Ce n’est pas dans mes habitudes, mais on va s’éloigner des séries humoristiques pour parler de deux séries d’horreur/fantastique. Les deux offrent un brin de nostalgie, From, avec ses références à Stephen King ou à Lost et Stanger Things avec ses multiples références au cinéma des années 80/90.
From
From est une série d’horreurs et de science-fiction créée par John Griffin pour MGM+ et produite par les créateurs de Lost (à retrouver sur Paramount+). Diffusée depuis 2022, elle raconte l’histoire d’un couple et de ses deux enfants coincés dans une ville que personne ne peut quitter. De plus, la nuit, des créatures cauchemardesques rôdent, obligeant les habitants à se barricader pour survivre.
Bien entendu, les mystères se multiplient. Certains ont des visions, d’autres entendent des voix qui leur demandent de tuer, etc.
Cette communauté, pas très accueillante au premier abord, est dirigée par un shérif, ancien militaire, qui a trouvé un moyen d’empêcher les créatures de pénétrer dans les maisons.
Cette série, à la croisée des chemins entre The Twilight Zone, Les Démons du maïs et Lost, parvient à créer une atmosphère oppressante et addictive. On a du mal à ne pas lancer le prochain épisode.
Le casting bien construit
C’est clairement un point fort de la série avec en premier lieu Harold Perrineau (déjà vu dans Lost, tiens tiens…), c’est lui qui incarne le shérif Boyd Stevens, qui fait tout son possible pour protéger les habitants des horreurs qui les entourent. Pour cela, il peut compter sur le curé Khatri (Shaun Majumder) qui tente de garder la fois, même en vivant en enfer. J’aime aussi beaucoup le personnage de Donna (Elizabeth Saunders), forte tête, grande gueule (qui s’oppose souvent au shérif), mais avec un grand cœur…
Mise en scène léchée
En combinant cadrages serrés, plans fixes prolongés et une utilisation habile de l’ombre et de la lumière, la série installe une tension constante, même dans les moments calmes. La bande-son, minimaliste, renforce cette tension permanente.
Les réalisateurs exploitent à merveille l’environnement cloisonné du village et la forêt environnante pour générer un sentiment d’enfermement et de paranoïa. Ces décors sont bien conçus et ne font pas « toc ». Ils deviennent même « des personnes » à part entière et ont chacun un rôle.
Les scènes de nuit, en particulier, sont traitées avec un soin visuel remarquable : chaque recoin obscur devient une menace potentielle. C’est une mise en scène sobre mais très efficace, qui sert pleinement la dimension angoissante du récit.



Exploitation des traumatismes
La série fonctionne comme une métaphore des traumatismes psychologiques. Chaque personnage débarque dans la ville avec un lour passé, et le fait de rester coincé dans cet enfer, reflète souvent une incapacité à dépasser une souffrance ou une culpabilité. La ville elle-même semble « s’alimenter » de leurs blessures passées. Est-ce une explication partielle du pourquoi ils sont coincés là ?
Un rythme parfois inégal, mais une tension omniprésente
Le réalisateur de From, sait captiver son public. Il y a de nombreux cliffhangers et les mystères tiennent en haleine. Cependant, la saison deux, bien que plutôt réussie, tourne un peu en rond et est un peu moins rythmée. Les révélations tardent à venir, heureusement la saison trois rattrape largement le coup. La saison 4 en cours de tournage cet été devrait sortir en début d’année prochaine et j’ai plutôt hâte de voir où les scénaristes nous mènent.
Conclusion : une série à voir pour les amateurs de mystère et d’horreur
Pour moi, c’est un agréable surprise. Avec son ambiance oppressante, ses mystères et ses créatures terrifiantes, From est une série qui respecte bien les codes du genre : du suspense et de l’horreur. Que demander de plus ?
Ah si. Une fin digne de ce nom qui apporte des réponses et ne frustre pas les téléspectateurs comme pour Lost. Il faut espérer que les producteurs en ont tiré les leçons…
Stranger Things : Retour vers le passé !
À l’occasion de la sortie en aout de la dernière saison de Stranger Things, je me suis replongé dans le visionnage des saisons précédentes. Retour vers le passé !
C’est quoi Stranger Things ?
C’est une série TV créée par les frères Duffer et sortie sur Netflix en 2016. La série débute en novembre 1983 dans la ville imaginaire d’Hawkins dans l’Indiana. Elle raconte l’histoire d’une bande de geeks de douze ans. Ils aiment se retrouver dans le sous-sol de leur ami Mike, pour jouer à Donjon & Dragons. Un soir, après une partie, leur ami Will disparait. Ils se mettent en tête de le retrouver. Ils croiseront la route d’Eleven, fillette aux pouvoirs psychiques très puissants, et devront faire face à d’étranges évènements surnaturels. Joyce, mère de Will, ainsi que le shérif Jim Hopper se lancent également à sa recherche.

