Mythologie nordique

La mythologie nordique n’est pas nécessairement le premier choix quand on pense à la bande dessinée. En effet, du fait de notre situation géographique, de notre histoire, la mythologie grecque ou romaine est plus une évidence. La mythologie nordique dépanne bien. Elle apporte en effet d’autres dieux, d’autres traditions qui permettent d’écrire d’autres histoires.

Mjöllnir ou le mélange de mythologie nordique et de fantasy

Mjöllnir c’est le marteau de Thor et c’est justement d’un Thor dont il s’agit. Sauf que le Thor en question n’est pas la représentation qu’on peut avoir dans les avengers mais un nain. C’est un nain qui a fait de nombreuses guerres et qui va récupérer dans une opération punitive son frère. Lors d’un combat, il récupère un marteau et déclenche la foudre, la légende est en marche.

Dans Mjöllnir c’est assez intéressant puisqu’on va récupérer le « bestiaire » propre à la fantasy. Nains, humains, elfes, dragons, orcs et trolls. On y croise la mythologie nordique avec des dieux qui se seraient réincarnés dans certains personnages. Thor et Loki sont présents sur terre, ils ont été bannis du royaume d’Asgard et vont tout faire pour rentrer chez eux. Comme on peut s’en douter, ils n’attendent pas le carton d’invitation et vont passer en force.

Mjöllnir est une bande dessinée en trois tomes, particulièrement efficace dans son histoire. Le graphisme est vraiment réussi avec de très belles planches de batailles. Le mélange des genres en fait une histoire originale et réussie. On remarquera tout de même que le film Thor sorti en 2011 présente des similitudes avec la bd de 2013. Thor présenté comme un Dieu arrogant qui apprend la rédemption. C’est le cas pour la bande dessinée et le film.

Asgard

Asgard, c’est le nom du domaine des dieux de la mythologie nordique et c’est aussi le nom du héros de cette bande dessinée. Lorsque Asgard né, il lui manque une jambe. Son père devait le sacrifier, car chez les vikings seuls les plus forts doivent survivre. Son père renonce à tuer son enfant et pour défier cette injustice, il décide de l’appeler Asgard.

On retrouve notre héros à l’âge adulte, il s’est réalisé une jambe de fer. Il est devenu le plus grand chasseur de Krökken du coin. Le Krökken est une espèce de murène gigantesque et il se trouve qu’un de ces monstres détruit tous les navires du secteur. On fait donc appel à Asgard pour tuer ce monstre, sur 150 pages environs qui font penser de façon évidente à Moby Dick.

Le tandem Xavier Dorison et Ralph Meyer fonctionne bien. Les deux auteurs ont collaboré sur d’autres séries. Meyer nous propose de très belles planches avec un monstre destructeur. De belles scènes très cinématographiques. L’histoire de Dorison est plus classique, mais agréable.

Sirènes & Vikings

À l’instar de plusieurs séries, Sirènes & Vikings fait le pari de faire une série multi-auteurs. Comme je l’explique régulièrement, c’est une manière de produire beaucoup plus rapidement sans pour autant nuire à la qualité. Ce sont des productions qui correspondent à l’ère du temps : beaucoup et rapidement. Elles rencontrent un certain succès face à un public qui ne se sent plus capable de patienter quatre ou cinq ans entre deux albums. Je pense aux terres d’Arran avec les bandes dessinées elfes ou nains qui ne finissent d’ailleurs de s’agrandir avec les terres d’Ogon.

Sirènes & Vikings comme son nom l’indique va nous raconter des histoires de sirènes et de vikings. L’idée est intéressante puisqu’elle diffère du cadre classique de la fantasy. Le premier tome est assez intéressant parce qu’il démarre par une histoire d’amour entre une demi troll et un viking. Le fils du jarl car c’est de lui qu’on parle, va tomber amoureux d’une sirène. Le triangle amoureux est pour ainsi dire plutôt inédit et les histoires de tromperies pas si nombreuses que cela dans la fantasy. Il sera question de paix entre les peuples de la terre et de la mer.

Pour le second tome, on trouvera une sirène qui a le pouvoir de se transformer en une humaine. Élevée dans le secret par un couple, elle fait la guerre à son peuple. Dans le troisième tome, il sera question d’un triton. Enfin, le dernier tome, c’est la traque d’un clan de sirènes par une jeune femme. Pour sauver sa fille, elle doit en effet trouver le clan à l’origine de la mort du fils du jarl.

Une production de quatre tomes en sept mois, puis plus rien à part une intégrale. La plupart du temps, l’intégrale, c’est la clôture d’une série ou d’un cycle. On peut supposer que la bande dessinée n’a pas rencontré le succès escompté. La série, sans révolutionner le genre, est agréable à la lecture et fait donc le job de divertissement.

Aslak

C’est l’histoire d’une histoire qu’un jarl a trop entendue. Il l’a tellement entendue qu’il finit par tuer son scalde. Il laisse un an à ses deux fils pour trouver de nouvelles histoires. Celui qui aura la meilleure, deviendra le scalde officiel, l’autre mourra. S’ils n’accomplissent pas leur mission, le chef tuera la maman restée au camp. Leur premier réflexe sera d’aller à la recherche du maître de leur père, pour se rendre compte qu’il ne connait que la même histoire… Le frère ainé essaie de rapidement tuer son jeune frère pour avoir la certitude d’être « l’élu ». Le plus jeune partira à l’aventure sur l’Aslak, le bateau d’une jeune femme caractérielle qui a repris la succession de son père. Avec eux, un oracle qui sent mauvais, un berserker qui a peur de la vue du sang.

Ils vont bien sûr vivre des tas d’aventures extraordinaires pour trouver l’histoire. Et comme on peut s’en douter, ces aventures font une très belle histoire à raconter sur six tomes. Aslak est une bande dessinée particulièrement étonnante. Teintée de mythologie nordique, on embarque dans une aventure totalement imprévisible. Monde féérique, monde des morts, Héraclès qui intervient ! Les auteurs nous offrent une aventure très originale, bien dessinée avec de nombreux personnages bien identifiés. À lire.

Le crépuscule des dieux

Le crépuscule des dieux est certainement ce qui se rapproche le plus de LA bande dessinée sur la mythologie nordique. L’histoire démarre avec l’Anneau des Nibelungen, l’anneau qui tord l’esprit. Odin roi d’Asgard, est corrompu par l’anneau et n’a d’autre choix que de se rendre sur terre. Il devra s’accoupler avec de nombreuses femmes jusqu’à trouver la bonne qui le libèrera de la malédiction de l’anneau. On va suivre ainsi les aventures d’Odin sur terre, avec lui la mythologie nordique. En « semant » sa flamme, Odin va chambouler l’ordre des mortels et pousser le monde vers le Ragnarök.

On aura par exemple l’histoire de Siegfried et de ses parents, comment il tua le dragon Fáfnir pour récupérer l’anneau. Sa relation avec Brunehilde la walkyrie, sa mort.

Malgré ses dix tomes, le crépuscule des dieux est une bande dessinée qui se lit rapidement. Elle est principalement graphique. Le dessin est somptueux, l’histoire quant à elle reprend la mythologie. C’est donc une lecture particulièrement agréable et certainement une bonne introduction pour qui veut se pencher sur ces histoires qui n’ont rien à envier aux grecs.