Lincoln est une bande dessinée qui commence en western, et pour l’heure aucune idée de comment ça va finir. Neuf tomes actuellement, le dernier est sorti en 2017 et pas de nouvelles. Quelques explications. Lincoln est fils de prostitué, plus ou moins abandonné, il grandit dans un saloon qui fait office de maison close. Lincoln, ce n’est pas son vrai nom, c’est le nom qu’il s’est choisi. Enfant, il ouvre la bouche pour être désagréable, forte tête, grande gueule, il finit systématiquement par se faire taper dessus. En choisissant le nom du président, il prend le nom de quelqu’un qu’on est obligé d’écouter. Il va se produire un événement assez incroyable dans la vie de Lincoln, Dieu s’incarne et lui donne l’immortalité. Lincoln reste un personnage à part. Jamais heureux, imprévisible, il cherche toujours la solution de facilité. On ne peut pas dire qu’il est mauvais, il se fout de tout. Le but de Dieu, c’est d’essayer de rendre Lincoln heureux. Bien sûr, avec Dieu, le diable n’est jamais loin et lui aussi va approcher Lincoln.
On suit ainsi Lincoln à ses débuts dans le Far West, embarqué dans la révolution mexicaine, ermite, soldat dans la guerre de 14-18 en France. Au dernier épisode, il revient aux États-Unis dans les années 20 en communiste pour tout faire péter. C’est une bande dessinée qui comme on peut l’imaginer est très drôle. Le comportement de Lincoln est totalement imprévisible, ni Dieu, ni le diable, n’arrivent à obtenir quelque chose de lui. Si évidemment, dans la bande dessinée, il est difficile d’échapper à quelques moments philosophiques sur l’humanité, notamment dans les échanges entre Lincoln, Dieu et le diable, ce n’est jamais moralisateur. Le lecteur lui-même, suit les aventures du personnage sans jamais savoir ce qu’il va faire. Héros, lâche, indifférent, tout est possible avec Lincoln !
Damoclès est une agence de protection rapprochée pour des personnes riches dont la vie est menacée. La série est terminée, en quatre tomes et se décompose en deux enquêtes. Il n’y a pas de cassure nette avec ses deux affaires, mais bien une prolongation de l’aventure au travers de ces affaires. Damoclès possède tous les atouts d’une série B. Des gros flingues, des personnages centraux caricaturaux au possible et des clients encore plus caricaturaux. Le premier client est le fils d’un milliardaire qui ne pense qu’à faire la fête, pas évident de faire une protection rapprochée. La seconde cliente est responsable d’une clinique qui permet à des gens riches d’avoir des enfants, elle est poursuivie par des extrémistes. Ce qui est intéressant dans la série, c’est la relation entre les deux personnages pour qui on sait qu’on aura une romance. Ely est l’héroïne de l’histoire, l’un de ses collègues est amoureux d’elle. Néanmoins celui-ci est marié, père de famille et elle se refuse à lui. On a des interactions que je trouve plutôt inédites pour une bande dessinée avec des liens un peu moins classiques que ce qu’on peut voir d’habitude. Dans XIII par exemple ou Largo Winch, aucune femme ne résiste, ici ce n’est pas le cas. Si on essaie de jouer parfois la subtilité dans la critique de la société, l’ensemble reste très basique avec des tirs dans tous les sens et une moralisation à outrance.
Dans un univers post-apocalyptique, les animaux ont évolué pour devenir des êtres intelligents. Des chats sont à la recherche d’un humain, le dernier, qui serait conservé quelque part. Les humains ont pourtant survécu, mais dans un état de dégénérescence absolu. Il s’agit d’une bande dessinée réalisée par Convard, c’est donc un univers à la Française. Ainsi, dans la quête des chats, on aura un passage obligé par la capitale et notamment par notre dame de Paris. La communauté de chats de notre dame a été éduquée par une intelligence artificielle défaillante. Le « à la française » trouve tout son sens, les chats croient en Saint Chirac et Motocrotte. La bande dessinée est datée du début des années 90. Elle a plutôt bien vieilli et pointe du doigt les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui. Guerre totale entre les nations, les problèmes économiques, etc. Les trois premiers tomes sont excellents avec la quête de l’humanité perdue. La série est moins intéressante sur les derniers tomes. Dans le même esprit, vous pouvez lire les eaux de Mortelune, avec qui, je trouve, il y a de nombreuses similitudes.