Les années 80 en force !
Dès le début, on est frappé par la superbe reconstitution des années 80. Musiques, décors, habits, coupes de cheveux, etc. La nostalgie qu’ont les frères Duffer pour les films et livres de cette époque est flagrante : « E.T. » (1982) de Steven Spielberg, « Ça » (1986) de Stephen King, « The Thing » (1982) de John Carpenter, « Alien » (1979) de Ridley Scott, font indéniablement partie des influences des réalisateurs.



Mais une bande de « jeunes geeks qui se lance dans des aventures incroyables », on pense forcément aux Goonies de Richard Donner (1985). D’ailleurs un des « goonies », Sean Astin, fait partie du casting de la saison 2… J’ai aussi beaucoup pensé à Ça pour le côté horrifique/jeunes ados. Enfin, le shérif « chef Hopper » (David Harbour) fait un peu penser à Magnum avec sa grosse moustache et ses chemises à fleurs (saison 3).



Un rythme qui se maintient entre les saisons
La première saison est vraiment géniale, la deux perd un peu de son rythme et la saison trois relance bien l’histoire. Sans trop spoiler, on nous parle de monde parallèle (ou inversé), de monstres inquiétants et de projets gouvernementaux top secrets. Comme l’intrigue ne change pas, c’est un peu répétitif dans la deuxième saison, car le portail entre les deux mondes est rouvert et les monstres reviennent, mais plus nombreux. La troisième saison intègre la guerre froide, car les méchants ne sont plus le gouvernement américain, mais des Soviétiques qui cherchent à poursuivre les expériences. La saison 4 va explorer plus en détail l’intrigue russe sous couvert de guerre froide.


Scénaristiquement les personnages sont très bien écrit. Les dialogues bien dans leur époque et les axes scénaristiques bien menés. En général on suit l’enquête des adultes et celle des enfants. Leurs chemins finissant par se croiser. Dans la troisième saison nous suivons trois groupes. C’est pour cela que je l’ai trouvé plus rythmée que la précédente.
Je n’ai pas encore regardé la quatrième saison car j’attends que la deuxième partie sorte, pour éviter d’être frustré. Oui moi aussi je suis un geek ayant grandi dans les années 80…
Le budget de Stranger Things
Du côté des effets spéciaux, Netflix n’a pas lésiné sur les moyens. Pour vous donner une idée, on est sur une moyenne de 11 millions de dollars par épisodes pour les trois premières saisons. Pour la quatrième saison, on est plutôt autour de 30 millions de dollars par épisode. À titre de comparaison, produire un épisode de Game of Thrones ne coutait « que » 15 millions !

Donc, ça coûte cher, mais ça se voit. Les monstres que les jeunes appellent Demogorgon, en référence à Donjon & Dragon, sont originaux, tout en faisant penser à Alien. Le monstre de fumée entouré d’orage de la saison deux fait peser une ombre inquiétante sur les jeunes héros. Mais pour moi, le plus réussi reste celui de la saison 3, composé d’une bouillie de restes humains et d’autres animaux…


C’est bien ?
Bref. C’est une série bien écrite, bien produite, et bien mise en scène. Elle plaira aux vieux comme moi, nostalgique du cinéma d’aventure ou fantastique des années 80, et aux plus jeunes qui n’auront pas de mal à s’identifier aux héros, même s’ils n’ont pas de portables. Reste à espérer que la saison 5 clôturera correctement la série.
Au fait, je vous ai dit qu’il y avait Winona Rider ? ^^

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