Pour ce BD du mois de mars 2024 : Bestiarius, après la pluie, Tokyo Ghoul. Donc que du manga, c’est long à lire.

Bestiarius

Bestiarius est ce qu’on pourrait qualifier d’univers uchronique, mais de loin ;-). Il ne s’agit pas ici d’un événement de l’histoire qui aurait changé comme Hitler encore en vie, mais l’introduction du bestiaire fantastique dans la Rome antique. Nous sommes donc aux environs de 80 après Jésus-Christ dans les arènes de Rome. Des combats violents sont organisés, opposant souvent les gladiateurs dit Bestiarius aux bêtes. Parmi eux, Finn élevé par la dernière wyverne qui n’est autre que la créature qui a tué son père. Le tandem va s’échapper et se rebeller contre Rome.

Dire que Kakizaki Masasumi prend des libertés avec l’histoire est un euphémisme. Le bestiaire fantastique qui va des dragons au Minotaure, en passant par des personnages dont les noms sont issus de la légende Arthurienne. Bien sûr, le personnage central qui fait nécessairement penser à Spartacus. Bestiarius est un manga particulièrement violent, basé sur les combats. L’artiste fait tout à la main, et regrette, comme il le précise à la fin d’un des albums, de ne pas avoir de compétence informatique.

Vont se succéder ainsi toute une galerie de personnages dont le seul but sera de protéger les siens. Peu à peu va se créer un village libre, regroupant les monstres et les humains que Rome essaiera de détruire à tout prix.

Trop violent pour être une bande dessinée adolescente, le manga, malgré ses qualités, graphiques surtout, est sans nuances. Les gentils contre les méchants qui ont des visages horribles et le leitmotiv, plutôt du matraquage quant à l’importance de protéger les siens.

La BD de ce mois de mars 2024 : Après la pluie

Akira a 18 ans, elle est lycéenne. Elle travaille dans un restaurant, géré par Kondo, 45 ans. Un jour, elle lui déclare son amour. J’ai posé le pitch très rapidement car c’est de cette façon qu’est présentée la situation dans le manga. Pas de montée en puissance, tout en douceur, tout en froideur, comme Akira. Après la pluie est un manga de 10 tomes, pour environ 1800 pages que j’ai dévorés en à peine quelques jours. Et pourtant, il ne se passe rien ou presque.

J’ai souvent évoqué la problématique du pervers dans le manga, et on pourrait penser qu’avec un tel sujet, on nage dedans. Kondo est un homme qui porte le poids de ses années, bienveillant, et qui n’entre pas dans la relation, conscient de la différence d’âge. C’est certainement l’une des forces de ce manga, ne pas tomber dans la facilité. La lecture est plus complexe qu’il n’y paraît et mélange beaucoup de choses.

Akira était une athlète confirmée, elle court. Une blessure au tendon d’Achille la stoppe brutalement dans sa passion, remettant tout en question. Son amitié avec les filles du club d’athlétisme, son avenir sportif. Malgré son étonnante assurance, la maturité et la froideur qu’elle dégage dans cette situation, on sait qu’il y a une blessure. Kondo quant à lui divorcé, homme de lettres, pourrait bien finir ce roman inachevé.

C’est ainsi une bien jolie histoire, sans une once de vulgarité qui nous est proposée, que je vous recommande vivement.

Tokyo Ghoul

Tokyo Ghoul est un manga populaire, plusieurs millions de tomes vendus, un anime, des jeux vidéos et même une pièce de théâtre ! Le concept est assez classique. Dans notre monde vivent des goules qui se nourrissent des humains. On n’est donc pas loin de ce qu’on peut voir avec les loups-garous ou les vampires. Si certaines goules sont de véritables prédateurs, d’autres font le choix de vivre avec les humains, de se dissimuler au sein de la population.

Ken rencontre une fille, Lise, il croit à un coup de foudre, elle essaie de le manger. Néanmoins, un incident se produit, Lise est écrasée par une poutre. Ken se réveille dans une chambre d’hôpital, on vient de lui greffer les organes de Lise. Il devient un être à part, moitié homme, moitié goule. Comme on peut s’en douter, Ken est entre les deux mondes et voudrait conserver sa vie d’étudiant. Malheureusement, la situation est complexe. Ken doit se nourrir de chair humaine pour survivre, une brigade d’inspecteurs est chargée d’éradiquer les goules. Bien sûr, les conflits de territoire entre les différentes goules. Ken trouve dans le café de l’antique, un refuge dans lequel les goules essaient de vivre au plus proche des humains.

J’ai lu les quatorze tomes de Tokyo Ghoul, c’est relativement plaisant même si je trouve que la série se perd. L’intrigue de fond, à savoir la recherche du docteur qui a greffé Ken sciemment, s’étiole trop rapidement. La série ne monte en fin de compte en puissance que dans les combats opposant les goules aux inspecteurs. Les personnages se multiplient, on peine à les reconnaître, le combat final reste un soulagement pour tout le monde.

Je viens de commencer Tokyo Ghoul re, la suite, pas vraiment convaincu par les nouveaux personnages, je ne poursuivrai certainement pas.