Le dernier templier est une bande dessinée en deux cycles, quatre tomes pour le principal, deux tomes pour une nouvelle aventure que vous pouvez d’ailleurs éviter. L’histoire se déroule entre notre époque et la fin de l’ordre des templiers. Dans une exposition américaine, quatre hommes s’introduisent à cheval, habillés en templiers. Alors qu’on croit à une attraction de circonstance, la chevauchée tourne à la fusillade. Les hommes sont des voleurs qui s’emparent d’un objet précieux. Même si le motif d’un vol d’or paraît évident, la mort violente des voleurs intrigue le FBI. L’Église catholique a envoyé ses agents, car elle craint que parmi les objets volés, l’un d’entre eux puisse faire tomber le catholicisme. Dans le passé, c’est l’histoire de l’objet que l’on suit, on va donc en parallèle voir nos héros revenir dans les endroits que le dernier templier a visité.
L’ensemble des clichés y passe. Des tueurs qui travaillent pour l’Église catholique. Un savant fou qui a perdu son épouse et qui cherche à se venger, un couple de héros que tout oppose et qui finit par tomber amoureux. Très américain dans la réalisation, la bande dessinée n’a rien d’original, mais reste très efficace, dans l’esprit d’un Da Vinci Code. Dans le second cycle, on retrouve nos héros trois ans plus tard avec un nouvel objet et une nouvelle menace pour le catholicisme. Trop réchauffé dans la construction, j’ai eu du mal à rentrer dans cette nouvelle aventure qui s’est arrêtée au bout de deux albums. Cela laisse supposer que je n’ai pas dû être le seul.
L’histoire d’Halloween blues s’ouvre sur le procès du héros. Policier, ancien héros de guerre, il est accusé du meurtre de sa femme. Un procès qu’il accepte, il est en effet l’unique suspect et n’a aucun souvenir de la nuit du meurtre. Son épouse, la star montante du cinéma des années 50 a été retrouvée le crâne fracassé avec une batte de baseball. Il en sortira acquitté du fait de ses états de service et puis parce que les preuves sont trop légères. En rentrant chez lui, c’est le fantôme de son épouse qu’il retrouve, cette dernière le hante. On aurait pu supposer que sur les sept tomes de la série, on aurait un fil rouge sur le meurtre avec un couple d’enquêteur dont l’un des membres serait un fantôme. Ce n’est absolument pas le cas. La dimension fantastique intervient très peu et de façon systématique dans des scènes de jalousie. Le héros va sur chaque épisode aider une jeune femme ravissante. Cette dimension fantastique est dans l’ensemble inutile, mais ne gêne en rien.
L’action se déroule dans les années 50, le trait est magnifique, l’ambiance est très bien retranscrite. La bande dessinée possède des qualités graphiques indéniables, mais aussi scénaristiques. Les enquêtes sont très bien construites. Notre héros ira par exemple enquêter sur une jeune médium ou sur une jumelle maléfique. À chaque épisode son lot de surprises et de rebondissements. Halloween blues est un agréable moment de lecture, il faudra attendre le dernier tome pour avoir les révélations sur le meurtre du premier tome.
