Je me suis lancé dans des séries TV, c’est une mauvaise idée, mais je dois reconnaître que d’un point de vue qualitatif le cinéma déçoit extrêmement. L’explication est assez simple, on peut dire merci à Netflix et aux plateformes de streaming qui produisent du « cinéma ». On va tout de même balayer du revers d’une main ma part de responsabilité. Je supporte de moins en moins les comédies, de plus en plus vulgaires, les films de super héros, les films trop longs. Je trouve mon plaisir dans un cinéma européen, français souvent, qui fait un peu réfléchir. Je ne rentre donc pas réellement dans les cases des plateformes de divertissement. Il faut dire qu’il suffit de produire à faible moyen, des films qui à l’époque sortaient directement en DVD pour faire un carton. Jeter la pierre à ces sociétés qui sont ici pour gagner de l’argent et qui y arrivent sans faire de qualité. Pourquoi dépenser des millions, se creuser la tête à faire de belles histoires et trouver de grands acteurs quand la médiocrité est adulée par les foules ?
J’avais arrêté les séries télé comme j’ai arrêté de lire Lanfeust de Troy ou Treize. Le problème de la série télé, c’est qu’une fois qu’on a commencé, on ne sait pas vraiment quand ça finit. Ils sont en effet rares les gens qui rencontrent du succès à faire le choix d’un nombre de saisons et de s’y tenir. Que celui qui a regardé les Walking Deads au complet et qui n’a pas ressenti de lassitude me jette la première pierre. On réalise à la sortie qu’on a passé un nombre d’heures conséquent devant l’écran et qu’à la sortie, on n’est pas plus grandi, comme si on avait scrollé sur Tiktok. Il serait en effet malhonnête de ne pas tout mettre dans le même panier.
J’ai toutefois souvenir d’avoir vu de très belles séries télés, courageuses et finies. La première qui me vient à l’esprit, c’est Rome. Deux saisons seulement, l’histoire de deux légionnaires. La seconde, c’est Six Feet Under, l’histoire d’une famille qui travaille dans les pompes funèbres. Enfin, the shield qui raconte l’histoire d’une équipe de policiers corrompus. Les séries nouvelles générations, j’ai envie de les appeler comme ça pour avoir connu Dallas ou Starsky et Hutch osent davantage et laissent le temps d’installer quelque chose, de s’attacher au personnage. Si bien sûr, on leur laisse le temps. Car c’est ici toute la complexité de la série télé, si parfois, vous allez en manger jusqu’à l’écœurement de douze saisons, certaines viennent et s’en vont sans la chance d’avoir un second tour. La série télé, c’est certainement le plus grand espace culturel de l’inachevé.



J’ai fini par regarder Stranger Things
Je pense que si j’ai repris les séries télé, c’est en partie la faute de Benjamin et de ses billets, notamment sur Stranger things. Il faut dire que je représente le client idéal avec cette série qui mange à tous les râteliers de mon enfance. Il serait réducteur de dire que Stranger Things est un patchwork d’idées piquées dans toute la culture pop et geek qui joue sur la fibre nostalgique de ma génération, même si c’est aussi un peu ça. Réducteur, car la série a fait un véritable carton chez les jeunes, mais aussi chez des gens de mon âge. En fin de compte, c’est la série idéale à regarder en famille, tout le monde peut y trouver son compte.
Je ne vous ferai pas l’affront de vous faire le pitch de la série et je vous renvoie vers les billets de Ben ou ses vidéos sur YouTube. Je vous partagerai simplement mon ressenti. Parmi les nombreux reproches que je dois faire à la série, c’est le format des épisodes jusqu’à deux heures pour le final. On pourrait y voir une qualité en se disant que les auteurs se sont donnés la liberté de faire ce qu’ils voulaient, de couper quand ils voulaient, j’ai pour ma part souvent trouvé que c’était trop long. Pas qu’une longueur d’épisodes d’ailleurs, mais pour moi la lassitude apparaît dès la quatrième saison, la cinquième saison est de façon évidente la saison de trop.
La série en outre ne manque pas de qualités, notamment la richesse de ses personnages. On a vraiment des personnages attachants, bien travaillés, même si ici encore on sent que ça dure. Les relations je t’aime moi non plus s’éternisent et finissent par devenir quelque part ridicule. Stranger Things est un bon divertissement avec quelques moments d’anthologie, on pense à la reprise de Master Of The Puppets de Mettalica ou les passages avec Running Up That Hill de Kate Bush. La série a plusieurs mérites, le premier et c’est une évidence pour quelqu’un comme moi, c’est la gloire ou la revanche des geeks. J’ai souvenir en classe de terminale d’avoir regardé mes collègues monter sur des tables durant des parties de JDR pendant que je jouais à l’Atari 520 ST d’un ami. Le second bien sûr c’est la mise en avant de la culture des années 80, une autre époque.

