. J’ai trouvé ça plutôt inutile, et c’est à mon sens le plus gros défaut du jeu, vouloir trop en faire. En effet, il apparaît qu’on trouve un équilibre assez rapide entre le sabre à une main (rapide) et le sabre lourd qui fait de gros dégâts. Je n’ai pas ressenti le besoin d’utiliser le reste et je ne recommencerai pas le jeu pour changer de style de gameplay. Nous ne sommes pas du tout dans un souls.

Le jeu conserve sa structure de Métroidvania comme dans le premier et on déclenchera de nouvelles compétences qui permettront d’aller à des endroits inexplorés. La carte étant beaucoup plus lisible, avec la possibilité de se téléporter d’un point à l’autre fait qu’on a tendance à beaucoup moins errer qu’avant. On aura donc une fois de plus des allers retours sur les planètes déjà visitées pour atteindre des endroits inexplorés.

Toutes ces compétences qu’on n’utilisera pas …

Un jeu très généreux, trop généreux

Il s’agit d’un problème que je jugerai personnel. Je suis quasiment à la fin et il est nécessaire d’avoir plus de vingt heures de jeu au compteur pour arriver à son terme. Il s’agit d’un jeu à histoire et on se rend compte que créer du rebondissement sur une telle durée n’est pas simple. Passé la découverte, je me suis ennuyé durant une bonne moitié du jeu avec un chapitre final qui par contre, trop tardivement, relance vraiment l’intérêt. J’ai donc eu tendance à accélérer et passer à côté des zones optionnelles pour filer en ligne droite, ce que je n’avais pas fait au début où je prenais du plaisir à visiter, à prendre le temps.

Cette générosité dans le jeu se retrouve de partout. Des bêtes légendaires à tuer, des failles temporelles qui vous envoient dans des défis comme tuer cent adversaires, des primes. Que dire de la planète Koboh avec ses personnages à récupérer, le jeu de cartes dans le saloon et j’en passe. Bien sûr, il y a les complétionnistes qui chercheront à atteindre le 100% mais c’est un peu comme ramasser les cents plumes dans Assassin’s Creed, on se dit qu’il y a mieux à faire.

En conclusion Star Wars Jedi: Survivor est un très bon jeu qui nous plonge dans un univers Star Wars cohérent et qui a su tenir compte des erreurs passées. Je regrette pour ma part des passages moins bons qui poussent à la ligne droite et cassent le plaisir de la découverte.

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