Après avoir terminé Lords of The Fallen qui m’aura pris un certain temps, j’ai enchaîné sur différents titres plus ou moins réussis. Même si Lords of The Fallen n’aura pas été le soul promis, force est de constater qu’il y a toujours dans ce type de jeu une accroche qui dépasse largement les autres, pour ma part en tout cas. La satisfaction procurée par les autres types de jeux n’arrive jamais au niveau d’un souls. De façon générale, je reste convaincu que le jeu vidéo peine à se renouveler et qu’on mise sur une simple amélioration des graphiques au détriment du reste. Pour les jeux à gros budget bien sûr, l’indépendant s’enlise dans le même type de jeu : des rogue lites ou du deck building.
Le jeu South of Midnight a fait la hype pendant pas très longtemps. Concrètement une fois que les gens l’ont testé, la hype est terminée. Il s’agit d’un jeu sorti en exclusivité sur la Xbox/PC puisqu’il s’agit d’une création de Xbox Game Studios. À chaque fois qu’une exclusivité sort pour une console, on a tendance à s’énerver pour se dire qu’il pourrait s’agir du jeu qui pourrait renverser la balance. Ce ne sera pas south of Midnight qui pose encore une fois le problème des avis très partagés.
Faire du neuf avec du vieux
Avant de rentrer dans les détails, j’aimerais vous parler du gameplay et de ce qu’on appelle la boucle de jeu. Au niveau du gameplay, il est très difficile de ne pas penser à des jeux d’il y a vingt ans comme Prince Of Persia. Votre personnage peut sauter, courir, courir sur des mur, lancer sa toile pour arriver à des endroits plus lointains, flotter dans les airs. On retrouve ainsi l’intégralité de ce qu’on connaît déjà dans ce type de jeu sans une once d’originalité. C’est l’une des principales critiques qui est apparue pour ce jeu et cela reste discutable. À ce compte, on arrête de faire des Mario Kart dont le gameplay n’a pas évolué depuis une éternité et pour lesquels on se contente de rajouter quelques améliorations. Où je suis davantage critique c’est sur deux points.
Alors que le jeu est un plateformer de façon générale, entrecoupé par quelques scènes de combats, on a des problèmes de caméra et de lock. Le personnage est particulièrement maniable mais la caméra parfois ne va pas au bon endroit, pour le lock je vous recommande de ne pas l’utiliser tellement c’est mauvais. Le second point c’est la boucle de jeu et c’est certainement ici le plus pénible.
La boucle de jeu ici est composée de la façon suivante. De l’exploration. Une exploration obligatoire et qui n’a rien de passionnant pour vous permettre de trouver des bonus afin d’augmenter vos pouvoirs. À chaque fois ce sont des plateformes éloignées qu’il faut atteindre, des endroits cachés accessibles uniquement en utilisant les pouvoirs. Cela casse complètement la dynamique du jeu pour rajouter de façon artificielle de la durée de vie. L’exploration c’est de la plateforme avec l’utilisation des pouvoirs que vous débloquez au fur et à mesure du jeu. Malgré un aspect open world, il s’agit de sillonner de longs couloirs.
Une fois qu’on a fini d’explorer on va devoir enchaîner quatre arènes réparties sur une zone. Il s’agit de combats plus ou moins brouillons dans lesquels on élimine des hordes d’ennemis. C’est joli, c’est bien animé, mais pas du tout passionnant. Une fois qu’on a terminé les quatre arènes, on est poursuivi sur un parcours qui fait penser à Prince Of Persia 2 quand on était poursuivi par le monstre du temps. À l’instar de la partie exploration, on utilise l’ensemble des pouvoirs mais dans une version plus rapide.



J’en suis au chapitre 7, il y a 10 chapitres en tout et j’en suis, je pense, à la quatrième boucle qui se répète. Dans ces boucles, je note des pouvoirs de plus, un combat contre un véritable boss, le crocodile qu’on voit ci-dessous mais dans les grandes lignes c’est exactement pareil. C’est répétitif. C’est indéniable, le jeu ne se renouvelle pas assez. Alors pourquoi on continue de jouer ?
South of Midnight une jolie histoire dans une mythologie originale
Dans South of Midnight, on interprète le rôle de Hazel, une jeune fille qui vit seule avec sa mère. Nous sommes dans un contexte de sud profond des États-Unis, le bayou, la Louisiane, ce qui est assez atypique dans le jeu vidéo. L’ouragan arrive, la maison d’Hazel est emportée, avec elle, sa mère. Bonne sportive, elle échoue pourtant à rattraper la maison, tombe à l’eau mais réapparaît par magie sur le rebord. La magie, il va en être question tout le long du jeu. Hazel fait partie des tisseuses, elle a le pouvoir d’arranger des situations dramatiques, réparer des blessures en tissant les fils du destin.