La saison 1 de pluribus
Ce qui est mis en avant avec pluribus c’est le fait que ce soit la nouvelle série du réalisateur de Breaking Bad. Je n’ai pas vu la série, car je trouve que cette histoire de cet homme qui va mourir et qui fabrique de la drogue ne laisse pas vraiment la place à l’espoir. Peut-être un jour, si je n’ai rien à voir. J’ai donc regardé cette première saison sans à priori ou sans aucune attente. Le pitch est le suivant. Un virus extra-terrestre contamine les hommes et transforme la race humaine en une entité unique qui partage tout. Les souvenirs, les sentiments. Ce qui est mis en avant, c’est que cette nouvelle humanité perd toute forme d’individualité et réfléchit pour le bonheur du groupe et plus de l’individu.
Il se trouve que sur la planète, douze personnes n’ont pas été contaminées pour une raison qu’on ignore. On va suivre principalement Rhea Seehorn alias Carol, une autrice de romans à succès d’une aigreur rare. Durant la première saison, on va voir la femme essayer de comprendre comment endiguer le fléau, comprendre, rencontrer les derniers « survivants » et finir par sympathiser avec l’entité. L’entité est en effet bienveillante et cherche à exaucer l’ensemble des plaisirs de Carol. La réalisation de ce côté est assez bien faite puisque la « vie » a quitté les magasins, les activités, le personnage principal passe le plus clair de son temps seule. Elle appelle ainsi un numéro fixe et on exécute toutes ses demandes. Par exemple, elle veut retrouver son magasin préféré, d’un coup les camions arrivent, les gens débarquent et finissent par remettre le magasin en état pour repartir comme ils sont venus.
Pluribus pose les bases d’une série solide avec une véritable réflexion de fond quant à nos modes de vie. Cette nouvelle société vise au bonheur et c’est le cas, toute l’humanité est heureuse, et pourtant Carol refuse de sacrifier son caractère, ce qu’elle est pour se fondre dans le grand tout. Je serai présent pour la seconde saison.


Euphoria saison 1, 2, épisodes spéciaux
Euphoria est une série HBO et comme vous avez pu le voir dans mon introduction, j’ai cité deux séries de la chaîne TV. J’ai envie de dire que comme toute série HBO qui se respecte ce n’est pas une série qui vous fera du bien, bien au contraire. Euphoria suit un groupe d’adolescents et leurs proches dans leur quotidien. On explore ici la part sombre de chacun. Par exemple Rue, le personnage principal est une toxicomane de première, et on la voit durant tous les épisodes en recherche de drogue. Empêtrée dans ses mensonges, dans son addiction, elle ne voit pas d’issue. Beaucoup de choses sont évoquées dans Euphoria, un père de famille qui refoule son homosexualité, son fils véritable pervers narcissique qui fait vivre un enfer aux femmes. On peut penser aussi à Barbie Ferreira, la meilleure amie qui vit dans l’ombre d’une des filles les plus populaires du lycée, une élève brillante qui finit par gagner sa vie en tant que « cam girl ».
Présenté de cette façon, on imagine une série façon Beverly Hills avec des adolescents qui passent le clair de leur temps dans les fêtes, l’alcool, les relations de couple. Il y a effectivement de cela, il serait faux de le nier, pourtant la série, je pense, peut difficilement être présentée à un public adolescent. Interdite aux moins de 16 ans, sexuellement très explicite, violente avec des morts. La violence, en tout cas pour moi, n’est pas forcément où la pense. Le deuil, l’addiction, les relations toxiques, les personnages sont de véritables écorchés vifs marqués par la vie ou les héritages familiaux.
Les personnages sont très attachants, remarquables, Zendaya que je ne connaissais pas ou à qui je n’avais pas fait attention dans les productions dans lesquelles elle a pu jouer crève l’écran dans son rôle de toxicomane. C’est bien fait, c’est osé, c’est très bien joué, certains épisodes notamment où l’on sombre dans la dépression profonde sont parfois éprouvants à regarder, mais on s’accroche. La bande originale est excellente, on ne s’étonnera pas que Drake fait partie de la production, je vous invite à regarder le clip officiel qui est vraiment génial.
La troisième saison qui devrait être la dernière doit sortir au mois d’avril. On terminait la saison 2 sur une masse importante de cliffhanger, on imagine déjà comme la série finira mal.
Le bureau des légendes
Le bureau des légendes fait partie des séries considérées comme culte, au point d’avoir inspiré le titre de l’émission de Guillaume Pley, « Legend ». L’action se déroule à la DGSE avec ce qu’on appelle des légendes. La légende, c’est l’histoire que l’espion est capable de raconter dans toutes les conditions possibles. Mathieu Kassovitz est l’un des meilleurs, il rentre au pays après des années passées en Syrie. Seulement, il a laissé une femme dont il est tombé amoureux, une erreur fatale pour un espion. Cette romance sera l’un des leviers de la série, puisque cette femme va se retrouver en danger et il va ainsi se compromettre pour essayer de la sauver. En parallèle, on va suivre le parcours de Sara Giraudeau qui quant à elle doit infiltrer l’Iran et le programme nucléaire. Il faut dire qu’avec du recul, la série télé fait quand même franchement mouche au point de vue politique internationale en ayant anticipé pas mal de choses dès 2016.
La série a été unanimement saluée par la critique en expliquant qu’il s’agit certainement de la série la plus réaliste sur l’espionnage. On y voit une nette opposition avec une série comme 24h où Jack Bauer déjoue les attentats à grands coups de flingues. Il y aurait donc dans le bureau des légendes une espèce de normalité dans l’espionnage bien loin de l’action qu’on pourrait imaginer. Force est de reconnaître que cette normalité, j’ai trouvé ça très long. J’attendais peut-être trop de la série, j’ai fait l’effort de commencer la saison 2. À aucun moment, je n’ai ressenti le cliffhanger insupportable qui fait la force des séries, une injonction à regarder la suite. Je rate peut-être quelque chose, mais je n’ai rien qui me pousse à regarder la suite.