Le pitch de l’esprit de Warren est particulièrement complexe à faire, parce que l’histoire est assez dingue. Il s’agit d’une bande dessinée finie en quatre tomes, qui porte particulièrement bien son nom, l’esprit de Warren. Le premier Warren est un illuminé qui finit par se faire accepter par une peuplade d’Indiens. Je ne spoilerai pas plus, mais certains événements l’amènent à une condamnation à mort. On va convaincre son enfant qu’il est en fait la réincarnation de Warren et qu’il doit impérativement tuer l’intégralité des individus qui ont condamné son père. Seulement la machine à tuer va finir par échapper aux créateurs. Une bande dessinée particulièrement originale et bien menée qui nous montre un tueur vraiment pas comme les autres. Pas forcément évident de rentrer dans la bande dessinée, mais si on s’accroche, c’est un récit réellement passionnant.



Les Espagnols ont débarqué et ont commencé le massacre. Deux amis insulaires vivant de rapines passent après le carnage pour récupérer de la nourriture dans un village déserté. Le lendemain, après une soirée à s’enivrer et à faire ripaille, ils sont cueillis au pied du lit par des survivants de leur tribu. Accusés d’être des pillards, ils sont ramenés à la capitale pour être sacrifiés. Comme on peut s’en douter, ils vont réussir à s’en sortir et vont devoir affronter la folie des hommes.
Il s’agit ici des bases de la bande dessinée pour laquelle il est difficile d’aller plus loin sans spoiler. Ce qu’on retiendra principalement, c’est que la bande dessinée ne fait pas dans la dentelle. Elle insiste sur la folie des hommes, quel que soit leur bord. Folie des Espagnols poussés par la folie de l’or. Le général qui mène la conquête est devenu complètement fou et utilise le prétexte religieux pour mener ses exactions. De l’autre côté, chez les incas, des sacrifices humains, des stratégies de guerre honteuse. Au milieu, certains essaient de survivre et de faire le bien. Helldorado est une bande dessinée particulièrement violente finie en trois tomes. Elle apporte une vision assez intéressante qu’on ne voit pas ailleurs : la maladie. Elle est au centre de cette bande dessinée, touchant les Espagnols et les locaux. En lisant la bande dessinée, on pense nécessairement au film de Mel Gibson Apocalypto avec des héros qui enchainent les drames.
Mercenaires est une série en trois tomes finie. L’histoire pourrait être transposée au Japon médiéval, avec les samouraïs, sauf que la population n’est composée que d’orcs, de trolls et de gobelins. Il y a bien des siècles, on a emprisonné derrière un grand mur, un démon. Le mur donne des signes de faiblesse, et de vieux héros n’ont d’autres choix que de reconstituer la meute. Ces derniers vont s’embarquer dans une quête, à la recherche d’un sortilège permettant de renforcer le mur. La bande dessinée est particulièrement réussie et fait l’exploit en trois tomes d’être particulièrement complète. Dès le premier tome, on a recomposé la meute, avec le samouraï, la ninja, l’enchanteresse, la brute épaisse, l’archer et le cerveau de l’équipe. C’est l’une des forces de la bande dessinée, réussir à respecter à la fois les codes de la fantasy, mais aussi du Japon médiéval. Dès le second tome, on comprendra les liens qui unissaient les différents personnages par le passé, pourquoi la meute a explosé, et surtout les intérêts secrets de chacun. De l’action, des personnages attachants, une très bonne série même si elle reste très classique et ne prend que peu de risques.
Sisco, c’est le nom de l’héro de la série au titre éponyme. Douze volumes pour les aventures de cet homme des services secrets du président. La série Sisco est composée d’un ensemble de diptyque, comme on peut le retrouver assez souvent dans la bande dessiné francophone. Il y a tout de même des répercussions des précédentes histoires sur les suivantes et même parfois du premier diptyque sur le premier.