Ainsi lorsqu’on se bat dans les arènes, on voit apparaître des souvenirs des différents protagonistes qu’on va devoir sauver. Hazel dans sa recherche va croiser tout un bestiaire mythologique qui nous est totalement inconnu comme Tom aux deux doigts, le crocodile qui à force de tout manger a fini par prendre la taille d’une île. Un homme qui se transforme en une espèce de perroquet géant, une femme qui vole des enfants en laissant des fils de laine rouge derrière.
Si bien sûr, on n’évitera pas le pathos à tous les niveaux, à savoir pourquoi les monstres sont devenus des monstres, les doutes de Hazel quant à l’espoir de retrouver sa maman, on n’oubliera pas que le cœur de cible du jeu reste un public jeune. L’ambiance est là, l’histoire est prenante, l’ensemble est convaincant.

La réalisation est assez somptueuse tant dans le dessin, que les animations mais c’est certainement la musique qui est le plus marquant. De véritables chansons ce qui est suffisamment rare pour être noté qui s’adaptent parfaitement à la situation.
En fait, c’est presque à se demander s’il n’aurait pas été préférable de produire un dessin animé original plutôt qu’un jeu au gameplay plutôt passable. Je pense pour ma part que je vais terminer l’aventure pour savoir comment ça se finit. Il est assez rare pour moi d’avoir la patience de regarder l’intégralité des cinématiques du jeu. C’est suffisamment rare pour être noté : je vais terminer le jeu pour l’ambiance, l’atmosphère, l’histoire mais pas pour le plaisir que le jeu me procure. C’est aussi là, une des facettes du jeu vidéo qui peut toucher un public pour différentes raisons.
De la problématique de l’avis sur les jeux vidéos
Pour Lords of The Fallen, je notais qu’il y avait eu un véritable problème d’emballement des vidéastes sur le jeu. J’ai tendance à de moins en moins suivre la presse écrite, il suffit de citer jv.com pour comprendre mes motivations. Les youtubeurs pour le jeu vidéo, c’est un peu les blogueurs d’hier. Toutefois, il y a parfois des choses qui sont surprenantes. Pour South of Midnight, tout le monde attendait le jeu avec impatience, pour son arrivée, il se fait joyeusement refroidir.
L’argumentaire que j’évoque ici, notamment la boucle de jeu, je l’ai vu dans de très nombreux commentaires. Sans dire que parce que nous sommes nombreux, nous avons raison, on peut effectivement considérer que c’est un ressenti global comme la musique de qualité. Où je suis largement plus perplexe c’est le manque d’indulgence pour la proposition du jeu quand d’autres qui ne sont guère plus passionnants entraînent les applaudissements du public. J’ai de plus en plus la sensation qu’il y a comme une forme de connivence entre les commentateurs.
Je pourrais dire que le véritable étalon de la qualité d’un jeu ce sont les notes Steam. Si je prends le cas de Lords Of The Fallen, la moyenne des évaluations est moyenne. Le système de Steam est plutôt bien fait puisqu’il fait la différence entre les évaluations depuis le début, et les évaluations récentes qui quant à elles, sont plutôt positives. Le jeu a été fortement patché depuis sa sortie. Il y a un peu de mathématiques à faire derrière avec certains cas d’école, je pense à No Man’s Sky, totalement dézingué au départ qui parvient aujourd’hui à avoir des évaluations très positives sur le long terme. Cela veut dire que la masse de commentaires positifs a effacé les commentaires négatifs.
Au moment où j’écris ces lignes, South of Midnight a des avis très positifs sur Steam. Je ne dirais pas que je suis très positif sur le jeu, j’aurais dit plutôt positif. Néanmoins l’avis Steam dénote tout de même pas mal de ce qu’on peut voir ailleurs où c’est largement plus cassant. Il semblerait toutefois que la meilleure manière de savoir si on apprécie un jeu, c’est encore d’y jouer !
Edit : plus tard
J’ai terminé le jeu et contrairement à ce que j’écrivais plus haut, il n’y a pas dix chapitres mais quatorze. En fait, je m’étais basé sur la solution de supersoluce qui au moment où j’écris ces lignes n’est pas allé plus loin que le dix. En fin de compte, je donnerai un avis très positif. Par la suite, notamment avec le monde de l’araignée ou plus loin le monde des rêves, la mise en scène est particulièrement inspirée. Le gameplay n’évolue pas vraiment mais s’offre quelques fantaisies comme l’utilisation d’un briquet pour créer des courants d’air, des plantes carnivores, quelques mécanismes pour progresser.
76 et 6.7 sur Metacritic.
Pas le jeu du siècle, juste un jeu agréable à jouer donc.
C’est déjà pas mal.