Adolescence
La série adolescence a fait partie des séries chocs et incontournables de 2025. La portée de la série a été tellement importante que dans plusieurs pays d’Europe, on a proposé une diffusion dans les écoles. En Angleterre, l’origine du pays, la diffusion a été libre de droit suite à son passage sur Netflix. Adolescence est une minisérie en quatre épisodes de cinquante minutes qui tournent autour d’un crime d’une jeune fille. Le coupable serait un de ses camarades de classe âgé de seulement 13 ans. Si bien sûr, on maintient une part de doute sur le potentiel coupable, la série montre du doigt l’usage des réseaux sociaux, la violence masculiniste qui entraîne au meurtre.
Ce qui passionne dans adolescence, c’est l’enquête assurément, le jeu des acteurs, le gamin qui interprète le « coupable » impressionne et le contexte qui interpelle. Comme écrit plus haut, si la série a fait tellement débat, c’est qu’elle touche, et qu’elle touche juste en soulevant un véritable problème de société. Je pense que c’est davantage le monde adulte qui sera touché, car les jeunes vivent déjà dans une banalisation de la violence. Dans adolescence, le jeune est issu d’une famille conventionnelle, un couple marié, une stabilité, pas de violence à la maison, une famille aimante. Rien ne laisse supposer un tel déchaînement de violence. Les parents ne peuvent que s’interroger quand ils font le constat que leurs enfants passent un temps qui leur échappe devant des écrans à consulter des contenus qu’ils ignorent, parfois qu’ils ne maîtrisent pas.
Spartacus: House of Ashur
Spartacus: House of Ashur est un spin off de la série Spartacus et il important de préciser un peu le contexte. La série Spartacus a été diffusée entre 2010 et 2013, ça commence à dater. On y raconte comme on peut s’en douter la rebellion de Spartacus contre Rome. La vie des gladiateurs, l’esclavage, la cruauté des hommes et les complots. La série télé s’inspire très fortement de la série de films de Zack Snyder, 300. On y retrouve en effet une esthétique particulièrement similaire, que ce soit les hommes bodybuildés au corps parfait ou des ralentis dans les scènes d’action. La série à l’époque a eu un certain succès, on assistait au retour de Lucy Lawless alias Xena, la guerrière star des années 90. Il est à noter que la série est apparue en même temps que Game Of Thrones, une période dans laquelle les séries misaient sur une surenchère de sexe et de violence souvent inutile. On ne va pas se mentir, c’est vendeur. Avec un contexte d’esclaves dont on peut abuser à volonté et de gladiateurs qui s’écharpent, Spartacus a su faire très fort dans le sexe et la violence.
On retrouve donc dans ce spin off Ashur le syrien. Dans Spartacus, c’était le traître et accessoirement le pire des gladiateurs de l’équipe. Du fait d’avoir trahi Spartacus, il a hérité d’un ludus dans lequel il forme plus ou moins mal des gladiateurs. En effet, pas de véritable gloire, de véritables combattants qui sortent du lot, c’est pour ainsi dire la loose. Afin de réussir à sortir du lot, Ashur trouve une femme comme combattante. On retrouve ainsi tous les éléments qui ont fait le succès de la série. J’ai envie de dire que les scénaristes profitent des 15 ans de décalage entre ce spin off et l’original pour en fait nous balancer à pas grand-chose exactement les mêmes ficelles. On peut difficilement leur donner tort, ça fonctionne. On retrouve ainsi les combats, les intrigues, les amours impossibles et ça marche plutôt bien. On verra si cela marche vraiment bien, à l’heure actuelle, je ne sais pas si une saison 2 est prévue.

Je suis déçu, j’ai cliqué pour une chronique de The Shield, une des meilleures séries que j’ai vu, y’a un bail. Sauf la dernière saison.
Quand je pense que je n’ai jamais vue la fin de Châteauvalon 🙂
A pluche.