Sisco homme de main au service de la France est la caricature de l’exécuteur. Beau gosse, les femmes ne lui résistent pas, violent, il règle tout avec les flingues. La première histoire démarre sur l’assassinat d’un haut fonctionnaire français qui pourrait compromettre le président de la république. Sisco va l’abattre, mais les choses ne vont pas se passer comme prévu avec une suite d’événements aussi improbables les uns que les autres. Le reste est du même acabit, missions secrètes, jolies filles et gros flingues. La bande dessinée est d’une autre époque à la gloire de la masculinité. La série très orientée action ne se pose pas trop la question de la crédibilité des situations. Elle n’en demeure pas moins efficace.



Dans le futur, on constate que l’eau ne se congèle plus alors que la température est inférieure à zéro. Très rapidement, les catastrophes naturelles s’enchainent avec une rapide montée des eaux. Les forces humaines s’organisent et découvrent que la menace vient de l’eau. Des animaux aquatiques qui ont décidé de faire la guerre à la race humaine, des espèces de raies en plus intelligent. La peur géante est une bande dessinée en trois tomes, très dynamique, orientée autour de la résistance des hommes face à ces créatures. On est typiquement dans les grands classiques de la lutte des hommes contre les aliens comme dans les grands films catastrophes américains. Ici encore, rappelons-le, un roman écrit en 1957. Nous sommes dans l’action permanente avec un très bon dessin, des grandes planches, la bande dessinée classique se lit très rapidement (peu de texte) pour un agréable moment.
Le mythe de Sisyphe (le châtiment des dieux) est un classique de la mythologie grecque. Si on sait que l’homme est condamné à faire monter un énorme rocher le haut d’une montagne pour le voir retomber, on sait moins comment il en est arrivé là. Sisyphe dans la bande dessinée de Le Tendre (la quête de l’oiseau du temps) est présenté comme un escroc. L’histoire démarre avec son fils, il donne à Médée le moyen de s’enfuir en échange d’une protection magique. Seulement, plutôt que de donner une embarcation convenable, il donne un vieux bateau. La sorcière maudit son fils et le condamne à mourir de maladie.
La seule solution pour Sisyphe, c’est de prendre une vie tous les soirs de pleine lune jusqu’à la majorité de son fils. L’homme n’a d’autre choix que d’accepter. Seulement, le côté roublard de Sisyphe va reprendre le dessus. Ainsi, il va à nouveau tenter de gruger son monde, parmi eux les dieux. Dans la mythologie grecque, les châtiments les plus célèbres sont pour ceux qui ont particulièrement désobéi, c’est le cas de Sisyphe. Le Tendre réalise depuis quelque temps des bandes dessinées sur la mythologie grecque comme la gloire d’Héra sur la vie d’Héraclès. La façon d’aborder est, je trouve, pertinente. Je ne connaissais pas l’histoire de Sisyphe dans les détails, c’est désormais chose faite !
En 1949 des enfants sont réunis dans un manoir, ils sont « malades ». Sarah fait partie de ces enfants, on lui explique que ses parents ont été tués par un virus nazi. Il est important qu’elle prenne bien son traitement, car elle aussi est contaminée. Elle se rend compte que le manoir n’est pas un hôpital, mais plutôt une prison, que son traitement n’est pas contre le virus. Des hommes en armes, des prisonniers. Et puis Sarah finit par entendre une voix qui l’appelle, qui essaie de lui faire comprendre la vérité. Sarah finit prendre conscience qu’elle est un vampire. Sarah va devoir choisir son camp.
Le manoir des murmures est une trilogie particulièrement dynamique et plutôt bien pensée. On ne s’arrête pas aux vampires, mais aux monstres dans leur globalité. Une guerre qui oppose ces fameux monstres à des chasseurs depuis des centaines d’années. Ces derniers essaient de neutraliser, par la science, la maladie qui fait le monstre. Trouver un remède, sauf quand le monstre assume sa bestialité et qu’il ne veut pas guérir. Beaucoup d’action, des combats dignes des mangas, un dessin qui fait penser aux comics, une bande dessinée qui va à l’essentiel.



… les animaux ont évalué… Euh, plutôt …les animaux ont évolué…
Bien cordialement.
Corrigé. Merci